Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se saigner aux quatre veines [v]

se priver ; se donner beaucoup de mal ; se priver de tout pour autrui ; se priver en sacrifiant son bien-être pour le profit de quelqu'un de cher

Origine et définition

Quand, par exemple, des parents peu fortunés préfèrent sacrifier leur confort et leurs loisirs, et utiliser leur peu d'argent pour que leurs enfants puissent faire de bonnes études, on dit qu'ils se saignent aux quatre veines.
L'image est facile à comprendre : si quelqu'un se coupe les veines qui passent au niveau du poignet (une veine et une artère radiale à chacun d'entre eux, ce qui nous fait un total approximatif de quatre), il va se vider de tout son sang et se priver d'un bien relativement précieux, la vie.
C'est donc un sens de privation extrême (jusqu'à tout y perdre) que véhicule l'expression.
Sous sa forme actuelle, elle semble relativement récente (XXe siècle) et on ne sait pas réellement de quelles veines il s'agit.
Mais elles peuvent être celles de n'importe quel membre puisqu'on disait autrefois "se saigner aux quatre membres", expression utilisée par Guy de Maupassant dans "Bel ami" en 1885.
Cela dit, peu importe, le résultat est le même : il ne reste jamais grand chose à celui qui s'est saigné aux quatre veines.

Exemples

Nous nous saignons aux quatre veines pour rembourser plus de 40 milliards de dollars par an et on s'étonne après qu'il ne reste plus assez d'argent à verser au titre de paiements de transfert aux provinces.
On dit qu'il faut se saigner aux quatre veines pour étudier, mais quand même !
Tu te saignes aux quatre veines pour eux! Sale yuppie égoïste!
Je me saignerai aux quatre veines pour vous le prouver.
Pourquoi je me saigne aux quatre veines pour toi, Ça me dépasse !

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand alles geben donner tout (pour ...)
Anglais to scrimp and save lésiner et économiser
Anglais to bleed oneself dry se saigner à sec
Anglais to make big sacrifices faire de gros sacrifices
Arabe (Algérie) ynahi men lahmo enlève de sa chair
Arabe (Maroc) n'qataa lahmi je me déchire la chair
Arabe (Tunisie) lqataa fi rouhou / T'qataa fi rouh'a il se déchire / elle se déchire
Arabe (Algérie) اشقا يا الشاقي للباقي (chka ya chaki lel baki) souffre-toi pour que l' héréditaire vive
Espagnol (Espagne) matarse se tuer
Espagnol (Espagne) romTurquie / partirse los cuernos se casser les cornes
Espagnol (Espagne) sacrificarse se sacrifier
Espagnol (Espagne) hacer muchos sacrificios faire beaucoup de sacrifices
Espagnol (Espagne) dejarse la piel se laisser la peau
Espagnol (Argentine) romTurquie el culo se casser le cul
Français (Canada) se fendre le cul en quatre
Français (Canada) se saigner à blanc se saigner à blanc
Italien svenarsi s'ouvrir les veines
Néerlandais (Belgique) zich opofferen voor iemand se sacrifier pour quelqu'un
Néerlandais krom liggen être couché courbé
Néerlandais uit de / mijn mond gespaard se priver de manger, pour un but spécifique, p.ex. pour nourrir ses enfants ; donc : un sacrifice
Néerlandais uit de mond sparen epargner de sa bouche
Néerlandais zichzelf wegcijferen se déchiffrer
Polonais wypruwać sobie żyły se découdre les veines
Portugais (Brésil) fazer das tripas coração faire des tripes cœur
Portugais (Brésil) se matar se tuer
Roumain a-şi rupe de la gură se rompre de la bouche
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Voir aussi

Variantes

  • Se saigner à quatre épingles

Commentaires sur l'expression « se saigner aux quatre veines » Commentaires

  • #21
    DiwanC
    13/05/2010 à 10:58
    • En réponse à mickeylange #20 le 13/05/2010 à 10:30 :
    • « Joli, la comtesse de Ségur va être jalouse ! »
    Mais j’espère bien ! 😛
  • #22
    Jessy17
    13/05/2010 à 11:16
    • En réponse à PHILO_LOGIS #10 le 13/05/2010 à 08:17* :
    • « L’expressio du jour, n’en déplaise à notre petit Godemichou adoré, a une origine tout-à-fait antérieure au XXème siècle. En effet, il faut r... »
    "C’est un cas rare ..."
    Si c’est un cas, il est rare plus ou moins par définition. Alors donc, c’est un "cas rare" comme tous les "cas le sont" ...
  • #23
    LeboDan_Ubbleu
    13/05/2010 à 11:41*
    • En réponse à DiwanC #19 le 13/05/2010 à 10:23* :
    • « Il s’était réveillé l’esprit guilleret… l’air était doux… Il descendit au jardin cueillir quelques fleurs… Lorsqu’il marcha sur le râteau ou... »
    Jolie !!! Ange Elina ! :’-))
  • #24
    DiwanC
    13/05/2010 à 11:46*
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #23 le 13/05/2010 à 11:41* :
    • « Jolie !!! Ange Elina ! :’-)) »
    Je m’efforce à te conter quelque bbleuette et à chaque fois, tu pleures...
  • #25
    mickeylange
    13/05/2010 à 11:58
    • En réponse à DiwanC #24 le 13/05/2010 à 11:46* :
    • « Je m’efforce à te conter quelque bbleuette et à chaque fois, tu pleures... »
    C’est ton sang bleu
    Qui lui met les veines en feu
    Pas tes bas bleus
    C’est pas son jeu
    Mais il t’aime quand même un pneu
    Le beau Dan morbleu
    Il en fait ici l’aveu
  • #26
    DiwanC
    13/05/2010 à 12:59*
    • En réponse à mickeylange #25 le 13/05/2010 à 11:58 :
    • « C’est ton sang bleu
      Qui lui met les veines en feu
      Pas tes bas bleus
      C’est pas son jeu »
    Suis pas convaincue par ce que tu avances mon Lapin... mais c’est joliment dit ! Aussi, je garde tout, les vers et le bleu ! A propos de bleu, ne serait-ce pas l’heure d’un lagon ?
  • #27
    <inconnu>
    13/05/2010 à 13:01*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #7 le 13/05/2010 à 07:15* :
    • « L’expressio du jour, n’en déplaise à notre petit Godemichou adoré, a une origine tout-à-fait antérieure au XXème siècle. En effet, c’est qua... »
    Exact, d’une certaine manière... Je n’ai pas les références en tête, mais selon ce qui m’est revenu en mémoire l’expression a été utilisée dans un conte de fée, ou une mère pour que son fils ait un bon poste à la cour, s’était saignée aux quatre veines. La dernière fois qu’elle a été trouvé la fée (sic) pour donner ses dernières gouttes de sang, celle-ci lui a rendu une partie des années perdues (vieillissement accéléré, la fée utilisait le sang pour conserver sa jeunesse...). Par certains côtés cela rappelle le mythe de Faust...
    Cela vient de me revenir: ce serait dans un conte des frères Grimm, du moins dans ces émissions relatant ces contes et/ou ceux des milles et une nuits à la télévision lors des fêtes de fin d’année.
    Peut-être qu’un érudit pourrait nous en dire plus ?
  • #28
    DiwanC
    13/05/2010 à 13:11*
    Puisqu’on aborde les contes de fée, en voici un dont le héros n’hésitait pas à saigner quatre veines
    cette page
  • #29
    <inconnu>
    13/05/2010 à 13:46
    • En réponse à DiwanC #26 le 13/05/2010 à 12:59* :
    • « Suis pas convaincue par ce que tu avances mon Lapin... mais c’est joliment dit ! Aussi, je garde tout, les vers et le bleu ! A propos de ble... »
    Moi je veux bien être con vaincu, s’il y a un droit de revanche...
  • #30
    momolala
    13/05/2010 à 14:19
    Bon anniversaire à Bonobo, comme à ma fille contestataire née avec un mois et demi d’avance le 13 mai... 1968 ! Pour moi donc, pas de barricades, mais "poussez, poussez", bien au contraire.
    Quant à l’expression du jour, puisque c’est d’abord pour elle qu’on vient ici, il me semble que se saigner "aux quatre veines" est plus fort que "se saigner" tout court. En effet il faut le faire en 4 endroits du corps pour obtenir autant de provende que celui qui "se saigne", sans doute parce qu’on est plus pauvre encore que lui. Tant qu’on ne s’administre pas de clystère en prime... Je trouvais un petit caractère très pied noir à cette expression, et bien je m’étais trompée.
  • #31
    LeboDan_Ubbleu
    13/05/2010 à 14:48*
    • En réponse à momolala #30 le 13/05/2010 à 14:19 :
    • « Bon anniversaire à Bonobo, comme à ma fille contestataire née avec un mois et demi d’avance le 13 mai... 1968 ! Pour moi donc, pas de barric... »
    mais "poussez, poussez"

    Poussais-tu l’escarpolette comme à cette page 😛
    Accessoirement, je suis tombé sur cette page , que je conseille aux ceusses qui apprécient les belles choses ! (Pas grand chose à voir avec l’expression du jour, mais c’est très beau !)
  • #32
    DiwanC
    13/05/2010 à 15:01
    • En réponse à <inconnu> #29 le 13/05/2010 à 13:46 :
    • « Moi je veux bien être con vaincu, s’il y a un droit de revanche... »
    J’ai hésité entre « certaine » et « convaincue »… Mais pourquoi n’ai-je pas choisi le premier !
    Eh bien, soit ! Demain, sur le pré à 5 heures ! J’ai le choix des armes : je prends le pistolet... il te reste l’épée ! Au premier sang, on arrête ! Inutile de nous vider par quatre veines...
    😛
  • #33
    PHILO_LOGIS
    13/05/2010 à 15:04
    • En réponse à <inconnu> #27 le 13/05/2010 à 13:01* :
    • « Exact, d’une certaine manière... Je n’ai pas les références en tête, mais selon ce qui m’est revenu en mémoire l’expression a été utilisée d... »
    L’expressio du jour, n’en déplaise à notre petit Godemichou adoré, a une origine tout-à-fait antérieure au XXème siècle. En effet, il faut remonter aux contes des frères Grimm pour savoir que le papa du Petit Poucet, qui n’était pas bien riche, peu s’en faut! - un jour de profond désespoir et n’en pouvant plus, prit sa cognée, l’affûta et, du tranchant d’icelle, se taillada l’avant-bras gauche. Rien ne se passa. Il réitéra l’opération et se taillada l’avant-bras droit. Comme encore aucune goutte ne perlait, il retroussa la jambe gauche de son futal et là, devinez-quoi, il se taillada le mollet... Rien, nib, rien de rien. Enfin, pour ne pas se voir reprocher de ne pas avoir tout essayé, il fit de même au mollet droit. Et là, ..., ben... , toujours rien. Pas une goutte, pas une larme, pas un soupcon de gouttelette de sang. Rien n’y fit! Il avait tout essayé. Et c’est ce jour-là qu’est née l’expressio pas de veine!
  • #34
    PHILO_LOGIS
    13/05/2010 à 15:06
    • En réponse à DiwanC #32 le 13/05/2010 à 15:01 :
    • « J’ai hésité entre « certaine » et « convaincue »… Mais pourquoi n’ai-je pas choisi le premier !
      Eh bien, soit ! Demain, sur le pré à 5 heur... »
    J’ai le choix des armes : je prends le pistolet... il te reste l’épée !

    Ah, quand les classiques refont surface! Merci, les Frères Ennemis!
  • #35
    DiwanC
    13/05/2010 à 15:07
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #31 le 13/05/2010 à 14:48* :
    • « mais "poussez, poussez"
      Poussais-tu l’escarpolette comme à cette page 😛
      Accessoirement, je suis tombé sur cette page , que je conseille... »
    Pour cette promenade dans les jolies manières d’autrefois, merci par ci, M’sieur Ubbleu, merci par là.
  • #36
    PHILO_LOGIS
    13/05/2010 à 15:09
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #31 le 13/05/2010 à 14:48* :
    • « mais "poussez, poussez"
      Poussais-tu l’escarpolette comme à cette page 😛
      Accessoirement, je suis tombé sur cette page , que je conseille... »
    C’est là que Gabriel Bacquier lui dit: "Allez, pousse l’escart, Paulette!"
  • #37
    PHILO_LOGIS
    13/05/2010 à 15:22*
    • En réponse à DiwanC #32 le 13/05/2010 à 15:01 :
    • « J’ai hésité entre « certaine » et « convaincue »… Mais pourquoi n’ai-je pas choisi le premier !
      Eh bien, soit ! Demain, sur le pré à 5 heur... »
    C’est quoi, une "taine"? Est-ce le double d’une "mi-taine"?
    Pourquoi cette question? Parce que tu te décris comme: serre-taine et con-vaincue... :’-))
    Et ne viens rien nous raconter, ne prétend-taine rien du tout!
  • #38
    PHILO_LOGIS
    13/05/2010 à 15:22
    • En réponse à DiwanC #35 le 13/05/2010 à 15:07 :
    • « Pour cette promenade dans les jolies manières d’autrefois, merci par ci, M’sieur Ubbleu, merci par là. »
    Très joliment racontée, la promenade!
  • #39
    DiwanC
    13/05/2010 à 15:26*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #34 le 13/05/2010 à 15:06 :
    • « J’ai le choix des armes : je prends le pistolet... il te reste l’épée !
      Ah, quand les classiques refont surface! Merci, les Frères Ennemis!... »
    Pourquoi se priver de l’humour des autres ? En voilà deux avec lesquels il faisait bon rire... légers, loufoques, jamais vulgaires !
  • #40
    DiwanC
    13/05/2010 à 15:27*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #37 le 13/05/2010 à 15:22* :
    • « C’est quoi, une "taine"? Est-ce le double d’une "mi-taine"?
      Pourquoi cette question? Parce que tu te décris comme: serre-taine et con-vaincu... »
    Je ne raconte plus rien, ne prétends plus rien ! J’abdique ! Je rends les armes : tu as gagné ! pour l’instant, cher con-disciple.