Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

sous les feux de la rampe [adv]

sous les feux des projecteurs ; sur scène ; publiquement exposé ; célèbre ; sous les projecteurs ; sous les projos ; à l'honneur

Origine et définition

Il existe plusieurs sortes de rampes.
Mais oublions de suite le plan incliné qui relie deux plans horizontaux ou bien la balustrade placée le long d'un escalier pour en faciliter l'ascension ou la descente, et venons-en à celle du théâtre ou d'une salle de spectacle.
Autrefois, dans les théâtres du XVIIe siècle, l'éclairage de la scène était assuré par quelques chandelles placées au fond du décor.
Mais les acteurs apparaissant plus comme des silhouettes que comme de vrais personnages, ces chandelles furent ensuite déplacées vers l'avant de la scène, posées sur des lattes en bois qui donnèrent à l'éclairage le nom de 'rampe'.
À la fin du XVIIIe siècle, les acteurs obtinrent de faire remplacer les chandelles puantes et enfumantes (la mèche trempait dans de l'huile de pied de boeuf) par des bougies.
Puis arriva l'éclairage au gaz et, enfin, la fée électricité qui avait en outre un avantage non négligeable, celui d'éviter les risques d'incendie.
C'est de cette 'rampe' d'éclairage qu'est venue notre expression.
Signifiant d'abord simplement "être sur scène", c'est au XXe siècle qu'elle a pris un sens bien plus large pour désigner les personnes qui, même sur une courte durée, passent dans la 'lumière' de l'actualité comme les acteurs le sont dans la lumière des feux de la rampe.

Exemples

« Souvent soupçonné, jamais contrôlé positif. Lance Armstrong, septuple vainqueur de la Grande Boucle, se retrouve aujourd'hui sous les feux de la rampe pour autre chose que ses exploits sportifs. »
L'équipe
« Nicolas Sarkozy promet alors de ne plus mettre sa famille en avant. De fait, Cécilia ne revient pas sous les feux de la rampe. Tout au long de la campagne présidentielle, elle reste en retrait, n'assistant pas aux meetings de son mari. Elle ne réapparaît que le jour du premier tour, venant voter en famille. »
Le nouvel observateur - Article du 23/10/1007

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand im Rampenlicht stehen se tenir dans les feux de la rampe
Anglais in the limelight dans la lumière du carbonate de chaux
Anglais to be in the public eye être sous l'œil du public
Anglais (USA) to be in the spotlight être dans la lumière du projecteur
Espagnol (Argentine) estar en el podio être sur le podium
Espagnol (Argentine) estar en la mira être sur le viseur
Espagnol (Espagne) estar a la vista de todos être à la vue de tous
Espagnol (Espagne) estar en el candelero être sur le chandelier
Français (Canada) être sous le feu des projecteurs ou être sous les projecteurs
Gallois gwneud rhywbeth ar bennau'r tai faire quelque chose sur les toits
Hongrois a rivaldafényben van être dans les feux de la rampe
Italien essere sotto le luci della ribalta être sous les lumières de la rampe
Néerlandais in het zonnetje worden gezet être mis dans la lumière du soleil
Néerlandais voor het voetlicht staan être sous les feux de la rampe
Néerlandais (Belgique) voor het voetlicht komen venir dans les feux de la rampe
Néerlandais in de spots staan être sous les projecteurs
Néerlandais in de schijnwerpers staan être dans la lumière des projecteurs
Néerlandais alle ogen gericht op Kwatta tous les yeux sont visés sur Kwatta
Polonais być na świeczniku être sur le chandelier
Portugais (Brésil) sob as luzes da ribalta sous les feux de la rampe
Portugais (Brésil) sob os holofotes sous les feux des projecteurs
Roumain în luminile rampei dans les lumières de la rampe
Turc altın çağını yaşamak vivre l'âge d'or
Turc ön planda olmak être en avant
Turc sahnede olmak être sur scène
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « sous les feux de la rampe » Commentaires

  • deLassus
    16/02/2011 à 10:19*
    • En réponse à joseta #100 le 16/02/2011 à 09:23* :
    • « Jadis j’avais participé à un forum outre-mer, c’était "le fort rhum" de la Martinique. Je l’ai quitté parce que j’étais constamment mis sous... »
    Ici je peux jouir

    Sache partager ton plaisir, et envoie-nous des cartes postales du Rhâââ Lovely Land.
    Ca veut dire : exprime-toi le plus souvent possible. Et ne crains pas d’être sous les feux de la rampe : ici, le public est bon.
  • memphis
    16/02/2011 à 11:54
    Il arrive que sous les feux de la rampe , on finisse par cette page. Mais attention, tous les feux peuvent brûler !
  • memphis
    16/02/2011 à 11:57
    • En réponse à joseta #100 le 16/02/2011 à 09:23* :
    • « Jadis j’avais participé à un forum outre-mer, c’était "le fort rhum" de la Martinique. Je l’ai quitté parce que j’étais constamment mis sous... »
    "feux de la rampe" signifie: le décés de ceux qui étaient sur la mauvaise pente.

    Mon Dieu, mes petits enfants sont en train de faire du ski ! Pourvu qu’ils ne se trompent pas de piste !
  • joseta
    16/02/2011 à 12:12*
    En réponse au texte DE LÀ SUS- pendu ci-haut: je ma ferais un plaisir d’augmenter le nombre de mes interventions, mais mon travail me l’empêche.
    PS Je te remercie pour la défense de mon calembour -chat éperon rouge- mais je n’ai pas tenté de patenter car je crois aux coincidences. Par ailleurs, je me sens flatté quand qelqu’un comme Christian partage mon idée
  • chirstian
    16/02/2011 à 12:23*
    venons-en à celle du théâtre ou d’une salle de spectacle.
    une origine originelle originale nous est donnée dans le dictionnaire de l’académie (édition 1872-77) :
    CASTIL-BLAZE, Hist. de l’Ac. de musique, t. I, p. 282: Ce nom vient de ce que les petits maîtres autrefois se plaçaient volontiers sur le théâtre ; et, comme ils n’avaient pas toujours la tête libre à l’heure du spectacle, une rampe en fer les empêchait de tomber dans l’orchestre ; de là ce nom de rampe donné à cette partie de l’avant-scène
    cette page
    Il en ressort clairement que si l’on a donné " à l’éclairage le nom de ’rampe" c’est tout bêtement parce qu’il était placé sur la partie de la scène qui s’appelait déjà la rampe.
  • joseta
    16/02/2011 à 12:27
    • En réponse à deLassus #101 le 16/02/2011 à 10:19* :
    • « Ici je peux jouir
      Sache partager ton plaisir, et envoie-nous des cartes postales du Rhâââ Lovely Land.
      Ca veut dire : exprime-toi le plus s... »
    Ma réponse se trouve au 104.
  • chirstian
    16/02/2011 à 12:44
    • En réponse à joseta #106 le 16/02/2011 à 12:27 :
    • « Ma réponse se trouve au 104. »
    et mes excuses sont au 64 ... d’hier : je n’essayais pas de gagner mes éperons en te plagiant ! 🙂
  • deLassus
    16/02/2011 à 13:34
    • En réponse à chirstian #105 le 16/02/2011 à 12:23* :
    • « venons-en à celle du théâtre ou d’une salle de spectacle.
      une origine originelle originale nous est donnée dans le dictionnaire de l’acadé... »
    Très intéressant, mais ça n’explique pas les feux.
    Ou alors la rampe était-elle en fer, et il s’agissait des feux de l’en-fer ?
  • chirstian
    16/02/2011 à 13:59
    • En réponse à deLassus #108 le 16/02/2011 à 13:34 :
    • « Très intéressant, mais ça n’explique pas les feux.
      Ou alors la rampe était-elle en fer, et il s’agissait des feux de l’en-fer ? »
    on pourrait imaginer que ceux qui n’étaient pas retenus par la rampe tombaient dans la fosse d’orchestre et en mourraient : d’où feux les maladroits ...
    Mais pour être sérieux, le fait qu’étaient placés sur la rampe des éclairages est indiscutable, et le sens de l’expression est limpide. Le seul élément important tiré du Castel-Blaze c’est que cette partie de la scène s’appelait déjà rampe, parce qu’elle était protégée par une rampe -c’est à dire une balustrade.
    Pour l’anecdote : le Dict de l’Ac édition 1694 nous dit aussi :On dit prov. Des spectacles & des autres choses qui attirent un grand concours de monde, qu’On y court comme au feu; " Le feu et les spectacles se rejoignaient donc dans plus d’une expression . N’est-ce pas normal quand on pense que le feu dans la cheminée devait être le spectacle favori des familles, et que la veillée, avant de se dérouler devant la TV, se passait devant l’âtre !
  • mitzi50
    16/02/2011 à 14:09
    • En réponse à deLassus #108 le 16/02/2011 à 13:34 :
    • « Très intéressant, mais ça n’explique pas les feux.
      Ou alors la rampe était-elle en fer, et il s’agissait des feux de l’en-fer ? »
    Au XVII è siècle, les comédiens étaient exclus de l’ Eglise, par contre les "grands" s’ installaient de chaque côté, sur la scène, pour mieux profiter du spectacle....Si les chandelles ou les bougies dela rampe cramaient, ils risquaient de brûler avec... et d’ avoir assez de place, pour sépulture, d’ un enfeu. Il en existe d’ ailleurs pas mal dans les murs des églises anciennes. Ne t’ inquiète pas, ce n’ est qu’ une explication hautement fantaisiste, à ne pas prendre au sérieux !
  • chirstian
    16/02/2011 à 14:16
    • En réponse à chirstian #109 le 16/02/2011 à 13:59 :
    • « on pourrait imaginer que ceux qui n’étaient pas retenus par la rampe tombaient dans la fosse d’orchestre et en mourraient : d’où feux les ma... »
    et avant de relâcher la mouche : pourquoi "sous" les feux ? Les feux étaient d’abord posés au sol. A cette époque on aurait donc du dire : "être aux feux de la rampe" , ou "devant les feux". Mais pas "sous". L’expression doit donc être plus récente : de l’époque où les chandelles étaient hissées vers les cintres. On comprend bien aujourd’hui "être sous les projecteurs" vu leur position.
  • chirstian
    16/02/2011 à 14:35
    pour éteindre les feux de la rampe, il fallait souffler. Car moucher les chandelles n’eut pas été assez discret. Chaque théâtre avait donc son souffleur. Avant de faire carrière, il lui fallait faire son trou. Généralement placé au milieu de la rampe. La rampe devenait donc le trou d’accès aux feux, et le trou en devenait la rampe d’accès. Il y avait les accès-jour, assez peu utilisés, et les accès-soirs. L’accessoiriste était souvent en même temps souffleur. Les souffleurs ont rarement été sous les feux de la rampe, alors qu’ils étaient sous la rampe des feux. Mais nous avons sur cette page la photo d’un souffleur du théâtre de Clermont-Ferrand.
    Je répare donc ici une injustice. 😐
  • syanne
    16/02/2011 à 14:45*
    • En réponse à mitzi50 #110 le 16/02/2011 à 14:09 :
    • « Au XVII è siècle, les comédiens étaient exclus de l’ Eglise, par contre les "grands" s’ installaient de chaque côté, sur la scène, pour mieu... »
    C’est en effet une explication un peu fantaisiste : les comédiens n’étaient pas systématiquement exclus de l’Église. Vois à cette page (Un site bien fait, au demeurant, pour ceux qui veulent mieux connaître Molière, qui n’est pas mort, comme on le dit souvent, sous les feux de la rampe).
    Quant à la place des spectateurs "huppés", elle est aussi, à cette époque, sur le devant du parterre (le peuple étant debout en retrait des spectateurs de haut rang), et dans les galeries latérales.
  • SyntaxTerror
    16/02/2011 à 15:39
    • En réponse à PHILO_LOGIS #97 le 16/02/2011 à 08:50 :
    • « Et oualà, MAM est à nouveau sous les feux de la rampe! Elle a une conscience professionnelle, celle-là! Tout est prêt pour sa candidature à... »
    Et oualà, MAM est à nouveau sous les feux de la rampe!

    Hélas, elle n’est pas la seule.
    L’expressio du jour est à rapprocher de "avoir la berlue" qui signifie "monnayer les faveurs d’une prostituée mineure".
  • SyntaxTerror
    16/02/2011 à 17:01*
    • En réponse à chirstian #112 le 16/02/2011 à 14:35 :
    • « pour éteindre les feux de la rampe, il fallait souffler. Car moucher les chandelles n’eut pas été assez discret. Chaque théâtre avait donc s... »
    Et celui-ci comme souffleur né-natif de Clermont-Ferrand, y pue d’la gueule ?
  • deLassus
    16/02/2011 à 17:28*
    • En réponse à SyntaxTerror #115 le 16/02/2011 à 17:01* :
    • « Et celui-ci comme souffleur né-natif de Clermont-Ferrand, y pue d’la gueule ? »
    Résumé de mes lectures-apprentissages du jour : si l’on tient à "sous", la bonne expression devrait être "sous les lumières de la herse".
    Voir par exemple herse et rampe dans cette page
    La herse est munie de miroirs permettant l’éclairage de la scène.
    Je n’arrive pas à trouver s’il y a eu des herses constituées de bougies, ou bien s’il a fallu attendre le gaz, puis l’électricité. Merci pour vos lumières, c’est le cas de le dire.
    Désolé, ce n’était pas une réponse au # 115, mais je m’ai trompé de bouton.
  • mitzi50
    16/02/2011 à 17:35
    • En réponse à syanne #113 le 16/02/2011 à 14:45* :
    • « C’est en effet une explication un peu fantaisiste : les comédiens n’étaient pas systématiquement exclus de l’Église. Vois à cette page (Un... »
    Pas un peu fantaisiste, complètement farfelue (et j’ assume !). En fait, celles qui n’ étaient pas admises à pratiquer leur art dans les églises étaient les chanteuses, réputées (à tort ou à raison) être de petite vertu. D’ où le recours aux castrats pour les voix aigües, ou bien, à défaut, aux voix de jeunes garçons n’ ayant pas encore mué...Cette pratique a tout de même duré, hélas, un certain temps, avec beaucoup de suites d’ opération mortelles, et très peu de "grandes" voix qui pouvaient réellement monnayer leur art. Pour un Farinelli, combien y avait-il de gamins mutilés... pour rien au bout du compte ? Mais il me fallait bien une entrée en matière pour placer l’ enfeu. Et l’ église n’ était pas forcément toujours bienveillante envers la profession d’ acteur en général...
  • mitzi50
    16/02/2011 à 17:38
    • En réponse à SyntaxTerror #114 le 16/02/2011 à 15:39 :
    • « Et oualà, MAM est à nouveau sous les feux de la rampe!
      Hélas, elle n’est pas la seule.
      L’expressio du jour est à rapprocher de "avoir la be... »
    J’ croyais que l’ expression était... "c’ qu’on nie" pour les amours tarifées...avec ou sans "rubis"?
  • Utilisateur supprimé
    16/02/2011 à 17:54*
    • En réponse à chirstian #112 le 16/02/2011 à 14:35 :
    • « pour éteindre les feux de la rampe, il fallait souffler. Car moucher les chandelles n’eut pas été assez discret. Chaque théâtre avait donc s... »
    Ah, la culture française sous les feux de la rampe. Mervéeeeeeeeeilleux. Je veux dire l’agri-culture bien chou-r.
  • deLassus
    16/02/2011 à 18:12
    • En réponse à mitzi50 #117 le 16/02/2011 à 17:35 :
    • « Pas un peu fantaisiste, complètement farfelue (et j’ assume !). En fait, celles qui n’ étaient pas admises à pratiquer leur art dans les égl... »
    Et l’ église n’ était pas forcément toujours bienveillante...

    Je crois que c’est Guitry qui a dit que l’Eglise s’est vengée de tout ce qu’elle devait au théâtre (par exemple le théâtre religieux, les mystères, au Moyen Age).