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tirer son épingle du jeu [v]

se dégager adroitement d'une situation délicate ; se retirer à temps d'une affaire qui devient mauvaise sans y perdre d'argent ; obtenir des bénéfices d'une situation mal engagée ; se dégager habilement d'une situation délicate ; se dégager adroitement d'une situation difficile

Origine et définition

Cette expression date du XVIe siècle.
Avec notre compréhension usuelle des mots de cette expression, on se demande dans quel jeu de société il pouvait bien y avoir une épingle à retirer et comment ce jeu a pu être suffisamment influent pour provoquer la naissance d'une telle expression.
A cette époque, il existait pourtant bien quelques jeux, d'enfants principalement, où des épingles étaient utilisées. En particulier, depuis le XVe siècle, un jeu de jeunes filles où une balle rebondissant sur un mur permettait de faire sortir d'un cercle tracé au sol certaines des épingles que les joueuses y avaient placées. En faire sortir au moins la sienne était une bonne chose.
Si le lien avec un tel jeu est probable, cela ne suffit pas à expliquer complètement le sens de l'expression. Pour cela, il faut probablement élargir le sens de ces mots.
Tirer, c'est aussi 'extraire', 'retirer', comme dans "se tirer d'affaire", au sens très proche. Et le jeu n'est pas forcément ludique : "mettre quelqu'un en jeu", c'est le mêler à une affaire, à son insu ; et "être en jeu", c'est être en mis en cause, être l'objet d'un débat.
Ce sont ces autres acceptions des mots qui composent l'expression qui permettent d'en comprendre ses sous-entendus lorsqu'elle n'est plus seulement lue au premier degré.
Et puis il ne faut pas oublier les connotations érotiques de cette époque où 'épingle' désignait le pénis (il fallait que les jeunes filles se méfient de la "piqûre d'épingle").
Alors, en l'absence de moyen de contraception plus efficace que le préservatif amoureusement brodé par maman, peut-être était-il important pour un homme en action de retirer son épingle du 'jeu' avant de prendre le risque d'engrosser sa partenaire et de devoir en subir les conséquences, dont celles pécuniaires ?

Exemples

Il essaie de tirer son épingle du jeu.
Mercedes-Benz a toutefois réussi à tirer son épingle du jeu avec la Vision Mercedes-Maybach 6 Cabriolet.
Si l'augmentation de la valeur de vos placements est supérieure au taux d'intérêt sur votre prêt sur marge, vous tirez votre épingle du jeu.
Toutes les grandes localités canadiennes appuient les études de ce genre, car elles montrent à quel point le Canada parvient à tirer son épingle du jeu.
Face au Honda HR-V, au Subaru Crosstrek et au Mitsubishi RVR, il tire son épingle du jeu en raison de son style dynamique et surtout de son plaisir de conduite inspirant.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand die Eisen aus dem Feuer holen Retirer les fers du feu
Anglais to make the best of a bad situation tirer le meilleur parti d'une mauvaise situation
Anglais to play one's cards right jouer ses cartes correctement (habilement)
Anglais (UK) Get out while the going’s good (Se dégager pendant qu’il va bien)
Anglais (USA) to get out while the getting is good / while the getting's good se dégager pendant que le dégagement est bon (avantageux)
Espagnol Arrimar el ascua a su sardina. (Faire venir l'eau à son moulin.) Amener les braises à ses sardines.
Espagnol (Argentine) salirse con la suya s'en sortir avec la sienne
Espagnol (Argentine) salvar el pellejo (sauver la peau) sauver la peau
Espagnol (Espagne) Salir bien parado / Salir mal parado Sortir en bon état (S'en sortir) / Sortir en mauvais état
Espagnol (Espagne) salvar los muebles sauver les meubles
Grec βγάζω την ουρά απ´ έξω il a mis sa queue en dehors
Hébreu יצא מן המשחק (yatsa minn hamiskhak) quitter le jeu
Italien cavarsela bene s'en sortir bien
Néerlandais de ratten verlaten het zinkende schip les rats quittent le navire naufragé
Néerlandais nippertjeswerk phénomène se produisant de justesse, à la dernière minute............
Néerlandais de dans ontspringen faire un saut latéral pour se retirer de la dance
Portugais (Brésil) tirar o cu da reta retirer son cul de la droite
Portugais (Brésil) tirar o cu da seringa enlever le cul de la seringue
Portugais (Brésil) tirar o time de campo rerirer l´équipe du champ
Portugais (Brésil) tirar o time do campo retirer l'équipe du terrain
Portugais (Portugal) tirar o corpo fora sortir le corps
Portugais (Portugal) tirar o seu da reta tirer le vôtre de la droite
Roumain a ieşi basma curată en sortir le foulard propre
Roumain a scoate castanele din foc cu mâna altuia tirer les marrons du feu avec la main d'autrui
Roumain a-şi salva pielea se sauver la peau
Roumain a scapa basma curata s' en tirer l'écharpe propre
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Commentaires sur l'expression « tirer son épingle du jeu » Commentaires

  • #21
    God
    01/05/2006 à 16:54*
    • En réponse à <inconnu> #19 le 01/05/2006 à 16:34 :
    • « Du fond des colonies je prie vers vous, seigneurs, seigneurs! Dites-moi la différence entre fumer du hash et aspirer du hash. »
    C’est pourtant très simple : quand vous dites ’harpie’, ’haschich’ ou ’haricot’, vous aspirez le ’h’ (voir cette page). Alors que quand vous dites "Oh le beau mammouth bleu qui passe à basse altitude !", c’est que vous avez fumé le hash.
  • #22
    <inconnu>
    01/05/2006 à 19:12*
    • En réponse à God #21 le 01/05/2006 à 16:54* :
    • « C’est pourtant très simple : quand vous dites ’harpie’, ’haschich’ ou ’haricot’, vous aspirez le ’h’ (voir cette page). Alors que quand vous... »
    D’ailleurs, j’ai vu passer un beau mammouth bleu qui m’a dit qu’il s’appelait Georges.
    Tu sais qui c’est ? Il avait l’air un peu pataud.
    Asimov, arrête de fumer la moquette, ce n’est pas sain, ni saint, ni sein, du tout. Et ne confond pas le seigneur et le saigneur.
    God, je te pardonne, puisque je t’ai inventé.
    Ppppffff, vivement le 2 mai !
  • #23
    <inconnu>
    01/05/2006 à 20:20
    • En réponse à God #21 le 01/05/2006 à 16:54* :
    • « C’est pourtant très simple : quand vous dites ’harpie’, ’haschich’ ou ’haricot’, vous aspirez le ’h’ (voir cette page). Alors que quand vous... »
    Deus Meus! Plutôt un bon p’tit "gros qui tache", ou alors un beau Haut Médoc (quand j’en ai les moyens). Accompagné d’une bonne bouffarde (non, non, ne vous méprenez pas: une ROPP ou une CHACOM, par exemple)... et la vie devient agréable ! Déja avec expressio au lever...
    Continuons !
    Bonne semaine à tous !
  • #24
    <inconnu>
    01/05/2006 à 22:03*
    • En réponse à God #21 le 01/05/2006 à 16:54* :
    • « C’est pourtant très simple : quand vous dites ’harpie’, ’haschich’ ou ’haricot’, vous aspirez le ’h’ (voir cette page). Alors que quand vous... »
    Subtil, très subtil!
    Excusez un pôvre colon mal léché...
  • #25
    <inconnu>
    01/05/2006 à 22:51
    • En réponse à <inconnu> #24 le 01/05/2006 à 22:03* :
    • « Subtil, très subtil!
      Excusez un pôvre colon mal léché... »
    Tu es tout excusé (en attendant que God te donne le pardon divin), mais c’est à toi de donner la définition de "mal léché".
  • #26
    <inconnu>
    03/05/2006 à 14:04
    • En réponse à <inconnu> #25 le 01/05/2006 à 22:51 :
    • « Tu es tout excusé (en attendant que God te donne le pardon divin), mais c’est à toi de donner la définition de "mal léché". »
    ’Mal léché’ comme dans ’Ours mal léché’ : personnage grossier, mal élevé, rustre.
  • #27
    God
    03/05/2006 à 14:13
    • En réponse à <inconnu> #26 le 03/05/2006 à 14:04 :
    • « ’Mal léché’ comme dans ’Ours mal léché’ : personnage grossier, mal élevé, rustre. »
    Expression bien entendu explicitée là où vous savez.
  • #28
    lorangoutan
    04/05/2006 à 16:05
    • En réponse à <inconnu> #10 le 01/05/2006 à 11:46 :
    • « Match joué à Bergerac sous l’oeil de Cyrano ?
      Quant à la poupée, serait-ce celle qui fait toujours non, non, non, non, non, toute la journé... »
    D’autant plus que le match lui est passé sous le nez, morbleu!
  • #29
    cotentine
    27/05/2007 à 00:27*
    • En réponse à God #5 le 01/05/2006 à 08:44* :
    • « Si on se fie à nos épingles actuelles, c’est effectivement peu valorisant.
      Mais dès le XIIIe siècle, les épingles étaient des objets de luxe... »
    Mais dès le XIIIe siècle, les épingles étaient des objets de luxe à la fabrication très réglementée (par les espingliers, uniquement)
    espingliers ou épingliers ... et ce n’était pas spécialement pour piquer dans des figurines en pratiquant des rituels vaudou
    les espingliers font partie des "vieux" métiers aujourd’hui disparus ou en voie de disparition.
    en généalogie, plus je remonte mon arbre et plus je trouve des métiers obsolètes, tombés en désuétude ... il n’est que de voir à cette page
  • #30
    momolala
    27/05/2007 à 07:41
    L’épingle est vraiment chose étonnante dans notre langue où "valoir moins qu’une épingle" signifie n’avoir aucune valeur, ce qui n’en confère guère à l’épingle dont on devient si malin quand on la tire du jeu. Et dès qu’on en a quatre à tirer, on a de la classe !
    Le TLFi mentionne une racine commune entre épine, épi, et épingle, le lien entre ces deux derniers mots pouvant expliquer peut-être par euphémisme, sinon par modestie, que le pénis pût être évoqué sous le nom d’épingle.
  • #31
    PHILO_LOGIS
    27/05/2007 à 09:14
    • En réponse à cotentine #29 le 27/05/2007 à 00:27* :
    • « Mais dès le XIIIe siècle, les épingles étaient des objets de luxe à la fabrication très réglementée (par les espingliers, uniquement)
      espin... »
    ... Auprès de mon arbre, je vivais heureux,
    J’aurais pas dû le quitter, mon arbre ...
    Georges, d’où tu nous vois, totu le respect qui t’est dû!
  • #32
    PHILO_LOGIS
    27/05/2007 à 09:17*
    • En réponse à God #5 le 01/05/2006 à 08:44* :
    • « Si on se fie à nos épingles actuelles, c’est effectivement peu valorisant.
      Mais dès le XIIIe siècle, les épingles étaient des objets de luxe... »
    Et puis, dans un autre domaine, les épingles étaient aussi l’argent de poche des femmes (’pin-money’ en anglais) que leur mari voulait bien généreusement leur accorder ou l’argent qu’elles pouvaient elles-mêmes amasser par un moyen quelconque.

    Par un moyen quelconque...: elles collectionnaient sans doute les-dites épingles qui se retiraient pour ne pas laisser de trace et arrondissaient ainsi leur tour de taille fin de mois...
    Et, dans certaine région d’Asie Mineure, on dit qu’elles ne laissaient aucune Thrace...
    Thiens, de nouveau un "H" !
  • #33
    PHILO_LOGIS
    27/05/2007 à 09:21*
    C’est mariti-î-me!
    Une épingle étant une petite goupille, il suffisait de retirer cette épingle pour libérer le mousqueton de l’anneau de foc.
    Ce qui ne peut en aucun cas être assimilé à "le goupillon du mousquetaire qui se libère dans son froc..." Quoique... 😄
    Bonne journée à toutes et à tous, et bon ouinquinde de la cinquième costale...
  • #34
    tytoalba
    27/05/2007 à 09:59
    Lorsqu’on parle d’épingle, il ne faut pas seulement penser à l’épingle bien connue des couturiers et couturières mais aussi à l’épingle à cravate, l’épingle à nourrice et l’épingle à linge mieux connue à présent sous la formule "pince à linge".
    Il reste encore également l’épingle à cheveux.
    L’épingle de l’âge de bronze fait parfois partie des fibules, c’est dire la taille de la chose.
    Chez les romains, certaines épingles pouvaient contenir parfois du parfum ou du poison. Celles qui servaient à la coiffure se confondent souvent avec des stylets.
    Voilà peut-être de quoi rassurer ces messieurs sur la grandeur de ces objets.
    Mais finalement n’accorde-t-on pas trop d’importance à la taille de cette épingle.
    Bon dimanche à tous.
  • #35
    God
    27/05/2007 à 10:49
    • En réponse à tytoalba #34 le 27/05/2007 à 09:59 :
    • « Lorsqu’on parle d’épingle, il ne faut pas seulement penser à l’épingle bien connue des couturiers et couturières mais aussi à l’épingle à cr... »
    Mais finalement n’accorde-t-on pas trop d’importance à la taille de cette épingle.

    Exact ! Comme disait la fée Lassion, ce n’est pas la taille de la baguette qui importe, mais son pouvoir magique ! 😉
  • #36
    cotentine
    27/05/2007 à 10:55
    il vaut mieux tirer son épingle du jeu que de se "faire épingler" au cours de ce même jeu !
    et si l’épingle est petite ? elle devient un ’épinglette’ (ou pin’s) que l’on arbore fièrement ...
  • #37
    tytoalba
    27/05/2007 à 11:15
    • En réponse à God #35 le 27/05/2007 à 10:49 :
    • « Mais finalement n’accorde-t-on pas trop d’importance à la taille de cette épingle.
      Exact ! Comme disait la fée Lassion, ce n’est pas la tai... »
    A condition de ne pas avoir affaire à la fée Néante ou à la fée Blesse. Il vaut mieux s’adresser à la fée Licité si l’on veut que la baguette magique soit efficace.
    Mais je ne voudrais pas fatiguer sa seigneurie , tout le monde sait que God Se repose le septième jour. 🙂
  • #38
    <inconnu>
    27/05/2007 à 11:26*
    Le pin’s est mis sur le revers donc dans un contexte sexuel, place peu flatteuse…
    Dans un autre contexte, criminel celui-là, on dit « épingler un criminel ou même agrafer un bandit ».
    Pour attraper quelqu’un comme Laden, cette machine à coudre des projets meurtriers, cela commence par épingler au mur ses lieux supposés de cache(s).
    Ensuite, c’est comme pour le chignon, on passe tout au peigne fin, puis on replie tout ce qu’on a en un paquet et hop, on épingle. Ensuite, vous pouvez rajouter une coiffe et sortir au grand jour en public votre belle pièce, ce qui fera l’attrait des curieux.
    Moralité : comme chez le coiffeur, tant qu’on a pas compris cela, le client, ben, il s’enfuit au nez et à la barbe du sévissant en son salon, à Séville ou en Afghanistan.
    Ps : Hommage à Jean-Pierre Cassel pour le « Caporal épinglé ».
    Bonne journée.
  • #39
    chirstian
    27/05/2007 à 11:32
    Si le lien avec un tel jeu est probable, cela ne suffit pas à expliquer complètement le sens de l’expression.
    il ya des jours où je pense qu’on ne se pose pas assez de questions, mais cette fois, j’ai l’impression qu’on cherche midi à 12H.
    Quand je jouais aux billes, j’en mettais 5 au pot (l’été c’était des noyaux d’abricot : spécialité régionale !). Si la partie tournait à mon avantage j’espérais partir les poches pleines. Si l’abbé Résina se pointait , je me voyais dire adieu à mes billes. Dans ce cas, j’espérais, au mieux pouvoir rééquilibrer la situation, pour pouvoir "retirer" du pot les billes que j’y avais mises. On dit toujours, d’ailleurs : "mettre des billes", "sauver ses billes" , retirer ses billes" quand on évoque des placements financiers...
    Puisqu’il est attesté que les jeunes filles jouaient autrefois avec des épingles, l’expression me semble tout aussi limpide.
    Quant à l’origine érotique, je n’y crois pas un seul instant. Il est naturellement possible qu’elle ait été applliquée à cette situation, en jouant sur le mot "épingle", mais cela ne me semble pas pouvoir en être l’origine : il y a dans le mot "jeu" ,ici, une idée de jeu à plusieurs, pas seulement de jeu intime à 2 (ou alors on évoque une partouze ?)
  • #40
    chirstian
    27/05/2007 à 11:40*
    • En réponse à God #7 le 01/05/2006 à 08:54 :
    • « Si le Mikado semble être décrit dès le Ve siècle, il semble qu’il ne soit apparu en France qu’au XIXe (sous le nom de ’jonchet’). Or, ce ser... »
    le Mikado semble être décrit dès le Ve siècle
    la piste du mikado, ou jonchet ne me semble pas non plus la bonne, mais tout simplement parce que , dans l’expression, le possessif est important.
    L’expression n’est pas "retirer une , ou des épingles du jeu" (qui pourrait convenir alors au mikado, ou à d’autres explications), mais retirer son épingle, ses billes : bref, sa mise initiale, qui donne son sens à l’expression. Or, à ma connaissance, on n’a jamais joué au mikado en apportant chacun ses baguettes.