Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

parler de corde dans la maison d'un pendu [v]

évoquer devant quelqu'un des défauts pouvant lui être reprochés ; évoquer devant quelqu'un des sujets pouvant réveiller des souvenirs pénibles

Origine et définition

Vous viendrait-il à l'idée de proposer à table du lapin à la moutarde à l'enfant qui vient juste de perdre son lapin nain, d'évoquer la superbe maison que vous venez de vous faire construire avec celui qui vient de perdre la sienne dans un tremblement de terre ou de critiquer la corruption devant un politicien véreux duquel vous attendez des faveurs ? Probablement pas, car ce serait un manque de tact ou une maladresse insigne (à moins qu'il n'y ait volonté manifeste de blesser).
De la même manière, il serait fort inconvenant d'évoquer les nœuds marins et les surtout cordes nécessaires pour les réaliser[1] avec la veuve d'un homme fraîchement pendu, sauf éventuellement si celle-ci vouait une haine féroce à son conjoint.

Les deux sens de cette métaphore devenue proverbe sous la forme « il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu » sont ainsi assez évidents.
Cette expression semble dater du début du XVIIe siècle. On la trouve en 1623 dans la version française du Don Quichotte de Cervantès et elle n'apparaît dans le Dictionnaire de l'Académie française qu'en 1694.

[1] Oui, je sais, on ne parle pas de corde à bord d'un bateau, là où l'on trouve des marins et des nœuds, sauf pour celle qui permet de faire sonner la cloche.

Exemples

« (...) je baissai la voix pour dire que je comptais un jour gagner la Grande- Bretagne, car j'étais pilote militaire. C'est alors que la femme de mon hôte éclata en sanglots ; François Lecot ne put retenir ses larmes. Je sentis que j'avais parlé de corde dans la maison d'un pendu. »
Bernard Citroën - La conjuration de Javel - 1996

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais mention not a halter in the house of him that was hanged ne parlez point de licou dans la maison d'un pendu
Anglais to bring up a sore point réveiller un point douloureux
Anglais (USA) to mention rope in the house of one recently hanged parler de corde dans la maison d'un homme récemment pendu
Espagnol (Argentine) comer pan delante del que no tiene dientes manger du pain devant celui qui n'a pas de dents
Espagnol (Argentine) contar dinero delante de los pobres compter de l'argent à la face des pauvres
Espagnol (Espagne) en casa del ahorcado no se mienta la soga chez le pendu on ne mentionne pas la corde
Espagnol (Espagne) mencionar la horca en casa del ahorcado mentionner la corde chez le pendu
Espagnol (Espagne) No mentar ruina ! Ne pas mentionner la ruine / Ne pas parler des choses qui fâchent !
Espagnol (Espagne) Poner el dedo en la llaga Mettre le doigt dans la plaie
Français (Canada) variante similaire on ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu
Gaélique écossais dinna speak o' a raip to a chiel whose faither was hanged ne parlez point de corde à un enfant dont le père fut pendu
Hongrois akasztott ember házában kötelet emlegetni parler de corde dans la maison d'un pendu
Italien parlare di corda in casa dell'impiccato parler de corde dans la maison du pendu
Néerlandais een pijnlijk onderwerp aanroeren faire allusion à un sujet douloureux
Néerlandais een vinger op de zere plek leggen mettre le doigt sur le point sensible (la plaie)
Néerlandais zich ondiplomatiek uitdrukken s'exprimer de façon peu diplomatique
Néerlandais zout in de wond wrijven remuer le couteau dans la plaie
Néerlandais (Belgique) in het huis van de gehangene spreekt men niet van de strop ne pas parler de corde dans la maison d'un pendu
Néerlandais in het huis van een gehangene spreekt men niet over de strop dans la maison d'un pendu on ne parle pas de corde
Polonais w domu wisielca nie mówi sie o sznurze dans la maison d'un pendu on ne parle pas de corde
Portugais (Brésil) falar de corda em casa de enforcado parler de corde dans la maison d'un pendu
Portugais (Portugal) não se fala em corda em casa de enforcado parler de corde dans la maison d'un pendu
Roumain a pune degetul pe rana mettre le doigt dans la plaie
Roumain a vorbi de funie în casa spânzuratului parler de corde dans la maison du pendu
Suédois tala om rep i hängd mans hus parler de corde dans la maison d'un pendu
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Voir aussi

Variantes

  • Parler de cul dans la maison d'un cocu
  • Parler de cornes dans la maison d'un cocu
  • Parler de noix dans la maison d'un noyé

Commentaires sur l'expression « parler de corde dans la maison d'un pendu » Commentaires

  • Utilisateur supprimé
    18/06/2021 à 19:23
    • En réponse à joseta #160 le 18/06/2021 à 19:06* :
    • « J'ai la FIBRE sensible, alors j'AGRÈS que si tu LONGE mon écrit, tu ajoutes quelques synonymes à la CHAÎNE !

      P.S. Agrès, un mot que je dé... »
    Un BRIN tiré par les cheveux, ils TORONS au BOUT d'un moment avec leur esprit CARRET.
  • Utilisateur supprimé
    18/06/2021 à 19:24*
    • En réponse à joseta #160 le 18/06/2021 à 19:06* :
    • « J'ai la FIBRE sensible, alors j'AGRÈS que si tu LONGE mon écrit, tu ajoutes quelques synonymes à la CHAÎNE !

      P.S. Agrès, un mot que je dé... »
    En tant que moniteur de voile, je suis agrès-j'ai.
  • Psylocybe
    18/06/2021 à 20:11*
    • En réponse à joseta #160 le 18/06/2021 à 19:06* :
    • « J'ai la FIBRE sensible, alors j'AGRÈS que si tu LONGE mon écrit, tu ajoutes quelques synonymes à la CHAÎNE !

      P.S. Agrès, un mot que je dé... »
    En québécois populaire, toutes classes confondues*, on utilise encore plusieurs termes de marine, dont les ubiquitaires embarquer et débarquer, verbe à tout faire dans le sens d'un mouvement vers le haut ou vers le bas, par dedans, par dehors, etc., avec toutes les acceptions métaphoriques: I s'est faite embarquer (Il s'est fait avoir). Agrès est toujours utilisé, mais dans un sens péjoratif pour désigner un homme ou une femme mal vêtue ou de mauvaise disposition. Y a tu vu le méchant agrès !

    * En fait, nous n'avons pas vraiment de classe comme en Europe, mais plutôt un classement basé sur le revenu après impôt. Ici le plombier** accède à la noblesse quand il fait 100 000$ (pour les plus paresseux) et plus. Et je ne parle pas des dentiste-ee-s qui nous font cracher l'oseille tout en nous faisant souffrir. Je vais justement voir ma sémillante Catherine, prosthodontiste, qui me regarde la bouche ouverte, et édentée, comme si elle recelait le trésor des Incas.

    ** Claudie Morissette, plombière
    Image externe
  • joseta
    18/06/2021 à 20:38
    • En réponse à Utilisateur supprimé #161 le 18/06/2021 à 19:23 :
    • « Un BRIN tiré par les cheveux, ils TORONS au BOUT d'un moment avec leur esprit CARRET. »
    Qu'est-ce qu'on est forts !

    Ce soir, au menu: Angleterre-Écosse.
    À demain.
  • SyntaxTerror
    18/06/2021 à 20:51
    • En réponse à joseta #164 le 18/06/2021 à 20:38 :
    • « Qu'est-ce qu'on est forts !

      Ce soir, au menu: Angleterre-Écosse.
      À demain. »
    Vu l'amour millénaire que les Celtes portent aux envahisseurs Anglo-Normands, ça va saigner !
  • deLassus
    30/08/2022 à 12:56*
    • En réponse à deLassus #123 le 08/04/2021 à 22:23* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).... »
    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).
    Comme aurait pu dire Syntax : Sans doute en raison de la date de son apparition : Octobre 2011 !!!
    Un peu fatigué, cher deLassus, le 08/04/2021 à 22:23 ?
  • Ratanak
    31/05/2024 à 00:17
    Image externe
  • atheofv
    31/05/2024 à 06:09
    et les surtout cordes nécessaires


    Eh bien my God !
  • atheofv
    31/05/2024 à 06:11
    Parler de cul dans la maison d'un pandore
  • deLassus
    31/05/2024 à 07:04*
    God nous dit :
    elle [cette expression] n'apparaît dans le Dictionnaire de l'Académie française qu'en 1694.

    Sacré farceur, ce God ! 1694 est l'année de la première édition du Dictionnaire de nos Immortels* :
    Cette page. Entrée Corde, Ctrl F maison.

    * Pour être complet, j'ajoute que, comme souvent, nos Immortels ont été précédés par Furetière (Dictionnaire universel, 1690) :
    Cette page. Entrée Corde, milieu de la colonne 2.
  • deLassus
    31/05/2024 à 07:50*
    Le coin du bibliophile amateur... God nous dit aussi :
    On la [l'expression] trouve en 1623 dans la version française du Don Quichotte de Cervantès

    La première édition en français du Don Quixote (seconde partie) date de 1618, avec une traduction de F. de Rosset :
    Cette page.

    La même en v. o. (merci Reverso Traduc) : Edition originale de 1605 :
    Cette page. Phrase en bas de page : "no se ha de mentar la soga en casa del ahorcado".
    joseta confirmera, j'espère...
  • joseta
    31/05/2024 à 08:05*
    QUI SUIS-JE ? nº277

    Je suis un peintre (et graveur) britannique
    - mouvement: impressionnisme
    - comme je vis et je travaille en France; j’effectue une démarche pour obtenir la naturalisation française, mais elle n’aboutit pas
    - en 1857, mes parents m’envoient à Londres pour me destiner à une carrière commerciale
    - pendant ces années d’apprentissage, (1857-1860), mais je passe davantage de temps à visiter les musées et j’admire particulièrement les oeuvres de Constable et de Turner
    - en 1862, j’entre à l’atelier de Charles Gleyre, enseignant de l’École des beaux-arts de Paris. Je m’initie à la pratique du dessin et je fais la connaissance de Renoir, Monet et Bazille. Très vite on se lie d’amitié
    - dès mars 1863, les 4 amis quittons l’atelier du maître, pour travailler en plein air
    - ma peinture de paysages délicats est influencée par Corot et Daubbigny
    - en 1865, je partage un atelier avec Renoir et nous commençons à peindre aux environs de Paris
    - je fais la connaissance d’une jeune parisienne originaire de Toul. Cette union mécontente mon père qui me déshérite. Je loge où habite ma compagne et c’est là que mon fils Pierre et ma fille Jeanne voient le jour. Je les peins dans un salon, en 1871
    - je participe aux réunions informelles au café Guerbois présidées par Édouard Manet, chef de file de la ‘jeune génération de peintres’, où se retrouvaient des critiques ou des journalistes comme Louis Edmond Duranty, ou encore Émile Zola
    - je présente 2 paysages au Salon de 1870 à Paris
    - je peints, dans cette période, un petit nombre de tableaux dans une gamme sombre faite de bruns et de verts profonds
    - je révèle mon admiration pour Camille Corot ou Gustave Courbet, mes premiers maîtres
    - les prussiens dévastent mon atelier en 1871, ce qui explique le faible nombre de toiles antérieures à cette date. À partir de 1870, ma palette s’éclaircit dans mes nombreux paysages représentant les rives de la Seine et les canaux parisiens; les bords d’eau serà mon sujet préféré durant toute ma vie
    - au début de 1872, par l’intermédiaire de Monet et Pissarro qui le connaissent, je rencontre Paul Durand-Ruel. Entre 1872 et 1873, ce marchand d’art achète 59 de mes tableaux, et il va en acquérir près de 400 pendant les 25 années suivantes
    - la Première exposition des peintres impressionnistes a lieu du 15 avril au 15 mai 1874 dans les locaux du photographe Nadar. Décrit comme le plus harmonieux des artistes représentés, je suis félicité pour mes paysages exquis
    - je séjourne à Londres de juillet à octobre 1874 et j’exécute près de 20 tableaux
    - les années suivantes, rentré dans les Yvelines, je peins beaucoup de paysages enneigés
    - j’accepte ma première exposition personnelle en 1881 dans la revue hebdomadaire La vie Moderne avec 14 tableaux et une autre en 1883 dans la galerie de Durand-Ruel
    - en 1886, 2 expositions collectives organisées à New York, me font remporter un beau succès, signes avant-coureurs de la reconnaissance tardive des impressionnistes
    - en 1888, à l’initiative de Jules-Antoine Castagnary, l’État achète une de mes oeuvres
    - en 1890, je suis admis comme membre associé de la Société nationale des Beaux-Arts
    - hommages: un astéroïde a été nommé en ma mémoire; une variété de rosier est baptisée de mon nom; une rue de Paris porte mon nom, etc.
    - ci-dessous je vous donne le titre de 5 de mes oeuvres:

    Mes oeuvres:
    Vent et soleil accompagnaient ma promenade, en cette matinée de septembre, dans cette nature que j’aime tant...le parc, la prairie, j’aime repirer dans tout ce qui est vert et je me dirige, avec mon déjeuner, à une clairière dans la forêt.
  • deLassus
    31/05/2024 à 08:14
    • En réponse à joseta #172 le 31/05/2024 à 08:05* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº277

      Je suis un peintre (et graveur) britannique
      - mouvement: impressionnisme »
    Trouvé. Décidément nul en histoire de l'art, je suis allé presque tout de suite chercher avec Google...
  • joseta
    31/05/2024 à 08:14
    • En réponse à deLassus #171 le 31/05/2024 à 07:50* :
    • « Le coin du bibliophile amateur... God nous dit aussi :
      On la [l'expression] trouve en 1623 dans la version française du Don Quichotte de Ce... »
    "Mentar la soga en casa del ahorcado" est la traduction pratiquement exacte de "Parler de corde dans la maison du pendu"
    (la traduction me pendait au nez...)
  • atheofv
    31/05/2024 à 08:17
    • En réponse à joseta #172 le 31/05/2024 à 08:05* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº277

      Je suis un peintre (et graveur) britannique
      - mouvement: impressionnisme »
    Je les pents dans un salon, en 1871


    On doit dire aujourd'hui, je les pends
  • atheofv
    31/05/2024 à 08:20
    • En réponse à joseta #172 le 31/05/2024 à 08:05* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº277

      Je suis un peintre (et graveur) britannique
      - mouvement: impressionnisme »
    Trouvé.

    Mais avec Gogol
  • atheofv
    31/05/2024 à 08:21
    Le clown au prénom de canard a été reconnu coupable.

    Voilà qui va réjouir lady Bellule.
  • joseta
    31/05/2024 à 08:33*
    • En réponse à atheofv #175 le 31/05/2024 à 08:17 :
    • « Je les pents dans un salon, en 1871


      On doit dire aujourd'hui, je les pends »
    "je les peints", j'ai rectifié.

    Tiens, en guise d'excuse je te dédie un jeu de mots:
    Dans sa propriété, on en voyait beaucoup, par conséquent, on parlait des paons d'Éson
  • SyntaxTerror
    31/05/2024 à 10:02
    • En réponse à joseta #172 le 31/05/2024 à 08:05* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº277

      Je suis un peintre (et graveur) britannique
      - mouvement: impressionnisme »
    Incroyable ! Je connaissais !
  • SyntaxTerror
    31/05/2024 à 10:17
    • En réponse à atheofv #169 le 31/05/2024 à 06:11 :
    • « Parler de cul dans la maison d'un pandore »
    En tant que docteur en brassenssologie, Bouba t'aurait peut-être répondu :

    Voir le nombril d'la femm' d'un flic
    N'est certain'ment pas un spectacle
    Qui, du point d'vu' de l'esthétiqu',
    Puiss' vous élever au pinacle...