Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une marotte [n]

une idée fixe ; un goût prononcé pour quelque chose ; une petite addiction ; hobby ; violon d'ingres ; une passion exagérée ; une passion démesurée

Origine et définition

Au fil du temps, le prénom Marie a donné de nombreux dérivés. Parmi ceux-ci, on trouve marionnette ou mariolle, mais également au XVIe siècle mariotte qui désignait « une image de la vierge », tout comme marotte dès le XVe.
Du coup, le lien avec l'idée fixe ou la manie semble difficile à faire.

Mais ma marotte consiste, lorsque c'est possible, à expliquer ce genre de bizarrerie.
Qui dit image de la vierge peut dire idole, et qui dit idole peut aussi dire figurine. Alors si le mot a également désigné une figurine montée au bout d'un bâton (il est d'ailleurs toujours utilisé dans ce sens chez les marionnettistes qui manipulent encore ce genre de marionnette), il a été plus particulièrement utilisé dans les cours royales. En effet, vous savez que, dans ces endroits, et depuis Charles V le Sage, au XIVe siècle, s'agitait un personnage particulier, généralement d'esprit vif et pouvant lancer des plaisanteries que d'autres ne s'autoriseraient jamais en présence du roi. Ce personnage, le bouffon ou fou du roi, disposait d'un attribut qui était une sorte de sceptre surmonté d'une tête elle-même coiffée d'un bonnet multicolore équipé de grelots, sceptre qui s'appelait une marotte.
C'est de cet ustensile caractéristique qu'au début du XVIIe siècle, le mot a pris le sens figuré de « folie ». Et ce n'est que quelques années plus tard, qu'en parallèle, il s'est atténué en « manie » ou « idée fixe », sens resté vivace jusqu'à nos jours.

Le mot a autrefois été utilisé dans plusieurs expressions parmi lesquelles Furetière, au XVIIe siècle, cite à chaque fou sa marotte ou bien il y a tant de fous qu'on ne saurait faire assez de marottes.

Exemples

« L'homme a une marotte encombrante mais fort amusante : il collectionne et restaure les pelles mécaniques et autres tracteurs agricoles, anciens, bien sûr ! »
Philippe Lévêque - Remorqueurs de port - 2007

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand eine Marotte haben, voir aussi https ://www.redensarten-index.de/suche.php?suchbegriff=eine+Marotte+haben&bool=relevanz&suchspalte%5B%5D=erl ou traduction littérale identique
Allemand einen Spleen / Fimmel haben avoir une marotte
Anglais a bee in your bonnet une abeille dans votre bonnet
Anglais a craze un engouement
Anglais ride one's hobbyhorse monter son cheval à bascule
Anglais (USA) a pet obsession une obsession chérie
Espagnol (Espagne) cada loco con su tema ! chaque fou avec son thème/sujet !
Espagnol (Espagne) es su perdición c'est sa marotte
Espagnol (Espagne) tener una manía avoir une manie
Espagnol (Espagne) tenir una dèria avoir une manie
Français (Canada) être toqué
Français (Canada) être borné avoir une idée fixe
Gallois dwli'n lân ar rywbeth devenir complètement fou
Hongrois hóbort / mánia / vesszőparipa une marotte / violon d'Ingres
Hébreu יש לו ג'וק בראש (yèch lo gvk beroch) il a un juk dans la tête
Néerlandais een manie hebben avoir une manifestation obsessionnelle qui peut éventuellement aller dans le sens de la bipolarité;
Néerlandais (Belgique) een stokpaardje hebben avoir son cheval de bois
Néerlandais een dwanggedachte/obsessie hebben avoir une marotte
Néerlandais een fimmel hebben avec un 'fimmel' / une marotte
Néerlandais een idee-fixe hebben avoir une idée fixe
Néerlandais een waanidee hebben avoir une idée imaginaire/fictive
Polonais miec kota na punkcie avoir un chat au point de
Roumain a avea o marotă avoir une marotte
Roumain a face o fixaţie faire une fixation
Roumain a i se pune pata se lui mettre la tache
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Commentaires sur l'expression « une marotte » Commentaires

  • #81
    SyntaxTerror
    24/06/2013 à 15:59
    Mariotte

    La loi est dure, mais c’est la loi
    Loi régissant la dilatation des gaz parfaits à température constante et qui s’exprime par la relation p V = Cte, p et V étant la pression et le volume de ces gaz.
  • #82
    Enkidou
    24/06/2013 à 18:01
    • En réponse à momolala #7 le 10/06/2011 à 08:07 :
    • « Je ne voudrais pas contrarier le maître de céans mais je ne vois pas où se fait le glissement entre Marie, vierge, et marotte. Je trouve cet... »
    je ne vois pas où se fait le glissement entre Marie, vierge, et marotte

    (en complément des contributions 21, 23, 27, 29, 33, 36, dans lesquelles Momolala, Diwan et Chirstian rivalisaient d’érudition).
    Parmi les Jean-Baptiste dont nous souhaitons la fête aujourd’hui, on peut faire une mention particulière de Jean-Baptiste-Bonaventure de Roquefort (que j’ai bien connu moi aussi), dont le Dictionnaire étymologique de la langue française est une mine d’or pour ceux dont la recherche étymologique est la marotte.
    A propos du mot marotte, alors que Gilles Ménage, dans son Dictionnaire étymologique, le fait dériver de marionnette, et donc du prénom Marie via son diminutif Marion, notre Roquefort le fait dériver du grec moría, folie. Ce mot de moría se retrouve fréquemment chez Saint Paul ("Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu", Corinthiens, 3, 19), et le titre original de l’Eloge de la Folie, d’Erasme, est Morías enkómion.
    Bref, la marotte est-elle fille de Marie, ou fille de folie ? A chacun selon son goût.
    Une chose certaine est que la marotte est, avec les grelots et le bonnet aux oreilles d’âne, l’un des attributs du fou, ou du bouffon.
    Une autre chose certaine est qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui la grande proximité qui existait au Moyen-âge entre la sphère religieuse et la sphère civile, proximité qui pourrait expliquer comment on a pu, peut-être, "glisser" d’une représentation de Marie, la mère de Jésus, à la figurine ornant le sceptre du bouffon.
    Ainsi on célébrait, autour de Noël, la Fête des Fous, qui ressemblait un peu à notre Carnaval, mais en beaucoup plus déchaîné, comme le raconte Maurice Lever dans Le sceptre et la marotte.
    « Dans l’octave de Noël ou à l’épiphanie, selon les régions, la célébration de l’office divin donnait lieu à un véritable carnaval. Les diacres, les sous-diacres, les enfants de chœur, le visage barbouillé de suie ou couvert de masques grotesques, s’exhibaient sous les déguisements les plus invraisemblables : on en voyait plusieurs travestis en femmes, d’autres en costume de fol, portant coqueluchon à grelots et la marotte, d’autres vêtus d’oripeaux de théâtre. Ce jour-là, les fidèles se pressaient en foule pour voir le clergé officier "publiquement et solennellement" au milieu de la chienlit générale. Au cours de la messe, on procédait à l’élection de l’évêque des fous [...] Une fois intronisé, le nouvel élu officiait « pontificalement » : mitre en tête et crosse à la main, il distribuait sa bénédiction solennelle au peuple. Le clergé l’introduisait ensuite dans le chœur, en dansant et en chantant des refrains paillards. Une fois à l’autel, on faisait ripaille de boudins et de saucisses sous le nez du prêtre célébrant ; on se servait de franches rasades de vin dans les ciboires ; on échangeait jurons et blasphèmes ; on mêlait de grasses bouffonneries aux textes sacrés ; on jouait aux cartes et aux dés ; on se livrait à de plus graves licences encore que les contemporains ne précisent pas, mais que l’on imagine sans peine. [...]».
  • #83
    Enkidou
    24/06/2013 à 18:53
    • En réponse à Enkidou #82 le 24/06/2013 à 18:01 :
    • « je ne vois pas où se fait le glissement entre Marie, vierge, et marotte
      (en complément des contributions 21, 23, 27, 29, 33, 36, dans lesqu... »
    A propos du mot marotte, Roquefort le fait dériver du grec moría, folie ... le titre original de l’Eloge de la Folie, d’Erasme, est Morías enkómion

    Marotte, enfant de Marie ou fille de folie ? L’enquête suit son cours (et toutes mes excuses à ceux et celles que je gave).
    L’article de Wikipedia sur l’Eloge de la Folie est illustré par un dessin que Hans Holbein le Jeune (encore un pote à moi) a réalisé en marge d’une édition de l’ouvrage de 1515, dessin qui représente un fou tenant à la main un objet dont on ne sait pas bien s’il s’agit d’une marionnette ou d’une marotte !
  • #84
    SyntaxTerror
    24/06/2013 à 19:12
    • En réponse à Enkidou #83 le 24/06/2013 à 18:53 :
    • « A propos du mot marotte, Roquefort le fait dériver du grec moría, folie ... le titre original de l’Eloge de la Folie, d’Erasme, est Morías e... »
    Alors que pour Tolkien, Moria (ou Khazad-dûm, Dwarrowdelf, Hadhodrond, Halls de Durin, Mines de Moria, Phurunargian) est la cité souterraine abandonnée par les Nains.
  • #85
    saharaa
    24/06/2013 à 19:45*
    • En réponse à SyntaxTerror #84 le 24/06/2013 à 19:12 :
    • « Alors que pour Tolkien, Moria (ou Khazad-dûm, Dwarrowdelf, Hadhodrond, Halls de Durin, Mines de Moria, Phurunargian) est la cité souterraine... »
    Les Mines de la Moria 🙂
    Je me suis demandé si Tolkien (que j’ai bien connu 😄 ) en choisissant ce nom s’était inspiré du Mont Moriah (Mont du Temple à Jérusalem)
  • #86
    DiwanC
    24/06/2013 à 19:48*
    Avoir une marotte, c’est avoir une idée fixe, une manie, un dada, une lubie, une passion…
    Expressio
    La marotte qu’il vous faut !
    😄
  • #87
    PHILO_LOGIS
    24/06/2013 à 21:30
    C’est dans les mirettes des gens qu’on reconnaît leurs marottes.
    T’as d’ beaux-z-yeux, tu sais a dit un Jean, gars bien (que je n’ai pas connu) à Michèle mord gant (que je n’ai pas connu non plus, malheureusement)...
  • #88
    SyntaxTerror
    24/06/2013 à 23:28
    • En réponse à PHILO_LOGIS #87 le 24/06/2013 à 21:30 :
    • « C’est dans les mirettes des gens qu’on reconnaît leurs marottes.
      T’as d’ beaux-z-yeux, tu sais a dit un Jean, gars bien (que je n’ai pas con... »
    Pour la comédienne Simone Roussel, il n’est pas trop tard même si elle a fêté ses 93 ans ... le 29 février dernier (?).
    Pour Michele Morgan qu’on peut voir à cette page, il n’est pas trop tard non plus.
  • #89
    Richard68
    25/06/2013 à 02:55
    • En réponse à SyntaxTerror #88 le 24/06/2013 à 23:28 :
    • « Pour la comédienne Simone Roussel, il n’est pas trop tard même si elle a fêté ses 93 ans ... le 29 février dernier (?).
      Pour Michele Morgan... »
    Sauf que pour Michelle Morgan, il s’agit de celle-là:cette page 😄
  • #90
    SyntaxTerror
    25/06/2013 à 09:00*
    • En réponse à Richard68 #89 le 25/06/2013 à 02:55 :
    • « Sauf que pour Michelle Morgan, il s’agit de celle-là:cette page 😄 »
    C’est bien Simone Roussel née le 29 février 1920. Malgré une faute d'écriture sur son prénom.
  • #91
    DiwanC
    02/12/2018 à 01:04
  • #92
    DiwanC
    02/12/2018 à 01:11*
    Lange ! Dimanche dernier, à 10h29 très précisément, tu voulais des croissants chauds... J'ai pensé à toi...
    Deux solutions :
    1. Tu découettes plus tôt...
    2. ou tu mets ça au four...
    😛
  • #93
    Tricholome
    02/12/2018 à 01:13*
    J'ai moins à dire sur marotte que sur foi. Encore que si on accepte l'étymologie de marotte par l'auteur du site, il faudrait faire un grand acte de foi et croire qu’il y a une vierge cachée sous ce vocable. Et pour moi ce n’est pas difficile d’imaginer que ce culte de la Vierge devienne une manie. Je vis dans une province à l’histoire très très catholique; je suis moi-même un catholique athée (hier, hrmmm). Et pourtant dans ce petit village qui somnole sous sa couette de flocons, des gens comme vous et moi bichonnent une petite niche, une moitié de baignoire disons, fichée devant leur maison et qui recèle une statue de la Vierge Marie, en bleu et blanc, très occidentale aryenne, qu’ils protègent l’hiver par une pellicule de plastique. Si c’est pas une manie, hrmmm? Et sur le fronton (le linteau?) est inscrit en grosses lettres lisibles de la rue : Je te salue Marie. Ils la tutoient! la mère du Seigneur, faut le faire. Et ils le montrent à tous, même aux touristes japonais qui passent à toute vitesse en prenant des photos! Je suppose que l’aspect liturgique de la religion s’apparente à une marotte, au sens de manie. Des gestes, des credos, des statuaires qu’on répète pour donner sens à nos vies. S’il y a un psychiatre dans le lot, il pourrait nous expliquer ça.
    Bientôt, je vous convie à une de mes marottes, les expressions idiomatiques québécoise, un régal pour tous ceux qui ont un sourire sur la langue. Y en a des pas pires! 🙂
  • #94
    Tricholome
    02/12/2018 à 01:59*
    Comme c'est le premier décembre, j'ai décidé de partir en grande (c’en est une!) et de vous donner ce qu'il y a de mieux dans notre florilège dialectal québécois. Ça vous fera des cadeaux de Noël pas chers. Alors, cette semaine on est sur le léxème CHIEN-NE avec une belle brochette d'expressions que vous vous amuserez à répéter (et même écrire) avec l'accent québécois en faisant attention aux mises en garde.
    AVOIR DU CHIEN
    C’est faire preuve de caractère, foncer.
    AVOIR LA CHIENNE
    Alors là, c’est pas pareil, c’est avoir peur; c’est faire preuve de pusillanimité, craindre une situation.
    LA CHIENNE À JACQUES
    Comme dans l’expression : être habillé comme la chienne à Jacques, c’est-à-dire à la va-comme-je-te-pousse, de traviole, sans recherche, de mauvais gout.
    CHIEN SALE
    Vilaine insulte qu’on réserve aux pires salopards. Souvent accompagnés de sacres augmentatifs comme : un hostie de chien sale. Ne se met pas au féminin. Une des pires insultes pour un homme. Utiliser avec modération s’il y a un Québécois dans la salle.
    UNE CHIENNE
    Encore là, attention! Très insultant pour une femme. Une hostie de chienne, la pire injure à faire à une femme qu’on déteste. Quelqu’un qui vous a trahi, abandonné, etc. Si on veut insister sur l’aspect de dévergondage, on dira (attention les oreilles, c’est du sérieux) : une hostie de truie. Mollo avec celle-là. Pour des Québécois, c’est la pire de toutes, le rouge de la honte qui monte aux lèvres.
    FUCKER LE CHIEN (se prononce comme phoque)
    Une sorte d’anglicisme qui serait l’équivalent de : ne rien foutre, se cantonner dans une médiocre oisiveté.
    Ben voilà pour cette première semaine
    N’oubliez pas que plusieurs de ces expressions sont offensantes, alors utiliser avec modération et des ami-e-s compréhensif-ve-s.
  • #95
    Tricholome
    02/12/2018 à 02:35*
    Dans me réflexions post-prandiales et après avoir commenté ces expressions québécoises, je ne peux m’empêcher de remarquer combien certaines sont sexistes et combien c’est le corps de la femme qui en fait le plus les frais. C’est pourtant un corps qu’on aime. Et c’est commun au trois quatre langues que je connais. On peut traiter quelqu’un de gland, en France, mais c’est pas méchant. Bon, y a couilles molles qu’est pas très gentil, mais pensez à CON, qui a même envahi le Québec. On se traite tous de CONS, de sales cons, de vieux cons; même Georges n’y avait pas pensé. Nos voisins américains n’ont que BITCH (chienne, biche…) à la bouche; et même CUNT, l'équivalent de notre CON. Tout ça c’est du mépris de ce qu’il y a de plus fondamentalement féminin en nous, notre triangle de panne, notre tablier de sapeur, la grotte obscure du désir 😕 , hrmmm? S’il y a un psychiatre dans le lot, il nous expliquera ça.
    Moi ça me gêne
  • #96
    Tricholome
    02/12/2018 à 03:53*
    Vous avez aimé Elpépé, il naviguait. Eh ben voilà un des plus beaux poèmes de navigation de la langue française. Elpépé va être content que je le lui dédie. De St-John Perse, un surnom de poète, bien sûr. Il s’appelait véritablement Alexis Léger! Hé, hé, pas assez lourd pour ses vers pondéreux. J’aimerais pouvoir écrire comme ça. C’est de ces poète-sse-s qu’on devrait faire des marottes, des statues, des catéchismes. Il m’interloque, me rend sinoque… ce premier vers pourrait être le dernier de toute la langue française. Voilà, un vers et c’est marre. Il a tout dit! Ou un dernier de dernier: Ils m’ont appelé l’Obscur et j’habitais l’éclat. J'écrase un pleur. Même Charlie B. aurait été impressionné, malgré son spleen.
    « Ils m’ont appelé l’Obscur, et mon propos était de mer.
    « L’Année dont moi je parle est la plus grande Année; la Mer où j’interroge est la plus grande Mer.
    « Révérence à ta rive, démence, ô Mer majeure du désir…
    « La condition terrestre est misérable, mais mon avoir immense sur les mers, et mon profit incalculable aux tables d’outre-mer.
    « Un soir ensemencé d’espèces lumineuses
    « Nous tient au bord des grandes Eaux comme au bord de son antre la Mangeuse de mauves,
    « Celle que les vieux Pilotes en robe de peau blanche
    « Et leurs grands hommes de fortune porteurs d’armures et d’écrits, aux approches de roc noir illustré de rotondes, ont coutume de saluer d’une ovation pieuse.
    « Vous suivrai-je, Comptables ! et vous Maîtres du nombre !
    « Divinités furtives et fourbes, plus que n’est, avant l’aube, la piraterie de mer ?
    « Les agioteurs de mer s’engagent avec bonheur
    « Dans les spéculations lointaines : les postes s’ouvrent, innombrables, au feu des lignes verticales…
    « Plus que l’Année appelée héliaque en ses mille et milliers
    « De millénaires ouverte, la Mer totale m’environne. L’abîme infâme m’est délice, et l’immersion, divine.
    « Et l’étoile apatride chemine dans les hauteurs du Siècle vert,
    « Et ma prérogative sur les mers est de rêver pour vous ce rêve du réel… Ils m’ont appelé l’Obscur et j’habitais l’éclat. »
  • #97
    DiwanC
    02/12/2018 à 04:10*
    • En réponse à Tricholome #95 le 02/12/2018 à 02:35* :
    • « Dans me réflexions post-prandiales et après avoir commenté ces expressions québécoises, je ne peux m’empêcher de remarquer combien certaines... »
    On se traite tous de CONS, de sales cons, de vieux cons; même Georges n’y avait pas pensé.

    Es-tu sûr ? C'est pourtant lui qui écrivait :

    Quand ils sont tout neufs,
    Qu'ils sortent de l'œuf,
    Du cocon,
    Tous les jeunes blancs-becs
    Prennent les vieux mecs
    Pour des cons.
    Quand ils sont d'venus
    Des têtes chenu's,
    Des grisons,
    Tous les vieux fourneaux
    Prennent les jeunots
    Pour des cons.
    Moi, qui balance entre deux âges,
    J' leur adresse à tous un message :
    Le temps ne fait rien à l'affaire,
    Quand on est con, on est con.

    Si tu veux l'écouter...
    🙂
    C'est lui aussi qui - d'accord avec ta réflexion : Tout ça c’est du mépris de ce qu’il y a de plus fondamentalement féminin - écrivait encore :

    Mais le pire de tous est un petit vocable
    De trois lettres pas plus familier coutumier
    Il est inexplicable il est irrévocable
    Honte à celui-là qui l'employa le premier
    Honte à celui-là qui par dépit par gageure
    Dota de même terme en son fiel venimeux
    Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
    Celui-là c'est probable en était un fameux.

    Tous ses mots sont là... et plus loin sont les notes : écoute...
  • #98
    Tricholome
    02/12/2018 à 04:37
    • En réponse à DiwanC #97 le 02/12/2018 à 04:10* :
    • « On se traite tous de CONS, de sales cons, de vieux cons; même Georges n’y avait pas pensé.
      Es-tu sûr ? C'est pourtant lui qui écrivait :... »
    Oui, il s'est racheté en quelque sorte à une époque où on pouvait gifler les femmes et battre les enfants. Pas que je sois plus féministe que le pape 🙂, mais bon, Georges était un peu en avance sur son époque; et il est même en avance aujourd'hui. Quand des jeunes (des ados allumés) le découvrent vraiment, à le vraiment écouter, ils me disent: Le bonhomme était en avance sur son temps.
    Hrmmm, je crois qu'il devrait dormir avec Rabelais et Charlie B. et une poétesse aux seins lourds de vers qui pardonnent.
  • #99
    DiwanC
    02/12/2018 à 04:45*
    • En réponse à Tricholome #96 le 02/12/2018 à 03:53* :
    • « Vous avez aimé Elpépé, il naviguait. Eh ben voilà un des plus beaux poèmes de navigation de la langue française. Elpépé va être content que... »
    Même Charlie B. aurait été impressionné, malgré son spleen.

    Impressionné C. B. ?
    Homme libre, toujours tu chériras la mer !
    La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
    Dans le déroulement infini de sa lame,
    Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

    😛
  • Tricholome
    02/12/2018 à 04:54*
    Et puisque on a parlé de la Vierge Marie pour expliquer la marotte, il ya aussi cette double interprétation de Georges Brassens qui utilise deux versions poétiques : Francis Jammes (Je vous salue Marie) et Aragon, pour sa célébre chanson : La prière.
    Pour en savoir plus à ce sujet, voyez : http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=34&%23