Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

rester sur l'estomac [v]

être difficile à digérer ; être difficile à accepter ; être difficile à assimiler

Origine et définition

Tout le monde connaît, pour l'avoir expérimenté, le sens propre de cette expression, le premier proposé ici : après des libations trop copieuses ou après avoir avalé des mets un tantinet avariés, la digestion est très difficile et les sensations ressenties à hauteur de l'estomac sont désagréables.
La nourriture ou la boisson donne l'impression de rester sur l'estomac au lieu de, emportée par la gravité et les mécanismes digestifs usuels, suivre son chemin normal vers une inexorable expulsion, le sur accentuant l'idée de poids gênant au lieu d'un dans plus naturel (d'ailleurs, il existe aussi la version peser sur l'estomac).
C'est depuis le début du XIXe siècle qu'on trouve cette expression dans son sens premier, la forme avec peser, devenue un peu plus rare, datant elle du milieu du siècle précédent.
Mais, au figuré et depuis le XVIIe siècle, au dit aussi qu'on « digère » mal une déconvenue ou une mauvaise nouvelle lorsque celle-ci a autant de mal à être acceptée ou à « passer » que les aliments avariés ou en excès à passer vers les intestins.
Voilà comment, à partir d'une sensation physiologique désagréable, la signification initiale de l'expression est passée métaphoriquement à un sentiment pénible ; sans oublier qu'au XVe siècle, par extension, le mot estomac désignait aussi le coeur supposé être le siège des sentiments (ne dit-on pas qu'on est écoeuré, lorsqu'on a envie de vomir ?).

Exemples

« Emilio aime la polenta bien cuite : "il faut compter vingt à vingt-cinq minutes, sinon elle vous reste sur l'estomac !" »
Anne-Marie Prodon -Emilio, le moutonnier du Noirmont - 1988
« J'ai beau prendre ça à la rigolade, le refus de Vigner pour Mundwiller, le stage avec ce vieil artiste plein d'expérience et de sagesse dont je me faisais une joie, me reste sur l'estomac. »
Jacques d'Arribehaude - Complainte mandingue - 1999

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand schwer verdaulich difficile à digérer
Allemand schwer auf dem Magen liegen peser lourdement sur l'estomac
Allemand auf den Magen schlagen battre sur l‘estomac
Anglais a hard pill to swallow une pilule difficile à avaler
Anglais it still rankles with me ça me reste encore sur le coeur
Anglais (USA) To be hard to stomach Être difficile à digérer
Anglais (USA) to stick in one's craw coller dans l'estomac
Arabe (Maroc) assir al hadm dur à digérer
Espagnol (Argentine) no poder tragar algo o alguien ne pas pouvoir avaler
Espagnol (Espagne) es infumable on ne peut pas même le fumer!
Espagnol (Espagne) Quedarse atragantado Rester coincé dans la gorge / Rester de travers
Français (Canada) l'avoir sur le coeur
Italien restare sullo stomaco rester sur l'estomac
Néerlandais zwaar op de maag liggen avoir un poids lourd sur l'estomac
Néerlandais (Belgique) het ligt als een steen op mijn maag cela me reste comme une brique sur mon estomac
Néerlandais iets wat moeilijk te verteren is quelque chose de difficile à digérer
Néerlandais slikken of stikken avaler ou s'étouffer......
Néerlandais moeilijk door de strot te krijgen qque chose de difficile à avaler et digérer
Néerlandais een bittere pil moeten slikken avaler une pilule amère
Portugais (Brésil) duro de engolir dur d'engloutir
Portugais (Brésil) ficar atravessado na garganta rester en travers de la gorge
Portugais (Brésil) ficar entalado na garganta rester coincé dans la gorge
Portugais (Brésil) ficar entalado na garganta rester pincé dans la gorge
Portugais (Portugal) estar atravessado na garganta être percé dans la gorge
Roumain a cădea rău /greu (la stomac) tomber mal /lourd à l'estomac
Roumain greu de înghiţit difficile à avaler
Roumain a sta în gât rester dans la gorge
Turc midesine oturmak s'assoir dans son estomac
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « rester sur l'estomac » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « rester sur l'estomac » Commentaires

  • Psylocybe
    29/11/2021 à 19:10
    • En réponse à lalibellule #178 le 29/11/2021 à 18:14 :
    • « Aie yaie yaie ... t’as pas tort! »
    La vieillesse est une désaventure presque grotesque. Les beaux vieux sont rares. Souvent gonflés mais flasques, loin de la silhouette mince et vigoureuse de leurs belles années. Soit on meurt jeune et en corbeau ou vieux et décati, la peau qui pèle et les sphincters amollis. Et, et mourir entre deux âges, c'est pas plus drôle, et les funérailles coutent cher au prorata.
  • lalibellule
    29/11/2021 à 19:34
    • En réponse à Psylocybe #181 le 29/11/2021 à 19:10 :
    • « La vieillesse est une désaventure presque grotesque. Les beaux vieux sont rares. Souvent gonflés mais flasques, loin de la silhouette mince... »
    Pourtant il me semble que la plupart des gens qui se suicident ne sont pas des vieux. Au moins ici les plus de 65 ans ont droit à la Sécurité Sociale et le Medicare. Ça n’empêche que je sois partisane du suicide assisté légal. Et on peut éviter les funérailles et l’enterrement en faisant le don de son corps à la recherche médicale.
    Pour l’instant je conçois la vieillesse comme un privilège qui manque à beaucoup. Si ma vieillesse s’approche du grotesque j’aurai un autre avis sans doute.
  • SyntaxTerror
    29/11/2021 à 19:51
    • En réponse à lalibellule #182 le 29/11/2021 à 19:34 :
    • « Pourtant il me semble que la plupart des gens qui se suicident ne sont pas des vieux. Au moins ici les plus de 65 ans ont droit à la Sécuri... »
    Pourtant il me semble que la plupart des gens qui se suicident ne sont pas des vieux.

    Ne connaissant pas la situation aux États-Unis, je suppose quand même que tu parles de nombre de décès.
    En France et en taux (pour 100 000 habitants), c'est dans la tranche d'âge 85-94 ans qu'on se suicide le plus.
  • Psylocybe
    29/11/2021 à 20:08*
    • En réponse à lalibellule #182 le 29/11/2021 à 19:34 :
    • « Pourtant il me semble que la plupart des gens qui se suicident ne sont pas des vieux. Au moins ici les plus de 65 ans ont droit à la Sécuri... »
    J'ai un peu exagéré en disant grotesque, mais qu'on le veuille ou non, notre morphologie a changé. J'étais svelte et musclé, me voila empâté (de campagne), on ne peut le nier. Les seins qui s'affaissent, les cuisses qui s'étalent, les ventres qui bedonnent (les pénis qui mollissent*). Mais bien sûr, le bonheur est d'abord mental et je suis heureux que tu la conçoives, la vieillesse, comme un privilège. Celui, certes, de notre rencontre et des autres compagnons d'Expressio qui m'apportent du réconfort à travers l'éther médiatique. Celui de voir grandir nos petits-enfants. Il n'empêche que chaque matin me voilà confronté au poids de ma corporalité qui se délite et, et à l'inéluctable fin dernière qui nous guette tous. Je n'ai pas atteint cette ataraxie (pour Tobrouk) de l'âme que tu possèdes.
    * Tu penses bien que j'allais pas rater celui-là.
  • lalibellule
    29/11/2021 à 20:10
    • En réponse à SyntaxTerror #183 le 29/11/2021 à 19:51 :
    • « Pourtant il me semble que la plupart des gens qui se suicident ne sont pas des vieux.

      Ne connaissant pas la situation aux États-Unis, je... »
    C’est peut-être pareil ici. Je pensais surtout aux décès des jeunes en raison d’une surdose de drogues opioïdes et le fait que les médias parlent souvent de la hausse assez dramatique de suicide chez les hommes dans la tranche 40-60 en raison de chômage ou manque d’emploi suffisant. Les médias ici ne parlent pas de suicide chez les vieux que je sache.
    Maintenant que la curiosité me pique je chercherai ...
  • lalibellule
    29/11/2021 à 20:20*
    • En réponse à Psylocybe #184 le 29/11/2021 à 20:08* :
    • « J'ai un peu exagéré en disant grotesque, mais qu'on le veuille ou non, notre morphologie a changé. J'étais svelte et musclé, me voila empâté... »
    Pourvu que je sois capable de lire les romans et faire du jardinage, je suis heureuse. La beauté de la nature me soutient. Et comme je n’ai pas de pénis mou ou autre...je n’ai que les seins qui pendent un peu.
  • lalibellule
    29/11/2021 à 20:29*
    Image externe

    Le taux de suicide chez les vieux 75+ a baissé un peu dans les dernières années.
    Mais la tranche 85-94 n’a pas été isolée ici. Alors pas de comparaison exacte.

    Le taux le plus élevé est chez les mâles blancs âgés 45-64.
  • Psylocybe
    29/11/2021 à 20:41*
    • En réponse à lalibellule #186 le 29/11/2021 à 20:20* :
    • « Pourvu que je sois capable de lire les romans et faire du jardinage, je suis heureuse. La beauté de la nature me soutient. Et comme je n’a... »
    Je t'avais déjà parlé de Suzanne Simard et de son livre marquant: Finding the Mother Tree où elle nous raconte son aventure de vie presqu'initiatique à la découverte des mycorhizes et de son combat contre les préjugés de l'Establishment forestier, masculin, de BC (British Columbia). Je vais bientôt en faire une recension Zoom avec ma collègue biologiste (Véronique Cloutier) qui s'intéresse particulièrement aux petits mammifères qui se nourrissent de champignons hypogés (dont les fameuses truffes du père Igor, tuber melanosporum). Tu seras la bienvenue. Vers le 11 décembre. Je t'enverrai une invitation.
    Image externe
  • atheofv
    29/11/2021 à 20:44
    • En réponse à Psylocybe #184 le 29/11/2021 à 20:08* :
    • « J'ai un peu exagéré en disant grotesque, mais qu'on le veuille ou non, notre morphologie a changé. J'étais svelte et musclé, me voila empâté... »
    (les pénis qui mollissent*).


    Avec l'âge, les raideurs se déplacent...
  • lalibellule
    29/11/2021 à 20:49
    • En réponse à Psylocybe #188 le 29/11/2021 à 20:41* :
    • « Je t'avais déjà parlé de Suzanne Simard et de son livre marquant: Finding the Mother Tree où elle nous raconte son aventure de vie presqu'in... »
    Tu connais déjà peut-être ce roman que je n’ai pas encore lu ...
    l’Arbre-monde en français/The Understory en anglais by Richard Powers
  • lalibellule
    29/11/2021 à 20:51*
    • En réponse à Psylocybe #188 le 29/11/2021 à 20:41* :
    • « Je t'avais déjà parlé de Suzanne Simard et de son livre marquant: Finding the Mother Tree où elle nous raconte son aventure de vie presqu'in... »
    Oui, ce livre est disponible en e-book à la bibliothèque.
  • SyntaxTerror
    29/11/2021 à 20:56
    • En réponse à lalibellule #187 le 29/11/2021 à 20:29* :
    • « https://zupimages.net/up/21/48/99s9.png

      Le taux de suicide chez les vieux 75+ a baissé un peu dans les dernières années.
      Mais la tranche... »
    Le taux le plus élevé est chez les mâles blancs âgés 45-64.
    Comme tu le dis, c'est la tranche d'âge pour laquelle retrouver un emploi est quasiment "mission impossible".

    Le plus troublant est l'apparition de suicides dans la tranche d'âge 10-14.
  • Psylocybe
    29/11/2021 à 21:14
    • En réponse à lalibellule #190 le 29/11/2021 à 20:49 :
    • « Tu connais déjà peut-être ce roman que je n’ai pas encore lu ...
      l’Arbre-monde en français/The Understory en anglais by Richard Powers... »
    Merci pour la référence. Ça me fait penser au dilemme des tree-huggers: les arbres ont-ils de la conscience ou de la sentience, ou même de la sapience? Si on accepte le paradigme de S. Simard, on serait sur un continuum de la pleine conscience, du crapaud jusqu'au fakir, du lichen jusqu'aux lianes, et nous au milieu.
  • lalibellule
    30/11/2021 à 19:27*
    • En réponse à SyntaxTerror #192 le 29/11/2021 à 20:56 :
    • « Le taux le plus élevé est chez les mâles blancs âgés 45-64.
      Comme tu le dis, c'est la tranche d'âge pour laquelle retrouver un emploi est q... »
    Je n’ai pas les statistiques en main mais les médias parlent aussi des suicides chez les anciens soldats américains des guerres en Irak et Afghanistan et aussi des policiers surtout depuis quelques années.
  • SyntaxTerror
    01/12/2021 à 09:28
    • En réponse à lalibellule #194 le 30/11/2021 à 19:27* :
    • « Je n’ai pas les statistiques en main mais les médias parlent aussi des suicides chez les anciens soldats américains des guerres en Irak et A... »
    des policiers surtout depuis quelques années.
    Chez nous aussi, reprenant un argumentaire des syndicats de policiers. Il a été établi que le taux de suicide chez les policiers est comparable à celui observé chez les ouvriers et employés ce qui n'empêche pas de continuer à en parler ...
  • jaipatouvu
    16/11/2024 à 02:21
    Paradoxe : "Il est surprenant de ne pas digérer ce que l’on n’a pas réussi à vous faire avaler"
  • Clitocybe
    16/11/2024 à 05:09
    Eh ben, nous voilà avec ce nouveau président américain, un menteur, un bonimenteur, vulgaire, cynique, imbu de lui-même. Et pourtant élu contre une femme déterminée, articulée, polie comme Kamala H. Aberration ? Mais non ! Les Américains ne sont pas tous des Yankees ou des Californiens éduqués. Le niveau mental de l'Américain moyen est au ras de terre. Lalibellule est une exception presque providentielle. Une seule consolation, c'est que maintenant, il (Donald) doit faire la preuve de ses politiqures absurdes, avec un grand frère beaucoup plus intelligent que lui (Elon Musk) qui le surveille. On vient de rejoindre l'agora des autocrates ignorants et corrompus d'Europe. On espère que la Constitution américaine saura résister à toutes les tentatives de tyrannie.
    Tout ça me reste sur l'estomac. Je préfère notre démocratie canadienne un peu mièvre à tous ces systèmes dictatoriaux que semblent désirer les masses laborieuses. Serions-nous dans un autre épisode de la montée d'un nouveau nazisme ? L'intolérance n'est jamais bien loin.
  • joseta
    16/11/2024 à 07:53
    QUI SUIS-JE ? nº404

    - Je suis un acteur français
    - à 17 ans, je me rends seul à Paris. Grâce à mon talent et à ma beauté je me lance dans une carrière d’acteur au théâtre, avant d’être élu «Apollon de l’année»
    - repéré par Édith Piaf, je fais mes débuts au cinéma aux côtés de la chanteuse
    - René Clément met à profit mes capacités d’acteur dans un film de 1947
    - en 1950, j’épouse une actrice rencontrée lors d’un tournage en 1949 et avec qui je forme un couple des plus mythiques du cinéma français des années 1950. J’enchaîne avec elle plusieurs films qui confirment mon succès, faisant de moi un des grands acteurs de ma génération, à l’instar de Jean Marais, notamment dans les drames de Jean-Paul Le Chanois (1950), et de Jean Grémillon (1951)
    - je continue dans la veine dramatique en jouant dans un film d’Yves Allégret (1952) et un autre de Robert Hossein (1955)
    - j’ai comme partenaires quelques-unes des plus séduisantes actrices des années 1950: Françoise Arnoul, Brigitte Bardot, Dany Carrel, Mylène Demongeot, Dawn Addams, Marina Vlady, Sophia Loren, Romy Schneider
    - la commune où je suis inhumé, tient une grande exposition rétrospective de ma carrière, à l’occasion du cinquantenaire de ma mort; l’un de mes frères y évoque ma carrière
    - une salle municipale de spectacles d’une commune du Puy-de-Dôme porte mon nom.
  • lalibellule
    16/11/2024 à 08:35
    • En réponse à joseta #198 le 16/11/2024 à 07:53 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº404

      - Je suis un acteur français
      - à 17 ans, je me rends seul à Paris. Grâce à mon talent et à ma beauté je me lance da... »
    Trouvé !
  • atheofv
    16/11/2024 à 08:56
    • En réponse à joseta #198 le 16/11/2024 à 07:53 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº404

      - Je suis un acteur français
      - à 17 ans, je me rends seul à Paris. Grâce à mon talent et à ma beauté je me lance da... »
    Trouvé.
    Mais j'ignorais qu'il était aussi pharmacien !

    Au début je pensais à Fernandel, mais c'est pas lui...