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une fois n'est pas coutume [exp]

exceptionnellement ; rarement ; inhabituellement ; à titre exceptionnel

Origine et définition

Il ne faut pas confondre le joyeux fêtard, coutumier de la fête, avec notre coutumier du fait.
Le 'fait' est ici "ce qui est fait" ou l'acte, l'action.
Quant à 'coutumier', adjectif qui date du XIIe siècle et qui n'est maintenant presque plus employé que dans notre locution, il est bien sûr dérivé de 'coutume', mot qu'on comprend aujourd'hui comme "une manière d'agir à laquelle une collectivité ou une majorité se conforme" (selon le Grand Robert) ou, mieux encore, comme une "habitude collective d'agir, consentie à l'origine par ceux qui l'observent, et transmise de génération en génération" (idem), mais qui a d'abord désigné une manière ordinaire d'agir, signification maintenant couverte par le mot 'habitude' et qu'on retrouve dans notre deuxième expression qui est souvent utilisée pour excuser un excès très peu fréquent.

Exemples

« D'autant plus que sa Majesté, assez coutumière du fait, avait tenu à lui faire la surprise »
Marcel Proust - À l'ombre des jeunes filles en fleurs - 1918
« Dame ! elle sort si rarement, cette enfant! Une fois n'est pas coutume ! Elle m'a témoigné ce matin un si grand désir d'aller avec nous !... »
Théodore César Muret - Mademoiselle de Montpensier: histoire du temps de la Fronde - 1836

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand einmal ist keinmal une fois n’est pas coutume
Allemand einmal ist keinmal une fois n'est aucune fois
Anglais be a creature of habit / One swallow does not a summer make être créature d'habitudes / Une hirondelle ne fait pas une été
Anglais it's his usual trick c'est son truc habituel
Anglais to be used to être accoutumé
Espagnol (Espagne) sin que sirva de precedente que cela ne constitue pas un précédent
Espagnol (Espagne) Una vez no hace hábito Une fois n'est pas coutume
Espagnol (Espagne) estar-hi abonat y être abonné
Espagnol (Espagne) por un avez que maté a un gato ; me pusieron matagatos pour une fois que j'ai tué un chat ; on m'appelle tuechats
Gallois un wennol ni wna wanwyn une hirondelle ne fait pas le printemps
Grec μια φορά δεν χάλασε ο κόσμος une fois, le monde ne s'est pas abîmé
Hongrois egy fecske nem csinál nyarat une hirondelle ne fait pas une été
Italien In via del tutto eccezionale D'une façon exceptionnelle
Italien una rondine non fa primavera une hirondelle ne fait pas le printemps
Italien una volta tanto pour une fois
Néerlandais eenmaal is geen maal une fois n'est pas fois
Néerlandais uitzondering exception
Néerlandais ergens een handje van hebben avoir la petite main de quelque chose
Néerlandais één is beter dan niks un vaut mieux que rien
Néerlandais één keer une fois
Néerlandais een gewoontedier zijn / Eenmaal gedaan is nog geen gewoonte être un animal de coutume / Une fois fait n'est pas encore une coutume
Néerlandais één zwaluw maakt nog geen zomer une hirondelle ne fait pas encore l'été
Néerlandais één is géén // een is geen // eentje is geentje un est négligeable
Portugais (Brésil) por esta vez passa pour une fois ça va
Portugais (Brésil) por uma vez, tudo bem pour une fois, ça va
Portugais (Brésil) uma vez não são vezes une fois n'est pas beaucoup de fois
Portugais (Portugal) uma vez sem exemplo une fois de plus
Roumain cu o floare nu se face primăvară une fleur ne fait pas le printemps
Roumain o dată vede nașul puța finului une fois voit le parrain le zizi du filleul
Russe один раз не в счет une fois ne se compte pas
Turc Bir kereden bir şey olmaz une fois ne se compte pas
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Commentaires sur l'expression « une fois n'est pas coutume » Commentaires

  • #21
    momolala
    06/10/2009 à 14:37
    C’était un homme coutumier
    D’habitude calme et posé
    Chaque matin au bistroquet
    Il buvait son noir sans lait
    Et accoudé au comptoir
    Il parcourait son canard
    Mais ce jour-là une plume
    Floue et grise comme une brume
    S’est posée sur son épaule
    Et il s’est senti tout drôle
    Il n’osait pas regarder
    Ce duvet échevelé
    Que son souffle décoiffait
    D’habitude il se levait
    Sitôt sa tasse vidée
    Sitôt son journal plié
    D’habitude il attendait
    Avec d’autres habitués
    Le 37 à son arrêt
    Mais une fois n’est pas coutume
    Il décida de rester
    Pour une fois sans amertume
    De n’être pas coutumier
    C’est parfois lourd une plume
    Parfois lourd comme une enclume
    Lorsque sa venue étrange
    Suggère l’aile d’un ange
    Et le 37 est passé
    Et notre homme n’a pas bougé
    Quand le 37 a heurté
    Le camion du marchand de lait
    La plume s’est évaporée
    Une fois n’est pas coutume
    Devrait être plus coutumier
    Cette foi n’est pas coutume
    Mais c’était un charbonnier
  • #22
    SyntaxTerror
    06/10/2009 à 15:53*
    • En réponse à chirstian #18 le 06/10/2009 à 12:20 :
    • « le latin consuetudo « habitude = genre, manière d’agir d’un peuple » a donné "coutume" mais aussi "costume" :"« manière de se vêtir conforme... »
    manière d’agir d’un peuple


    Il y a quelques années, étant vaguement investis d’une parcelle d’autorité de la République, nous devions rencontrer le chef d’un village en Nouvelle-Calédonie. Arrivés sur place, on vient nous prévenir : il faudra "faire la coutume". Vent de panique, normalement, c’est très codifié, on doit offrir un tissu "fait pour", un peu de tabac, des allumettes, un peu d’argent (pas trop, ce serait vexant) et personne ne nous avait mis au courant qu'il faudrait faire ces emplettes.
    C'est un peu comme en Europe arriver avec des fleurs ou du vin pour ne pas être pris pour un goujat.
    Ça m’a coûté un "T-shirt" usagé, un paquet de clopes entamé (j’étais le seul fumeur du groupe) et un briquet en plastique (le chef a dû penser que j’avais une vision post-moderne des allumettes). Une collègue a donné quelques Francs Pacifique (ben oui, toute la République Française n’est pas passée à l’euro). Ouf, les cadeaux ont été acceptés ! Je n’ose imaginer les conséquences en cas contraire.
    Tout ça pour dire : une fois n’est pas coutume, il existe des boutiques à Nouméa où on vend des "coutumes en kit".
  • #23
    SyntaxTerror
    06/10/2009 à 16:21
    • En réponse à mickeylange #20 le 06/10/2009 à 12:27 :
    • « En 1999 Francisco Rabaneda y Cuervo a prédit que la station MIR allait s’écraser sur Vincennes ce qui me plaisait qu’à moitié car j’habitais... »
    Cría cuervos y te sacarán los ojos !
    En français : oignez vilain, il vous poindra. Certains disent : il vous crachera à la g... mais ne comptez pas sur moi pour dire des trucs pareils.
  • #24
    <inconnu>
    06/10/2009 à 23:10*
    • En réponse à syanne #6 le 06/10/2009 à 08:47 :
    • « Après la lune de miel, le couperet est tombé, une fois n’est pas coutume...
      Comment, c’est- un- peu- court-jeune-homme-on-pouvait-dire-bien-... »
    D’abord je ne suis pas Cyrano

    Pas Cyrano, certes, dont tu n’as ni le nez ni les attributs, mais Roxsyanne, j’aime bien.
    Si le couperet est mal tombé, elle est mal, la voix" grave" des mâles, celle des ténors, qui par définition grave ne l’est pas "souffrira le moins".
    Je ne parle que de la voix.
    Pour le reste ténors, barytons et même basses, si tu leur guillotines les bijoux de famille, deviendront "hautes-contres" c’est-à-dire, en gros, couvriront la tessiture des sopranos mais avec un timbre différent, terriblement troublant pour les plus doués (pour la musique et le chant) d’entre-eux, d’où leurs succès. Il n’y a pas si longtemps, on les appelait "castrats".
    Il y a une trentaine d’années, en qualité de représentant en France de son producteur, j’ai organisé la tournée hexagono-belgo-luxemburo-suisse d’un des plus célèbres "hautes-contres" de l’époque.
    Personnage extra-ordinaire au sens propre, cumulant sur tous les plans, artistique d’abord et s’y accrochant, toutes les fragilités des deux sexes sans, je crois, appartenir à l’un ni à l’autre.
  • #25
    syanne
    07/10/2009 à 06:34
    • En réponse à <inconnu> #24 le 06/10/2009 à 23:10* :
    • « D’abord je ne suis pas Cyrano
      Pas Cyrano, certes, dont tu n’as ni le nez ni les attributs, mais Roxsyanne, j’aime bien.
      Si le couperet est... »
    si tu leur guillotines les bijoux de famille, deviendront "hautes-contres"

    Puisque nous sommes dans la leçon de musique, et si je n’ai pas tout perdu de mon éducation musicale, il me semble bien qu’à l’époque baroque (dont je raffole), la haute-contre désignait une tessiture masculine aiguë sans que pour autant elle soit systématiquement associée à celle des castrats, et que le terme était même parfois employé pour des timbres féminins. Aujourd’hui, le terme est encore utilisé , mais dans un sens approchant de « contre-ténor » qui – fort heureusement – n’engage pas la perte des « choses de la vie ».
    Je n’aime pas beaucoup les voix de ténors, mais suis férue de celles des haute contre : écouter Alfred Deller chanter O solitude de Purcell, ou Gérard Lesne dans la magnifique version de l’Office des Ténèbres de Couperin (je te recommande « La leçon du Mercredy ») est une expérience troublante et magnifique…
    Roxsyanne… j’aime aussi. La dame est trop précieuse, mais fort courageuse !
  • #26
    Paulhac
    07/10/2009 à 11:44*
    • En réponse à syanne #25 le 07/10/2009 à 06:34 :
    • « si tu leur guillotines les bijoux de famille, deviendront "hautes-contres"
      Puisque nous sommes dans la leçon de musique, et si je n’ai pas... »
    Je n’ai aucune éducation musicale, mais j’ai pleuré lorsque j’ai entendu pour la première fois "O solitude" de Purcell par Alfred Deller il y a une vingtaine d’années, j’ai acheté le disque, et depuis je suis moi aussi férue de haute-contres et de contre-ténors, Philippe Jarrousky en particulier m’enchante. J’ai récemment découvert l’opéra italien du 19ème et Barroque, que du bonheur !
  • #27
    syanne
    07/10/2009 à 13:32*
    • En réponse à Paulhac #26 le 07/10/2009 à 11:44* :
    • « Je n’ai aucune éducation musicale, mais j’ai pleuré lorsque j’ai entendu pour la première fois "O solitude" de Purcell par Alfred Deller il... »
    L’éducation musicale sert surtout à mettre des mots sur des notions... ce qui n’est pas l’essentiel. Comme tu le suggères si bien, c’est l’émotion qui nous amène à l’art, et à sa connaissance, forcément sélective, ou élective.
    Si tu aimes O solitude, écoute Music for a while de Purcell. Magnifique d’un bout à l’autre ! cette page
    Jarrousky, j’aime moins sa voix et sa manière, que je trouve trop féminines. Affaire de goût.
    L’opéra italien, ah, oui!!!
    P.S. Paulhac : Haute-Garonne ou Margeride ?
    A bientôt, j’espère sur ce site éclectique !
  • #28
    ergosum
    11/10/2012 à 02:06*
    • En réponse à chirstian #12 le 06/10/2009 à 10:07 :
    • « cette expression prolonge celle d’hier, et rappelle à juste titre que pour le condamné à mort, on peut être guillotiné une fois, sans que ce... »
    on peut être guillotiné une fois, sans que cela devienne une habitude

    Pourtant, si le condamné n’est pas coupable, on aura beau essayer à plusieurs reprises, ça ne marchera pas.
    Au contraire, Saint Denis, lui, accomplit le miracle de marcher tenant dans ses mains sa tête coupée. L’histoire ne dit pas si, à miracle miracle et demi, il pouvait encore parler. D’après www.cartage.org, "Une fois décapité, saint Denis se relève, ramasse sa tête et continue à grimper la butte guidé par un ange. Il fait une pause pour laver sa tête à une source puis poursuit sa route jusqu’à l’actuelle ville de Saint-Denis (6 km quand même) ".
    Bon... marcher en étant raccourci, puisque les poules peuvent le faire, pourquoi pas ? Mais six kilomètres... Moi-même, j’aurais du mal, et pourtant j’ai toute ma tête !
    Et s’arrêter à mi-chemin pour
    Allez donc vous faire laver la tête
    Avec Dop, c’est toujours un plaisir

    Là, j’ai des doutes... Ce n’est pas sur la butte Montmartre que cela s’est passé, mais à Marseille. Et pourquoi n’en aurait-il pas profité pour siffler un gorgeon ?
    Marceeeeeel ! Tu nous sers une tournée de vin de la Butte ?
  • #29
    Paracas
    11/10/2012 à 05:01
    • En réponse à SyntaxTerror #22 le 06/10/2009 à 15:53* :
    • « manière d’agir d’un peuple


      Il y a quelques années, étant vaguement investis d’une parcelle d’autorité de la République, nous devions ren... »
    "La coutume est à l’évolution ce que le frein est à l’automobile"....
    Bouba-forisme
  • #30
    PHILO_LOGIS
    11/10/2012 à 07:38*
    Un couvreur est un costumier / un couturier du faîte.
  • #31
    joseta
    11/10/2012 à 07:42
    Le ’fait’ est ici "ce qui est fait" ou l’acte

    L’acteur de théâtre est un coutumier de l’acte.
  • #32
    joseta
    11/10/2012 à 07:49
    Une fois n’est pas coutume -------> version française
    C’est pas coutume une fois -------> version belge
  • #33
    joseta
    11/10/2012 à 08:25
    Il travaillait dans le cinéma, dans les effets spéciaux; c’était un coutumier d’effets.
  • #34
    <inconnu>
    11/10/2012 à 09:18*
    Donc, être coutumier d’un fait, en fait une habitude ? Une "coutume", si j’ai bien tout compris ?
    Que l’on me corrige, si faute de compréhension il y a.
  • #35
    charmagnac
    11/10/2012 à 09:33
    Si je devais utiliser le mot "coutume" aujourd’hui, j’y verrais plutôt une connotation d’usage collectif, donc commun à un groupe ou à un peuple, par rapport à "habitude" qui me paraît définir un comportement individuel.
  • #36
    charmagnac
    11/10/2012 à 09:40
    • En réponse à Paracas #29 le 11/10/2012 à 05:01 :
    • « "La coutume est à l’évolution ce que le frein est à l’automobile"....
      Bouba-forisme »
    Difficile de convaincre les Bretons, les Basques, les Corses et j’en passe, bref tous ceux qui invoquent haut et fort leur identité et leur singularité faites de coutumes.
  • #37
    joseta
    11/10/2012 à 09:49
    Extrait du film
    - À quoi est-il dû que tu t’y prennes aussi bien avec les femmes, et qu’en plus tu aies autant de succés?
    - C’est la bite cette page.
  • #38
    joseta
    11/10/2012 à 10:08
    La divinité qui n’aimait pas les habitudes:
    L’Ésus hait les coutumes.
  • #39
    saharaa
    11/10/2012 à 10:39*
    un excès très peu fréquent.

    dont on n’est pas
    coutumier du fait
    de fait! comme faire la fête de temps en temps,
    une fois n’est pas coutume

    Les habitudes ça us(e) et les coutumes aussi!
  • #40
    DiwanC
    11/10/2012 à 10:45*
    • En réponse à charmagnac #36 le 11/10/2012 à 09:40 :
    • « Difficile de convaincre les Bretons, les Basques, les Corses et j’en passe, bref tous ceux qui invoquent haut et fort leur identité et leur... »
    La coutume est à l’évolution ce que le frein est à l’automobile, dit Boubacar.
    …mais le frein n’est-il pas l’élément indispensable évitant d’aller droit dans le mur ?
    Quant aux coutumes des provinces, elles racontent souvent de jolies histoires du passé…
    Tu veux un résumé ? 😛