Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

ni quoi ni qu'est-ce [exp]

rien du tout ; aucune chose

Origine et définition

Cette ancienne expression (on la trouve chez Corneille, entre autres) s'utilise en général avec des verbes comme dire, savoir, connaître...
Même si sa forme semble étrange, si on la dissèque un peu, sa signification est limpide : si, à propos de quelque chose, on ne sait pas répondre aux questions "de 'quoi' s'agit-il ?" ou "qu'est-ce ?", c'est qu'on ne sait rien du tout sur cette chose.
En ancien français, on trouvait déjà "ne ço ne quei" qui se traduit par "ni ça ni quoi".

Exemples

« Albertine s’en alla la première, brusquement, sans qu’aucune de ses amies eût pu comprendre, ni alors, ni plus tard, pourquoi elle était rentrée tout à coup à Paris, où ni travaux, ni distractions ne la rappelaient. "Elle n’a dit ni quoi ni qu’est-ce et puis elle est partie", grommelait Françoise qui aurait d’ailleurs voulu que nous en fissions autant. »
Marcel Proust - À l'ombre des jeunes filles en fleur - 1918

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais nothing at all rien du tout
Anglais neither here nor there ni ici ni là-bas
Anglais (USA) didn't say boo, said nothing at all, didn't do anything at all ne pas dire buh
Espagnol (Argentine) niente / Minga rien / Rien
Espagnol (Espagne) cero patatero zéro pommedeterrien
Espagnol (Espagne) nada de nada rien de rien
Espagnol (Espagne) Ni idea ! Aucune idée ! / J'en sais rien !
Espagnol (Espagne) ni pajolera idea pas d'idée empaillée
Espagnol (Espagne) NI PUTA IDEA (AUCUNE PUTAINE D'IDÉE) LA MÊME
Espagnol (Espagne) Ni visto ni oido Ni vu ni entendu
Espagnol (Espagne) no tengo la mas mínima idea je ne sais pas de quoi il retourne
Hébreu נולד עם כפית זהב בפה (nolad im kafita zahav befè) né avec une cuillère d’argent dans la bouche
Italien niente del tutto rien du tout
Latin nescio quid, nescio quem, nescio quantum, nescio qualem je ne sais pas quoi, je ne sais pas qui, je ne sais pas combien, je ne sais pas comment
Néerlandais vis noch vlees zijn // dat is vlees noch vis être ni viande, ni poisson ........
Néerlandais (Belgique) niks, nada, noegaballen rien, rien, boules de nougat
Néerlandais geen bal pas de boule
Néerlandais noppes, niente rien du tout
Néerlandais nul komma niks zéro virgule rien
Polonais ani be, ani me, ani kukuryku ni bêêê, ni meuh, ni cocorico
Portugais (Brésil) nadica de nada un tout petit rien de rien
Portugais (Brésil) nem que nem por quê ni quoi ni pourquoi
Roumain nici usturoi n-a mâncat nici gura nu-i miroase il n'a ni mangé de l'ail ni sa bouche ne sent
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Commentaires sur l'expression « ni quoi ni qu'est-ce » Commentaires

  • #41
    mickeylange
    01/03/2010 à 17:34
    Expressio a des abonnés dans le monde entier. Au Canada, à Tahiti, en Tunisie, en Autriche, en Suisse, en Belgique, en Perfidie, au Mans mais pas d’abonné phrygien.
  • #42
    Elpepe
    01/03/2010 à 18:00*
    • En réponse à mickeylange #41 le 01/03/2010 à 17:34 :
    • « Expressio a des abonnés dans le monde entier. Au Canada, à Tahiti, en Tunisie, en Autriche, en Suisse, en Belgique, en Perfidie, au Mans mai... »
    Et tous sont abonnés de marins, remarque bien. Merci qui ?
  • #43
    Aire__Azul
    01/03/2010 à 18:00
    • En réponse à mickeylange #41 le 01/03/2010 à 17:34 :
    • « Expressio a des abonnés dans le monde entier. Au Canada, à Tahiti, en Tunisie, en Autriche, en Suisse, en Belgique, en Perfidie, au Mans mai... »
    Et on y prend aussi les abonnés d’Hufförm?
    Je ne sais pas le temps qu’il y fait, ma grenouille météo ne m’a dit ni « Coa » ni « Kiss ». Me ferait-elle la gueule ?
  • #44
    BeeBee
    01/03/2010 à 18:49
    • En réponse à mickeylange #22 le 01/03/2010 à 13:01 :
    • « Putain cong la tempête t’as pas emporté ! sacré marin ! »
    L’Amiral,il est comme les scouts : Toujours prêt !!!😉
  • #45
    BeeBee
    01/03/2010 à 19:28
    • En réponse à mickeylange #41 le 01/03/2010 à 17:34 :
    • « Expressio a des abonnés dans le monde entier. Au Canada, à Tahiti, en Tunisie, en Autriche, en Suisse, en Belgique, en Perfidie, au Mans mai... »
    Et des abonnés à pompons, y’en a ?
  • #46
    mickeylange
    01/03/2010 à 20:13
    • En réponse à BeeBee #45 le 01/03/2010 à 19:28 :
    • « Et des abonnés à pompons, y’en a ? »
    Dès que tu auras remis ton costume de pom pom girl ils vont arrivés.
  • #47
    Elpepe
    01/03/2010 à 20:48
    • En réponse à mickeylange #46 le 01/03/2010 à 20:13 :
    • « Dès que tu auras remis ton costume de pom pom girl ils vont arrivés. »
    Oh, hé, hein ? Bon : BB, va mettre ton costume de pom-pom girl. Viiiiiiite ! Pour faire plaisir à Mickey...
  • #48
    BeeBee
    01/03/2010 à 20:52
    • En réponse à mickeylange #46 le 01/03/2010 à 20:13 :
    • « Dès que tu auras remis ton costume de pom pom girl ils vont arrivés. »
    Ça y est, j’ai mon costume ! Où qu’y sont, les abonnés à pompons ?
    Des promesses... Toujours des promesses...
  • #49
    Elpepe
    01/03/2010 à 20:56
    • En réponse à BeeBee #48 le 01/03/2010 à 20:52 :
    • « Ça y est, j’ai mon costume ! Où qu’y sont, les abonnés à pompons ?
      Des promesses... Toujours des promesses... »
    BB ! Ça suffit, hein ! Mets le cerceau avec les oreilles de lapin, j’arrive.
    Comment ? Ni quoi ni qu’est-ce ? Ah, bon... 🙁
  • #50
    <inconnu>
    01/03/2010 à 21:03
    Bonjour à tous,
    qq problèmes domestiques m’ont fort occupés...
    Donc il est possible de dire/écrire que:
    Ni quoi ni qu’est-ce. ce pourrait être une sorte de pataquès ???
  • #51
    <inconnu>
    01/03/2010 à 21:04
    • En réponse à Elpepe #34 le 01/03/2010 à 17:07 :
    • « Un fût deux caisses pour doubler l’amarrage : j’étais paré, tu penses bien. Quand la tempête est annoncée, faut prévoir, que sinon tu psubis... »
    Heu, cela me fait penser à:
    «six fûts, six caisses, le doigt dans le trou du bût, la main entre les caisses» à dire à toute vitesse et sans fabouiller...
  • #52
    mickeylange
    01/03/2010 à 21:36
    • En réponse à BeeBee #48 le 01/03/2010 à 20:52 :
    • « Ça y est, j’ai mon costume ! Où qu’y sont, les abonnés à pompons ?
      Des promesses... Toujours des promesses... »
    BB, tu lui prêtes tes oreilles de lapin, et tu fais une photo. Demain God la met en ligne, et tu verras que Chantale Goya va s’abonner fissa.
  • #53
    Elpepe
    01/03/2010 à 21:44
    • En réponse à mickeylange #52 le 01/03/2010 à 21:36 :
    • « BB, tu lui prêtes tes oreilles de lapin, et tu fais une photo. Demain God la met en ligne, et tu verras que Chantale Goya va s’abonner fiss... »
    Chantal Goya ? La fille de ton collègue barbouilleur, à qui tu moules le buste, le jeudi à Nice ?
  • #54
    mickeylange
    01/03/2010 à 21:48
    • En réponse à Elpepe #53 le 01/03/2010 à 21:44 :
    • « Chantal Goya ? La fille de ton collègue barbouilleur, à qui tu moules le buste, le jeudi à Nice ? »
    Heu... si je peux choisir le modèle, Ingrid Chauvin ou Létitia Casta ont des pommes plus appétissantes !
  • #55
    BeeBee
    01/03/2010 à 21:49*
    • En réponse à mickeylange #52 le 01/03/2010 à 21:36 :
    • « BB, tu lui prêtes tes oreilles de lapin, et tu fais une photo. Demain God la met en ligne, et tu verras que Chantale Goya va s’abonner fiss... »
    Si c’est pour que Chantal Goya s’abonne, je suis pas sûre de bien vouloir lui prêter mes oreilles de lapin !
  • #56
    BeeBee
    01/03/2010 à 21:51
    • En réponse à mickeylange #54 le 01/03/2010 à 21:48 :
    • « Heu... si je peux choisir le modèle, Ingrid Chauvin ou Létitia Casta ont des pommes plus appétissantes ! »
    C’est quoi que tu m’appelles des pommes ?😉
  • #57
    Elpepe
    01/03/2010 à 22:01
    • En réponse à mickeylange #54 le 01/03/2010 à 21:48 :
    • « Heu... si je peux choisir le modèle, Ingrid Chauvin ou Létitia Casta ont des pommes plus appétissantes ! »
    si je peux choisir le modèle

    Non.
  • #58
    mickeylange
    01/03/2010 à 23:30
    • En réponse à Elpepe #57 le 01/03/2010 à 22:01 :
    • « si je peux choisir le modèle
      Non. »
    Va donc ... Hé tête de moule. Je fais quoi que je veux, et j’emplâtre qui je veux. T’as aucune chance :’-))
  • #59
    DiwanC
    11/03/2013 à 04:19
    Je n’ai pas de quoi... mais j’ai presque un "qu’est-ce"...
    Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
    Le passa par la hache et le mit dans le feu
    Comme du bois de caisse, amère destinée !
    Il périt dans la cheminée.

    Oui, je sais, c’est un peu tiré par les couettes...
    À cette page, l’histoire du Grand Chêne.
  • #60
    DiwanC
    11/03/2013 à 06:24*
    Avec les vingt-sept dernières… ou presque.
    Quand Martin revint de la foire de la Saint-Jean, il avait le sourire conquérant de qui a vaincu à plates coutures tous ceux du village, les jeunes comme les vieux, ces bouseux comme il les appelait.
    Faut dire qu’on ne l’aimait guère Martin… Mauvais coucheur, il s’emportait vite. Dès qu’il avait bu un petit coup de trop, il devenait agressif et l’atmosphère tournait à l’orage. Dans le café-tabac à l’enseigne "Le repos du guerrier", ses bagarres étaient célèbres. Avant que le patron ne réagisse et ne le menace d’une fine lame, il avait souvent lancé le pied ici et le poing là, bousculant cinq ou six clients. Excusez du peu !
    - Fous-moi le camp ! hurlait alors le bistrotier.
    - Mon pauvre Martin, tu ne devrais pas toucher si fort à la dive bouteille, murmurait Mariette, la patronne. Elle l’avait connu tout gamin, alors, forcément, il était un peu dans ses petits papiers.
    Oui, autour du bar, les histoires ne manquaient pas… On se souvenait du jour où Paul, le boulanger, un costaud pas très futé, avait lancé :
    - Si tu te fous à poil, j’ paie une tournée générale !
    Et Martin avait commencé à se dévêtir, sous les hourras des clients. S’en fallut de peu qu’il ne se retrouvât dans le plus simple appareil.
    Et cet autre jour où Martin partagea tant de verres que bientôt, il n’eut plus un sou en poche.
    - Patron ! Un p’tit crédit !
    - Non mais tu m’as bien r’gardé !
    - M’enfin Patron, tu m’ connais ! Tu sais bien que…
    - C’est pas la peine de tourner autour du pot, Martin ! C’est non ! Fais la manche si tu veux, mais tu sortiras pas d’ici sans m’avoir payé !

    C’est Mariette qui – discrètement - lui glissa un billet dans la main…
    Et des anecdotes comme celles-là, on pouvait en conter des dizaines. Il y avait les truculentes et les violentes : le jour où Martin brisa une chaise sur le comptoir, le patron faillit appeler les gendarmes. Ça avait été à deux doigts… sur le fil du rasoir.
    Pour vivre, Martin chassait, braconnait un peu, et vendait au marché. C’est au marché qu’il remarqua Lisette, la fille de Jacques l’apiculteur dont l’étal était proche de celui du fermier.
    -Salut Julien ! Tu vends ton beurre et moi je fais mon miel ! lançait Jacques, chaque semaine.
    Ce jour-là, timidement, Lisette sourit à Martin. Et ce jour-là, Martin décida de devenir sobre. Ce ne fut pas facile ; il y avait des jours, il n’était pas bien dans son assiette, mais il tint bon. De temps en temps, il passait près des ruches déposer un bouquet de jonquilles pour Lisette.
    Et puis, il construisit des clapiers.
    - Des lapins ! aujourd’hui, ça vaut pas un clou ! dit-on au café-tabac
    - Qu’est-ce tu veux ! L’a toujours été un peu con, l’ Martin, non ?
    - C’est pas faux ! T’as trouvé le mot juste ! Faut dire ce qui est et appeler un chat un chat !
    répondit le facteur.
    - Allons, allons, messieurs, reconnaissez que son élevage prend de l’importance. Soyez indulgents avec ce pauvre Martin dont l’enfance fut difficile. Rappelez-vous qu’il n’a pas connu sa mère. Remarquez, ainsi, il n’a pas eu à souffrir du complexe d’Œdipe ! ironisa le notaire.
    L’œil des habitués se fit interrogateur : Eudipe ? c’est qui çui-là ?
    Donc, quand Martin revint de la foire de la Saint-Jean après avoir vendu tous ses lapins, il passa devant le café-tabac tenant par la bride un magnifique âne noir. Stupéfaits, tous les buveurs sortirent sur le seuil. Ils virent Martin se diriger lentement vers l’orme, près de la Verzée, où l’attendait Lisette qu’il aida à s’asseoir sur le dos du baudet.
    Et quand ils passèrent le pont, Martin – sans se retourner et plus fier que s’il avait franchi le Rubicon – tel un vainqueur, Martin leva le poing*.
    * S’cusez pour l’à-peu-près... Bon, m’en reste six… Je vais mettre à l’index le chevalier d’industrie dont, à bon escient, je ne sais que faire même s’il a accompli un travail de bénédictin. Si le cœur vous en dit, revoyez ma copie !
    😄