Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

des vertes et des pas mûres [n]

des choses choquantes ; des choses incongrues ; des ennuis ; des difficultés

Origine et définition

À votre avis, n'a-t-on pas là une belle périssologie ? Car, en général, et même s'il existe pas mal d'exceptions (kiwi, granny-smith...), un fruit vert est un fruit qui n'est pas mûr. Des fraises vertes ne sont pas mûres, et inversement. D'ailleurs, au XIIIe siècle, si on parlait "du vert et du mûr", c'était bien pour opposer le blé vert au blé mûr.
Mais ici, le vert n'est pas dans le fruit.
En effet, c'est au début du XVe siècle qu'on commence à dire "en bailler de belles, des vertes et des mûres" en voulant dire "raconter des histoires licencieuses". Car 'vert' prend ici le sens argotique qu'on lui connaît encore aujourd'hui pour qualifier des propos osés. Quant à 'mûr', c'est depuis le XIIe siècle qu'il est équivalent à 'adulte' comme on le trouve dans "l'âge mûr". Or, des propos osés ne doivent être prononcés et entendus que par des adultes, bien entendu.
Ce n'est que plus tard que cette expression initiale a été transformée et qu'aux 'vertes' ont été accolées des 'pas mûres' pour créer ce qui paraît être une répétition plaisante (ou un renforcement), mais qui n'en est pas réellement une pour qui connaît le sens réel de notre 'vert'.
Précédée de 'en entendre' ou 'en raconter', c'est le premier sens proposé pour l'expression qui est à considérer.
Puis, par extension, des choses choquantes ou incongrues, on est passé aux ennuis ou aux difficultés, et l'expression est alors généralement précédée d'un 'en voir' ou 'en subir'.

Exemples

« Au service clientèle de SFR, les appels pour dépannage de mobile vont bon train (...). On nous en raconte des vertes et des pas mûres comme "mon chien a mordu mon mobile" ou "mon mobile est tombé dans la cuvette des WC". »
Mobile Magazine - Juin 2001
« J'ai vécu, moi. J'en ai vu des vertes et des pas mûres. Je le sais que tout irait sur des roulettes, s'il y avait des roulettes. Mais il n'y a pas de roulettes. À l'endroit où il devrait y avoir des roulettes il y a des boulons. »
Jean Giono - Un roi sans divertissement - 1947

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to take some hard knocks il a pris des rudes coups
Anglais to have seen a thing or two en avoir vu une chose ou deux
Espagnol (Espagne) de todos los colores de toutes les couleurs
Espagnol (Espagne) de tots colors de toutes les couleurs
Espagnol (Espagne) estar a las duras y a las maduras être aux vertes et aux mûres
Espagnol (Espagne) pasarlas canutas en baver
Espagnol (Espagne) pasarlas moradas les passer violettes
Espagnol (Espagne) vérselas negras les voir noires
Espagnol (Espagne) veure'n de tots colors en voir de toutes les couleurs
Espagnol (Pérou) ponerse algo color de hormiga une chose qui devient couleur de formi
Français (Canada) en voir de toutes les couleurs en voir de toutes les couleurs
Hongrois zöldeket beszél en dire des vertes
Hongrois zöldségeket beszél dire des verdures (bêtises)
Hébreu שבע מרורים être repu de malheurs
Hébreu עבר שבעה מדורי גהינום avoir traversé les 7 départements de l'Enfer
Italien di cotte e di crude des cuites et des crues
Italien di tutti i colori de toutes les couleurs
Latin inebriari in sordida omnia raconter des saloperies
Néerlandais (Belgique) schuine moppen vertellen raconter des blagues osées
Néerlandais alle hoeken van de kamer gezien hebben avoir vu tous les coins de la chambre
Néerlandais alle kleuren van de regenboog gezien hebben avoir vu toutes les couleurs de l’arc-en-ciel
Portugais (Brésil) poucas e boas des peu nombreuses et des bonnes
Roumain a înșira gogoși enfiler des beignets
Roumain verzi și uscate des vertes et des sèches
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « des vertes et des pas mûres » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « des vertes et des pas mûres » Commentaires

  • #81
    <inconnu>
    15/06/2013 à 08:09
    MMMmmmmm !! rien a l’horizon. Pas de catastrophe, pas de problème, le calme.
  • #82
    <inconnu>
    15/06/2013 à 08:15
    • En réponse à <inconnu> #81 le 15/06/2013 à 08:09 :
    • « MMMmmmmm !! rien a l’horizon. Pas de catastrophe, pas de problème, le calme. »
    Non parce que faudrait pas l’ accumuler. Le gros tas de vertes et de pas mures surtout que ça se digère pas.
  • #83
    <inconnu>
    15/06/2013 à 08:16
    C’est chouette !😄
  • #84
    mickeylange
    15/06/2013 à 08:36*
    • En réponse à Paracas #77 le 15/06/2013 à 06:15* :
    • « Alors une petite chanson pour souhaiter une bonne fête à notre Germaine »
    Mais qui était sainte Germaine ?
    Fille d’un modeste laboureur, Laurent Desgrands et de son épouse Marie Lacour, Germaine naît à Frouzins petit village près de Toulouse, en 1579.
    Atteinte de scrofules (adénopathie tuberculeuse), elle a aussi une main atrophiée. Sa mère meurt alors qu’elle était encore très jeune. Son père se remarie et dès lors, elle subira les humiliations de sa belle-mère, acariâtre, et sera reléguée dans un appentis, loin de la vie familiale.
    Elle meurt en 1601 vierge et sainte. Ce qui est logique car avec des scrofules et une main atrophiée les amateurs étaient rares.
    Elle persuada son père de l’envoyer garder les troupeaux, où là, dans la nature, elle pouvait réciter son chapelet et trouver le réconfort dans la boisson.
    Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons ; jamais une brebis ne s’égara, et jamais non plus les loups, pourtant nombreux dans la région à cette époque, n’attaquèrent le troupeau. Pendant ce temps elle grimpait aux rideaux de son appentis pour surveiller de loin ses moutons.
    Pour aller au bistrot, elle devait passer un gros ruisseau. Un jour que le ruisseau était en crue, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d’un ton railleur comment elle ferait pour passer. Les eaux s’ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe (elle n’aimait pas l’eau très jeune)
    Sainte Germaine est très honorée dans le département du Lot. Rares sont les églises où on ne trouve pas un souvenir de notre bergère sous forme de vitrail, statue, reliquaire ou même cloche baptisée Germaine, et les troquets où on ne trouve pas de lagon bleu.
    Le corps de la jeune vierge est installé dans une bière (une triple westmalle) dans le bistrot paroissial. Le petit peuple en fait immédiatement sa Sainte et vient boire une bière à sa santé. Certains s’émeuvent que l’on puisse vouer un culte à une vierge ordinaire. Ils interviennent afin que la bière soit installée ailleurs.
    En 1644, alors que le sacristain se préparait à organiser des funérailles en creusant une fosse, il tomba sur un corps enseveli dont la fraîcheur le stupéfia. Même les fleurs que la morte tenait étaient à peine fanées. A la difformité de sa main, aux cicatrices des ganglions de son cou, on reconnut Germaine Desgrands-Lacour. Toutefois, son corps fut déposé dans un cercueil de plomb, offert par une paroissienne guérie par l’intercession de la sainte, et déposé dans la sacristie où il demeura, à nouveau oublié, encore seize ans.
    Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il s’étonna de voir ce cercueil resté dans la sacristie, le fit ouvrir, et découvrit que la sainte présentait toujours le même état de fraîcheur. Il fit creuser tout autour de là où le corps avait été trouvé, et tous les morts enterrés au même endroit n’étaient plus que des squelettes. Ébranlé par ce miracle, le vicaire général demanda la canonisation de Germaine en 1700. On sait depuis que son corps s’était conservé car il était imbibé de lagon bleu, mais c’est trop tard pour pour lui enlever sa sainteté.
    Germaine, Germaine
    Une java ou un tango
    C´est du pareil au même
    Pour te dire que je t´aime
    Qu´importe le tempo (oh oh)
    Germaine, Germaine
    Un rock´n´roll ou un slow
    C´est du pareil au même
    Pour te dire que je t´aime
    Et que j´t´ai dans la peau (poil au dos)
  • #85
    <inconnu>
    15/06/2013 à 08:49
    • En réponse à Paracas #75 le 15/06/2013 à 03:06* :
    • « Il me semblait bien que Tonton avait utilisé cette expression:
      C’est dans les radis
      Tout le temps que dura cette manie contre nature,
      Les in... »
    Ce qui les a soudés pour la vie d’une amitié indefectible.

    Je reprends la phrase de God :
    À votre avis, n’a-t-on pas là une belle périssologie ?
  • #86
    God
    15/06/2013 à 09:39
    • En réponse à mickeylange #84 le 15/06/2013 à 08:36* :
    • « Mais qui était sainte Germaine ?
      Fille d’un modeste laboureur, Laurent Desgrands et de son épouse Marie Lacour, Germaine naît à Frouzins pet... »
    Je suis épaté (de canard) par la qualité des historiens qui traînent leurs guêtres sur ce site ! Vraiment.
  • #87
    mitzi50
    15/06/2013 à 10:17
    Notre langue verte doit avoir bien mûri, puisqu’ elle fait l’ objet de plusieurs dictionnaires. Et les fruits de saison, mûrs, ne sont pas obligatoirement jaunes ou rouges. La preuve : un horticulteur vient de réhabiliter une certaine variété de fraises blanches (aux akènes rouges, toutefois...) ayant un léger arrière-goût d’ ananas (non, Filo, il ne s’ agit pas de la fraise géante autrichienne...). La culture en avait été totalement abandonnée, car elle n’ est pas très productive....
  • #88
    Paracas
    15/06/2013 à 10:19
    • En réponse à <inconnu> #85 le 15/06/2013 à 08:49 :
    • « Ce qui les a soudés pour la vie d’une amitié indefectible.
      Je reprends la phrase de God :
      À votre avis, n’a-t-on pas là une belle périssolo... »
    Je perrissoligise
    Tu perrissologises
    Il perrissologise
    Nous perrissologisons
    Vous perrissologisez
    Ils perrissologient
    Encore eût il fallut que vous eussiez perrissologisassé.......
    Nous perrissologisâmes
    Bon je vais arrêter sinon je vais en entendre des vertes et des pas mures.....
  • #89
    deLassus
    15/06/2013 à 10:40
    • En réponse à mitzi50 #87 le 15/06/2013 à 10:17 :
    • « Notre langue verte doit avoir bien mûri, puisqu’ elle fait l’ objet de plusieurs dictionnaires. Et les fruits de saison, mûrs, ne sont pas o... »
    Notre langue verte doit avoir bien mûri, puisqu’ elle fait l’ objet de plusieurs dictionnaires.

    L’occasion pour moi de rappeler que je tiens à disposition des foules impatientes une bibliographie de l’argot ancien (des origines à 1920), faite de nombreux liens vers des ouvrages plus intéressants les uns que les autres.
    Merci de vous faire connaître auprès de God, qui vous donnera mon canal 12.
  • #90
    <inconnu>
    15/06/2013 à 11:34
    • En réponse à Paracas #88 le 15/06/2013 à 10:19 :
    • « Je perrissoligise
      Tu perrissologises
      Il perrissologise
      Nous perrissologisons »
    Encore eût il fallut que vous eussiez perrissologisassé

    È pericoloso sporgassie !
  • #91
    <inconnu>
    15/06/2013 à 11:41*
    • En réponse à deLassus #4 le 15/12/2009 à 04:08* :
    • « ACHTUNG ! CETTE EXPRESSION EST PRESQUE UNE REPRISE
      Quand on tape Des vertes et des pas mûres dans Recherche, on trouve cette expression de... »
    Merci !
    DÉFORMÉE
    Portes ouvertes, on fait pas l’ mur
  • #92
    saharaa
    15/06/2013 à 12:04
    On trouve des verts et des mûrs sur la même grappe
    mais ceux-là n’étaient pourtant pas verts en haut du mur !
  • #93
    Paracas
    15/06/2013 à 12:08*
    • En réponse à <inconnu> #90 le 15/06/2013 à 11:34 :
    • « Encore eût il fallut que vous eussiez perrissologisassé
      È pericoloso sporgassie ! »
    Non...........SPORGERSI..........
    Cet avertissement a commencé à disparaître du monde ferroviaire au milieu des années 70 avec l’apparition des voitures Corail dont on ne pouvait plus ouvrir les vitres car climatisées. Vinrent ensuite les TGV et automotrices également climatisées.
    Plus aucun matériel moderne n’en est maintenant équipé........
    Eco........
  • #94
    saharaa
    15/06/2013 à 12:10
    • En réponse à <inconnu> #91 le 15/06/2013 à 11:41* :
    • « Merci !
      DÉFORMÉE
      Portes ouvertes, on fait pas l’ mur »
    Portes ouvertes,

    Il faut qu’une porte soit ou verte ou
    fermée pas mûre
  • #95
    Paracas
    15/06/2013 à 12:16
    • En réponse à God #86 le 15/06/2013 à 09:39 :
    • « Je suis épaté (de canard) par la qualité des historiens qui traînent leurs guêtres sur ce site ! Vraiment. »
    Ca, faut avouer qu’on a des pointures parmi nous......🙂
  • #96
    Paracas
    15/06/2013 à 12:19*
    • En réponse à saharaa #94 le 15/06/2013 à 12:10 :
    • « Portes ouvertes,
      Il faut qu’une porte soit ou verte ou
      fermée pas mûre »
    Nan !........Elle peut être entrebaillée
    Et pis c’est tout......
  • #97
    Paracas
    15/06/2013 à 12:21*
    • En réponse à saharaa #92 le 15/06/2013 à 12:04 :
    • « On trouve des verts et des mûrs sur la même grappe
      mais ceux-là n’étaient pourtant pas verts en haut du mur ! »
    Même une jument peut être verte
  • #98
    saharaa
    15/06/2013 à 12:23
    • En réponse à Paracas #93 le 15/06/2013 à 12:08* :
    • « Non...........SPORGERSI..........
      Cet avertissement a commencé à disparaître du monde ferroviaire au milieu des années 70 avec l’apparition... »
    Un autre exemple très "pericoloso" à cette page dans lequel on peut en voir des vertes et des pas mûres si on n’est pas expérimenté !
  • #99
    saharaa
    15/06/2013 à 12:29
    • En réponse à Paracas #96 le 15/06/2013 à 12:19* :
    • « Nan !........Elle peut être entrebaillée
      Et pis c’est tout...... »
    Ah bin non, entrebaillée ce n’est plus fermée, c’est déjà ouverte ! et pis les portes mal fermées même vertes, ça cogne contre le mur !
  • DiwanC
    15/06/2013 à 12:49*
    • En réponse à mickeylange #84 le 15/06/2013 à 08:36* :
    • « Mais qui était sainte Germaine ?
      Fille d’un modeste laboureur, Laurent Desgrands et de son épouse Marie Lacour, Germaine naît à Frouzins pet... »
    😆 et même 😆