Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

numéroter ses abattis [v]

se tenir prêt à affronter un combat où on risque de subir des dommages corporels ; vérifier l'état des ses membres à la suite d'une bagarre ; vériier l'état de ses membres suite à une chute

Origine et définition

L'image bizarre que véhicule cette expression est en fait celle de la personne qui, se préparant à une lutte, doit compter (ou numéroter) ses bras et ses jambes, afin de pouvoir les retrouver à l'issue de la bataille une fois que ses membres auront été éparpillés sur le lieu du combat.
L'expression, qui date du XIXe siècle, est souvent employée sous forme de menace : "Tu veux te battre ? Tu peux numéroter tes abattis !".
Mais le mot abattis, qui a eu plusieurs sens au fil du temps, nous vient du XIIe siècle où il signifiait 'massacre' (en liaison avec le verbe 'abattre' dont il est issu) avant, au XVIIe de prendre le sens de 'abattoir'.
Parallèllement, puisqu'on parle d'abattoir, endroit où on prépare aussi les volailles dont on découpe le cou et les pattes (qui font partie des abats), il a pris le sens argotique de "bras et jambes" (on le trouve chez Balzac, entre autres).
Et c'est avec cette dernière acception qu'il est utilisé dans notre expression, indiquant la personne qui fait le compte de ses membres, que ce soit avant la bataille (premier sens indiqué) ou après la bagarre (deuxième sens, toutefois nettement moins utilisé).

Exemples

« À l'époque [1925], les secteurs pavés ne sont pas comptés par l'organisateur, car il y en a beaucoup, et il faut y numéroter ses abattis. »
Journal l'Équipe - Paris-Roubaix - 2006

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand seine Knochen zählen numéroter ses os
Anglais (Canada) to be ready for bear être prêt pour l'ours
Anglais to number its flaps numéroter ses battements
Espagnol (Espagne) contar los muertos compter les morts
Espagnol (Espagne) hacer balance de fuerzas. hacer balance de daños faire un bilan de forces. faire un bilan de dommages
Espagnol (Espagne) Velar las armas / Velar armas Veiller sur les armes (= Se préparer au combat)
Français (Canada) t'es-tu déjà pesé pas de dents...!
Italien assicurarsi di non aver nulla di rotto s'assurer de n'avoir rien de cassé
Italien contare i danni compter les dommages
Néerlandais (Belgique) zijn tenen uitkuisen nettoyer ses orteils
Néerlandais als ik hem/haar een hand heb gegeven, moet ik mijn vingers natellen après lui avoir serré la main, il faut que je compte mes doigts
Néerlandais zijn mouwen opstropen retrousser se manches
Polonais porachowac kosci compter les os
Portugais (Brésil) verificar os danos vérifier les dommages
Russe костей не сосчитать on ne peut compter ses os
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Commentaires sur l'expression « numéroter ses abattis » Commentaires

  • Utilisateur supprimé
    02/12/2022 à 19:32*
    • En réponse à SyntaxTerror #160 le 02/12/2022 à 18:46 :
    • « Mintaka aurait été intoxiqué au mercure dans son jeune âge ? Ça expliquerait qu'il se dilate quand il s'échauffe.

      les milieux syndical et... »
    Des gens m'arrêtent en rue pour me demander la température, d'autres me prennent pour un poisson intoxiqué. Alors je fulmine et le fulminate de mercure sert d'amorce pour les explosifs...
  • atheofv
    02/12/2022 à 20:42*
    • En réponse à SyntaxTerror #160 le 02/12/2022 à 18:46 :
    • « Mintaka aurait été intoxiqué au mercure dans son jeune âge ? Ça expliquerait qu'il se dilate quand il s'échauffe.

      les milieux syndical et... »
    ça ne me choque pas mais ça ne sonne pas bien...


    - Tiens regarde là-bas. Il y a des chevals
    - Non des chevaux.
    - C'est marrant ils ressemblent à des chevals...
  • atheofv
    02/12/2022 à 20:49
    • En réponse à Utilisateur supprimé #161 le 02/12/2022 à 19:32* :
    • « Des gens m'arrêtent en rue pour me demander la température, d'autres me prennent pour un poisson intoxiqué. Alors je fulmine et le fulminate... »
    Tant qu'on ne t'introduit pas tu vois où, estime toi chanceux !
  • Psylocybe
    02/12/2022 à 21:02
    Mintaka a toujours été fort en chimie.
  • Psylocybe
    02/12/2022 à 21:12*
    • En réponse à atheofv #163 le 02/12/2022 à 20:49 :
    • « Tant qu'on ne t'introduit pas tu vois où, estime toi chanceux ! »
    Évidemment l'introduction de Faust dans La Fille de Mme Angot peut laisser planer une suscepition? Suspision. Ahhh suspicion!!
  • SyntaxTerror
    02/12/2022 à 21:21*
    • En réponse à joseta #159 le 02/12/2022 à 18:45 :
    • « https://media.gettyimages.com/photos/argentineamerican-actress-linda-cristal-in-a-green-onepiece-swimsuit-picture-id154044179?s=594x594

      L... »
    Linda Cristal
    Ah, The Alamo !
    Comment une bande de traitres à leur pays sont devenus des héros et le Texas n'est pas resté mexicain.
    Elle y jouait Graciela Carmela Maria 'Flaca' de Lopez y Vejar .
  • Psylocybe
    02/12/2022 à 21:30
    Depuis quelques jours, je suis devenu chrono-rébarbatif, une affection rare mais bien réelle où le temps semble passer très lentement. Vous allez me dire qu'à mon âge, c'est bénéfice, mais c'est pas si plaisant. Les heures s'allongent, la journée n'en finit plus. Une conséquence de ce virus qui m'attaque le cerveau. Une sorte d'anosmie mentale. En fait, je suis presqu'en phase de rétro-chronologie, qui donne l'impression de rajeunir.
  • lalibellule
    02/12/2022 à 22:12*
    Suspicion

    Soupçons. Alfred Hitchcock, le directeur regretté qui savait laisser à l’imagination ce que les autres nous obligent à estomaquer en pleine vue. Joan Fontaine, j’aurais aimé la connaître. De Jane Eyre à Rebecca à Suspicion. L’ordre n’est peut-être pas correct.
  • Psylocybe
    02/12/2022 à 22:43*
    Ces grands refrains qui avaient de la parole.

    Ev'rytime you kiss me
    I'm still not certain that you love me
    Ev'ry time you hold me
    I'm still not certain that you care
    Though you keep on saying
    You really, really, really love me
    Do you speak the same words
    To someone else when I'm not there
    Suspicion - torments my heart
    Suspicion - keeps us apart
    Suspicion - why torture me
    Ev'rytime you call me
    And tell me we should meet tomorrow
    I can't help but think that
    You're meeting someone else tonight
    Why should our romance just
    Keep on causing me such sorrow?
    Why am I so doubtful
    Whenever you're out of sight?

    Suspicion - torments my heart
    Suspicion - keeps us apart
    Suspicion - why torture me
  • SyntaxTerror
    02/12/2022 à 22:49*
    • En réponse à lalibellule #168 le 02/12/2022 à 22:12* :
    • « Suspicion

      Soupçons. Alfred Hitchcock, le directeur regretté qui savait laisser à l’imagination ce que les autres nous obligent à estomaq... »
    Joan de Beauvoir de Havilland.

    Bien sur, Suspicion, la scène dans la voiture le long du ravin !

    Rebecca 1940
    Suspicion 1941
    Jane Eyre 1943
  • lalibellule
    03/12/2022 à 00:20
    • En réponse à SyntaxTerror #170 le 02/12/2022 à 22:49* :
    • « Joan de Beauvoir de Havilland.

      Bien sur, Suspicion, la scène dans la voiture le long du ravin ! »
    Oui, j’avais mis l’ordre dans lequel je les ai regardés. Jane Eyre m’a fait froid dans le dos.
  • Pierre Lincourt
    17/12/2022 à 22:32
    Cette phrase ‘’T’es-tu déjà pesé pas de dents’’ serait une belle réplique dans un film. Ce n’est donc pas une expression.
  • joseta
    21/06/2024 à 08:05
    QUI SUIS-JE ? nº295

    Je suis une peintre (et sculptrice) française
    - mouvements: naturalisme, réalisme
    - genre artistique: art animalier
    - mon père, qui était peintre, rencontre le peintre espagnol Francisco de Goya, qui vivait en exil à Bordeaux et il devient son ami. Mon père m’encourage, ainsi que mes frères et soeurs dans la voie artistique
    - je suis une enfant indisciplinée qui peine à apprendre à lire. Ma mère, pour y remédier, associe chaque lettre de l’alphabet à un animal
    - nous nous installons à Paris, alors que je n’ai que 7 ans
    - à l’âge de 14 ans, je fais une rencontre déterminante: celle d’une fillette qui a deux ans de moins que moi, Nathalie, qui deviendra ma compagne. Seule la mort de Nathalie 53 ans plus tard nous séparera
    - mon père se remarie, mais je ne m’entends pas avec ma belle-mère et je déménage chez Nathalie
    - mon père finit par me prendre dans son atelier, où se révèlent mes aptitudes artistiques. Il me fait découvrir Félicité La Mennais, qui prétendait que les animaux avaient une âme, ce dont je reste convaincue toute ma vie, ainsi que les romans champêtres de George Sand. Les animaux deviennent dès lors ma spécialité
    - j’expose pour la première fois au Salon à 19 ans. J’obtiens une médaille de 3ème classe au Salon de 1845, et une médaille de première classe (or) au salon de 1848. Cette récompense me permet d’obtenir, à 26 ans, une commande de l’État pour réaliser un tableau agraire (payé 3 000 francs). Le tableau issu de cette commande d’État devait rejoindre le musée des Beaux-Arts de Lyon. Mais au Salon de 1849, son succès est tel qu’on décide de le conserver à Paris au musée du Luxembourg. À ma mort, l’oeuvre entre au musée du Louvre, puis, en 1986 au musée d’Orsay
    - à la mort de mon père, en 1849, je le remplace à la direction de l’École impériale gratuite de dessin pour jeunes filles
    - en 1850, je fais un voyage dans les hauts pâturages des Pyrénées, et j’en rapporte de nombreuses études dont je me servirai tout au long de ma carrière
    - avec mon tableau de très grande taille (2,44 x 5 m), présenté au Salon de 1853, j’acquiers une grande notoriété. Mon agent et ami Ernest Gambart, achète le tableau pour 40 000 francs, et le fait voyager dans plusieurs pays. Il sera acquis par un riche collectionneur américain, qui en fait don au Métropolitan Museum de New York en 1887
    - à l’Exposition universelle de 1855, je présente un tableau pour lequel j’obtiens une seconde médaille d’or; il est conservé au château de Fontainebleau
    - entre 1856 et 1867, je n’exposse pas au Salon, ayant vendu toute ma production d’avance
    - en 1867, je présente 10 toiles, mais je n’obtiens qu’une triste médaille de 2ème classe
    - en 1860, je m’installe dans une vaste demeure au sein d’une propriété de 4 hectares, où je fais construire un très grand atelier par l’architecte Jules Saulnier, et aménager des espaces pour mes animaux (lions, cerfs, gazelles, chevaux etc., etc.)
    - en juin 1864, l’impératrice Eugénie me rend une visite surprise pour m’inviter à déjeuner fin juin au château de Fontainebleau, avec Napoléon III. L’impératrice revient à By l’année suivante pour me remettre, elle-même les insignes de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur
    - à partir de 1880, Nathalie et moi, passons régulièrement les hivers à Nice.
    - à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1889, j’invite Buffalo Bill dans mon domaine, après que lui, m’eut invitée à assister à son West Wild Shaw. Nous devenons amis
    - la Société des artistes français me décerne la médaille d’Honneur à titre posthume
    - hommages: des rues à Paris, Bordeaux, Nantes, Lyon, Nice, Melun, Fontainebleau, La Rochelle, Roubaix, Perpignan, etc. portent mon nom, ainsi que des collèges, écoles primaire et maternelles distribués dans la France; 2 monuments (Fontainebleau et Bordeaux) me représentent; un cratère vénusien est nommé en mon honneur
    - distinctions: je suis membre honoraire de l’Acad´mie des beaux-arts de Pennsylvanie et de la Société des artistes belges; Croix de l’ordre impérial se Saint-Charles du Méxique; membre de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers; chevalier de l’ordre de Léopold; Commandeur de l’ordre royal d’Isabelle par Alphonse XII d’Espagne; Officière de la Légion d’honneur, etc.
    - ci-dessous, je vous donne le titre de 8 de mes oeuvres:

    Je suis née début avril, j’appartiens donc au signe du zodiaque du bélier, mon père, était un berger avec son troupeau à longueur de journée, à la maison nous avions un terre-neuve, nous habitions la ferme à l’entrée du bois, où il n’était pas rare de voir un chevreuil, ou le sanglier, qui venait souvent nous rendre visite...Mon frère, l’âne, était toujours monté sur un cheval blanc...et je vais vous dire, moi, je risque de devenir chèvre car...J’ai horreur des animaux !!!
  • atheofv
    21/06/2024 à 08:10
    • En réponse à joseta #173 le 21/06/2024 à 08:05 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº295

      Je suis une peintre (et sculptrice) française
      - mouvements: naturalisme, réalisme »
    Trouvée.
  • SyntaxTerror
    21/06/2024 à 10:14
    • En réponse à joseta #173 le 21/06/2024 à 08:05 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº295

      Je suis une peintre (et sculptrice) française
      - mouvements: naturalisme, réalisme »
    Trouvée.
  • SyntaxTerror
    21/06/2024 à 10:20
    • En réponse à SyntaxTerror #126 le 02/12/2022 à 09:31 :
    • « J'aurais volontiers indiqué un lien vers l'ouvrage de Pivot 100 expressions à sauver, mais voici ce que j'obtiens. »
    Ca semble mieux fonctionner cette année.
  • deLassus
    21/06/2024 à 11:00
    • En réponse à joseta #173 le 21/06/2024 à 08:05 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº295

      Je suis une peintre (et sculptrice) française
      - mouvements: naturalisme, réalisme »
    Trouvée, grâce à Google...
  • SyntaxTerror
    21/06/2024 à 11:07*
    • En réponse à atheofv #162 le 02/12/2022 à 20:42* :
    • « ça ne me choque pas mais ça ne sonne pas bien...


      - Tiens regarde là-bas. Il y a des chevals »
    Voila qui n'est pas banal.
    Comme on dit : quand on ne connait pas le pluriel de "final", on dit "définitifs", sinon, on n'a pas l'air finaud.
  • joseta
    21/06/2024 à 12:18
    • En réponse à SyntaxTerror #178 le 21/06/2024 à 11:07* :
    • « Voila qui n'est pas banal.
      Comme on dit : quand on ne connait pas le pluriel de "final", on dit "définitifs", sinon, on n'a pas l'air fina... »
    Clap, clap, clap...
  • Bichem
    21/06/2024 à 13:12
    • En réponse à joseta #173 le 21/06/2024 à 08:05 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº295

      Je suis une peintre (et sculptrice) française
      - mouvements: naturalisme, réalisme »
    Trouvée, je crois