Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

manger son chapeau [v]

se déjuger ; se renier ; convenir de s'être trompé ; ravaler sa fierté ; reconnaître son erreur

Origine et définition

Cette expression récente en France est une traduction littérale de l'anglais "I'll eat my hat if..." qui dit quelque chose comme "Je mangerai / je veux bien manger mon chapeau si...".
Elle s'emploie lorsqu'une personne, après avoir affirmé quelque chose de faux, est contrainte de reconnaître son erreur lorsque celle-ci est avérée.
Quand on sait (mais il faut avoir essayé) à quel point avaler un chapeau est difficile, on imagine bien l'ardeur avec laquelle le fautif accepte son erreur.
La première version écrite connue d'une formule approchante se trouve chez Charles Dickens en 1837 dans "The Pickwick Papers" où il dit "If I knew as little of life as that, I'd eat my hat and swallow the buckle whole", ce qui peut se traduire par "Si j'en savais aussi peu sur la vie que cela, je mangerais mon chapeau et avalerais la boucle en entier".
La particularité de cette version, c'est qu'en plus du chapeau, le locuteur s'engage aussi à avaler la boucle de la sangle qui permet de maintenir le chapeau sur la tête. On lui souhaite bon appétit !

Compléments

Une autre explication évoque la confusion entre les verbes 'avaler' et 'manger', le premier voulant dire autrefois 'abaisser' ou 'descendre'.
"Abaisser son chapeau" c'était donc prendre une position de respect, d'humilité face à quelqu'un. Tout comme celui qui reconnaît son erreur doit faire preuve d'humilité ou doit 'ravaler' sa fierté.
Mais il ne semble pas y avoir de trace de cette expression, que ce soit avec 'avaler' ou 'manger', qui soit contemporaine de ce sens aujourd'hui disparu.

Exemples

« [...]Dans plusieurs discours, il a multiplié les gages pour expliquer que la France ne serait pas inféodée à l'Amérique s'il est élu Président. Et, lors de son congrès d'investiture du 14 janvier, il s'est fendu d'un mea culpa avec cet hommage tardif : "Jacques Chirac a fait honneur à la France quand il s'est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute." Ce qui s'appelle manger son chapeau. »
Libération, le 25/01/2007 dans un article intitulé "Chez Bush, la bourde de Sarkozy l'Américain"

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ich fresse einen Besen, wenn je mange un balai si
Anglais To eat humble pie Manger une tarte à l'humilité
Anglais (USA) to eat one's hat manger son chapeau
Espagnol (Espagne) comerse/Tragarse sus palabras manger/Avaler ses mots
Espagnol (Espagne) Tragarse sus palabras Ravaler ses mots
Hébreu אכל את הכובע (akhal bala) ètt hakova) mangé le chapeau
Italien rimangiarsi la parola ravaler ses mots
Latin deglutiat petasum déglutir son bitos
Néerlandais zijn ongelijk bekennen avouer son tort
Néerlandais zijn hoet opeten manger son chapeau
Néerlandais ik vreet een bezem als je bouffe un balai si
Néerlandais ik eet mijn hoed op als je mangerai mon chapeau, si
Néerlandais (Belgique) ik eet m'n schoenen op als je mange mes chaussures si
Néerlandais met de billen bloot moeten / met de billen bloot gaan être forcé de dénuder ses fesses
Néerlandais alles opbiechten .......... tot avouer, p.ex. reconnaître des/ses erreurs
Portugais (Brésil) dar o braço a torcer donner le bras à tordre
Portugais (Brésil) engolir a língua avaler la langue
Roumain a face mea culpa faire mea culpa
Roumain a-şi înghiţi cuvintele avaler ses mots
Roumain a baga mana in foc mettre sa main dans le feu
Suédois äta upp sin hatt manger son chapeau
Turc tükürdüğünü yalamak lécher son crachat
Wallon (Belgique) wallon liégeois : fé s' pècåvi faire son mea culpa
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « manger son chapeau » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « manger son chapeau » Commentaires

  • joseta
    10/06/2025 à 08:06*
    • En réponse à atheofv #240 le 10/06/2025 à 07:27 :
    • « @M'sieur l'Directeur

      Aujourd'hui, pas de jeu.
      Je pars en Bourgogne refaire le plein de ma cave. »
    O.K.
    Moi, je vais acheter mes vins au Portugal:
    - tu viens avec nous acheter des vins portuguais ?
    - je 'm'adhère'...
  • joseta
    10/06/2025 à 08:09*
    QUI SUIS-JE ? nº579

    Je suis un écrivain cubain et français (romancier, essayiste, musicologue)
    - j’ai profondément influencé la littérature latino-américaine durant mon essor
    - je passe l’essentiel de mon enfance à Cuba, et j’ai 12 ans quand ma famille s’installe à Paris. C’est là que je commence à étudier musicologie
    - quand je retourne à Cuba, je commence des études d’architecture, que je en terminerai pas. Je me consacre au journalisme, mais mon engagement à gauche me vaut un séjour en prison...avant de m’obliger de m’exiler en France où je rencontre les surréalistes, dont André Breton, Paul Éluard, Louis Aragon, Jacques Prévert, Robert Desnos et Antonin Artaud. Durant ce séjour, je fais plusieurs voyages en Espagne où je développe une fascination pour le baroque
    - de retour à Cuba en 1939, je poursuis ma carrière de journaliste et de chroniqueur de radio
    - j’assiste à une cérémonie de ‘santería’ et je m’intéresse à la culture afro-cubaine
    - en 1943, je visite Haïti
    - en 1945, je m’installe à Caracas (Vénézuela), où je vivrai jusqu’en 1959
    - près le triomphe de la révolution cubaine, je reviens à La Havane
    - en 1966, je deviens conseiller de l’embassade de Cuba en France, où je résiderai jusqu’à ma mort
    - je compose plusieurs musiques de films pour la Cuba Sono Film
    - je suis célèbre pour mon style baroque et ma théorie du ‘real maravilloso’
    - mon premier roman, de 1933, est d’inspiration afro-cubaine. Mes oeuvres les plus connues en France datent de 1962, 1967 et 1974
    - dans mon premier grand roman )1949), j’évoque le mouvement révolutionnaire haïtien. C’est aussi dans le prologue de ce roman que je décris ma vision du ‘real maravilloso’ (réel merveilleux), que les critiques identifieront au réalisme magique
    - mon roman publié en 1974, est l’un des grands romans de la littérature latino-américaine à tracer le portrait-type du dictateur. Le roman est adapté au cinéma en 1978
    - je meurs à Paris et mon corps est transféré à Cuba où il est enterré au cimetière Colon de La Havane. Mes funérailles sont célébrées en présence du président Fidel Castro
    - prix: prix du Meilleur Livre étranger (France); prix mondial Cino-Del-Duca (France); Docteur Honoris Causa de l’Université de La Havane (Cuba); prix international Alfonso-Reyes (Méxique); prix Cervantes (Espagne); prix Médicis (France).
  • Ratanak
    10/06/2025 à 10:03
    • En réponse à joseta #242 le 10/06/2025 à 08:09* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº579

      Je suis un écrivain cubain et français (romancier, essayiste, musicologue)
      - j’ai profondément influencé la littérat... »
    Si j'avais un marteau... 🤪
  • Bichem
    10/06/2025 à 10:50*
    Apparemment ici on a un ciel brumeux mais avec le soleil ! Ça viendrait des incendies canadiens....
  • SyntaxTerror
    10/06/2025 à 11:24
    • En réponse à joseta #242 le 10/06/2025 à 08:09* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº579

      Je suis un écrivain cubain et français (romancier, essayiste, musicologue)
      - j’ai profondément influencé la littérat... »
    A part Padura, je ne connais que lui.
  • joseta
    10/06/2025 à 12:12
    • En réponse à SyntaxTerror #245 le 10/06/2025 à 11:24 :
    • « A part Padura, je ne connais que lui. »
    Celui-là mourut relativement jeune: Padura ne dura pas.
  • joseta
    10/06/2025 à 16:33*
    • En réponse à joseta #242 le 10/06/2025 à 08:09* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº579

      Je suis un écrivain cubain et français (romancier, essayiste, musicologue)
      - j’ai profondément influencé la littérat... »
    JE SUIS
    Image externe
    Alejo CARPENTIER
    Lausanne,1904/Paris,1980