Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

qu'à cela ne tienne [adv]

peu importe ! ; que cela ne soit pas un obstacle ! ; cela n'a pas d'importance !

Origine et définition

C'est depuis le début du XIIIe siècle que le verbe 'tenir' est utilisé dans la locution 'tenir à' pour indiquer un rapport de dépendance, d'effet à cause.
Quelques exemples ? En voici : "Il a tenu à peu de chose qu'il ne fût maître de l'Angleterre" (Alexandre Duval - Édouard en Écosse) ou bien "Il ne tiendra qu'à vous que je vous arrache de ce misérable lieu" (Molière, Dom Juan, Acte II scène 2).
Dans notre expression, le 'cela' désigne une difficulté, un obstacle qui a été cité juste avant dans la conversation et qui est ici considéré comme une broutille.
Celui qui la prononce tient le raisonnement selon lequel la difficulté est si petite qu'elle sera très vite résolue ou contournée. Autrement dit, elle importe peu, ce qui explique le premier sens indiqué.
Cette forme impersonnelle est apparue à la fin du XVIIe siècle. À son début on disait plutôt "à cela ne tienne".

Exemples

« (…) il faudrait savoir, une fois pour toutes, à quoi nous jouons. Moi, je joue au ping-pong.
- Ah, les carrés te gênent ? (ils jouent sur une table divisée en carrés)… tu veux jouer… sans carrés ni côtés… Eh bien, qu'à cela ne tienne, essayons… (ils jouent)…
- Tu vois, tu l'as quand même ratée.
- Je regrette, je ne l'ai pas ratée, c'est le filet qui l'a arrêtée.
- Ah ! le filet aussi te gêne ? »
Arthur Adamov - Le ping-pong

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand drauf soll es nicht ankommen il ne doit pas en importer à cela
Allemand egal ! pareil, indifférent
Allemand es kommt nicht darauf an ça ne dépend pas de cela
Anglais (Canada) big deal! grande chose!
Anglais (Canada) where's the problem? où est le problème?
Anglais no matter! sans substance
Anglais that's no problem ce n’est pas un problème
Espagnol (Argentine) ¡ Qué más da ! qu'est-ce que ca peut encore donner !
Espagnol (Espagne) ¡ Como sea ! Peu importe ! / Quoi qu'il en soit !
Espagnol (Espagne) ¡Por eso que no quede! qu'à cela ne tienne !
Espagnol (Espagne) Pase lo que pase Quoi qu'il arrive / Advienne que pourra
Français (Canada) y a rien là! ce n'est rien
Hongrois azon ne múljék! qu'à cela ne tienne !
Italien Che sarà, sarà ! Ce qui doit arriver, arrivera ! / Advienne que pourra ! (≃ Qu'à cela ne tienne !)
Italien non fa niente/nulla ça ne fait rien
Italien non importa peu importe
Néerlandais dat is geen punt / daar maken we geen punt van ce n'est pas un point / c'est peu important
Néerlandais dat mag de pret niet drukken que cela n'abaisse/n'étouffe pas la joie/le plaisir
Néerlandais geen bezwaar! pas de problème!
Néerlandais toch de toute façon
Portugais (Brésil) não seja por isso que ce ne soit pas pour cela
Roumain asta nu tine! cela ne tient pas!
Roumain haida-de! interj., aprox. Allez donc!
Slovaque na tom nezálezí cela ne dépend pas de ça
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Commentaires sur l'expression « qu'à cela ne tienne » Commentaires

  • SyntaxTerror
    23/04/2021 à 16:10
    • En réponse à Utilisateur supprimé #179 le 23/04/2021 à 14:09 :
    • « site:expressio.fr gonalzako à mettre dans la barre de recherche puis parcourir les quelque 150 occurrences, éventuellement avec Ctrl+gonalza... »
    L'idéal serait de trouver la syntaxe qui permettrait de ne pas afficher les "En réponse à gonalzako", ça permettrait de n'avoir aucune expression en double ou plus.
  • Utilisateur supprimé
    23/04/2021 à 16:25
    • En réponse à gonalzako #180 le 23/04/2021 à 15:26 :
    • « ça ne marche pas, j'ai dû mal comprendre
      : - [ »
    Tu colles
    site:expressio.fr gonalzako
    dans ta barre d'adresses et tu fais Enter.
  • Utilisateur supprimé
    23/04/2021 à 16:31*
    • En réponse à SyntaxTerror #181 le 23/04/2021 à 16:10 :
    • « L'idéal serait de trouver la syntaxe qui permettrait de ne pas afficher les "En réponse à gonalzako", ça permettrait de n'avoir aucune expre... »
    Alors là, utilise Google que tu n'aimes pas, il te donne des résultats avec un raccourci sans devoir ouvrir chaque expression.

    Google est crapuleux vis-à-vis de la vie privée mais pas beaucoup plus que les autres.
    Il faut d'abord éviter les réseaux sociaux, puis il y a des extensions Google Chrome qui protègent, God et moi en avons discouru sur ce site (dans l'indifférence générale des pigeons passifs), je peux te les donner (les extensions, pas les pigeons).
  • gonalzako
    23/04/2021 à 16:36
    • En réponse à Utilisateur supprimé #182 le 23/04/2021 à 16:25 :
    • « Tu colles
      site:expressio.fr gonalzako
      dans ta barre d'adresses et tu fais Enter. »
    comme ça, oui :)
    merci
  • Utilisateur supprimé
    23/04/2021 à 16:52*
    • En réponse à SyntaxTerror #181 le 23/04/2021 à 16:10 :
    • « L'idéal serait de trouver la syntaxe qui permettrait de ne pas afficher les "En réponse à gonalzako", ça permettrait de n'avoir aucune expre... »
    Je te répondrai demain matin.
    Gonalzako et les 40.000 autres abonnés ne devraient pas être inintéressés.

    P.-S. : Moi-même j'ai l'intention de m'y intéresser, on ne sait jamais...
  • joseta
    23/04/2021 à 17:00
    1.- LÉON (Lyon)
    2.- QUENTIN (canton)
    3.- LAURENT (luron)
    4.- PIERRE (poire)
    5.- ABEL (habile)
    6.- FRANÇOIS (français)
    7.- FIRMIN (formant)
    8.- VICTOR (victoire)
    9.- ARTHUR (artère)
    9.- GAUTIER (gâtiez)
    10.- BLAISE (blouse)
    11.- RÉMI (ramer)
    12.- PAUL (pile)
    13.- GERMAIN (gourmand)
    15.- FIDÈLE (fou d'elle)
    16.- BASTIEN (bastion)
    17.- ROLAND (râlons)
    18.- DORIAN (de rien)
    Voilà !
  • Utilisateur supprimé
    23/04/2021 à 17:07
    • En réponse à joseta #186 le 23/04/2021 à 17:00 :
    • « 1.- LÉON (Lyon)
      2.- QUENTIN (canton)
      3.- LAURENT (luron)
      4.- PIERRE (poire) »
    Jeu des voyelles, d'accord, mais alors fonétikement, parce qu'il y a aussi des consonnes qui changent.
  • joseta
    23/04/2021 à 18:29*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #187 le 23/04/2021 à 17:07 :
    • « Jeu des voyelles, d'accord, mais alors fonétikement, parce qu'il y a aussi des consonnes qui changent. »
    Voyez l' dénigreur ! Est-ce qu'on sonne à ta porte ? 🙂
  • SyntaxTerror
    23/04/2021 à 18:43
    • En réponse à Utilisateur supprimé #187 le 23/04/2021 à 17:07 :
    • « Jeu des voyelles, d'accord, mais alors fonétikement, parce qu'il y a aussi des consonnes qui changent. »
    On l'a déjà fait remarquer à joseta qui a répondu que ce n'est pas un défaut du jeu mais un de ses attraits. Mettons.
  • SyntaxTerror
    23/04/2021 à 19:51*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #128 le 18/07/2016 à 13:02* :
    • « Je pense qu'ils l'ont piqué à Bach (idem pour "Les ronds dans l'eau" de Françoise Hardy ainsi que bien d'autres). »
    Je pense qu'ils [Procol Harum] l'ont piqué [A Whiter Shade of Pale] à Bach.
    L'avis général des musicologues est qu'ils se sont inspirés de Bach sans se contenter de le sampler plagier.

    Page en anglais, mais avec des partitions.
  • Bichem
    24/04/2021 à 08:26
    • En réponse à joseta #188 le 23/04/2021 à 18:29* :
    • « Voyez l' dénigreur ! Est-ce qu'on sonne à ta porte ? 🙂 »
    Bravo Jojo ça nous secoue les neurones
  • lalibellule
    07/09/2022 à 03:18*
    Un exemple de l’expression trouvé dans cet article intéressant par Michel Feltin-Palas de L’Express qui fait partie de sa série Sur le Bout des Langues ... dont le sujet est un résumé partiel sans doute des langues artificielles inventées à travers les siècles ... je le cite in toto afin d’avoir le contexte pour l’exemple que vous trouverez au début du 6e paragraphe ...

    Comprenez-vous cette phrase : "Elen síla lúmenn' omentielmo" ? Non ? Et celle-ci : "O orzchis Ecclesia, armis divinis praecincta" ? Pas davantage ? Essayons encore une fois : "bIjeghbe'chugh vaj blHegh" (1). Toujours pas ? Je vous rassure : vous savez toujours lire en français et, théoriquement, je sais toujours écrire en français, mais, précisément, ce qui précède n'est pas du français. Ni de l'anglais, d'ailleurs, ni de l'allemand, ni du russe, ni de l'arabe, ni du breton, ni du corse, ni de l'alsacien, ni rien qui puisse vous rappeler l'une des 10 000 langues existantes ou ayant existé dans le monde. Précisément parce qu'il s'agit de langues inventées de toutes pièces.

    Ne croyez surtout pas qu'il s'agisse d'un phénomène marginal : ces langues artificielles seraient au nombre de ... 500, selon un article rédigé par le linguiste James Costa dans le très sérieux ... Dictionnaire de la sociolinguistique. Ne croyez pas non plus qu'il s'agisse d'une lubie contemporaine, destinée à pallier l'ennui d'hommes et de femmes ne sachant plus que faire de leurs loisirs. Les plus anciennes langues artificielles ont été recensées en Europe à la fin du Moyen Age, à une époque où l'on espérait retrouver la "langue des origines" en usage avant la tour de Babel.

    J'ai déjà raconté ici l'expérience folle de l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen qui aurait privé quelques nourrissons de tout contact afin de déterminer la langue qu'ils parleraient "spontanément" - les pauvres bambins finiront tous par mourir sans avoir prononcé un mot (2). D'autres tentatives sont restées célèbres, comme celle de Hildegarde de Bingen (1098-1179), une abbesse du XIIe siècle qui mit au point une lingua ignota("langue inconnue") élaborée à partir de principes mystiques pour contester l'hégémonie du latin, qu'elle maîtrisait mal. Une invention qui ne fut pas préservée après sa mort.

    La quête reprend au XVIIe siècle, dans une démarche apparemment beaucoup plus cartésienne. On en est alors persuadé : pour appréhender convenablement le monde, il faut se déprendre des langues des êtres humains, trop dépendantes des sociétés dans lesquelles elles ont été conçues. De nombreux savants s'emploient alors à créer des langues "pures" afin, espèrent-ils, de dépasser l'imperfection des langues naturelles. Leibniz lui-même (1646-1716) tente ainsi de mettre au point la characteristica universalis (caractéristique universelle) pour déployer des raisonnements d'une façon purement mécanique en physique, en mathématiques ou en philosophie. Las... En cette matière, les travaux de celui que l'on considère pourtant comme un génie n'aboutiront pas. Pas plus, d'ailleurs, que ceux de son contemporain, l'Anglais John Wilkins (1614-1672), auteur d'un savant "langage philosophique", élaboré à partir de 40 catégories, destiné à faciliter les échanges entre les hommes et à diffuser le savoir scientifique.

    Sous la Révolution française, c'est au tour du citoyen Delormel de présenter à son tour à la Convention un nouveau projet de "langue universelle" - en fait furieusement latino-centré - doté d'un alphabet comprenant 10 voyelles et 15 "lettres indicatives finales" ayant diverses propriétés : -g marque le superlatif, -k le contraire, -s le futur antérieur, etc. A ses yeux, il s'agit là aussi d'un moyen idéal de rapprocher les peuples et de diffuser les idées des Lumières. Ce sera, là encore, un échec.

    Qu'à cela ne tienne. L'idée ressurgit sous une autre forme au tournant des XIXe et XXe siècles. Esperanto, volapük, ido : cette fois, on ne cherche pas un idiome capable d'apporter une connaissance parfaite du monde, mais une langue auxiliaire, facile à apprendre, qui permettrait aux hommes de communiquer aisément et, espère-t-on, de mieux se comprendre. Combattues par les grandes puissances linguistiques du temps - au premier chef le Royaume-Uni et la France - elles ne parviendront pas à s'imposer, bien que l'esperanto revendique encore plusieurs millions de locuteurs.
    C'est également au XIXe siècle que le monde de la fiction commence à s'emparer du sujet. A tout seigneur (des anneaux), tout honneur : on ne peut passer sous silence l'influence majeure de Tolkien et de ses langues "elfiques" (quenya, sindarin, khuzdul, etc.), mais il est loin d'être le seul. Plus tard, les créateurs de Game of Thrones et de Star Trek vont eux aussi construire des langues pour les besoins de leur oeuvre. Avec un succès qui dépassera leurs espérances, puisque ces idiomes qui n'avaient nullement l'ambition d'être appris le sont néanmoins aujourd'hui par des locuteurs passionnés, lesquels y trouvent sans doute un moyen original de s'inscrire dans une communauté.

    (1) Il s'agit de phrases écrites respectivement en haut-elfique (Tolkien, dans Le Seigneur des anneaux) ; en Lingua ignota(Hildegarde de Bingen) et en klingon (la langue fictive de Star Trek).
    (2) L'expérience de Frédéric II aurait été inspirée par une anecdote rapportée par Hérodote, selon lequel le pharaon Psammétique Ier aurait isolé deux nourrissons pour tenter de découvrir le parler primordial de l'Humanité.
  • deLassus
    17/06/2023 à 09:59
    • En réponse à deLassus #160 le 30/01/2021 à 17:23* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est en tous points conforme à ce qu'on trouve dans le livre... »
    J'ajoute, pour être précis, que la formule "Cela n'a pas d'importance" ne figure pas dans le Livre de God.
  • deLassus
    11/03/2024 à 19:31
    • En réponse à deLassus #160 le 30/01/2021 à 17:23* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est en tous points conforme à ce qu'on trouve dans le livre... »
    L'exemple est différent.

    Voici l'exemple donné par God dans Son Livre :
    "- Mais mon terme est payé, je suis ici pour mon argent comme tout le monde, dit-elle en lançant un regard de vipère sur les pensionnaires.
    - Qu'à cela ne tienne ! nous nous cotiserons pour vous le rendre, dit Rastignac.
    "
    Honoré De BALZAC - Le Père Goriot - 1835
  • atheofv
    02/12/2024 à 06:19*
    Anglais no matter! sans substance

    Voilà du littéral, ou je ne m'y connais pas !

    Merci Hihan.
  • atheofv
    02/12/2024 à 06:22
    Allemand drauf soll es nicht ankommen il ne doit pas en importer à cela

    Un peu tirebouchonné, non ?
  • joseta
    02/12/2024 à 08:03
    QUI SUIS-JE ? nº420

    Je suis une actrice (et réalisatrice) française
    - je fais mes études classiques au lycée Racine (Paris). Après le baccalauréat, je suis des cours de théâtre donnés par Jean Périmony, puis, à 20 ans, j’entre au Conservatoire, suivant les cours de Lise Delamare. Je suis également élève au cours Florent
    - distinguée au théâtre dans des rôles de jeune première espiègle, je rencontre Claude Sainval, directeur de la Comédie des Champs-Élysées, qui me confie mon premier grand rôle dans une pièce de 1974 (pièce de Jean Anouilh). Grâce à ce rôle, les propositions deviennent plus nombreuses, et je fais mes débuta à la télévision en 1975, puis au cinéma en 1976 dans un film de Georges Lautner
    - après une interprétation remarquée en 1977, je rencontre Alain Resnais qui va donner un tournant décisif à ma carrière. Notre collaboration s’étend sur plus de 2 décennies
    - c’est néanmoins Bertrand Tavernier qui me révèle au grand public en m’offrant un rôle dans un film de 1984. Ce rôle me vaut le César de la meilleure actrice (que j’obtiens de nouveau 2 ans plus tard dans un film de Resnais)
    - je me suis exprimée aussi dans des films plus populaires où est mis en avant mon talent comique
    - je rencontre notamment un grand succès public dans un film, «phénomène de société» de 2001
    - festivals: je suis membre du jury du 44e Festival de Venise; je suis la présidente du 7e Festival du film francophone d’Angoulème; je préside le jury de la ‘caméra d’or’ du 68e Festival de Cannes;
    - je suis membre du jury du 44e Festival du cinéma américain de Deauville
    - en 2015, je suis promue Commandeure de l’ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin.
  • atheofv
    02/12/2024 à 08:35
    • En réponse à joseta #197 le 02/12/2024 à 08:03 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº420

      Je suis une actrice (et réalisatrice) française
      - je fais mes études classiques au lycée Racine (Paris). Après le ba... »
    Jockey !
  • SyntaxTerror
    02/12/2024 à 11:00
    • En réponse à joseta #197 le 02/12/2024 à 08:03 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº420

      Je suis une actrice (et réalisatrice) française
      - je fais mes études classiques au lycée Racine (Paris). Après le ba... »
    C'est bon.
  • atheofv
    02/12/2024 à 12:24
    Voilà une expression qui ne fait pas flores...