Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se tirer la bourre [v]

se concurrencer ; rivaliser avec vigueur ; disputer âprement un match ; entrer en vive concurrence ; se livrer une âpre concurrence ; se disputer une épreuve sportive ; rivaliser

Origine et définition

Au XIIe siècle, la 'bourre' désigne le déchet des fibres, plus spécialement de laine d'abord, puis de soie un peu plus tard.
Par extension, le mot désigne ces amas de poils d'animaux qui permettent de rembourrer des objets ou de fabriquer du feutre.
Alors comment, de ces fibres ou poils, est-on passé, au XIXe siècle, à un sens argotique de concurrence[1] ?
On trouve deux explications à cette bizarrerie.
La première nous est proposée par Gaston Esnault qui évoque les lutteurs de foire qui, bien évidemment se tirent la bourre, mais dans un corps à corps viril où ils se frottent les poils et s'en arrachent plusieurs, en quantité suffisante pour en faire de la bourre, pour ceux ou celles que ça intéresserait.
Mais selon Cellard et Rey, dans leur Dictionnaire du Français non conventionnel (), cela viendrait de la chasse à courre où les chiens s'acharnent sur l'animal rattrapé et se tirent la bourre en lui tirant la bourre, les touffes de poils qu'ils arrachent avec leurs crocs.
[1] Seul ce sens est évoqué ici, mais le mot 'bourre' a plusieurs autres emplois figurés comme on les trouve par exemple, dans les expressions "bonne bourre !", "de première bourre" ou "être à la bourre".

Exemples

« Darrigade sprintait, Thévenet, dans ses bons jours, décrochait Merckx, et Hinault et Fignon se tirèrent des bourres. »
Libération - Article du 11 décembre 1985

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to pit one's wits against se mesurer à quequ'un de toute son âme/ jouer au plus fin avec
Anglais (USA) to go head to head [with someone] aller [s'engager] tête contre tête [avec quelqu'un]
Espagnol (Espagne) Estar a la greña Être aux cheveux
Espagnol (Espagne) Luchar a cara de perro Lutter face à face comme des chiens (= Lutter de manière acharnée)
Espagnol (Espagne) Tener un mano a mano Faire un combat en corps à corps
Hébreu התחרו זה בזה (hitkharou zè bazè) se sont affrontés
Italien Lottare in modo accanito Lutter come des chiens
Néerlandais het is erop of eronder question de gagner ou de perdre
Néerlandais zijn huid duur verkopen vendre chèrement sa peau
Portugais (Brésil) ir para o confronto direto s'affronter directement
Roumain a se lua de piept cu cineva se prendre de la poitrine avec qqn.
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Commentaires sur l'expression « se tirer la bourre » Commentaires

  • Kyrikou
    31/03/2018 à 21:00
    • En réponse à DiwanC #140 le 31/03/2018 à 20:48* :
    • « ... le far oui... et le far ouest !
      S'cuse-moi... c'est la fin de la journée ! 😕 »
    Et à l'Ouest rien de nouveau....
    T'as raison, c'est le début de la fin 🙂
    M'enfilerais bien un choup de calva, moi 🙂
  • DiwanC
    31/03/2018 à 21:02
    • En réponse à Kyrikou #141 le 31/03/2018 à 21:00 :
    • « Et à l'Ouest rien de nouveau....
      T'as raison, c'est le début de la fin 🙂
      M'enfilerais bien un choup de calva, moi 🙂 »
    - Marceeel ! Y a du monde !
  • Kyrikou
    31/03/2018 à 21:23
    Pour boire un canon ???? Yesssssssssssss mon choupa oups !!!
  • Kyrikou
    31/03/2018 à 22:00
    • En réponse à DiwanC #140 le 31/03/2018 à 20:48* :
    • « ... le far oui... et le far ouest !
      S'cuse-moi... c'est la fin de la journée ! 😕 »
    Je vois, je vois.....ça se lève au chant du coq et ça se couche comme les poules 🙂 🙂
    Chacun son rythme mon poulet 🙂
  • SyntaxTerror
    31/03/2018 à 22:02
    • En réponse à DiwanC #137 le 31/03/2018 à 19:56* :
    • « ... ou au calva... comme les Bretons !
      Pffff... N'importe quoi ! Du calva breton à présent ! Cotentine va être contente d'être revenue pour... »
    Du calva
    Voilà un gars (le rédacteur de l'article) qui sait faire du cidre ! Ma brave femme de tante avait "le privilège", le droit de faire bouillir sans taxes. Elle était très visitée au moment du passage de l"alambic dans le village.
    Au fait, ça s'appelle comment l'alcool de pomme en Bretagne ? Dans ma Picardie méridionale, c'est 'la goutte'.
  • Kyrikou
    31/03/2018 à 22:12
    • En réponse à SyntaxTerror #145 le 31/03/2018 à 22:02 :
    • « Du calva
      Voilà un gars (le rédacteur de l'article) qui sait faire du cidre ! Ma brave femme de tante avait "le privilège", le droit de faire... »
    Dans d'autres villages aussi, ça se nommait la goutte!
    Mon grand-père berrichon faisait aussi sa goutte avec prunes, pommes, poires et autres fruits à alambic....
  • mickeylange
    31/03/2018 à 22:20
    • En réponse à DiwanC #137 le 31/03/2018 à 19:56* :
    • « ... ou au calva... comme les Bretons !
      Pffff... N'importe quoi ! Du calva breton à présent ! Cotentine va être contente d'être revenue pour... »
    Va voir à Lambig sur wiki ou sur google tu trouveras le "calva" breton !
    ET TOC !
  • Kyrikou
    31/03/2018 à 22:31
    • En réponse à mickeylange #147 le 31/03/2018 à 22:20 :
    • « Va voir à Lambig sur wiki ou sur google tu trouveras le "calva" breton !
      ET TOC ! »
    Suffit d'avoir des pommes, même à Marseille y pourrait sauf qu'ils préfèrent le pastaga!!!
    Mon pote en Ariège fais un excellent cidre ! Eh ouais 🙂
  • Kyrikou
    31/03/2018 à 22:33
    • En réponse à mickeylange #147 le 31/03/2018 à 22:20 :
    • « Va voir à Lambig sur wiki ou sur google tu trouveras le "calva" breton !
      ET TOC ! »
    T'façon en Bretagne, y savent tout faire même le Breitzcola, c'est peu dire !!!
  • DiwanC
    31/03/2018 à 23:42*
    • En réponse à Kyrikou #144 le 31/03/2018 à 22:00 :
    • « Je vois, je vois.....ça se lève au chant du coq et ça se couche comme les poules 🙂 🙂
      Chacun son rythme mon poulet 🙂 »
    Tu ne vois rien du tout mon biquet parce que t'as tout faux ! 🤡
  • DiwanC
    31/03/2018 à 23:45*
    • En réponse à mickeylange #147 le 31/03/2018 à 22:20 :
    • « Va voir à Lambig sur wiki ou sur google tu trouveras le "calva" breton !
      ET TOC ! »
    Bon... Admettons... Admettons que tu n'aies pas tout à fait tort et que le lambig soit fabriqué avec des pommes, ce qui le fait ressembler un peu au calvados...
    Admettons... mais ça ne veut pas dire que tu as totalement raison ! 😛
  • Kyrikou
    01/04/2018 à 08:57
    • En réponse à DiwanC #150 le 31/03/2018 à 23:42* :
    • « Tu ne vois rien du tout mon biquet parce que t'as tout faux ! 🤡 »
    Mais moi aussi je me couche comme les poules mon lapin 🙂 🙂
  • Kyrikou
    01/04/2018 à 09:54
    Eh le lien aujourd'hui ne fonctionne pas, donc impossible de vous lire (snifff)
  • Jon'
    02/04/2018 à 13:01
    Merci à Mo de m'avoir proposé de vous rejoindre en ce jour anniversaire de pensée pour l'Amiral. Qu'est-ce que ça fait du bien de vous lire ! Promis, je ferai comme McArthur.
  • Bonblabla
    08/04/2018 à 15:05
    Je ne sais pas si le sens de bourre, quand il s'agit du poil des animaux est bien expliqué ? On oppose les poils de bourre et les poils de jarre. Il est Des sens figurés ? argotiques plutôt.
  • Bonblabla
    08/04/2018 à 15:05*
    Je ne sais pas si le sens de bourre, quand il s'agit du poil des animaux est bien expliqué ? On oppose dans leur fourrure les poils de bourre et les poils de jarre.Maisl est tout de même curieux que la bourre soit aussi le poil des bour-geons bourrus, qui au printemps débourrent. On ne bourre pas les matelas avec les poils de bourgeons. Donc tous les sens pourraient venir au contraire de cette observation botanique. (bourgeon > duvets > matelas et pas l'inverse. Des sens figurés, la bonne bourre, à la bourre ? argotiques plutôt.
    https://www.littre.org/definition/bourgeon
    https://kn0l.wordpress.com/largot-pour-les-nuls-et-les-etrangers-par-un-montmartrois-pure-souche/
  • deLassus
    10/11/2020 à 12:43
    Respect de la Parole de God ?

    Impeccable : le chapitre Origine et définition et l'exemple sont en tous points conformes à ce qu'on trouve dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français (2011).

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • Psylocybe
    17/12/2021 à 01:46*
    L'explication de Duneton à quand même du mérite, le vocable étant polysémique. Bourre, bourré, bure...
    Un bon article: Pas employé au Québec. Sauf dans: Je suis bourré, c'est-à-dire repus au-delà de mon appétit normal. Aussi Se faire bourrer, se faire tromper par des propos mensongers. J'me suis faite bourrer! (On m'a trompé)
  • Psylocybe
    17/12/2021 à 04:42*
    Je suis complètement envapé par le duo de Arcus Musicae, Musica Nocturna de Madrid. Ils font le morceau de BOCCHERINI emprunté par Master and Commander. Quels acteurs magistraux, Russel Crowe dans un de ses meilleurs rôles, un film sous-estimé ! La musique nous donne beaucoup de joie ! Pour vous récompenser en ce Noël où le virus nous assaille de nouveau, salopard d'Omicron qui va me faire rater d'embrasser mes petit-enfants, le tabarnaque ! l'histoire d'iphigénie, presque vraie, car inspirée d'une vraie capitaine asiate qui fit régner la terreur dans la Mer de Chine.
    Ching Shih
    ֍֍֍֍

    C'est un peu long, mais bon, on fait un effort pour Noël, hrmmm? Ou juste, écoutez la musique et soyez charmés. D'origine italienne, mais con la alma Hispanica.
    ֍֍֍֍

    C’était presque Noël et Iphigénie avait eu la nostalgie de ses Fêtes de jeunesse, Fêtes certes religieuses et remémorées dans le corset de la discipline hypocrite de l’Église, le carême de l’Avent, les cérémonies tutélaires où les femmes n’étaient que les servantes du Seigneur, attendant sa délivrance de ce corps impie, impur qui avait provoqué la Chute de l’Homme. Elle aurait peut-être une orange ou un morceau de tire au matin du 25 décembre * Assise dans l’escalier avec ses cousines, elle écoutait discuter les hommes qui s’enivraient au petit blanc en se tirant la pipe et en se faisant des promesses qui ne dureraient guère plus qu’au Jour de l’An. Et ses oncles qui commençaient à la reluquer, car elle avait déjà des rondeurs de femme. Elle s’était dit, elle avait 13 ans, que jamais ces salopards lubriques ne la toucheraient, comme ils le faisaient même avec leur sœurs. Elle s’enfuit cette nuit-là avec deux de ses cousines. Elles se réfugièrent dans une étable, près des bêtes, comme Jésus, pour se garder au chaud. Le lendemain, elles rejoignirent la basse-ville de Montréal et trouvèrent refuge chez le Contrôleur des Quais, dont elle avait pris soin du fils infirme (autiste) lors d’un séjour prophylactique à la campagne. Le bonhomme, contre toute attente l’accueillit à bras ouverts : Tu as fait plus pour mon fils que tous les médecins de l’Empire brittanique (britannique, 1 T, deux N). Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Elle ne lui avoua pas qu’elle avait fait de bonnes manières au fils en question, qui avait alors 14 ans.
    Eh, ben, je veux voir le monde. Faites-moi engager comme mousse. Elle avait une dégaine garçonne et un air déterminé. Par un de ses ancêtres Corse, elle avait aussi une pilosité naturelle qui laissait deviner un tablier de sapeur exubérant; elle pourrait facilement passer pour un adolescent.

    En se bandant la poitrine, elle fit illusion de mousse jusqu’à 17 ans. Le matelot qui la surprit dans son plus simple appareil, quand elle se vêtit un matin, était le coq d’un quatre-mâts barque, un clipper qui faisait le Cap Horn et le Pacifique, sur la Route du Thé. Il ne la dénonça pas, comprenant sa situation malheureuse; c’était un paria de Bâton-Rouge, hybride d’un père New-Yorkais qui avait engrossé sa mère, une servante du Maine, d'origine québécoise, sans aucun scrupule, un White Nigger (d’Amérique). Aimant faire la cuisine et ne craignant pas le roulis, il s’était fait marin-cuisinier à bord du véloce China Maroon, ayant port à Québec et Montreal pour les riches lords de l’Amirauté, un navire de commerce qui engageait les anciens esclaves américains.

    La jeune Iphigénie le séduisit par sa détermination et sa candeur d’indépendance. Il l’engagea immédiatement comme gâte-sauce et saute-ruisseau, sans aucune rétribution d’ordre sexuel. Cachée sous les calots et les tabliers, elle n’eut aucune difficulté à rester anonyme pendant plusieurs années. Curieuse et inventive, elle espionnait le quartier maitre et le capitaine pour comprendre les secrets de la navigation.

    Un jour, trainant près de la barre, elle est interpellée par le capitaine : Hrmmm, you’re a curious ship's boy, do you know what I have in my hand?
    C’est une astrolabe, my cap'taine.
    And that one ?
    il montre un autre instrument.
    C’est un sextant, my cap'taine.
    And you know how to use them ?

    Ravalant son orgueuil : I wouldn’t know, I am just a gopher !
    Le capitaine se doutait bien qu’il y avait anguille sous roche et que ce mousse lui cachait des secrets: Come with me, in my cabin, let us partake a glass of sherry and your secret.
    Iphigénie se méfiait, bien au fait de l’instinct bestial des marins, tout capitaine qu’ils soient.
    Celui-là la surprit, qui sortit un violon de son étui, et un peu laborieusement, avec des ratés, entonna cet air.

    Version du film

    Elle attendit qu'il finisse son morceau, charmée quand même par la virtuosité un peu gauche du maitre à bord. Elle lui dit: Vous savez my cap'taine, que je vais vous poursuivre dans tout le Golfe when I'll be older. And I'll be ruthless with your race of rapacious f...ers and your ship ! You will be sunk without pity !
    Il opina, laissant trainer quelques dernières notes: Yes, I know, I know the like of you. You're a born pirate, your heart screams vengeance !


    Musica nocturna de Madrid, Boccherini, Arcus Musicae

    Quelle musique, quel film !!!

    * Confiserie faite avec de la mélasse et du vinaigre.
  • Psylocybe
    17/12/2021 à 07:10*
    Pour Lalibellule: Bacall-Bogart in the power-couple of the forties. Ils ont quand même fait rêver nos parents ! Une juive ashkénaze et un britanno-hollandais, méchant mélange, mais c'est ça l'Amérique. Ils formèrent un des plus beau couple du cinéma américain.
    Image externe