Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

un vent à décorner les boeufs [n]

un vent très violent

Origine et définition

Je ne sais pas vous, mais moi j'imagine bien que, pour qu'il soit capable d'arracher les cornes de bovins, il faudrait que le vent soit extrêmement fort et emporte aussi les tuiles de toit et les antennes satellites, qu'il oblige même les hérissons et les hippopotames à s'accrocher très fort de leurs petits bras musclés aux branches des arbres où ils gambadent habituellement, pour éviter d'être emportés.

L'image est donc claire, mais à ma connaissance et à celle de Météo France, personne ne s'est jamais plaint de s'être pris une corne dans la figure un jour de tempête.
Comment une telle image a-t-elle donc pu germer dans l'esprit de ceux qui l'ont inventée ?

La seule explication plausible qui court les champs est la suivante :
Lorsqu'ils sont parqués en stabulation libre () dans une étable, les bovins sont susceptibles de se blesser mutuellement avec leurs cornes et d'être gênés pour accéder à leur nourriture. Pour leur éviter ça, il faut donc les écorner[1].
Mais cette opération, qui se pratique alors que les animaux sont en liberté dans les champs, provoque des saignements qui attirent les mouches et autres insectes en grandes quantités, ce qui n'est pas très recommandé pour les plaies.
C'est pourquoi les paysans fûtés, profitant du fait que les mouches préfèrent faire une belote au chaud chez elles les jours de grand vent, pratiquent l'opération à ces moments-là, permettant ainsi à la plaie de sécher et cicatriser bien plus facilement.

Limpide, non ?
Mais alors que répondre lorsqu'un paysan vous assure à juste titre que l'écornage des boeufs pour la stabulation libre ne se pratique que depuis le milieu du XXe siècle et qu'on sait que l'expression est attestée depuis le XIXe ?
Eh bien il suffit de lui rétorquer que, même hors besoins liés à l'étable, l'écornage des animaux se pratique au moins depuis le XIIe siècle (date d'apparition du mot) et que, par conséquent, on peut imaginer que les paysans ont eu, depuis ce temps, largement le temps de constater l'influence du vent sur la présence des mouches et la cicatrisation des plaies.

[1] Il existe pourtant des voix qui s'élèvent contre cette mutilation des animaux qu'ils considèrent comme inutile car il existerait des élevages où des bovins à cornes sont en stabulation libre sans aucune gêne.

Compléments

On dit aussi "un vent à décorner les cocus", autres bêtes à cornes, mais cela dépend des régions et du type des animaux élevés.

Exemples

« En ce jour de deuil, Jean Galfione fait ses adieux à l'athlétisme mondial. Gêné par un vent à décorner les boeufs, le champion olympique d'Atlanta ne parvient pas à passer les qualifications de la perche. »V. Bregevin - Eurosport 15/08/2005

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Arabe (Tunisie) rih itayyar un vent à faire voler
Espagnol (Argentine) un viento de novela le vent d' un roman
Espagnol (Espagne) Un vendaval Un vent de tempête
Espagnol (Espagne) un viento de mil demonios un vent de mille démons
Français (Canada) un vent à écorner les beux boeufs au pluriel se dit et s'écrit en langage populaire «beux»
Français (Canada) un vent à écorner les boeufs
Français (France) un vent à arracher la queue des ânes
Français (France) un vent à déjouguer les boeufs
Néerlandais (Belgique) rotwind vent pourri
Néerlandais (Belgique) van je sokken geblazen worden être souffler hors des ses chossettes
Néerlandais de pannen waaien van het dak les tuiles s'envolent du toit
Portugais (Brésil) um vendaval une rafale
Portugais (Brésil) uma ventania coup de vent violent
Roumain un vânt de te ia pe sus un vent à te soulever
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Commentaires sur l'expression « un vent à décorner les boeufs » Commentaires

  • #81
    momolala
    12/07/2008 à 18:10
    • En réponse à chirstian #74 le 12/07/2008 à 13:41* :
    • « cornard étant ensuite devenu par... (Syanne nous dira quoi) "les boeufs"
      je ne veux pas répondre pour Syanne, mais pour moi, l’opération... »
    La castration tout au plus. Laisse-lui au moins ce qui lui sert à faire pipi ! Mais ce n’est pas ce que je voulais dire, je parlais réthorique et évolution de la langue. Non pas celle qu’on tourne 7 fois dans la bouche du voisin : le bel instrument de la francophonie. Du boeuf la langue qui se sert l’est dans des assiettes. Avec des câpres, quel délice !
  • #82
    momolala
    12/07/2008 à 18:14
    • En réponse à <inconnu> #76 le 12/07/2008 à 15:39 :
    • « Je peux vous dire d’où vient l’expression: Un vent à décorner les boeufs. Vous en serez ravis. C’est sûrement la VRAIE.
      Bonne jouirnée
      Une f... »
    Et alors ? et alors ? C’est tout ? Ce n’est pas le tout de dire qu’on peut le dire si on ne dit pas ce qu’on a à dire. Ravi, en vrai, en vair et contre tous, souviens-toi que le non-dit est pire que le dit. Alors ?
  • #83
    tytoalba
    12/07/2008 à 18:51
    • En réponse à momolala #81 le 12/07/2008 à 18:10 :
    • « La castration tout au plus. Laisse-lui au moins ce qui lui sert à faire pipi ! Mais ce n’est pas ce que je voulais dire, je parlais réthoriq... »
    Du boeuf la langue qui se sert l’est dans des assiettes. Avec des câpres, quel délice !
    As-tu déjà essayé avec une sauce moutarde et des petits cornichons piquants, un vrai régal. Et dire qu’il y a des gens qui n’aiment pas manger cela parce que ça vient de la bouche de l’animal, et qui préfèrent un oeuf. Je n’irai pas jusqu’à dire - qui mange un oeuf, mange un boeuf, faut pas exagérer. Mais partager une belle langue, n’est-ce pas ce que nous faisons ici. Toute proportion gardée. Sauf peut-être sur certains quais de gare. 😉
  • #84
    syanne
    12/07/2008 à 19:20
    • En réponse à tytoalba #83 le 12/07/2008 à 18:51 :
    • « Du boeuf la langue qui se sert l’est dans des assiettes. Avec des câpres, quel délice !
      As-tu déjà essayé avec une sauce moutarde et des pet... »
    qui mange un oeuf, mange un boeuf, faut pas exagérer.

    Et pourtant... on dit aussi (je l’ai vu dans la liste des futures expressios) : "avoir un boeuf sur la langue" = garder un silence obstiné, avoir qqch qui empêche ou retient de parler, selon Alain Rey.
    Moi je n’aime pas la langue de boeuf : et pour cause : j’ai été forcée, un jour, d’en manger une pleine assiette, après une douzaine d’huîtres, que je n’aime pas non plus. C’était l’époque où j’étais bien élevée, au point de m’en rendre malade et de me dégoûter à vie de mets qui semblent faire les délices de bien d’autres...
  • #85
    cotentine
    12/07/2008 à 22:16
    • En réponse à syanne #84 le 12/07/2008 à 19:20 :
    • « qui mange un oeuf, mange un boeuf, faut pas exagérer.
      Et pourtant... on dit aussi (je l’ai vu dans la liste des futures expressios) : "avoi... »
    dommage pour tes papilles ! 😉
    Mince, quand on vit en bord de mer, tout près des huîtres délicieuses ... faire la fine bouche : c’est scandaleux !
    La
  • #86
    chirstian
    12/07/2008 à 23:41
    • En réponse à cotentine #85 le 12/07/2008 à 22:16 :
    • « dommage pour tes papilles ! 😉
      Mince, quand on vit en bord de mer, tout près des huîtres délicieuses ... faire la fine bouche : c’est scandal... »
    et la langue oust ? pas mauvais non plus, hein !
  • #87
    Masala
    18/07/2008 à 20:06
    • En réponse à Michelwiss #4 le 10/07/2006 à 09:07 :
    • « le décornage des bovins est bien antérieur à la pratique de la stabulation, à mon sens elle était une mesure de sécurité pour faire travaill... »
    On nous parle de combats de vaches ; après 20 ans d’existence sur une ferme laitière je ne me souviens d’aucun combat bovin! Du moins parmi la gente féminine... À la rigueur, peut-être, à l’occasion, entre deux beoufs pour les faveurs d’une belle. Mais peut-être que les vaches française sont plus vindicatives que nos vaches du nouveau monde. Ajoutons que l’ablations des cornes m’ai toujours apparue comme une mesure de sécurité pour le fermier bein d’avantage que pour le troupeau.
    Quoi qu’il en soit je connaissait une autre explication à cette expression : L’opération se faisant des animaux en bas âge dont les cornes ne sont encore que de petits moignons on les brûle à l’aide d’un fer chaud, il s’en dégage une odeur désagréable et prenante. S’il est question de répéter l’opération sur un grand nombre d’animaux il est logique de choisir une journée de grands vents capable de chasser les émanations de cornes brulées...
  • #88
    momolala
    19/07/2008 à 13:26
    • En réponse à Masala #87 le 18/07/2008 à 20:06 :
    • « On nous parle de combats de vaches ; après 20 ans d’existence sur une ferme laitière je ne me souviens d’aucun combat bovin! Du moins parmi... »
    Bienvenue à toi sur ce merrrveilleux site Masala. Je ne sais pas ce que God pensera de ta proposition, mais elle a le mérite de sentir le terroir suffisamment pour qu’on la comprenne pleinement ! A bientôt de te lire dans d’autres commentaires, j’espère !
  • #89
    <inconnu>
    20/07/2008 à 00:24*
    • En réponse à Masala #87 le 18/07/2008 à 20:06 :
    • « On nous parle de combats de vaches ; après 20 ans d’existence sur une ferme laitière je ne me souviens d’aucun combat bovin! Du moins parmi... »
    peut-être, à l’occasion, entre deux bœufs pour les faveurs d’une belle

    Entre deux bœufs pour les faveurs d’une belle. :’-)) Cà m’étonnerait fort que dans leur situation ils aient encore envie de batifoler.Entre deux taureaux, peut-être.
    Bienvenue à toi Masala.😄
  • #90
    God
    20/07/2008 à 18:49
    • En réponse à Masala #87 le 18/07/2008 à 20:06 :
    • « On nous parle de combats de vaches ; après 20 ans d’existence sur une ferme laitière je ne me souviens d’aucun combat bovin! Du moins parmi... »
    Sûr que l’explication se tient ! Mais pourquoi ne l’ai-je trouvée nulle part dans mes sources ? Comme elle me plaît bien, je suis très volontiers preneur de références d’ouvrages qui la citent...
  • #91
    AnimalDan
    21/07/2008 à 07:17
    Las, je doute qu’il y ait jamais assez de vent pour déborner les keufs...
  • #92
    DiwanC
    14/01/2014 à 00:33*
    Aujourd’hui, pour toi HoubaHOBBES, le mistral soufflera une fois* vers chez toi ! Avec nos vœux de...
    ♫♪♫♫♪ Bonaniversaire ! ♪♫♪♫♫

    … il va t’apporter cette charmante chanson, cadeau de Georges (l’autre !) à son copain Marcel… euh… l’autre également ! Et puis, le bon vent, le joli vent en profitera pour décorner quelques bœufs au passage !

    Quand j’ai perdu Mireille,
    Que j’épanchai le coeur affligé
    Des larmes sans pareilles,
    Quel joli vent les a séchées ?
    C’est pas le zéphyr,
    N’aurait pu suffir’,
    C’est pas lui non plus
    L’aquilon joufflu,
    C’est pas pour autant
    L’autan,
    Non, mais c’est le plus fol
    Et le plus magistral
    De la bande à Eole,
    En un mot : le mistral.
    Il balaya ma peine
    Aussi, sans lésiner
    Je lui donne toujours
    Mes boeufs à décorner.

    À cette page, le texte.
    Bouba ! je te laisse prendre soin des bœufs, des cornes et des cornus qui restent !
    *c’est bien sa place, après le verbe, s’ pas ?! 😄
  • #93
    Paracas
    14/01/2014 à 05:20
    • En réponse à DiwanC #92 le 14/01/2014 à 00:33* :
    • « Aujourd’hui, pour toi HoubaHOBBES, le mistral soufflera une fois* vers chez toi ! Avec nos vœux de...
      ♫♪♫♫♪ Bonaniversaire ! ♪♫♪♫♫
      … il... »
    .........Il reste les bœufs de "la légende de la nonne", magnifique texte du père Hugo mis en musique par Tonton Georges......
    Enfants voici les bœufs qui passent
    cachez vos rouges tabliers

    J’adore ce texte !
    Il existe aussi la commune d’Escorneboeuf dans le Gers.......
    En Provence, pays du Mistral dont certains esprits chagrins diront qu’il est un vent du Nord, on dit:
    "Fa oun Mistraou que derabe la coua eï aïs"
    (Il fait un Mistral qui arrache la queue aux ânes)
    Ben oui on n’a pas de bœufs......
    Pour répondre à Mintaka à sa question de savoir où se trouve Maskali.......Voir le #117 de Diwan d’hier.......
    J’y ai vu une superbe murène, plein de poissons multicolores et un gros bénitier (sans sa grenouille) à rajouter au bestiaire d’Expressio.......
  • #94
    GenteGouyat24
    14/01/2014 à 07:28
    Je ne crois pas que l’ablation artificielle des bœufs soit la bonne explication.
    En fait, lorsque les bovins se battent ils arrivent à se cogner fortement ou a se tordre les cornes en provocant ainsi le décollement de l’enveloppe cornée de la corne justement.
    Rappelez-vous les photos d’époque du moyen-âge où l’on voit les morfales de toutes nations se servir de cornes comme flûtes à champagne.
    Je me souviens aussi de mon père qui accrochait à sa ceinture une corne remplie d’eau dans laquelle il mettait la pierre à aiguiser la faux. C’était des cornes récupérées à la suite de bagarre d’animaux ou de choc contre les murs des étables.
    Le sciage des cornes des vaches se faisait pour éviter les blessures lorsqu’elles se battaient pour affirmer la prédominance de l’une d’elles. On faisait ça à la scie à métaux mais on ne coupait que le bout pointu de la corne pour éviter les saignements. Il fallait aussi laisser de quoi lier les vaches avec le joug.
    Aujourd’hui l’écornage se fait par brûlage du bourgeon de la corne lorsque celle-ci commence à pousser. C’est ainsi qu’on voit des troupeaux de vaches sans cornes dans les élevages modernes. (Mon dieu quelle horreur !).
    Sur les hauteurs de Périgueux il y a un lieu-dit appelé "Escornabiou" ce qui en dit long sur ses conditions aérologiques.
  • #95
    momolala
    14/01/2014 à 07:39*
    • En réponse à DiwanC #92 le 14/01/2014 à 00:33* :
    • « Aujourd’hui, pour toi HoubaHOBBES, le mistral soufflera une fois* vers chez toi ! Avec nos vœux de...
      ♫♪♫♫♪ Bonaniversaire ! ♪♫♪♫♫
      … il... »
    Et celui-là, le vent qui souffle dans la montagne pourra-t-il le décorner ?
  • #96
    momolala
    14/01/2014 à 07:46
    • En réponse à GenteGouyat24 #94 le 14/01/2014 à 07:28 :
    • « Je ne crois pas que l’ablation artificielle des bœufs soit la bonne explication.
      En fait, lorsque les bovins se battent ils arrivent à se co... »
    N’ayant que peu fréquenté les vaches de près, j’ai constaté avec surprise cet été dans une étable alpine combien celles qui portaient cornes étaient plus agressives que celles qui n’en avaient point. Nous regardions ces belles bêtes qui passaient "paisiblement" la tête à travers les barreaux, en nous tenant ma petite-fille et moi à bonne distante me semblait-il quand celle qui portait clarine manqua de peu mon épaule de sa corne, sans prévenir, même ! Faux-cul inexpressive, sale bête, va ! Néanmoins je trouve qu’elles sont bien plus équilibrées avec leurs cornes en bonne place. Ah là là, si on pouvait se contenter de mamelles sur pied, on éliminerait même le reste de la vache !
  • #97
    momolala
    14/01/2014 à 07:49
    Après les tempêtes ajoutées aux tempêtes de ces derniers mois, les cocus et les cocues, parité oblige, peuvent se promener la tête libérée sans doute. Je les soupçonne d’avoir été aux premières loges pour prendre le vent ; fut un temps où j’aurais pu en être... 🙁 Qu’ils gardent désormais la tête haute et le regard clair ! C’est mon voeu pour l’an nouveau, tiens.
    Belle journée bleue si vous le voulez !
  • #98
    <inconnu>
    14/01/2014 à 08:14
    Ouai......... Que du vent......🙁
  • #99
    louisann
    14/01/2014 à 08:58
    Grande journée aujourd’hui, grace à Expressio pas besoin de grand vent pour que mes voeux arrivent jusqu à toi.
    BON ANNIVERSAIRE HoubbaHOBBES.
  • DiwanC
    14/01/2014 à 09:16
    Qu’il soit noroît, mistral, tramontane ou d’ailleurs, est-ce que le vent - celui qui faisait dire à Grand-Maman : C’est le vent s’élevant..., celui fait voler les bonnets des filles par-dessus les moulins, celui qui met les mers en furie et déchaîne les ouragans - est-ce que le vent donc a le même effet sur les bœufs et sur les chefs de gare ? Me d’mande...
    🙂