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être un fayot [v]

fayoter ; faire du zèle

Origine et définition

Ce terme de 'fayot'[1] est apparu dans l'argot de la marine militaire en 1833 pour désigner le matelot qui se rengage.
Pourquoi, me direz-vous ?
Il faut d'abord se rappeler qu'à cette époque, le haricot (ou fayot) était une légumineuse très souvent servie au repas à bord (parce que pas chère et se conservant bien, donc embarquée en quantité).
Ensuite, le marin, ne sachant rien faire d'autre ou bien aimant réellement son métier et la discipline qui s'y rattache, ne faisait en général que se rengager dès son contrat précédent terminé et une opportunité d'embarquement ouverte.
On a donc, par plaisanterie, considéré qu'il revenait à bord aussi souvent que les fayots revenaient au menu. Ce qui explique ce surnom.
Ensuite, ce terme s'est étendu à tout militaire se rengageant, en y ajoutant un soupçon de mépris (si tu te rengages et que respectes ou appliques la discipline avec autant de rigueur, c'est certainement pour plaire aux gradés et obtenir quelques faveurs en échange).
À la fin du XIXe siècle ou au début du XXe, selon les sources, l'origine réelle étant un peu oubliée, le fayot est finalement devenu, d'une manière générale et dans tous les milieux, celui qui fait un peu trop de zèle, qui cherche trop à plaire à ceux qui ont le pouvoir en leur manifestant une certaine servilité, et qui, s'il se fait généralement bien voir (ou simplement exploiter) par ceux-là, se déconsidère sérieusement auprès de ses camarades.
[1] Bien sûr, je vois ceux du fond près du radiateur qui vont tout de suite penser avec un sourire niais au fayot, ou haricot en grain, dont les sucres peu digestibles vont avoir tendance à provoquer des flatulences malodorantes chez celui qui le mange (). Eh bien, vu l'origine de l'expression, ils n'auront pas complètement tort, même si on ne sait jamais quel fayot de l'assiette aura été responsable, si tant est qu'on puisse désigner un seul coupable. En effet, comme dirait avec beaucoup de distinction et d'élégance la jeune fille qui annonce à ses parents être enceinte, et à laquelle son géniteur catastrophé demande si elle sait qui est le père : "Voyons Papa ! Quand tu manges des fayots, est-ce que tu sais lequel te fait péter ?"
Et, pour évacuer (si j'ose dire) ce sujet scabreux et fermer la parenthèse, on se rappellera que Pierre Desproges disait, avec autant de délicatesse : " les enfants, c'est comme les pets, on ne supporte que les siens".

Exemples

« Courtenay, tu t'en sortiras, ma fille, tu as la foi, mais je pense que tu devrais faire chirurgie, tu as des mains pour ça. Ah ! Un bon conseil ! C'est avec les patrons qu'il faut fayoter, non avec les malades. »
Anne Cazal - Le ravin rouge - 1994

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand kreide fressen bouffer de la craie
Allemand vor / um jemandem schwänzeln remuer la queue devant / autour de quelqu'un
Allemand schleimer / schleimen un baveur/ qui secrète des mucosités
Anglais a bootlicker un lèche-bottes
Anglais (USA) brown-nose, be a brown-nose nez brun, avoir le nez brun
Espagnol (Espagne) un llepaculs un lèche-cul
Espagnol (Espagne) Ser un pelotillero Être un fayot
Espagnol (Espagne) ser un pelota / Hacer la pelota être une balle / Faire la balle
Espagnol (Colombie) es una bola être une boule
Espagnol (Argentine) ser un chupamedias / Chuparle las medias a alguien être une suce-chaussettes / Sucer les chaussettes à quelqu'un
Français (Canada) être un téteux de boss
Français (Canada) un lèche-cul un lèche-cul
Italien essere un leccapiedi être un lèche pieds
Latin lambent eam asinum lui lécher le fion
Néerlandais een hielenlikker un lécheur de talons
Néerlandais slijmerd mucositeur
Néerlandais een uitslover un fayot
Néerlandais een dienstklopper ..... quelqu'un avec un excès de zèle
Néerlandais (Belgique) slijmbal boulle/testicule de glaire
Néerlandais (Belgique) een gatlikker un lêche-cul
Néerlandais een kontlikker un léche-cul
Néerlandais een bruine arm halen obtenir un bras brun
Polonais nadgorliwiec un fayot
Portugais (Brésil) ser um puxa-saco/Puxar o saco être un tire-couilles/Tirer les couilles à quelqu'un
Roumain a fi un pupincurist être un bisouculiste (lèche-cul)
Roumain un sicofant un sycophante
Roumain un stahanovist un stakhanoviste (faire du zèle)
Roumain a face exces de zel faire un excès de zèle
Wallon (Belgique) faire le frotte manche
Wallon (Belgique) faire le manche à balles
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « être un fayot » Commentaires

  • #1
    Elpepe
    12/11/2009 à 23:24
    Tiens, God : pour l’éditeur de partoche, Free y a ton Ut, et même si ton y faute, sache que ton fa y rée ut, à tel point que tortue y fane, et que la F.E.N. raye tout, tandis que Ryan fouette, en cet été tyran fou, et qu’un faune t’y rote. Pourtant, Ney, R.F.O. t’a tué... Mais pour en revenir à la Marine, qui est à l’origine de tout : ta nef y eut or, et y a fortune !
    Anna Kohl-Ut
  • #2
    deLassus
    13/11/2009 à 01:01*
    Tiens tiens !
    Par quel miracle notre Amiral anagrammeur peut-il intervenir le 12 novembre à 23:24:53 sur l’expression du 13 novembre, laquelle arriva comme chaque jour à 00:00:01 sur mon ordi;?
    Par quel miracle , OU PLUTOT A LA SUITE DE QUEL INAVOUABLE FAYOTAGE ?
    D’ailleurs, son forfait commis, le coupable est allé se cacher sous les voiles de son bateau, et ne refera surface que lundi 16 (l’Amiral, pas le bateau)
    L’affaire sera oubliée, croit-il...
  • #3
    deLassus
    13/11/2009 à 01:56*
    Rien à voir avec ce qui précède, puisque dans l’Armée notre Amiral n’a passé que 3 jours.

    Dans l’infanterie, les appelés (j’en étais) avaient aussi le plus profond mépris pour ceux qui à la fin de leur service s’étaient rengagés.
    Ils étaient souvent sergents, avaient nos âges, et, tout en nous distribuant force corvées et brimades, essayaient de "copiner" avec nous, en nous faisant part de leurs difficultés, de l’inconfort de la caserne, de la monotonie de leur "métier".
    Notre réaction était toujours la phrase "T’as signé, t’as qu’à en chier !" (pardon mesdames)

    Le jour de la quille, les trouffions passaient individuellement devant le Colonel, qui demandait si on voulait prolonger le service militaire par un engagement. On savait donc exactement , tous les deux mois, qui "en reprenait".
    Tous les pauvres types qui en reprenaient ne se découvraient qu’au dernier moment auprès de nous, et nous les traitions de tous les noms, dont FAYOT bien sûr, qui était l’adjectif le plus aimable. Moi, j’aimais assez "Crevure !"
    Tous, sauf ceux qui optaient pour le métier de gendarme, et avaient droit au respect.

    J’ai écrit "les pauvres types’. A l’époque je les jugeais beaucoup plus durement.
    Dans mon régiment, c’étaient souvent ceux qui ne savaient ni lire ni écrire, ni rien faire d’autre que soldat.
  • #4
    PHILO_LOGIS
    13/11/2009 à 07:04
    Je le savais!
    ... que nous finirions par découvrir comme l’Amiral de ce [slurp]mêêêêrveilleux[/slurp] site s’appelle: ca y est: Elpépé FAYOT.
    Mais je me dois d’ajouter immédiatement qu’il n’a jamais failli, le bailli!
    Aie, non, pas sur la tête avec ton maillet de maya.
  • #5
    Elpepe
    13/11/2009 à 07:13
    • En réponse à deLassus #2 le 13/11/2009 à 01:01* :
    • « Tiens tiens !
      Par quel miracle notre Amiral anagrammeur peut-il intervenir le 12 novembre à 23:24:53 sur l’expression du 13 novembre, laquel... »
    Hé hé ! Je mets les voiles, pour aller les ranger ! Le miracle, c’est la maîtrise du Temps, sans laquelle il est impossible de se positionner... Soyez sages, hmmm ? Le carnet de colles est sur le comptoir, à côté des cacahuètes.
    L’Amiral
  • #6
    HoubaHOBBES
    13/11/2009 à 07:40
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 13/11/2009 à 07:04 :
    • « Je le savais!
      ... que nous finirions par découvrir comme l’Amiral de ce [slurp]mêêêêrveilleux[/slurp] site s’appelle: ca y est: Elpépé FAYOT... »
    Ouaip ! Et c’est parce qu’il est musicien, l’Amiral FAYOT, qu’il cherche (en vin semble-t-il) à obtenir son éditeur de partoches ...
    Pffft-Hobbes
  • #7
    Paracas
    13/11/2009 à 07:45
    " les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens", disait Desproges, et plus récemment Roumanoff a dit:" L’Elysée, c’est comme le cassoulet, une petite saucisse avec plein de fayots autour"
  • #8
    horizondelle
    13/11/2009 à 09:14
    A Dadou_1311, je souhaite un repas de fête plutôt qu’un plat de fayots, à moins que ce soit ton péché mignon, et que ça te fasse...péter de joie :’-)) Bon anniversaire 😄
  • #9
    momolala
    13/11/2009 à 09:14
    • En réponse à deLassus #3 le 13/11/2009 à 01:56* :
    • « Rien à voir avec ce qui précède, puisque dans l’Armée notre Amiral n’a passé que 3 jours.

      Dans l’infanterie, les appelés (j’en étais) ava... »
    Je trouve un peu injuste de traiter de fayot celui qui rempilait. Mais comme je n’ai même pas fait trois jours de service militaire, je ne me sens pas d’avis autorisé. Pour moi le fayot qui fayote c’est plutôt celui qui se fait mousser (cette page), qui fait de la lèche pour faire briller le postérieur de son supérieur, celui qui, n’ayant pas les moyens de son ambition colle à celle d’autrui comme les patelles à la coque du rafiot de l’Amiral.
  • #10
    mickeylange
    13/11/2009 à 09:17
    • En réponse à HoubaHOBBES #6 le 13/11/2009 à 07:40 :
    • « Ouaip ! Et c’est parce qu’il est musicien, l’Amiral FAYOT, qu’il cherche (en vin semble-t-il) à obtenir son éditeur de partoches ...
      Pffft-H... »
    Ouaip ! Et c’est parce qu’il est musicien, l’Amiral FAYOT

    Il joue du flageolet ?
  • #11
    horizondelle
    13/11/2009 à 09:18*
    • En réponse à deLassus #2 le 13/11/2009 à 01:01* :
    • « Tiens tiens !
      Par quel miracle notre Amiral anagrammeur peut-il intervenir le 12 novembre à 23:24:53 sur l’expression du 13 novembre, laquel... »
    Tu sais bien qu’il triche... de là à dire qu’il fayote, il n’y a qu’un pas...qu’il ne franchira pas fort heureusement !!
  • #12
    momolala
    13/11/2009 à 09:18
    Bon anniversaire Dadou_1311 ! Tu tombes bien : Google a enfin choisi de privilégier la bonne cuisine dans de vraies cocottes en fonte plutôt que de nous resservir ses régimes miraculeux. Par ce temps gris je te souhaite un bon repas d’anniversaire bien mitonné partagé avec celles et ceux qui t’aiment et que tu aimes.
  • #13
    horizondelle
    13/11/2009 à 09:21
    • En réponse à momolala #12 le 13/11/2009 à 09:18 :
    • « Bon anniversaire Dadou_1311 ! Tu tombes bien : Google a enfin choisi de privilégier la bonne cuisine dans de vraies cocottes en fonte plutôt... »
    Dans mon bandeau de droite, j’ai droit à ..."Adieu au ballonnements"... Serait-ce un gag?
  • #14
    chirstian
    13/11/2009 à 09:21
    chez les haricots, la mogette fayotte plus que le mange-tout.
  • #15
    horizondelle
    13/11/2009 à 09:22
    • En réponse à chirstian #14 le 13/11/2009 à 09:21 :
    • « chez les haricots, la mogette fayotte plus que le mange-tout. »
    Mais le fayot est comme le téléphone, il est sans fil !
  • #16
    paperpy
    13/11/2009 à 09:24
    c’est pas pour fayoter : mais god est un’ Tresbon ’ !!!!!!!!!!!
  • #17
    chirstian
    13/11/2009 à 09:26
    • En réponse à horizondelle #15 le 13/11/2009 à 09:22 :
    • « Mais le fayot est comme le téléphone, il est sans fil ! »
    c’est vrai ! L’été les faunes s’enfilent: c’est leur façon de fayoter.
  • #18
    mickeylange
    13/11/2009 à 09:36*
    Ce terme de ’fayot’[1] est apparu dans l’argot de la marine militaire en 1833

    God collé samedi !
    T’as vu Pépé comme je défends bien la marine ?
  • #19
    chirstian
    13/11/2009 à 09:37
    le cri de "taïaut , taïaut" -qui accompagne le son du cor- est à la chasse à courre, ce que celui de "fayot, fayot" -qui accompagne le son du corps- est à la chiasse à courre.
  • #20
    deLassus
    13/11/2009 à 09:46
    C’est sûr, il eut fallu
    Que bien je fayotasse,
    Pour être enfin promu
    Plus que première classe.