Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

être à la côte [v]

être sans ressources ; être sans argent

Origine et définition

Le mot 'côte' a de nombreuses acceptions.
Alors à votre avis, de quoi parle-t-on ici ? De la côte d'agneau, la côte de maille, la côte d'Azur ou bien la course de côte ? Laquelle de ces côtes peut bien avoir un lien avec la pauvreté ?
Eh bien, même si on sait que la côte d'Azur est très loin d'être envahie de "salauds de pauvres"[1], c'est pourtant bien d'elle, comme de tout autre bord de mer qu'il est question ici.
Car cette expression, qui date du milieu du XIXe siècle dans son sens métaphorique indiqué, nous vient directement du monde maritime au XVIIe siècle. En effet, à cette époque, "aller à la côte" signifiait "faire naufrage", par allusion au bateau allant se fracasser sur la côte.
Par extension, "envoyer quelqu'un à la côte" et "mettre à la côte" ont voulu dire respectivement "s'en débarrasser" et "ruiner", la deuxième locution laissant supposer que le bateau naufragé était la seule richesse de son possesseur auquel il ne restait plus que ses yeux pour pleurer.
C'est ainsi que "côte" est devenu l'équivalent de "pauvreté" et qu'on a vu également apparaître le "frère de la côte" qui désignait le "compagnon de misère".
[1] Attention, il ne s'agit aucunement là d'un qualificatif personnel, mais simplement, puisqu'il est question de pauvres, du joyeux rappel d'un extrait d'une scène culte du film "La traversée de Paris" avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès dans lequel le premier, accompagnant Bourvil qui travaille pour un trafiquant au marché noir, se lance dans une diatribe contre les 'pauvres' présents dans le bar où a lieu la scène (grand moment à voir et revoir ici ).

Exemples

« Il a pensé à moi parce qu'il s'est dit que je suis à la côte, donc prêt à accepter n'importe quoi, à n'importe quel prix. »
Emmanuel Roblès - Federica - 1954
« Il aura affirmé que je suis à la côte, qu'on ne sait pas comment je vis et qu'on aura ma demeure pour un morceau de pain. »
Edmond Jaloux - Les amours perdues - 1919

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand blank sein être fauché
Anglais to be down and out être par terre et dehors
Anglais to be skint avoir la peau a vif
Anglais (USA) to be broke être cassé
Espagnol (Argentine) no tener un mango / No tener donde caerse muerto ne pas avoir un sou / Ne pas avoir où mourir
Espagnol (Espagne) estar a dos velas être avec deux bougies
Espagnol (Espagne) estar en las últimas être aux dernières
Espagnol (Espagne) estar sin blanca / sin un duro / estar pelado être sans un sou / sans un rond / pelé
Espagnol (Espagne) estar tieso être raide
Espagnol (Mexique) estar quebrado être cassé
Français (Canada) être cassé ne pas avoir ou ne plus avoir d'argent
Gallois bod heb ddimai goch y delyn être sans le sou rouge de la harpe
Hébreu מצבו הכספי רע sa situation financière est mauvaise
Italien essere all'angolo être au coin
Italien essere al gancio être au crochet
Italien essere al verde être au vert
Néerlandais (Belgique) op zwart zaad zitten être sur des grains noirs
Néerlandais aan de gallemiezen liggen se trouver sans argent /infériorité)
Néerlandais aan de grond zitten être à la terre
Néerlandais aan lager wal zitten être au côté sous le vent
Néerlandais blut zijn être fauché, être sans argent
Néerlandais het lampje scheef hebben hangen avoir la lampe penchée
Portugais (Brésil) estar sem um puto no bolso être sans un putain dans sa poche
Roumain a fi la pământ être à terre
Roumain a fi pe drojdie être à la lie
Slovaque byt na mizine être sans ressources
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « être à la côte » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « être à la côte » Commentaires

  • #41
    horizondelle
    16/03/2010 à 12:17
    Cela reviendrait à dire qu’on est sur la paille, et que, à force de ne plus rien avoir à manger, on nous voit les côtes.
    Je profite de ce passage parmi vous pour saluer et souhaiter la bienvenue à tous les nouveaux (il m’a semblé en voir plusieurs). 🙂
  • #42
    horizondelle
    16/03/2010 à 12:19
    • En réponse à AnimalDan #7 le 16/03/2010 à 02:02 :
    • « ""La traversée de Paris" avec Jean Gabin, Bourvil et Jean Carmet "...
      ... c’est Fufu qui va être content... »
    Ça fait plaisir de te relire 🙂
  • #43
    mickeylange
    16/03/2010 à 12:20
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #40 le 16/03/2010 à 12:16 :
    • « STOP STOP arrêtez tout, on atteint la cote d’alerte !!! :’-)) »
    Quand la côte-part, la cote d’alerte est dépassée et si t’as pas la cote, vaut mieux accepter une cote mal taillée que de te retrouver côte à côte avec un cotre qui n’est plus coté.
  • #44
    horizondelle
    16/03/2010 à 12:24
    • En réponse à deLassus #17 le 16/03/2010 à 07:20 :
    • « Je ne suis jamais allé à la Côte d’Or à Saulieu.
      Maintenant, Bernard Loiseau nous a quittés, et son établissement porte son nom.
      cette page... »
    Je ne suis pas à la bonne page, mais je voulais te dire que ton exercice de style de l’autre jour (au sujet duquel tu félicitais chirstian) était très réussi. 😉
    Suis-je hors sujet? C’est pas grave, je vous demande un peu d’indulgence, de plus, l’expression du jour ne m’inspire point 😐
  • #45
    LeboDan_Ubbleu
    16/03/2010 à 12:38
    • En réponse à Elpepe #31 le 16/03/2010 à 10:14 :
    • « Ah ben oui. On a toujours une fâcheuse tendance excessive à privilégier l’un au détriment de l’autre, car l’art du compromis intérieur est u... »
    brûler les chandeliers par les deux bouts

    Là, il faut une explication espéciale. Si tu veux "brûler les chandeliers par les deux bouts". Pour une des extrémités, encore on pourrait comprendre, il suffit d’enflammer la chandelle, et certes avec le temps le chandelier finira peut-être par s’enflammer. Mais pour l’autre bout, il faut qu’il y ait le feu au meuble sur lequel il est posé, autrement comment veux-tu ?
    Et là, je ne te dis pas les conséquences, du genre de ce que l’on peut imaginer :
    "Et c’est en ramassant la pelle
    Qu’il renversa toutes les chandelles
    Mettant le feu à tout l’château ….."
    cette page (N’ayant pas les son sur mon ordi, je ne suis absolument pas sûr de la qualité du lien)
  • #46
    Elpepe
    16/03/2010 à 12:38
    • En réponse à horizondelle #44 le 16/03/2010 à 12:24 :
    • « Je ne suis pas à la bonne page, mais je voulais te dire que ton exercice de style de l’autre jour (au sujet duquel tu félicitais chirstian)... »
    Qu’ouïs-je ? Une expression venant de la Marine, et ça ne t’inspire pas ? Tout fout le camp à la côte...
  • #47
    <inconnu>
    16/03/2010 à 12:39
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #40 le 16/03/2010 à 12:16 :
    • « STOP STOP arrêtez tout, on atteint la cote d’alerte !!! :’-)) »
    Donc, on est à la côté ? alors, il faut arrêter de ramer sinon on attaque la falaise... :’-))
  • #48
    <inconnu>
    16/03/2010 à 12:43
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #45 le 16/03/2010 à 12:38 :
    • « brûler les chandeliers par les deux bouts
      Là, il faut une explication espéciale. Si tu veux "brûler les chandeliers par les deux bouts". Po... »
    Le son n’y est pas sur ce lien, par contre celui-ci est fonctionnel: cette page
  • #49
    <inconnu>
    16/03/2010 à 12:46
    • En réponse à mickeylange #43 le 16/03/2010 à 12:20 :
    • « Quand la côte-part, la cote d’alerte est dépassée et si t’as pas la cote, vaut mieux accepter une cote mal taillée que de te retrouver côte... »
    Et la quote-part, elle se retrouve à la côte !!!
  • #50
    Elpepe
    16/03/2010 à 12:46
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #45 le 16/03/2010 à 12:38 :
    • « brûler les chandeliers par les deux bouts
      Là, il faut une explication espéciale. Si tu veux "brûler les chandeliers par les deux bouts". Po... »
    Sur un voilier moderne, les chandeliers sont les tiges d’acier inoxydable qui sont fixées verticalement tout autour du pont, entre le balcon avant et les balcons arrière, et qui supportent deux rangées de filières, afin de sécuriser les déplacements des équipiers en manœuvre, vers le pied de mât ou les voiles d’avant. Et ces chandeliers-là, pour les brûler même par un seul bout, t’as le bonjour d’Alfred. Donc, il faut lire ma prose comme une métaphore maritime, et rien de plus. Ni de moins, hein ! 😄
  • #51
    <inconnu>
    16/03/2010 à 12:50*
    • En réponse à mickeylange #38 le 16/03/2010 à 11:42 :
    • « La côte du Rhône c’est mieux que la côte d’Armor, qui est très beurden.
      la biscôte est une côte-rôtie.
      La tri côte n’est pas encore triée... »
    La côte du Rhône
    Côtes de Provence cette page, Corbières, Montbazillac, c’est bien aussi... de même qu’en Entre deux mers, miam... Tous très goulayants !
    et après on chante “yo ho et une bouteille de rhum”, mais alors c’est pour le coup que l’on retrouve à la côte...
  • #52
    LeboDan_Ubbleu
    16/03/2010 à 12:54
    • En réponse à horizondelle #44 le 16/03/2010 à 12:24 :
    • « Je ne suis pas à la bonne page, mais je voulais te dire que ton exercice de style de l’autre jour (au sujet duquel tu félicitais chirstian)... »
    C’est étonnant comment les histoires de "côtes" ne semblent pas inspirer les femmes en général (voir mondouble au #30) ! Pourtant si je me souviens bien de ma scolarité, les femmes ont une côte de plus que les hommes, non ?
    Mais c’est sans doute parce qu’elles ne sont pas dotée cotée en bourse hihihi
  • #53
    <inconnu>
    16/03/2010 à 12:59*
    • En réponse à Elpepe #50 le 16/03/2010 à 12:46 :
    • « Sur un voilier moderne, les chandeliers sont les tiges d’acier inoxydable qui sont fixées verticalement tout autour du pont, entre le balcon... »
    et avec une bonne lance thermique ? ou avec un bon chalumeau dit oxydrique ?
    nota: bien des choses écrites ici auraient inspirées ce cher Jrean-Charles: «le trait d’union fait la force” écrivait-il.
    Là, je me faire «mettre les côtes en long»
  • #54
    Elpepe
    16/03/2010 à 13:00
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #52 le 16/03/2010 à 12:54 :
    • « C’est étonnant comment les histoires de "côtes" ne semblent pas inspirer les femmes en général (voir mondouble au #30) ! Pourtant si je me s... »
    si je me souviens bien de ma scolarité

    Ah, le cancre ! Toujours au fond de la classe, près du radiateur jaune, hein ?
  • #55
    mickeylange
    16/03/2010 à 13:14
    • En réponse à Elpepe #54 le 16/03/2010 à 13:00 :
    • « si je me souviens bien de ma scolarité
      Ah, le cancre ! Toujours au fond de la classe, près du radiateur jaune, hein ? »
    près du radiateur jaune, hein ?

    Tu vois petit à petit tu vas finir par comprendre tout le symbolisme qui est à l’origine du radiateur jaune.
    Faut jamais désespérer.
  • #56
    momolala
    16/03/2010 à 13:16
    • En réponse à Elpepe #54 le 16/03/2010 à 13:00 :
    • « si je me souviens bien de ma scolarité
      Ah, le cancre ! Toujours au fond de la classe, près du radiateur jaune, hein ? »
    Il me revient qu’hier j’écoutais la radio pendant ma petite heure de route vers ma petite-fille. J’y ai appris que les hommes qui aimaient les gros ou les petits seins avaient acquis ce goût et la salivation qui leur viendrait avec dans leur toute petite enfance. Un peu comme le chien de Pavlov qui salivait en entendant la cloche, les innocents nourrissons finiraient par saliver à la seule vue de la maternelle mamelle. Je me demande quelle est l’histoire fondamentale de ce radiateur jaune, chez Pépé comme chez Mickeylange, car si le second en a décoré sa propre chambre, il me semble tout aussi récurrent chez le premier. Salivent-ils ? Je n’en sais rien, mais l’un en bave souvent sur l’autre qui en bave dur, lui...
  • #57
    deLassus
    16/03/2010 à 13:21
    • En réponse à horizondelle #44 le 16/03/2010 à 12:24 :
    • « Je ne suis pas à la bonne page, mais je voulais te dire que ton exercice de style de l’autre jour (au sujet duquel tu félicitais chirstian)... »
    Merci bien beaucoup !
    En vérifiant cette prose, écrite à la manière de chirstian à partir de la période où j’avais été pratiquement absent d’expressio (31/01 - 13/03), je m’aperçus que je n’avais pas pu ou su caser ’Une sainte Nitouche".
    Si c’était à refaire, je n’y parviendrais pas plus !
  • #58
    DiwanC
    16/03/2010 à 13:29*
    • En réponse à Elpepe #6 le 16/03/2010 à 01:41 :
    • « Bon : je l’ai déjà dit, je me répète, pas besoin d’être milliardaire, ni même millionnaire, pour naviguer malin et pour pas cher. Suffit d’ê... »
    Dans tes propos, il me semble discerner comme... un brin d’agacement, genre : Ell’ m’gonfle celle-là ! L’a encore rien compris !!!.
    Désolée… je me suis mal exprimée car tout ce que tu as dit, je le sais : tout près de moi, les amoureux de la mer et des bateaux ne manquent pas. Quand j’ai parlé des "Fortunés de la mer", je faisais allusion au livre de de Kersauson Fortune de mer paru en 1976, et à tous les spécialistes qui - sur Expressio - parlent de navigation en termes techniques. Et ce que je viens de lire confirme !
    Pour que les choses soient claires : j’aime la mer (calme ou agitée) et j’aime la terre ; j’aime le vent, celui qui fracasse les vagues et fait chanter les peupliers ; la vue d’un voilier voguant sur une mer éclaboussée de soleil m’apaise... comme m’apaise le clapotis d’une calme rivière ; le visage d’un marin pêcheur, ivre de la fatigue de nuit, débarquant sa cargaison au petit matin, me fascine... comme me fascine le visage - luisant de sueur et de poussière - du paysan après une éprouvante journée de labour.
    Ce (et ceux) que je n’aime pas, ce sont les "m’as-tu vu" des ports et des fermettes.
    Regarder la mer, c’est se balader dans le temps, elle n’est jamais monotone. Quand je monte sur le pont, j’ai la sensation d’être un berger qui va surveiller son troupeau de vagues.
    O. de K.
    Le bonheur est une petite chose que l’on grignote, assis par terre, au soleil.. Jean Giraudoux
    Na !
  • #59
    mickeylange
    16/03/2010 à 13:30
    • En réponse à momolala #56 le 16/03/2010 à 13:16 :
    • « Il me revient qu’hier j’écoutais la radio pendant ma petite heure de route vers ma petite-fille. J’y ai appris que les hommes qui aimaient l... »
    J’y ai appris que les hommes qui aimaient les gros ou les petits seins avaient acquis ce goût et la salivation qui leur viendrait avec dans leur toute petite enfance.

    Change de radio Momo, ma mère a des gros seins (et j’aime les petits) et elle n’a pas de radiateur jaune.
  • #60
    Elpepe
    16/03/2010 à 13:46
    • En réponse à momolala #56 le 16/03/2010 à 13:16 :
    • « Il me revient qu’hier j’écoutais la radio pendant ma petite heure de route vers ma petite-fille. J’y ai appris que les hommes qui aimaient l... »
    C’est Chirstian qui a soulevé le lièvre, en voyant la photo des préparatifs de la Convention d’Entrecasteaux 2009. Il faut rechercher vers le 15 août...