Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Faire le coup du père François

Prendre en traître
Utiliser une manoeuvre déloyale

Origine

À l'origine, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le véritable coup du père François ne pouvait se pratiquer que si l'on était deux et il avait pour but de détrousser le péquin moyen qui avait l'audace et l'imprudence de se promener la nuit dans des rues mal éclairées.
Il se pratiquait de la manière suivante : le premier des agresseurs engageait la conversation avec le promeneur (avec une banalité du genre de celles qu'on entend aujourd'hui : « t'as pas cent balles », « z'avez du feu », « z'avez l'heure ») ; le complice, muni d'une courroie formant un noeud coulant, s'approchait puis étranglait par derrière la victime tout en lui maintenant le dos sur son propre dos, comme un sac de pommes de terre, de manière à ce que ses pieds ne touchent pas le sol et qu'elle n'ait pour seule préoccupation, si elle était encore consciente, que de tenter de se débarrasser de ce qui l'étranglait, sans chercher à se défendre du premier aigrefin qui profitait lâchement de la situation pour lui fouiller et lui vider les poches.
Une fois le forfait accompli et la victime généralement mal en point, mais pas obligatoirement morte, les deux compères récupéraient leur courroie et disparaissaient.
C'est de cette forme d'agression que, par extension, l'expression s'est utilisée pour ceux qui font des mauvais coups en traître ou qui utilisent des manoeuvres déloyales
Cela dit, vous pouvez légitimement vous demander qui était ce fameux père François. Eh bien malheureusement, on le sait d'autant moins qu'on a utilisé l'expression avec d'autres prénoms comme Anatole ou Martin, par exemple.
Selon certains, comme Lorédan Larchey, cela viendrait du prénom du premier ayant utilisé cette méthode avec une courroie à boucle (la technique existant bien avant). Mais Claude Duneton oppose à cette hypothèse le fait que vers les années 1860, période où l'appellation apparaît, il n'existait pas de détrousseur notoire prénommé François.
Alors, sans certitude, on pourra se rabattre sur la proposition de Gaston Esnault qui évoque le très célèbre (à l'époque) lutteur Arpin qui était surnommé « le terrible Savoyard » mais aussi « le père François ». Or, la lutte fait partie de ces sports de combat où les étranglements sont autorisés, ce qui pourrait expliquer le nom donné à ce coup en traître autrefois appelé « le charriage à la mécanique ».

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Tkatl alih Se rabattre sur quelqu’un par traîtrise
Angleterre Anglais To do the dirty on someone Faire la saleté sur quelqu'un
Angleterre Anglais To stab someone in the back Poignarder dans le dos
États-Unis Anglais To blind-side (someone) Prendre (quelqu'un) du coté aveugle
États-Unis Anglais To stab (someone) in the back Poignarder (quelqu'un) dans le dos
États-Unis Anglais To sucker-punch (someone) Donner un coup bas (à quelqu'un)
Espagne Espagnol Dar por la espalda Frapper par derrière / Frapper en traître
Espagne Espagnol Dar un golpe bajo Donner un coup bas
Espagne Espagnol Dar una puñalada trapera Donner un coup de poignard "de chiffonnier" (la main tenant le poignard étant dissimulée par un chiffon)
Espagne Espagnol Dársela con queso La donner avec du fromage
Espagne Espagnol Hacer algo a traición Faire quelque chose en traître
Canada Français Poignarder (quelqu'un) dans le dos Poignarder (quelqu'un) dans le dos
Israël Hébreu עשה תחבולה שפלה (asa tahboula chféla) Faire une manoeuvre abjecte
Italie Italien Colpire a tradimento Frapper par traîtrise
Pays-Bas Néerlandais Een dolksteek in de rug Un poignard dans le dos
Pays-Bas Néerlandais Een smerige streek uithalen Faire un sale coup (à quelqu'un)
Brésil Portugais APUNHALAR PELAS COSTAS Poignarder dans le dos
Brésil Portugais PUXAR O TAPETE TIREZ LE TAPIS
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Commentaires sur l'expression « Faire le coup du père François » Commentaires

  • #1
    • deLassus
    • 04/10/2010 à 03:01*
    "Bonjour , bonjour, les gosses !
    Bon ; Le coup du Père François, c’est un bouquin de San Antonio : cette page
    Je le sais, je les ai PRESQUE tous !"
    Tiens : je LE cite maintenant ! Pardonnez-moi !
    deLassus, dePassage deNuit
  • #2
    • OSCARELLI
    • 04/10/2010 à 07:22
    Le coup du pois franc serre?
    C’est quoi un pois franc? Le contraire d’un haricot malhonnête? Et pourquoi il devrait faire un coup qui serre? Qui serre le cou? Le coup serre le cou... Quelle couennerie...
    Allez, sert-moi un coup, maintenant que je me déserre la cravate pour me mouiller le cou. Je ne suis pas un pois franc. Franc, ça oui, alors. Franc, et non Aléman ou Saxon. Pois aussi. Plutôt pois lourd, même.
  • #3
    • OSCARELLI
    • 04/10/2010 à 07:23
    • En réponse à deLassus #1 le 04/10/2010 à 03:01* :
    • « "Bonjour , bonjour, les gosses !
      Bon ; Le coup du Père François, c’est un bouquin de San Antonio : cette page
      Je le sais, je les ai PRESQUE... »
    N’en fais pas une fixation, quand même...
  • #4
    • <inconnu>
    • 04/10/2010 à 07:30
    Il nous manque bien, le père François, pour lutter contre l’horrible nain !
  • #5
    • Emeu29
    • 04/10/2010 à 07:31
    • En réponse à OSCARELLI #2 le 04/10/2010 à 07:22 :
    • « Le coup du pois franc serre?
      C’est quoi un pois franc? Le contraire d’un haricot malhonnête? Et pourquoi il devrait faire un coup qui serre?... »
    Du coup, le pois serre franc ! CQFD
    PS : "Mouiller le cou" : Faut-il y voir une contrepèterie !
    réponse : "N’en fais pas une fixation, quand même..." 🙂
  • #6
    • OSCARELLI
    • 04/10/2010 à 07:48
    • En réponse à Emeu29 #5 le 04/10/2010 à 07:31 :
    • « Du coup, le pois serre franc ! CQFD
      PS : "Mouiller le cou" : Faut-il y voir une contrepèterie !
      réponse : "N’en fais pas une fixation, quand... »
    On y voit ce qu’on veut, en fonction de la tournure d’esprit ou de la fixation du moment. Allez, ne t’attache pas trop à comprendre... 😉
  • #7
    • <inconnu>
    • 04/10/2010 à 07:49*
    François 1er, lui a dû en faire plusieurs des "coups", car lui aussi a eu pas mal de bâtards, comme on disait à l’époque...
    Quant au coup du père François, ne pourrait-il s’appeler Mazarine ? 😉
  • #8
    • deLassus
    • 04/10/2010 à 07:55
    • En réponse à OSCARELLI #3 le 04/10/2010 à 07:23 :
    • « N’en fais pas une fixation, quand même... »
    Tu as raison : j’ai modifié.
  • #9
    • <inconnu>
    • 04/10/2010 à 07:57*
    • En réponse à <inconnu> #4 le 04/10/2010 à 07:30 :
    • « Il nous manque bien, le père François, pour lutter contre l’horrible nain ! »
    Et si on lui faisait une blague ? Du genre lui envoyer, anonymement bien sûr, quelques petites pilules bleues ? 🙂
    PS: les fêtes de fin d’année approchent à grands pas...
  • #10
    • deLassus
    • 04/10/2010 à 08:26*
    il avait pour but de détrousser le péquin moyen

    Cher God, il semblerait d’après le TLFi qu’il s’agissait du pékin, comme la ville !
    "PÉKIN2, subst. masc.
    A. Arg. milit., péj. Civil, bourgeois...
    B. P. ext, arg. Celui qui n’appartient pas à un milieu particulier. Accommoder le pékin (pour les voleurs) "...
    Mais le même TLFi indique l’étymologie provençale "pequin, chétif, malingre"
    Match nul ?
  • #11
    • God
    • 04/10/2010 à 08:48
    • En réponse à deLassus #10 le 04/10/2010 à 08:26* :
    • « il avait pour but de détrousser le péquin moyen
      Cher God, il semblerait d’après le TLFi qu’il s’agissait du pékin, comme la ville !
      "PÉKIN2... »
    Le Grand Robert :
    pékin ou péquin [pekR] n. m.
    ÉTYM. 1797, pékin; péquin, 1776; formation expressive, du radical pekk- « petit » (cf. provençal pequin « malingre », ital. piccolo, esp. pequeño), ou du rad. du lat. pecus, pecoris « bétail ».
  • #12
    • mitzi50
    • 04/10/2010 à 09:22*
    Maintenant, les malandrins veulent plus que la montre de gousset ou quelques pièces : ils pratiquent le car, ou le home-jacking.... en vous rudoyant aussi au besoin. Quant au "coup du père François", il faudrait interdire à ceux dont c’ est le prénom de faire partie du gouvernement. Je pense qu’ on nous serre assez le cou comme ça. Remarquez, on peut remplacer par Eric, on ne verra pas tellement la différence....Et il faudrait se méfier de tous les François, même si leur second prénom est Marie. Mais quel enchaînement ! Hier il ne fallait pas tirer sur le pianiste, même s’ il s’ agissait du regretté Samson François....
  • #13
    • chirstian
    • 04/10/2010 à 09:41
    Cette expression vient d’un lapin qui s’appelait François et qui a perfectionné le coup du lapin.
  • #14
    • chirstian
    • 04/10/2010 à 09:47
    Utiliser une manoeuvre déloyale
    rappelons les faits : à ma gauche Guy Chabot, seigneur de Jarnac, à ma droite François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie.
    Premier round : le père François invente un coup en passant discrètement derrière le père Guy. Mais ça ne marche pas, car il faut être deux pour réussir ce coup. Et il est préférable (de coup du lapin) que l’adversaire ne soit pas en armure !
    Second round : Jarnac invente un coup beaucoup plus efficace, et c’est lui qui passe à la Poste, hériter.
  • #15
    • <inconnu>
    • 04/10/2010 à 09:55
    Pour la St François quel cadeau !
  • #16
    • mitzi50
    • 04/10/2010 à 09:58
    • En réponse à chirstian #14 le 04/10/2010 à 09:47 :
    • « Utiliser une manoeuvre déloyale
      rappelons les faits : à ma gauche Guy Chabot, seigneur de Jarnac, à ma droite François de Vivonne, seigneur... »
    Objection, votre honneur : ce duel , qui eut lieu à Saint Germain en Laye, fut tout à fait régulier. Il est exact que le baron de Chabot toucha son adversaire au jarret, ce qui était inattendu, mais pas déloyal. François de Viivonne, handicapé par une blessure ancienne, fut donc vaincu. Mais pas par traîtrise.
  • #17
    • mitzi50
    • 04/10/2010 à 10:00
    • En réponse à chirstian #13 le 04/10/2010 à 09:41 :
    • « Cette expression vient d’un lapin qui s’appelait François et qui a perfectionné le coup du lapin. »
    Chez Beatrix Potter il s’ appelle Peter.....
  • #18
    • mickeylange
    • 04/10/2010 à 10:03
    • En réponse à chirstian #13 le 04/10/2010 à 09:41 :
    • « Cette expression vient d’un lapin qui s’appelait François et qui a perfectionné le coup du lapin. »
    Je croyais que cette expression était "l’écoute du père François", expression illustrée et mise à la mode par un de nos présidents très à l’écoute des Français.
  • #19
    • <inconnu>
    • 04/10/2010 à 10:05
    • En réponse à God #11 le 04/10/2010 à 08:48 :
    • « Le Grand Robert :
      pékin ou péquin [pekR] n. m.
      ÉTYM. 1797, pékin; péquin, 1776; formation expressive, du radical pekk- « petit » (cf. prov... »
    D ’ après Mistral dans le TDF : pequin ( angl.peaking , esp.pequeno ) : chétif , malingre .
  • #20
    • deLassus
    • 04/10/2010 à 10:08
    • En réponse à God #11 le 04/10/2010 à 08:48 :
    • « Le Grand Robert :
      pékin ou péquin [pekR] n. m.
      ÉTYM. 1797, pékin; péquin, 1776; formation expressive, du radical pekk- « petit » (cf. prov... »
    Par amour des beaux livres (que je ne peux m’offrir) et par passion de la tolérance, victoire nette du Grand Robert qui admet les deux orthographes !