Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une sensibilité d'écorché vif [exp]

une sensibilité excessive ; une sensibilité exacerbée

Origine et définition

On sait qu'écorché est un adjectif qui désigne un être dépouillé de sa peau, comme un lapin avant qu'il soit consommé, par exemple. Et pour peu que cet écorchage se fasse alors que l'être en question est vivant, on obtient un écorché vif.
Alors maintenant, prenez un bonhomme quelconque parfaitement vivant et arrachez-lui la peau par n'importe quel moyen à votre convenance.
Ensuite, caressez-lui n'importe quelle partie du corps ainsi mise à nue, ou bien versez-y un peu de sel. Vous constaterez aisément que l'écorché vif hurle alors très facilement de douleur (là où un peu de sel versé sur une peau normale ne provoque rien, en comparaison).
On en déduit facilement que l'écorché vif est extrêmement sensible. Ce qui suffit, par une comparaison plutôt horrible, à expliquer qu'on dise de quelqu'un d'excessivement sensible, qui réagit beaucoup trop à ce qu'il prend pour des agressions ou aux souffrances des autres, qu'il a une sensibilité d'écorché vif.
À ceux pour qui cette image serait trop désagréable, on peut heureusement l'atténuer en pensant aux sens figurés plus doux du verbe 'écorcher' qu'on trouve dans des locutions comme "écorcher un mot" ou "écorcher les oreilles".

Exemples

« Mirbeau, une fois de plus, parle en connaissance de cause parce que, doté d'une sensibilité d'écorché vif, il n'a jamais pu supporter la souffrance des hommes, et pas davantage celle des bêtes (il est très hostile à la chasse) »
Pierre Michel - Les combats d'Octave Mirbeau - 1993

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand eine Mimose un mimosa
Anglais to have the nerves l on edge avoir les nerfs à vif
Anglais to wear one's heart on one's sleeve porer son coeur on sa manche. Je sais ça ne veut rien dire comme cela
Anglais (USA) a raw sensibility ; to have raw nerves une sensibilité à vif ; avoir les nerfs à vif
Anglais (UK) Being too sensitive Être trop susceptible
Espagnol (Espagne) tenir els nervis a flor de pell avoir les nerfs à fleur de peau
Espagnol (Espagne) una sensibilidad a flor de piel une sensibilité à fleur de peau
Français (Canada) avoir la couenne mince
Hongrois mimóza mimosa
Latin sensitivo ad abrasiones sensible à l'abrasion
Néerlandais een prinses op de erwt une princesse sur le pois
Néerlandais snel op zijn teentjes getrapt zijn être vite écrasé sur ses petits orteils
Néerlandais (Belgique) een kruidje-roer-mij-niet une sensitive
Néerlandais een gevoel alsof je levend gevild wordt une sensibilité d'écorché vif
Néerlandais (Belgique) lange tenen hebben avoir de longs orteils
Polonais mimoza / nadwrażliwiec un mimosa
Portugais (Brésil) estressado ; ansioso stressé ; anxieux
Portugais (Brésil) sensibilidade à flor da pele sensibilité à fleur de peau
Roumain o mimoză une sensitive (Mimosa pudica)
Roumain să nu-l atingi nici c-o floare ne le toucher pas, même avec une fleur
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Voir aussi

Variantes

  • Une sensibilité d'égorgé vif

Commentaires sur l'expression « une sensibilité d'écorché vif » Commentaires

  • #1
    <inconnu>
    04/11/2009 à 04:36*
    À ceux pour qui cette image serait trop désagréable
    … Surtout avant leur petit déjeg… Ne pas regarder cette page
    Gamin, neuf ans, avec deux affreux jojo de mon âge, nous posions des collets pour attraper des lapins dans les dunes. C’était avant l’arrivée dévastatrice de la myxomatose dans le Pas-de-Calais et notre entreprise était si fructueuse que nous relâchions celles de nos prises qui n’étaient pas « à point ». Mais il y en avait moins sur les dunes communales que sur une chasse privée, sablonneuse aussi, un peu plus boisée et qu’aucune clôture ne séparait du territoire non gardé. Imaginez où nous choisîmes de poser nos collets ? Devinant que nous franchissions une « frontière » où un garde-chasse veillait. Il a eu vent de nos agissements et nous des siens à cause des traces dans le sol sableux. Cela ajoutait du piment à notre entreprise. Il a mis trois ans et quelques centaines de lapins capturés par nos soins avant de nous piéger, cela nous a valu deux cartouches de « balles-à-sel » dans les jambes. J’en garde un souvenir très cuisant au niveau de l’arrière des mollets et des cuisses. La suite ne manque pas de sel, sans balles. A suivre.
  • #2
    PHILO_LOGIS
    04/11/2009 à 06:52*
    Claude Levy-Strauss, un écorché vif, Vert avant l’heure, nous a quitté il y a quelques jours. Il nous faudrait plus nous inspirer de son oeuvre. Mesdames et messieurs les politicard(e)s et politicien(ne)s, devenez donc des personages politiques, c’est-à-dire engagés et responsables. Comme CLS*. Cela changerait notre Vie, notre Planète. Mais - je sais - nous ne vivons pas en Utopia...
    Allez, Filo, réveille-toi. Au boulot, pour pouvoir payer tes impôts, afin de financer une douche privée pour le petit Nicolas...
    * Ne pas confondre avec PLS, de l’Angola Gate... Autre folklore...
  • #3
    momolala
    04/11/2009 à 08:06
    Et si l’écorché vif n’était que celui qui se laissait voir au delà de son apparence, comme sur cette page ? C’est sans doute chose mieux admise aujourd’hui qu’aux temps pas très anciens où le conformisme s’imposait au nom de la "bienséance".
  • #4
    LeboDan_Ubbleu
    04/11/2009 à 12:33
    Mais qu’est-ce-que CHARLES attend (bonne fête Charles !!) pour ce manifester sur ce site en ce beau jour où on écorche les pots et les meaux (ou inversement je ne sais plus, hihihi).
    Manifestement le sujet n’inspire pas grand monde, ce qui ne m’étonne pas outre mesure!!!
    J’ai pour ma part toujours été très sensible à cette "douce" chose qu’est l’écorchement vif d’une personne. Je ne sais pas si je l’ai subit dans une vie passée, mais ça me donne de sérieux frissons dans le dos, rien que son évocation.
  • #5
    LeboDan_Ubbleu
    04/11/2009 à 12:34
    • En réponse à <inconnu> #1 le 04/11/2009 à 04:36* :
    • « À ceux pour qui cette image serait trop désagréable
      … Surtout avant leur petit déjeg… Ne pas regarder cette page…
      Gamin, neuf ans, avec de... »
    Est-ce que de recevoir du sel dans les fesses donne du plomb dans la tête ?
  • #6
    cotentine
    04/11/2009 à 13:05
    Mite_au_logis ... mythologie :
    Marsyas était un Silène de Phrygie. Il était prêtre et accompagnait la déesse Cybèle dans ses voyages.
    La déesse Athéna avait fabriqué une flûte avec des os de cerf et en avait joué lors d’un banquet. Les dieux furent charmés par sa musique, mais elle s’aperçut que les déesses Héra et Aphrodite se moquaient d’elle.
    S’étant vue dans le miroir d’un étang alors qu’elle en jouait, elle constata que son visage se déformait. Athéna en colère jette la flûte loin d’elle.
    Marsyas passant par là, trouve la flûte et essaie d’en jouer. Il s’aperçoit que la flûte joue toute seule la musique d’Athéna.
    Fier de sa trouvaille, il défie Apollon le dieu de la musique dans un concours à l’issue duquel le gagnant a tous les droits sur le vaincu. Apollon exige que Marsyas joue de la flûte à l’envers et chante en même temps, ce qui est bien sûr, impossible.
    Marsyas est perdant, et Apollon l’attache à un arbre et l’écorche vif. Le sang de Marsyas se répand et forme un fleuve qui prendra son nom. cette page
    Apollon suspend les restes de Marsyas devant l’entrée de la cabane où le concours a eu lieu pour servir de leçon à qui voudrait le provoquer.
    Et on dit que la musique adoucit les moeurs ! 😏
  • #7
    <inconnu>
    04/11/2009 à 13:25
    • En réponse à cotentine #6 le 04/11/2009 à 13:05 :
    • « Mite_au_logis ... mythologie :
      Marsyas était un Silène de Phrygie. Il était prêtre et accompagnait la déesse Cybèle dans ses voyages.
      La dé... »
    « Il était prêtre et accompagnait la déesse Cybèle dans ses voyages ».
    Ah je ris de me voir Cybèle dans mes voyages
    La Castafiore
  • #8
    ThanhBach
    04/11/2009 à 13:31*
    °
    Après les pots de fleurs de la Toussaint
    (Ach ! Notre-Dame de la gare de Lyon-Bercy, Bercy Matronne of course, pensez pour nous tous, en pleine crise, nous qui avons la sensibilité à fleur de peau, surtout après le bouclier fiscal pour les pauvres trop trop riches contribuables, qui nous a coûté, nous coûte et mille fois hélas nous coûtera, au moins 11 000 000 000 d’euros PAR AN, ad vitam aeternam)

    la fleur de peau de God (et du contribuable à merci) !
    °
    En passant,😄 bien le bonjour à momolala, file-au-logis, cotentine and co.
    Je m’en vais alors, clopin-clopant, me préparer un nième expresso - sans "i" ni sucre svp, aujourd’hui 80% d’arabica de Monterrey, Vuelta Abajo, et 20 % de robusta de Bahia do Brasil, senteur de puros mâtinée de sueur de bacchianeras . C’est extra, c’est extra, Férré-ment.
    Ach l Il faut bien ça, pour la TP, un casse-tête qui nous coûte la peau ... des yeux (nouvelle expression, mutante et mixante, hein, piloute !)
    °
    Ach ! Que la fie est pelle, mais si injuste, hein piloute, quand-même ...
    °
    PS - "Tu ne faucheras point le roseau meurtri et n’éteindras point la mèche qui vacille" Isaïe 42
    In peto ... à tous ceux qui souffrent, bien plus qu’à fleur de peau, en attendant leurs prochains impôts, sans aucune fleur, en forme de bouclier ou de couronne social !
    FX(-1)
  • #9
    <inconnu>
    04/11/2009 à 13:37
    « La déesse Athéna avait fabriqué une flûte avec des os… »
    Damned ! Mon inculturation me joue des tours !
    Je croyais que Athéna fabriquait des slips pour homme. Quant à souffler dans la flûte à ce point et de la prendre pour un os, c’est que Monsieur était en forme.
    Je vous le dis, la vie n’est qu’une dure lutte.
  • #10
    <inconnu>
    04/11/2009 à 13:49
    « …arrachez-lui la peau par n’importe quel moyen à votre convenance.
    Ensuite, caressez-lui n’importe quelle partie du corps ainsi mise à nue, ou bien versez-y un peu de sel… »
    Tant qu’à toucher aux raffinements des plus subtils, autant utiliser de la fleur de sel pour les écorchés vifs qui ont une sensibilité à fleur de peau.
    Le paludier de Guérande
  • #11
    Paracas
    04/11/2009 à 15:41
    Les écorchés vifs ont très souvent une grande sensibilité.............comme les regrettés Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Barbara, Léo Ferré, Serge Reggiani...............et tant d’anonymes...........
  • #12
    <inconnu>
    04/11/2009 à 15:52
    Ls écorchés vif ont beoin de se penser, de se repenser sans cesse.
  • #13
    SyntaxTerror
    04/11/2009 à 15:55
    Tous ceux qui ont tâté de la maçonnerie savent combien il est rapide de s’écorcher les mains sur un parpaing, nul besoin d’être comparé au lapin à qui on a complètement enlevé la peau. Il suffit de se mettre un peu de mortier frais sur les écorchures pour comprendre l’utilité des gants, le pH du mortier doit avoisiner 13 !
  • #14
    SyntaxTerror
    04/11/2009 à 16:21
    • En réponse à <inconnu> #9 le 04/11/2009 à 13:37 :
    • « « La déesse Athéna avait fabriqué une flûte avec des os… »
      Damned ! Mon inculturation me joue des tours !
      Je croyais que Athéna fabriquait d... »
    Je croyais que Athéna fabriquait des slips pour homme

    C’est ça.
    Et la déesse Ounderbra des sous-vêtements féminins.
  • #15
    SyntaxTerror
    04/11/2009 à 16:55
    • En réponse à <inconnu> #10 le 04/11/2009 à 13:49 :
    • « « …arrachez-lui la peau par n’importe quel moyen à votre convenance.
      Ensuite, caressez-lui n’importe quelle partie du corps ainsi mise à nue... »
    Le paludier de Guérande
    ou une jolie fleur dans une peau de vache.
  • #16
    deLassus
    04/11/2009 à 17:25
    Bonjour.
    Une petite récréation dans votre cultivé échange :
    cette page
    Comme toujours, sadique en diable, je me régale avec les fôtes d’ortografe dans les réactions de ces demoiselles...
  • #17
    cotentine
    04/11/2009 à 22:59
    • En réponse à Paracas #11 le 04/11/2009 à 15:41 :
    • « Les écorchés vifs ont très souvent une grande sensibilité.............comme les regrettés Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Barbara, Léo Ferré... »
    ou encore Guillaume Depardieu, Patrick Deweare, Anthony Perkins, etc ...
    et je ne vais pas énumérer tous les chanteurs qui me semblent ... à fleur de peau qu’ils soient peu connus comme Cyril Roche cette page ou un peu plus comme le slameur Fabien Marsaud, plus connu par son nom de scène "Grand corps malade" (à cette page on peut l’écouter à satiété) ... et tant d’autres !
  • #18
    <inconnu>
    04/11/2009 à 23:06
    Les corps chez Vif ont les doigts agiles et le cul entre deux plates formes...
    Voir cette page
  • #19
    ergosum
    21/12/2012 à 01:01*
    J’ai quand même un doute - God me pardonne - sur l’explication donnée par sa Magnifiscience.
    J’ai essayé de vérifier la réaction d’un écorché vif.
    J’ai pris un lapin, Comme il n’était pas d’accord, j’ai dû lui donner un bon coup de gourdin sur la tête. Après cela, il s’est tenu tout coi.
    Puis, j’ai pris mon couteau. Bon d’accord, je le reconnais, la lame a un petit peu dérapé, et lui a crevé un œil, que j’ai dû lui arracher. Comme il ne disait rien, j’ai pu le dépiauter tranquillement.
    Ensuite, j’ai caressé le bestiau, d’abord dans le sens du poil, que d’ailleurs il n’avait plus. Il n’a pas bronché.
    J’ai essayé à contre sens, pas un cri, pas même un tressaillement.
    J’ai essayé avec du sel, du poivre, du vinaigre, de l’acide chlorhydrique, la flamme d’un chalumeau... aucune réaction...
    J’en déduis donc que la sensibilité du lapin est logée dans sa fourrure.
    Je me demande maintenant si cette déduction peut être généralisée.
    Il va falloir que je vérifie avec ma femme... Je me doute que ça va être pareil... Je vais commencer par essayer de lui arracher son manteau de vison. Si elle n’est pas d’accord, je vais devoir lui donner... (voir plus haut, les préliminaires de l’expérience)
    Non ! Pour l’œil, j’insiste, c’était un accident !
  • #20
    DiwanC
    21/12/2012 à 03:49*
    • En réponse à ergosum #19 le 21/12/2012 à 01:01* :
    • « J’ai quand même un doute - God me pardonne - sur l’explication donnée par sa Magnifiscience.
      J’ai essayé de vérifier la réaction d’un écorch... »
    Voilà une idée qu’elle est bonne : le coup violent sur la tête ! Ça doit limiter voire supprimer complètement les couinements - acoustiquement désagréables tant pour l'écorcheur que pour le voisinage - que ne manquent pas de pousser les écorchés vifs.
    L’inventivité des hommes pour arriver à leurs fins est stupéfiante. Voici sur cette page quelques manières du temps passé qui permettaient d’obtenir un bel écorché bien à vif.

    Suis l’écorcheur des Lilas
    Le gars qu’on croise et qu’on ne regarde pas...
    Je fais des trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous.

    🙂
    Oui, je sais : à l’heure du petit déjeuner, cela peut être légèrement incommodant… mais l’expression à commenter n’est-elle pas elle-même quelque peu barbare ? Hmmm ?
    Que la volonté de God soit faite, s’ pas ! Voici un écorché vif : 😡