Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

corvéable à merci [adj]

taillable à merci ; bon pour faire les corvées ; destiné à être exploité ; exploitable sans limite

Origine et définition

Qu'on puisse tailler un crayon ou bien une pipe (comme à Saint-Claude , bien sûr), cela se comprend aisément.
Mais comment peut-on tailler un individu, quand bien même serait-ce pour qu'il porte un casque à pointe ?
Ceux qui n'ont pas trop joué à la bataille navale ou au morpion lors de leurs cours d'histoire de France, se rappellent probablement qu'il y a bien longtemps, au Moyen-Âge, la 'taille' était un impôt que le serf devait à son seigneur. Le paysan était donc 'taillable'.
Mais ce même paysan devait également des journées de travail à son maître, la corvée. Il était donc aussi 'corvéable'.
Comme ces corvées et le montant de la taille dépendaient souvent du simple bon vouloir ou du bon plaisir du seigneur, le serf était purement et simplement à sa merci.
Et voilà comment avec trois éléments spécifiques d'une partie lointaine de notre histoire, nous obtenons une expression qui est encore utilisée de nos jours, alors qu'on n'utilise plus les deux adjectifs isolément ou dans une autre locution.

Exemples

« Celui qui ne pouvait payer, donnait son corps et son temps, taillable et corvéable à merci, obligé de labourer, moissonner, faucher, façonner la vigne, curer les fossés du château, faire et entretenir les routes. »
Émile Zola - La terre

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand bedingungslos ausgeliefert sein être livré inconditionnellement
Anglais ready to do one's master's bidding faire les ordres de son maître
Anglais to be at somebody's beck and call être à l'ordre et à l'appel de quelqu'un
Anglais to do one's master / someone's bidding faire les ordres de son maitre / de quelqu'un
Arabe (Maroc) abd mcharat el hnak esclave aux joues scarifiées
Catalan abaixar el cap baisser la tête
Catalan dir amén a tot dire amen à tout
Catalan passar per l'adreçador passer par le bouvet
Catalan passar per la mola passer par la meule
Catalan passar per la pedra passer par la pierre
Espagnol (Argentine) bajo el yugo de alguien sous le joug de quelqu'un
Espagnol (Espagne) comer y callar manger et se taire
Espagnol (Espagne) Explotable a voluntad Corvéable à merci
Français (Canada) être né pour un petit pain
Hongrois még a bőr is lenyúzható róla on peut lui enlever même la peau
Italien dover essere a completa disposizione di qualcuno devoir être à complète disposition de quelqu'un
Italien essere sempre agli ordini être toujours aux ordres
Latin Tributis arbitrariis et operibus coactis subiectus. Soumis à des impôts arbitraires et au travail forcé.
Néerlandais een assepoes zijn être un cendrillon
Néerlandais een loonslaaf zijn être un esclave (mal) salarié
Néerlandais een werkezel zijn être un âne de labour
Néerlandais ploeteraar - sloof - sappelaar individu -malheureux- toujours en service des autres
Néerlandais een sul une personne bête, faible, sans défence
Néerlandais iemands voetveeg zijn de pispaal zijn être celui a qui on s'essuye les pieds ; être le paillasson
Roumain bou de tras la jug bœuf à tirer au joug
Roumain câştigat la belciuge gagné aux anneaux
Roumain a fi la degetul mic al cuiva être au petit doigt de quelqu'un
Roumain a pune/atarna cuiva belciugul in nas mettre/accrocher à quelqu'un un anneau au nez
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Commentaires sur l'expression « corvéable à merci » Commentaires

  • <inconnu>
    22/11/2010 à 15:14
    • En réponse à DiwanC #87 le 22/11/2010 à 12:42* :
    • « God déménage.
      God fait des ménages ?
      Selon le « principe » de la rumeur : entendue, déformée, colportée… »
    Super. Je la copie!
  • SyntaxTerror
    22/11/2010 à 15:38
    • En réponse à deLassus #63 le 22/11/2010 à 09:18* :
    • « Comme ces corvées et le montant de la taille dépendaient souvent du simple bon vouloir ou du bon plaisir du seigneur, le serf était purement... »
    Comme je disais il y a peu, l’erreur fondamentale a été d’abolir l’esclavage.
    Tout ça finira par la semaine des 32 heures et l’autorisation du préservatif ...
  • SyntaxTerror
    22/11/2010 à 16:11
    • En réponse à God #60 le 22/11/2010 à 07:30 :
    • « Ne comptez pas trop sur ma présence et ma production pendant les deux semaines à venir :
      - Cette semaine, je suis dans le faisage de cartons... »
    C’est l’adieu aux armes, au puy et au ricard ?
    A tous ceux qui pensent que "puy" veut dire "puits" : qu’y a-t-il dans le Puy de Dome ?
  • deLassus
    22/11/2010 à 16:36*
    • En réponse à SyntaxTerror #103 le 22/11/2010 à 16:11 :
    • « C’est l’adieu aux armes, au puy et au ricard ?
      A tous ceux qui pensent que "puy" veut dire "puits" : qu’y a-t-il dans le Puy de Dome ? »
    A tous ceux qui pensent que "puy" veut dire "puits" : qu’y a-t-il dans le Puy de Dome ?

    Volvic ! (entre autres)
    Plus sérieusement : Voir cette page
  • SyntaxTerror
    22/11/2010 à 17:00
    • En réponse à deLassus #104 le 22/11/2010 à 16:36* :
    • « A tous ceux qui pensent que "puy" veut dire "puits" : qu’y a-t-il dans le Puy de Dome ?
      Volvic ! (entre autres)
      Plus sérieusement : Voir ce... »
    Un "puy" n’est pas forcément d’origine volcanique.
    Le puy du fou (certains pensent qu’il s’agit du vicomte de Villiers) désigne une éminence, un "podium" ou pousse un hêtre, pas un (ancien) volcan.
  • deLassus
    22/11/2010 à 17:16
    • En réponse à SyntaxTerror #105 le 22/11/2010 à 17:00 :
    • « Un "puy" n’est pas forcément d’origine volcanique.
      Le puy du fou (certains pensent qu’il s’agit du vicomte de Villiers) désigne une éminence... »
    Tout à fait d’accord. J’ai corrigé mon intervention de béotien fondée sur une lecture trop rapide du TLFi. Sorry.
  • DiwanC
    22/11/2010 à 17:35*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #98 le 22/11/2010 à 14:02 :
    • « on ne va fait manquer de sujet de conversation !
      Il t’a fallu combien de lagons bleus pour y arriver, chez les Dufont de Lacourt? »
    ...combien de lagons bleus pour y arriver...

    Juste un... gallon !
  • chirstian
    22/11/2010 à 18:22
    • En réponse à <inconnu> #99 le 22/11/2010 à 14:11* :
    • « sur les gains, qui, eux, ne sont pas imposables
      , exact mais seulement jusqu’à une certaine somme. Depuis bientôt une quinzaine d’années les... »
    oui pour les gains réalisés dans un casino, non pour les gains de Loto. Mais je parle de l’impôt, en oubliant que ces revenus supportent malgré tout la CSG RDS.
    Bon : de toutes façons , c’est facile d’échapper à toute imposition : il suffit de perdre. Et ,en plus, c’est très facile !!! 🙂
  • chirstian
    22/11/2010 à 18:24
    • En réponse à SyntaxTerror #102 le 22/11/2010 à 15:38 :
    • « Comme je disais il y a peu, l’erreur fondamentale a été d’abolir l’esclavage.
      Tout ça finira par la semaine des 32 heures et l’autorisation... »
    Tout ça finira par la semaine des 32 heures et l’autorisation du préservatif ...
    zut alors ! Moi qui espérais la semaine d’une heure et les 32 préservatifs !
  • mickeylange
    22/11/2010 à 18:52*
    Asseyez vous confortablement dans votre fauteuil préféré et ouvrez en grand vos yeux émerveillés par tant de poésie, je vais vous conter la véritable histoire de Puyricard.
    Il était une fois un petit village au bord de la mer, (mais non pas en Bretagne commencez pas) Hé oui à cette époque PuitRicard (qui ne s’appelait pas encore Puitricard) était au bord de la mer. Marceel Ricard le puisatier du village était obligé de travailler très dur pour nourrir ses six filles. Deux sont devenues célèbres Patricia dont Pagnol a raconté l’histoire et Marcelle qui avait repris la petite fabrique de pompes de son Grand père pour continuer la traditions des shadocks (les fabricants de pompe sont des shadocks, comme les fabricants de moules sont des conchyliculteurs) et de plus c’était une activité complémentaire à celle de papa Marceel qui vendait une pompe chaque fois qu’il creusait un puits.
    Marceel qui avait un tout petit bout de terrain sur le vieux port, hérité de sa mère. Comme il se faisait vieux et qu’il en avait marre de creuser pendant que sa fille pompait il fit construire un cabanon (comme on dit par chez nous) pour y faire le bistrot. Evidement son honneur de puisatier exigeait qu’il creusa lui même son propre puits, et comme c’était le dernier il y mit tous son cœur. Il creusait, creusait jusqu’au jour où il sentit comme une odeur d’anis, quand le sable devint humide comme à chaque fois qu’il creusait un puits et qu’il arrivait au niveau de l’eau. Mais bizarrement plus le sable était humide plus l’odeur devenait forte. Fallait se rendre à l’évidence ce n’était pas de l’eau. Pas du pétrole non plus. (sinon vous pensez bien que Rudolf Diesel qui n’était pas du coin aurait fait un moteur moins polluant et surtout vous imaginez cette bonne odeur dans les embouteillage ?) Bon revenons à notre histoire. Marceel remonta une bouteille de ce liquide pour le faire voir à Escartefigue le marin qui avait de l’expérience et des connaissances éthyliques. Escartefigue qui était un aventurier goûta ce liquide odorant, et le lendemain il était toujours vivant et près à renouveler l’expérience de la veille. Il fallut même le freiner un peu, car il trouvait ça très bon. Hé oui vous l’avez deviné, Marceel venait de découvrir le premier gisement d’un liquide qui deviendra célèbre et qui portera son nom le Ricard. Son bistrot ouvert, il le baptisa le bar de la marine, mais tout le monde dans la région disait le puits Ricard.
    Les affaires marchaient à merveille pour notre ancien puisatier reconverti, et chaque année il faisait rajouter un étage à son bistrot, pour loger plus confortablement ses six filles. Ce qui fait qu’au bout de quelques années il avait une maison toute en hauteur qui se voyait à des miles à la ronde. Pour que son commerce soit visible de plus en plus loin, il installa au sommet une grosse bouteille rouge et la nuit il faisait un feu à l’intérieur pour la rendre plus visible. C’était merveilleux de voir ce gros feu rouge à une hauteur énorme. certains disent qu’on le voyait de la Corse. On lui disait tout le temps ta bouteille Marceel est pharamineuse elle attire les marins, comme les essuie-glaces attirent les papillons. Marceel n’avait plus qu’un seul souci, ses filles. Elles étaient de peu de vertu, Patricia c’était fait engrosser par un aviateur, Marcelle avait plusieurs nouveaux copains tous les jours, elle avait revendu sa fabrique de pompes, et elle avait une mauvaise influence sur ses sœurs qui commençait à faire comme elle. A tel point que la lanterne rouge du sommet devint un symbole de débauche repris par tous les bordels. Par la suite une de ses filles, Marthe, reconvertie dans la politique fit fermer tous les bordels qui n’avaient pas payés les droits à son papa.
  • deLassus
    22/11/2010 à 19:19
    • En réponse à mickeylange #110 le 22/11/2010 à 18:52* :
    • « Asseyez vous confortablement dans votre fauteuil préféré et ouvrez en grand vos yeux émerveillés par tant de poésie, je vais vous conter la... »
    Je ne dirai que deux mots : ... Ah ! Merci !
  • DiwanC
    22/11/2010 à 19:24*
    • En réponse à mickeylange #110 le 22/11/2010 à 18:52* :
    • « Asseyez vous confortablement dans votre fauteuil préféré et ouvrez en grand vos yeux émerveillés par tant de poésie, je vais vous conter la... »
    Quelle belle et poignante histoire ! Les yeux embués d’émotion devant la maîtrise du verbe et l’habileté du conteur, j’attends – avec impatience ! – la suite* de cette saga familiale, car tu as narré la vie trépidante de Patricia, Marcelle et Marthe, trois des six filles de Marceeel ! Mais les autres membres de la fratrie, quelle fut leur existence ?
    *et ne compte pas t’en tirer en alléguant qu’elles ont été kidnappées par des pirates venus du nord ! Ne prétends pas non plus que tu n’es pas "taillable et corvéable à merci" : trop facile ! Et si tu as des nouvelles du beau-frère de leur mère, merci de nous en faire part !
    :’-))
  • mitzi50
    22/11/2010 à 19:48
    • En réponse à chirstian #109 le 22/11/2010 à 18:24 :
    • « Tout ça finira par la semaine des 32 heures et l’autorisation du préservatif ...
      zut alors ! Moi qui espérais la semaine d’une heure et le... »
    Depuis ce week-end il semblerait que le pape commence à infléchir son discours en ce qui concerne les préservatifs (même si cela ne concerne d’ après lui qu’ un nombre restreint de personnes). Par contre le nombre de ces objets admis par semaine n’ a pas été divulgué par le Vatican.
  • mickeylange
    22/11/2010 à 20:18
    • En réponse à DiwanC #112 le 22/11/2010 à 19:24* :
    • « Quelle belle et poignante histoire ! Les yeux embués d’émotion devant la maîtrise du verbe et l’habileté du conteur, j’attends – avec impati... »
    Mais les autres membres de la fratrie, quelle fut leur existence ?

    Il y a une suite à cette histoire, bien entendu, je peux te l’envoyer par le canal 12, mais je ne peux pas tout dire sur expressio. Où alors faut attendre que sa Divinité soit privé de sa connexion internet pour éviter la foudre divine.
  • lorraine
    22/11/2010 à 20:18
    • En réponse à deLassus #70 le 22/11/2010 à 10:02* :
    • « Passionnant ! Merci beaucoup !
      Mais en te relisant, je dirais plutôt qu’il s’agissait d’un échange : journées de travail contre labourage. A... »
    Ce n’était pas un échange , c’était une obligation et maman aurait préféré payer le fermier plutôt que de faire ce dur travail l .Son éducation ne l’avait pas habitué à cela.... mais moi, les tartines de la fermière, je les adorais.
  • memphis
    22/11/2010 à 21:32
    [A tel point que la lanterne rouge du sommet devint un symbole de débauche repris par tous les bordels]
    elle te dirigeait vers le salon rose ?
  • PHILO_LOGIS
    22/11/2010 à 23:34
    • En réponse à mitzi50 #113 le 22/11/2010 à 19:48 :
    • « Depuis ce week-end il semblerait que le pape commence à infléchir son discours en ce qui concerne les préservatifs (même si cela ne concerne... »
    les préservatifs (même si cela ne concerne d’ après lui qu’ un nombre restreint de personnes). Par contre le nombre de ces objets admis par semaine n’ a pas été divulgué par le Vatican.

    Pourquoi? Cela te gêne-t-il? Tu as peur de tomber trop court, de ne pas en avoir assez? T’inquiète. Avant que le pape arrive à compter aussi loin, tu les auras déjè tous utilisés... :’-))
  • deLassus
    23/11/2010 à 06:06
    • En réponse à lorraine #115 le 22/11/2010 à 20:18 :
    • « Ce n’était pas un échange , c’était une obligation et maman aurait préféré payer le fermier plutôt que de faire ce dur travail l .Son éduca... »
    Alors, je redis que c’est passionnant.
    D’après mes (rapides et matinales) recherches, la corvée a été abolie avant même la Révolution, par la déclaration royale du 27 juin 1787, et remplacée par un versement en numéraire.
  • Rikske
    23/11/2010 à 07:48
    • En réponse à mickeylange #110 le 22/11/2010 à 18:52* :
    • « Asseyez vous confortablement dans votre fauteuil préféré et ouvrez en grand vos yeux émerveillés par tant de poésie, je vais vous conter la... »
    Encore ! Encore ! :’-))
  • mitzi50
    23/11/2010 à 09:00
    • En réponse à PHILO_LOGIS #117 le 22/11/2010 à 23:34 :
    • « les préservatifs (même si cela ne concerne d’ après lui qu’ un nombre restreint de personnes). Par contre le nombre de ces objets admis par... »
    Je voudrais bien avoir peur de tomber à court. Mais hélas...."Seulette suis..."