Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

chevalier d'industrie [n]

un affairiste ; un escroc ; un individu qui vit d'expédients ; aigrefin ; extorqueur

Origine et définition

Avec le sens moderne qu'on connaît aux mots de cette locution datant du XVIIe siècle et quelque peu tombée en désuétude, on est en droit de se demander comment elle peut avoir la signification indiquée.
C'est pourquoi nous allons devoir passer par un peu d'étymologie afin d'expliquer cette apparente bizarrerie.
Passons vite sur le chevalier qui est normalement quelqu'un supposé avoir une certaine noblesse et de l'entregent. Or si le « chevalier d'industrie » a bien le second, il est loin d'avoir la première, d'où l'emploi ironique.
Le chevalier, c'était aussi le héros de roman, et en particulier celui des romans picaresques espagnols d'où nous vient l'ancienne forme « chevalier de l'industrie » et où le personnage principal essaye en général de s'insérer dans une société où il n'a normalement pas sa place et au sein de laquelle il n'hésite pas à employer des moyens comme la ruse ou le vol pour subsister et vivre aux dépens de ceux qui ont la naïveté de le croire.
Mais le plus intéressant se rapporte à l' « industrie ».
En effet, lorsqu'on utilise ce mot, aujourd'hui, on pense à ces usines qui produisent en quantité des objets divers qui vont du décapsuleur à la voiture en passant par le presse-purée et le string. Mais c'est en oublier l'origine.
Au XIVe siècle, le mot vient du latin industria qui signifiait « activité secrète » ou plus largement « activité » en général.
Lorsqu'il apparaît, il a d'abord le sens de « moyen ingénieux », disparu au XIXe siècle.
Au fil du temps, il prendra différentes significations comme « habileté à exécuter quelque chose », « activité productive ».
De l'habileté et de l'ingéniosité, on évoluera assez logiquement au milieu du XVe siècle vers le sens de finesse ou de ruse, qu'on utilisera jusqu'au XIXe siècle et qui est celui qui nous intéresse ici.
Le « chevalier d'industrie » est donc l'aigrefin, l'escroc, qui, habilement, par la ruse et le mensonge, va réussir à s'introduire dans une famille ou une société et à y subsister en exploitant sans vergogne ceux qui croient ses mensonges.

Exemples

« N'osant se faire voleur sur la grande route, parce que les lois sont actives contre certains crimes, il pare d'un vernis brillant la honte dont il se couvre, et vit paisible parmi nous. Le chevalier d'industrie est donc un voleur plus la lâcheté, un voleur d'autant plus à craindre, qu'au lieu de vous crier la bourse ou la vie ! il vous dévalise en souriant, et a l'air de vous protéger, alors même qu'il vous dépouille. »
Paris, ou le livre des cent-et-un - Tome XI - 1833
« - Il faut vous dire, mon oncle, dit le marquis, que Mathilde a toujours éprouvé pour ce... Comment dirai-je?
- Pour ce chevalier d'industrie, mordieu ! Est-ce que tu conserves à cet égard le moindre doute ?
- Pour ce chevalier d'industrie, soit ; ma femme a donc toujours ressenti pour lui une véritable antipathie.
- L'instinct féminin! fit le baron, il est un peu plus sûr que tout notre prétendu talent d'observation.
- Si vous m'aviez écouté, dit Mathilde à son mari, depuis longtemps vous auriez cessé vos relations avec ce dangereux personnage, et sous tous les rapports cela eût beaucoup mieux valu. »
Charles de Bernard - Le gentilhomme campagnard - 1858

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand der Glücksritter chevalier d'industrie
Allemand der Hochstapler imposteur, escroc
Anglais (USA) a con man un homme de confiance
Anglais (USA) confidence man, con artist un homme / artiste de confiance
Espagnol (Espagne) buscón homme qui cherche
Espagnol (Espagne) Oportunista Opportuniste
Français (Canada) un crosseur individu qui fait des crasses, Personne malhonnête, de mauvais alois
Hongrois szélhámos chevalier d'industrie
Hongrois szerencselovag chevalier d'industrie
Hongrois felfelé nyal, lefelé tapos lécher en haut, piétiner en bas
Hongrois pedálgép une machine à pédale
Italien truffatore aigrefin
Italien imbroglione affairiste
Italien ricattatore extorqueur
Italien impostore escroc
Néerlandais (Belgique) sjacheraar escroc-marchandeur
Néerlandais een flessentrekker un ouvreur-bouteille
Néerlandais een ladelichter, zwendelaar un videur-de-caisse, un escroc
Portugais (Brésil) trapaceiro tricheur
Portugais (Brésil) um espertalhão un grand rusé / Un grand malin
Roumain un ţepar un impaleur (arnaqueur)
Slovaque huncút escroc rusé
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Commentaires sur l'expression « chevalier d'industrie » Commentaires

  • <inconnu>
    03/09/2010 à 19:06
    • En réponse à mitzi50 #67 le 03/09/2010 à 13:09 :
    • « En cas de doute, la fouille au corps existe. Et je ne vois pas pourquoi les mamies en seraient exemptées. Ce serait de la discrimination. »
    et c’est qu’est ce que je dis....
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 19:48*
    • En réponse à <inconnu> #100 le 03/09/2010 à 19:04 :
    • « moi, par contre je vais aussi souvent que je peux en andorre, dans l’espoir de me faire fouiller la jupe, mais ils sont trop "chevaliers" po... »
    oh! nom de dieu, j’m’achète un costar de douanier!!! Tu pars quand en Andorre?
    ça y est, j’suis quasiment en route! ma casquette bordel!
    Dis-moi pas que c’est pas vrai!
    Je me ferai passer pour Boubacar, en Andorre; tu l’as jamais vu dit? J’crois que j’suis plus beau!
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 19:54*
    On passe des mécréants, aigrefins et consorts,
    Au silence, recueillement, à la beauté nue.
    Amen!
    cette page
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  • DiwanC
    03/09/2010 à 19:59
    • En réponse à mickeylange #30 le 03/09/2010 à 09:56 :
    • « J’ai une amie qui s’appelle Le Chevalier. Mais elle n’habite pas à Industrie. 😉 »
    .🤡
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 19:59
    • En réponse à HoubaHOBBES #98 le 03/09/2010 à 18:50 :
    • « Ha! Trix, c’était une marque de trains électriques que tu as peut-être connue...
      Bienvenue à toi, donc et n’interviens que si tu en as envie... »
    et Atrix une marque de produits cosmétiques...
  • DiwanC
    03/09/2010 à 20:01*
    • En réponse à momolala #49 le 03/09/2010 à 10:55 :
    • « Ce ne serait pas une expression dédiée, à la lettre et non stricto senso, à Germaine, ça ? »
    Vois vraiment pas pourquoi tu dis ça !
    Germaine El Caballero 😛
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 20:05*
    • En réponse à <inconnu> #102 le 03/09/2010 à 19:48* :
    • « oh! nom de dieu, j’m’achète un costar de douanier!!! Tu pars quand en Andorre?
      ça y est, j’suis quasiment en route! ma casquette bordel!
      Dis... »
    L’astuce (que j’ai apprise lorsque j’habitais Montbéliard) consistait, pour les radio-modélistes du Club de Courcelles-lès-Montbéliard (à 500/600 m de chez moi...) à faire acheter les pièces et équipements divers par des amis frontaliers vivant à Colmar, Strasbourg, Mulhouse, qui se les procuraient à bas prix en Allemagne, TVA plus faible à laquelle ils avaient droit en tant que frontaliers. Les gus de Montbéliard allaient ensuite récupérer le matos une dizaine de jours plus tard. Avec l’Andorre, côté Espagne comme France, l’astuce doit pouvoir être également utilisée. Bon d’accord, c’était bien avant Schengen, mais cela devrait toujours fonctionner... à conditions de connaître des frontaliers. Dont certains sont (?) peut-être un peu limite contrebandiers sur les bords... 😉
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 20:24
    • En réponse à <inconnu> #97 le 03/09/2010 à 18:46 :
    • « Mitzi? vous avez tous remarqué sa gentillesse, son bon caractère etc...
      Cependant, elle a ses faiblesses : elle ne veut pas porter de robes... »
    T’as raison eultreia , en plus le noir par beau soleil prend toute la chaleur ambiante.
    Habillez vous en couleusr vives et claires comme le papillon, c’est vraiment plus beau.
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 20:25
    • En réponse à <inconnu> #107 le 03/09/2010 à 20:05* :
    • « L’astuce (que j’ai apprise lorsque j’habitais Montbéliard) consistait, pour les radio-modélistes du Club de Courcelles-lès-Montbéliard (à 50... »
    En Andorre, ça fonctionne; les douaniers s’interressent à la drogue! faut être raisonnable quand même et ne pas se pointer avec un camion ou un J7.
    Moi qui te cause, j’ai discuté avec quelques douaniers : y a moyen de s’entendre! ils écoutent bien!
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 20:36
    • En réponse à <inconnu> #108 le 03/09/2010 à 20:24 :
    • « T’as raison eultreia , en plus le noir par beau soleil prend toute la chaleur ambiante.
      Habillez vous en couleusr vives et claires comme le... »
    Ah! merci infiniment! nous réclamons la suppression des jean’s pour les femmes, le retour à la robe gaie, rieuse, affriolante, aux mignons petits chapeaux, la radiation à vie des collants (qui a pu inventer cette connerie).
    Merci Agronome (je leur dis?), oui c’est lui le responsable du MLH! moi, je suis le trésorier et à ce sujet les cotisations n’étant pas à jour, je remercie les retardataires (50€ par homme).
  • mitzi50
    03/09/2010 à 21:01
    • En réponse à <inconnu> #97 le 03/09/2010 à 18:46 :
    • « Mitzi? vous avez tous remarqué sa gentillesse, son bon caractère etc...
      Cependant, elle a ses faiblesses : elle ne veut pas porter de robes... »
    MOI ??? Je ne m’ en prends pas aux veuves corses (elles n’ y sont pour rien) mais aux gamines de 11 ans qui se trimballent, tout de noir vêtues, sous un soleil de plomb...Je ne suis pas colonialiste, mais traiter l’ Acadie de quelques arpents de terre gelée, c’ était... très con; je ne suis pas fan de Johnny mais c’ est affaire de goût ; je suis indifférente à la monarchie tant qu’ elle n’ empêche pas la démocratie (disons que je la considère comme un bibelot, pas totalement indispensable au premier abord, mais auquel on a le droit d’ être attaché) ; je me sens raisonnablement écolo et citoyenne du monde plutôt qu’ imbécile heureuse qui est née quelque part; et surtout pacifiste.
    Mais j’ ai complètement oublié de vous parler du plus important : un roman inachevé de Thomas Mann, prix Nobel de littérature (quand même), que celui-ci commença vers 1905, continua jusqu’ en 1910, interrompit pendant une quarantaine d’ années, et acheva la première partie en 1953 ou 54 : "Les confessions du chevalier d’ industrie Félix Krull". Ce roman laisse une large place à la nourriture et notamment à l’ infâme mousseux pétillant dont le père du héros abreuve ses hôtes, les rendant évidemment malades...et je passe les nombreux repas sous silence. Krull, bien sûr, en digne fils, se conduit en petite frappe et n’ a de cesse d’ inventer des entourloupes. Dommage que la mort de Mann l’ ait laissé inachevé.
    Je ne crois pas que le nom de Krull ait quoi que ce soit à voir avec les industries Krupp, encore qu’ on ne puisse en être sûr. Par contre Thomas Mann s’ exila volontairement en Suisse dès qu’ Hitler prit le pouvoir. Et ses livres furent brûlés en place publique, en un ignoble autodafé. Comment peut-on brûler des livres ?
    Et pour une fois que le nom d’ une oeuvre d’ un prix Nobel est attaché à un chevalier d’ industrie, je me devais d’ en parler !
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 21:05
    • En réponse à <inconnu> #102 le 03/09/2010 à 19:48* :
    • « oh! nom de dieu, j’m’achète un costar de douanier!!! Tu pars quand en Andorre?
      ça y est, j’suis quasiment en route! ma casquette bordel!
      Dis... »
    j’en reviens mon pôvre !! et intacte, bordel.............
  • mitzi50
    03/09/2010 à 21:07
    • En réponse à <inconnu> #95 le 03/09/2010 à 18:23* :
    • « Toujours pour deejee qui a bien mérité aujourd’hui de l’éducation nationale (excellent travail) (il y a quand même un doute sur son comporte... »
    Pour les bottes, je suis innocente, même pas receleuse. J’ en possède 2 paires ; 1 en peau noire, l’ autre en veau imitation daim marron. Que j’ ai depuis près de 10 ans.
  • mitzi50
    03/09/2010 à 21:15
    • En réponse à <inconnu> #103 le 03/09/2010 à 19:54* :
    • « On passe des mécréants, aigrefins et consorts,
      Au silence, recueillement, à la beauté nue.
      Amen!
      cette page »
    Ah, l’ oeuvre pour orgue de Bach....
    Et Sénanque, perdue dans la lavande et les oliviers....
    Décidément, malgré tes puissants reproches, tu me gâtes....
  • mitzi50
    03/09/2010 à 21:22*
    • En réponse à <inconnu> #110 le 03/09/2010 à 20:36 :
    • « Ah! merci infiniment! nous réclamons la suppression des jean’s pour les femmes, le retour à la robe gaie, rieuse, affriolante, aux mignons... »
    Il faudrait peut-être se souvenir du pourquoi du comment de l’ invention des collants "fins". Lors de l’ invention de la mini-jupe par Mary Quant, puis Courrèges en haute-couture, les attaches du porte-jarretelles dépassaient... ce qui faisait très très moche. Et rendit utile la généralisation du collant "fin", la variante plus opaque, et surtout plus épaisse, existait depuis bien plus longtemps, pour le ski, et la version "couleur", l’ hiver, pour les gamines... le port du pantalon étant interdit dans certains établissements scolaires, même par grand froid !
    Et sur ce, je vais enlever mes jeans, prendre une douche, et...
    A demain, si vous le voulez bien !
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 21:50
    • En réponse à mitzi50 #114 le 03/09/2010 à 21:15 :
    • « Ah, l’ oeuvre pour orgue de Bach....
      Et Sénanque, perdue dans la lavande et les oliviers....
      Décidément, malgré tes puissants reproches, tu... »
    Si j’ai pu te peiner, je te prie de m’en excuser; ce n’est ni dans mon caractère ni dans mes intentions. Les mots, parfois crus, peuvent blesser ou des formulations inadéquates.C’est aussi le style du site qui fait rebondir les réparties, pas toujours de manière élégante ou adaptée. Dont acte!
    Monaik est déçue de son séjour en Andorre; la faute aux autres, qui étaient dans la place.
    Sur ce, je file au jardin surveiller les poireaux et les patates qui ne peuvent s’endormir sans une parole affectueuse. Merde, ma lampe de poche!
    Dormez bien, les mains sur....
    On va relire ce bon Thomas Mann, ou essayer. 🙂 🙂 🙂
  • mitzi50
    03/09/2010 à 21:57
    • En réponse à <inconnu> #116 le 03/09/2010 à 21:50 :
    • « Si j’ai pu te peiner, je te prie de m’en excuser; ce n’est ni dans mon caractère ni dans mes intentions. Les mots, parfois crus, peuvent ble... »
    Non, tu ne m’ as pas peinée. Tes phrases auraient été beaucoup plus méchantes. J’ ai pensé à une taquinerie, j’ ai répondu de même. Mais, bizarrement, je n’ ai pensé à Félix Krull (que j’ ai lu en allemand en 1956 ou 57, et jamais relu depuis) en bouffant mon yaourt, ce soir... Fallait pas laisser passer ça !
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 22:25
    • En réponse à <inconnu> #48 le 03/09/2010 à 10:54* :
    • « Ton oncle aurait dû prendre contact avec Michel Audiard ! Celui-ci aurait hautement apprécié !
      idem pour #47 connerie et essence.
      Mais comme... »
    Et : "Mort aux cons", le général répondit: "Vaste programme".
    cette page
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 22:46
    • En réponse à <inconnu> #118 le 03/09/2010 à 22:25 :
    • « Et : "Mort aux cons", le général répondit: "Vaste programme".
      cette page »
    Un quidam a Jacques Chirac :
    - Sale con!

    Réponse du Président :
    - Moi, c’est Chirac
  • <inconnu>
    03/09/2010 à 23:01
    • En réponse à mitzi50 #115 le 03/09/2010 à 21:22* :
    • « Il faudrait peut-être se souvenir du pourquoi du comment de l’ invention des collants "fins". Lors de l’ invention de la mini-jupe par Mary... »
    si je ne commets pas d’erreur, je crois que dans le code pénal (qui date de Napoléon,) le port du pantalon, pourles femmes est toujours interdit, sauf pour celles "qui font du vélo, ou du cheval". Ces illégalités sont toujours passibles d’une amende, si un fonctionnaire voulait faire du zèle ! L’article n’est toujours pas retiré de ce code pénal !!! alors mesdames, à nos jupes et à nos jolies gambettes !!!