Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire flèche de tout bois [v]

mettre tous les moyens en oeuvre pour réussir ; faire feu de tout bois ; mettre toutes les chances de son côté pour atteindre son objectif ; employer tous les moyens possibles pour parvenir à ses fins ; mettre en oeuvre tout ce que l'on peut, pour réussir dans une entreprise

Origine et définition

Vous êtes au Moyen-Âge (ou quelques siècles avant ou après...) et vous chassez le cerf, muni d'un arc et d'un carquois rempli de flèches.
Rempli de flèches ? Pas tout-à-fait puisqu'au cours des heures précédentes vous les avez toutes gaspillées en ratant lamentablement vos différentes cibles.
Soudain, devant vous, surgit un superbe faon, jeune animal qui n'attend plus que vous le trucidiez lâchement. Sans plus de flèche disponible, que vous reste-t-il à faire, sinon casser une branche à peu près droite, la rendre très vite aussi lisse que possible avec votre couteau et l'utiliser en guise de flèche (heureusement, comme vous êtes décidément mauvais, vous allez encore rater cette pauvre bête).
Toujours est-il que, dans l'urgence, vous venez de faire une flèche à partir d'un morceau de bois quelconque.
La métaphore est donc aisément compréhensible : vous êtes prêt à utiliser n'importe quel moyen pour arriver à votre but (n'importe quel bout de bois pourra être utilisé comme flèche afin de tenter de ne pas rentrer bredouille).
Si cette expression, sous sa forme et son sens actuels, date du XVIIe siècle, Rabelais disait "ne savoir de quel bois faire flèche" pour dire "ne pas savoir où trouver de quoi vivre" ou bien "ne pas savoir de quel moyen se servir pour arriver à ses fins"
Cette fois, même le morceau de bois manquait et plus rien ne permettait d'atteindre son but qui pouvait simplement être de subsister.

Exemples

« (...) si vous pouvez intercéder pour nous, joignez-vous à moi, fit-il en prenant un air piteux, pour obtenir de monseigneur le Grand-Maître une ordonnance de paiement des sommes qui sont dues à mon père, car il ne sait de quel bois faire flèche... »
Honoré de Balzac - Le martyr calviniste

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand alle Mittel einsetzen mettre tous les moyens en oeuvre
Anglais catch as catch can attraper comme la prise peut
Anglais (USA) give it all you've got donnez-lui tout ce que vous avez
Espagnol (Argentine) abrir todas las puertas ouvrir toutes les portes
Espagnol (Espagne) agarrarse a un clavo ardiendo s'accrocher à un clou brûlant
Espagnol (Espagne) fer mans i mànigues faire des mains et des manches
Espagnol (Espagne) Jugarse el todo por el todo Jouer son va-tout / Risque le tout pour le tout
Espagnol (Espagne) poner toda la carne en el asador mettre toute la viande à la grille
Espéranto uzi ĉiujn eblajn rimedojn user de tous les moyens possibles
Gallois rhoi pob gewyn ar waith mettre chaque nerf au travail
Hongrois minden eszközt bevet mettre tous les moyens en œuvre
Hébreu אינו יודע גבולות (éno yodéa gvoulott) ne connaît pas les frontières
Italien tentare ogni mezzo essayer chaque moyen
Néerlandais alles in het werk stellen ; - het onderste uit de kan halen mettre tout en oeuvre ; - retirer/obtenir le fond de la vase/boîte
Néerlandais alles op alles zetten mettre tout sur tout
Néerlandais (Belgique) niet meer weten van welk hout pijlen maken ne plus savoir de quel bois faire des flèches
Néerlandais alle zeilen bijzetten se servir de toutes les voiles
Néerlandais alle hens aan dek toutes les mains sur le pont
Portugais (Brésil) fazer das tripas coração transformer les tripes en coeur
Portugais (Brésil) ovelha negra mouton noir
Portugais (Portugal) queimar todos os cartuchos brûler toutes les cartouches
Roumain a-si da toata silinta donner tous les efforts
Roumain a face pe dracu-n patru faire d'un seul diable 4
Roumain a pune tot sufletul mettre toute l'âme
Roumain a-si da toata osteneala donner toute sa fatigue
Tchèque nasadit vsechny páky mettre en oeuvre tous les leviers
Turc tüm imkanları seferber etmek mobiliser tous les moyens
Wallon (Belgique) fer fliche di tot bois faire flèche de tout bois
Wallon (Belgique) les chets s´agriffet wiss´ qu´ i polet les chats s´aggriffent où ils peuvent
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « faire flèche de tout bois » Commentaires

  • Clitocybe
    08/04/2024 à 21:02*
    Je suis dans l'ombre de l'éclipse ! Elle s'épanuit en plein après-midi, un soir précoce, un peu mystérieux et menaçant. Apollon nous darde de ses traits putrides.

    Ouf, ce n'était qu'une éclipse ! Le soleil nous revient, juvénile, prêt au printemps, caressant les dernières congères, invitant la nature à révéler ses charmes.
    Je suis prêt !
  • comte_arebours
    09/04/2024 à 08:51
    Cette expression me laisse carquois...
  • Ratanak
    09/04/2024 à 11:44
    • En réponse à comte_arebours #282 le 09/04/2024 à 08:51 :
    • « Cette expression me laisse carquois... »
    Joli !
  • lalibellule
    13/07 à 00:26*
    Je tombe sur ce passage du roman Un avenir radieux par Pierre Lemaître.
    Il s’agit de Colette, fillette de 10 ans, lors de ses premières règles.

    Colette se redressa soudain, repoussa le drap. Sous elle le lit était rouge. Elle prit peur, s’écarta vivement comme si un serpent s’était glissé entre ses jambes. Mais aussitôt elle se souvint, mamie l’avait mise en garde sur la possible arrivée de ses premières règles pas avant 12 ou 13 ans, tu as encore le temps, elle n’en avait pas tout à fait 11 !
    Est-ce normal ? Elle se leva … que faire avec ce lit ?
    Le sang qui coulait entre ses jambes lui faisait un peu peur. Elle se rendit aux toilettes, s’essuya, mais elle avait beau s’échiner, ça n’en finissait pas. Quoiqu’elle eût très mal au ventre, la crainte prenait le dessus, comment sa mère allait-elle réagir lorsqu’elle s’en apercevrait ?
    Sa mère s’exclame cruellement : Eh bien, c’est du propre !


    Une belle coincidence 😸
  • Mintaka
    13/07 à 06:16
    Anagramme

    Score Haute Fidélité ? Bof !
  • lalibellule
    13/07 à 06:53
    • En réponse à joseta #280 le 08/04/2024 à 17:31 :
    • « Faire flèche de tout bois ? Je ne suis pas d'accord !
      Pinocchio »
    😄
  • comte_arebours
    13/07 à 07:04
    Moi si !
    l'Homme de fer.
  • Bichem
    13/07 à 09:03*
    Trouver un film tiré d'un livre

    👾🎆🎇🎆🎐
    After the great rock-partridge hunting saga, I was immediately admitted to the ranks of the hunters—albeit in the capacity of beater and retriever. Every morning, around four o'clock, my father would open my bedroom door and whisper: "Do you want to come along?"

    This second volume follows chronologically from *My Father's Glory*. The Pagnol and Jaubert families continue to spend their holidays at the foot of Mount Garlaban. Young Marcel Pagnol strikes up a friendship with a local farm boy, Lili des Bellons. He recounts the boys' expeditions to set bird traps in the hills. Meanwhile, Joseph and Uncle Jules bring back enough game to pay the rent for their holiday home, "La Bastide Neuve."

    The end of summer comes as a tragedy for Marcel, who decides to run away and live in the hills with Lili's help. Ultimately, however, he abandons the plan.

    The family decides to travel up to La Treille every Saturday, but the journey is long. Fortunately, Bouzigue—a canal keeper for the Marseille Canal and a former pupil of Joseph's—gives them a key that allows them to follow the waterway across private estates, saving precious time by taking this shortcut. Yet, crossing through these grand estates is a nerve-wracking ordeal, especially for Augustine, Marcel's mother. One day, a gamekeeper catches them; a humiliated Joseph lives in fear of a reprimand or even dismissal by the Academy Inspector. Fortunately, Bouzigue resolves the situation.

    Marcel concludes his narrative by shifting from the memory of a memorable dinner during that period to the passing of his mother five years later, followed by the death of his brother Paul—who had become a goatherd—and finally that of his friend Lili, who fell at the front during the First World War "upon clumps of cold plants whose names he did not know." "Such is the life of men. A few joys, very quickly erased by unforgettable sorrows. There is no need to tell children this."

    Then the author recounts how, when he planned to set up film studios near Marseille, chance led to him becoming the owner of the château.
    ...
    ... Après l'épopée cynégétique des bartavelles, je fus d'emblée admis au rang des chasseurs, mais en qualité de rabatteur, et de chien rapporteur. Tous les matins, vers quatre heures, mon père ouvrait la porte de ma chambre, et chuchotait : « Veux-tu venir ? » »

    Ce deuxième tome est dans le prolongement chronologique de La Gloire de mon père. Les familles Pagnol et Jaubert passent toujours leurs vacances au pied du Garlaban. Le jeune Marcel Pagnol se lie d'amitié avec un jeune paysan, Lili des Bellons. Il évoque le parcours des deux garçons pour poser des pièges à oiseaux dans les collines. De leur côté, Joseph et l'oncle Jules rapportent tant de gibier qu'ils peuvent payer la location de la « Bastide Neuve ».

    La fin de l'été est un drame pour Marcel, qui décide de fuir pour vivre dans les collines avec l'aide de Lili. Il renonce finalement à ce projet.

    La famille décide de monter chaque samedi à La Treille, mais le trajet est long. Heureusement, Bouzigue, piqueur du canal de Marseille et ancien élève de Joseph, leur remet une clé permettant de suivre le cours d'eau à travers des propriétés privées et de gagner un temps précieux par ce raccourci. Mais traverser les châteaux est une épreuve angoissante, particulièrement pour Augustine, la mère de Marcel. Un jour, un garde les surprend, et Joseph humilié sera dans la crainte de se voir infliger un blâme ou d'être révoqué par l'inspecteur d'Académie. Heureusement, les choses s'arrangent grâce à Bouzigue.

    Marcel achève son récit en passant du souvenir d'un mémorable dîner de cette période à l'évocation de la mort de sa mère cinq ans plus tard, puis de celle de son propre frère Paul, devenu chevrier ; et enfin celle de son ami Lili, tombé au front durant la Première Guerre mondiale « sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms ».

    « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. »

    Puis l'auteur raconte comment, lorsqu'il aura pour projet de monter des studios de cinéma près de Marseille, le hasard le rendra propriétaire du château de la Buzine, celui « de la peur de sa mère ». Marcel imagine alors Augustine : « Elle entendait les cris du garde, et le souffle rauque du chien. Blême, tremblante, et pour jamais inconsolable, elle ne savait pas qu'elle était chez son fils. »

    Ce livre raconte essentiellement la chasse d'oiseaux, entre amis (avec Lili des Bellons) mais également en famille (avec l'oncle, le père...).
  • Mintaka
    13/07 à 09:19
    • En réponse à Bichem #288 le 13/07 à 09:03* :
    • « Trouver un film tiré d'un livre

      👾🎆🎇🎆🎐
      After the great rock-partridge hunting saga, I was immediately admitted to the ranks of the hunte... »
    Il s'agit d'un château mais pas celui de l'archiduchesse.
  • Clitocybe
    13/07 à 09:26
    Je suis quand même content de retrouver mes amis d'Expressio. La question des premières règles est souvent ignorée. Les hommes s'en distancient; les femmes en ont honte. Pourtant, c'est un phénomène naturel. associé à la reproduction. Nous vivons parce que des femmes saignent. Nous vivons à cause des femmes. Mais pourquoi le sexe et toutes ses avanie, pourquoi l'amour; ces coeurs btisés, ces poèmes? On serait bien mieux entre hommes. Le binaire, pourquoi le binaire?

    Pour cette Acadie perdue
    Pour cette femme agenouillée
    Pour la femme à genou

    J'ai laissée entreouverte ta caverne secrète
    Et les questions discrètes;

    D'ou venez-vous mon amour?
  • atheofv
    13/07 à 09:43
    • En réponse à Mintaka #289 le 13/07 à 09:19 :
    • « Il s'agit d'un château mais pas celui de l'archiduchesse. »
    Celui-là peut-être ?

    Le Château de la Mere
  • Bichem
    13/07 à 09:58
    • En réponse à Clitocybe #290 le 13/07 à 09:26 :
    • « Je suis quand même content de retrouver mes amis d'Expressio. La question des premières règles est souvent ignorée. Les hommes s'en distanci... »
    Ça nous manquait 😁
  • Bichem
    13/07 à 09:59
    • En réponse à Mintaka #289 le 13/07 à 09:19 :
    • « Il s'agit d'un château mais pas celui de l'archiduchesse. »
    Hello!! Tas pu te connecter
  • Bichem
    13/07 à 09:59
    • En réponse à atheofv #291 le 13/07 à 09:43 :
    • « Celui-là peut-être ?

      Le Château de la Mere »
    Tere zoli
  • atheofv
    13/07 à 14:51
    • En réponse à Bichem #293 le 13/07 à 09:59 :
    • « Hello!! Tas pu te connecter »
    Non ! Il a envoyé son texte par signaux de fumée.

    D'ailleurs, n'as-tu pas reconnu l'accent des signaux ?
  • Mintaka
    13/07 à 15:30*
    • En réponse à atheofv #295 le 13/07 à 14:51 :
    • « Non ! Il a envoyé son texte par signaux de fumée.

      D'ailleurs, n'as-tu pas reconnu l'accent des signaux ? »
    Oui, j'avais stocké de la fumée de l'incendie. J'espère que ça ne sent pas trop le brûlé.
  • lalibellule
    13/07 à 15:55
    Un fait divers qui reste dans la culture amérindienne en quelque sorte …

    Image externe

    Encore qu’un bison d’Amérique fait mouche … le touriste a été jeté 8 pieds en l’air pour atterrir à l’hôpital… on croirait qu’un homme de 65 ans serait plus prudent … l’incident s’est passé à Yellowstone
  • lalibellule
    13/07 à 15:56
    • En réponse à Bichem #288 le 13/07 à 09:03* :
    • « Trouver un film tiré d'un livre

      👾🎆🎇🎆🎐
      After the great rock-partridge hunting saga, I was immediately admitted to the ranks of the hunte... »
    Quant au château… aucune idée 🙃
  • Mintaka
    13/07 à 16:05*
    • En réponse à lalibellule #297 le 13/07 à 15:55 :
    • « Un fait divers qui reste dans la culture amérindienne en quelque sorte …

      https://zupimages.net/up/26/29/8l8c.png »
    Le touriste était moins futé que le bison. (Référence à Bison Futé en France qui indique les embouteillages et les conditions météo surtout en période de vacances.)
  • Mintaka
    13/07 à 16:07
    Question : l'expression en avoir dans le tibia signifie-t-elle être intelligent et pourquoi ? Je ne trouve pas tibia dans cette acception.