Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

revenir de Pontoise [v]

avoir l'air confus ; être troublé ; ne pas comprendre ce qui se passe ; vivre dans une grotte ; avoir l'air ahuri ; sembler hébété ; n’être pas au fait de ce que tout le monde sait ; s’ébahir de tout ce qu’on entend

Origine et définition

Pontoisiennes, Pontoisiens, est-ce que les gens que vous visitez hors de votre commune vous disent que vous avez l'air ahuri ? Parce que l'expression du jour est dans la même veine que "il vient de Pontoise" qui veut dire "il a l'air hébété (voire abruti)".
Différents auteurs ont cherché à donner une explication historique à cette expression argotique bizarre (pourquoi Pontoise au lieu de Magnac-Laval, Brie-Comte-Robert, Marly-Gomont ou le Monteil-au-Vicomte, par exemple ?).
Ainsi, on trouve pêle-mêle les origines suivantes :
* En 1634, une grave épidémie décima la majeure partie des habitants de Pontoise. Alors forcément, les rares qui en réchappèrent eurent l'air très étonnés et troublés d'être encore en vie lorsqu'ils rencontrèrent des gens hors de la ville, ne sachant expliquer pourquoi ils n'y étaient pas morts.
* Entre 1652 et 1753, le parlement de Paris fut, sous des règnes et pour des raisons divers, exilé trois fois à Pontoise. Alors les gens qui revenaient de là-bas étaient assaillis de questions du genre "qu'a-t-il été dit à Pontoise ?" et, décontenancés par le flux de questions venues d'interlocuteurs variés, ne savaient plus quoi y répondre.
Mais, sachant qu'il existait aussi l'expression "avoir l'air de revenir du Congo" ou bien "avoir l'air de revenir de l'autre monde" pour désigner quelqu'un qui semblait avoir perdu le contact avec le monde civilisé ou qui n'était au courant d'un fait pourtant connu (donc quelqu'un ayant l'air troublé ou ahuri), il est probable que la véritable origine vient tout simplement d'un jeu de mots basé sur l'adjectif 'pantois' ou 'pantoise'.

Compléments

A moins qu'au lieu d'un jeu de mot, cela vienne d'une mauvaise interprétation de la part d'un mal-entendant et qui ne serait pas tombée dans l'oreille d'un non-entendant.
C'est vrai, sachant que le professeur Tournesol est sourd comme un pot, Hergé aurait pu imaginer le bout de dialogue suivant :
La Castafiore, avec un air très étonné (mais pas celui des bijoux, bien sûr) : "Vous savez quoi ? J'en suis toute pantoise !"
Tryphon : "Ah vous revenez de Pontoise !"

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand blöd aus der Wäsche schauen faire une drôle de tête immergeant de sa chemise
Allemand er guckt wie ein Mondkalb il regarde comme un veau lunaire
Anglais to have been wool-gathering avoir été cueillir de la laine
Bulgare като паднал от небето comme tombé du ciel
Espagnol (Argentine) estar en la luna être dans la lune
Espagnol (Argentine) estar más perdido que Adán en el día de la madre être plus confus qu'Adam lors de la fête des mères
Espagnol (Argentine) estar más perdido que turco en la neblina être plus egaré qu'un turc dans le brouillage
Espagnol (Espagne) estar en Babia être dans la lune/absent
Espagnol (Espagne) estar en el limbo être dans les limbes
Espagnol (Espagne) estar pensando en las mÉtats-Unisrañas penser aux mÉtats-Unisraignes
Espagnol (Espagne) je proppose aussi dans le même registre, mais avec une nuance : Estar en Babia être dans la lune ou Être absent
Espagnol (Espagne) parece alelado il a l'air ahuri
Espagnol (Espagne) quedarse pasmao/tener cara de pasmao rester médusé
Français (Canada) as-tu vu le diable ?
Français (France) il est entre Gaillac et Rabastens
Néerlandais (Belgique) van de stomme geslagen zijn être battu par le muet
Néerlandais als een donderslag bij heldere hemel comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu
Néerlandais het in Keulen horen donderen entendre le tonnerre en Cologne
Néerlandais in de bonen zijn être dans les haricots
Néerlandais in de mist zijn être dans le brouillard
Néerlandais van het padje af zijn avoir quitté le petit chemin
Polonais wyglądać jakby się spadło z księżyca avoir l'air de tomber de la lune
Portugais (Brésil) estar mais perdido do que cego em tiroteio être plu perdu qu'un aveugle au milieu d'un échange de tirs
Roumain a fi căzut din lună être tombé de la lune
Roumain a fi de pe altă lume être d'un autre monde
Roumain parc-ai fi c?zut din pom/copac comme tombé de l'arbre
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « revenir de Pontoise » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « revenir de Pontoise » Commentaires

  • #21
    chirstian
    04/12/2006 à 12:34
    les étudiants Chinois de Formose* chantent "à tue-tête" (c’est à dire de façon des bridés) la chanson suivante:
    "revenant de Pontoise,
    la digue du chose
    revenant de Pontoise
    la digue du chose
    de Pontoise à Formose
    la digue, la digue,
    de Pontoise à Formose
    la digue du chose..."
    (*comme chacun sait ,les Chinois de Formose sont de grands enfants, qui ont le sens du rythme )
  • #22
    Elpepe
    04/12/2006 à 13:06*
    • En réponse à chirstian #21 le 04/12/2006 à 12:34 :
    • « les étudiants Chinois de Formose* chantent "à tue-tête" (c’est à dire de façon des bridés) la chanson suivante:
      "revenant de Pontoise,
      la... »
    La suite ? La voilà :
    La digue du chose
    j’rencontre une Pékinoise (bis)
    qui m’sort son bouton d’rose
    la digue la digue
    qui m’sort son bouton d’rose
    la digue du chose.
    A toi pour le couplet suivant.
  • #23
    chirstian
    04/12/2006 à 13:45
    • En réponse à Elpepe #22 le 04/12/2006 à 13:06* :
    • « La suite ? La voilà :
      La digue du chose
      j’rencontre une Pékinoise (bis)
      qui m’sort son bouton d’rose »
    la digue du chose
    j’vous dirais bien la suite (bis)
    oui, mais, voilà : je n’ose
    la digue la digue etc...
  • #24
    momolala
    04/12/2006 à 13:47
    Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
    En allant à Pontoise, chanson réaliste
    Au long de l’Oise, sur le lé
    Jeanne allait à la foire.
    L’avait d’la paille à ses souliers
    Dans son panier des poires.
    Où vas-tu donc si bon matin
    Ton fichu sur la tête
    Et ta mante sur les reins ?
    Foutredi quelle belle bête !
    M’en viens d’Beaumont, passe par Auvers
    Pour aller à Pontoise.
    M’arrêterai peut-être à Asnières
    Qui est au bord de l’Oise.
    J’vendrai mes poires juteuses à souhait
    A quelque ménagère
    Et pis le soir m’en reviendrai
    En passant la barrière.
    Allons la fi, reste donc ici
    Viens-t-en dans la remise
    J’ai des belles poires juteuses aussi
    Au chaud dans ma chemise !
    Adam de l’Isle que l’on m’appelle
    D’ici jusqu’à Cormeilles.
    Avec toi je sens bien ma belle
    Que je vais faire merveille !
    Tu en resteras toute ébaubie
    Sans aller à Pontouaise
    D’où l’on revient l’air ahuri
    Sans avoir pris ses aises….
  • #25
    borikito
    04/12/2006 à 14:05
    • En réponse à momolala #24 le 04/12/2006 à 13:47 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
      En allant à Pont... »
    Je n’en reviens pas (et pas même de Pontouaz) !
    J’en reste sulku !
    Chapo-momo
  • #26
    Elpepe
    04/12/2006 à 14:05
    • En réponse à momolala #24 le 04/12/2006 à 13:47 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
      En allant à Pont... »
    c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !

    Ah ! Bon, tu vois, God, deux, c’est déjà un attroupement, limite manif, moi je dis... Va falloir trouver une soluce, avant que la concurrence occupe le créneau, hein ?
  • #27
    God
    04/12/2006 à 14:12
    • En réponse à momolala #24 le 04/12/2006 à 13:47 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
      En allant à Pont... »
    Je m’insère ou je m’insinue

    Y’a aussi "je m’incinère", pour certains pratiquants de l’auto-barbecue.
    @26 - Ok, je m’y colle ! Faut d’abord qu’on se voie pour établir le cahier des charges. Ensuite, une fois les analyses fonctionnelle et détaillée validées et vu la complexité de la chose, je planifie la livraison pour dans 150 mois environ.
  • #28
    Elpepe
    04/12/2006 à 14:29*
    • En réponse à God #27 le 04/12/2006 à 14:12 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue
      Y’a aussi "je m’incinère", pour certains pratiquants de l’auto-barbecue.
      @26 - Ok, je m’y colle ! Faut d’abord... »
    Ben tu vois, quand tu veux... Bon, c’est tout simple : tu nous trouves un éditeur de partoches en open source sur le web, pas chiant à écrire dessus, tu le colles dans un coin d’Expressio, tu rajoutes une petite icône "note de musique" à la place du trombone dont personne ne peut jouer, un lien haddock entre les deux, et voilà le travail ! Que c’est toi, l’informaticien, nom de God !
    Que n’ensuite, l’auteur-compositeur peut écrire sa partoche, et les autres la lyre lire. C’est tout bête ! 🙂
    A tous les Expressionautes : je l’aurai, un jour... je l’aurai !
  • #29
    chirstian
    04/12/2006 à 14:43
    "l’air de revenir de Comtoise" , c’est en... faire une pendule , non ?
  • #30
    eureka
    04/12/2006 à 14:44
    • En réponse à Elpepe #20 le 04/12/2006 à 12:10 :
    • « Sans vouloir ergoter
      Il est étonnant de voir avec quelle retenue, en ce jour d’hui, on enfile les mouches par derrière, God. Que se passe-t... »
    Métamorphosés en boeuf d’Âne qu’ils sont, devant une fée qu’a l’air de revenir de Pontoise
  • #31
    chirstian
    04/12/2006 à 15:15
    • En réponse à momolala #24 le 04/12/2006 à 13:47 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
      En allant à Pont... »
    ce petit ajout, avec l’expressio de mon admiration :
    la belle Jeanne lui répondit :
    Adam tu es une nouille !
    C’est pas avant les 4 jeudis
    que j’te vid’rai les c...
    J’vais pas t’faire la brouette chinoise
    aujourd’hui c’est trop tôt :
    c’est "l’air de rev’nir de Pontoise"
    le sujet d’Expressio !
    Mais j’te promets, que si un jour
    God prône la luxure
    on essayera, mon bel amour
    mille et une postures...
  • #32
    eureka
    04/12/2006 à 15:16
    • En réponse à God #9 le 04/12/2006 à 08:42* :
    • « Le Grand Robert et le Littré citent ’pantoise’. Le Robert indique qu’il est d’un usage rare. Le TLFI précise "Les dictionnaires de l’Académi... »
    Il pose le blème et s’barre. L’attend même pô, l’explication, or la voila:
    c’étaient ces habitants frappés par l’épidémie, dont la populace indemne voulait se débarrasser sans en approcher becoz la contamination, et qu’elle huait "Pends-toi, Pends-toi" à çui qu’ avait la force d’à peine lever la tête sur la place de la commune de Pont-Oie, bien connue pour ses foies gras (jadis). Rongés par le mal, ces pauvres hères étaient hébétés qu’on leur demandât de se zigouiller au lieu d’affréter le coche du SAMU à leur secours. Tellement pantifiés, qu’on les surnomma les Pantois de Pont-Oie, et le village devint Pont-Oie des Pantois.
    On le changea plus tard par arrêté municipal, et en l’honneur de sa Maire, seule femme à en réchapper et longtemps hébétée par le miracle. On féminisa donc Pantois, et la commune devint Pont-Oie de la Pantoise.
    Voulant plaire à ses rescapés d’administrés Pantois touchés comme elle, la mère Maire décida de rebaptiser Pont-Oie de la Pantoise par abréviation pour en faire Pontoise tout court (en collant le pont de l’un à la toise de l’autre). L’adjectif pantois(e) est définitivement agrée ; il sera universalisé et touchera tout être, frappé de confusionnite. En venir ou en revenir on en est pas moins Pantois.
  • #33
    eureka
    04/12/2006 à 15:20
    • En réponse à <inconnu> #7 le 04/12/2006 à 07:53 :
    • « Juste une remarque concernant l’adjectif pantois: il me semblait que dans le temps, cet adjectif n’existait qu’au masculin. Pas de pantoise... »
    @7 plutôt, God a pas b’zouin de ça, il sait tout !!
  • #34
    momolala
    04/12/2006 à 15:23
    • En réponse à chirstian #31 le 04/12/2006 à 15:15 :
    • « ce petit ajout, avec l’expressio de mon admiration :
      la belle Jeanne lui répondit :
      Adam tu es une nouille !
      C’est pas avant les 4 jeudis »
    Merci Chirstian ! et voilà une oeuvre collective bien troussée ! 🙂
  • #35
    momolala
    04/12/2006 à 15:25
    • En réponse à eureka #32 le 04/12/2006 à 15:16 :
    • « Il pose le blème et s’barre. L’attend même pô, l’explication, or la voila:
      c’étaient ces habitants frappés par l’épidémie, dont la populace... »
    quelle leçon d’histoire et de morale ! On est bien, sur Expressio !
  • #36
    <inconnu>
    04/12/2006 à 15:39
    • En réponse à momolala #24 le 04/12/2006 à 13:47 :
    • « Je m’insère ou je m’insinue, je vous laisse le choix. Mais c’est quand même vrai qu’il manque un éditeur de partoches ici !
      En allant à Pont... »
    Bâh, ’lors lâ, qu’ajouter ? Reste plus qu’aux pauvres mortels d’aller se coucher prématurément...
  • #37
    <inconnu>
    04/12/2006 à 15:46
    Petit avertissement : méfiez-vous de celui qui vous dit "revenir de port-au-Prince", c’est sûrement un zombi (la mouche) !!! 😮
  • #38
    Jonayla
    04/12/2006 à 15:52
    • En réponse à eureka #32 le 04/12/2006 à 15:16 :
    • « Il pose le blème et s’barre. L’attend même pô, l’explication, or la voila:
      c’étaient ces habitants frappés par l’épidémie, dont la populace... »
    C’est tellement bien ficelé que j’en reste sans voix.
    Bonne soirée tout le monde !
  • #39
    SyntaxTerror
    04/12/2006 à 16:05
    • En réponse à <inconnu> #10 le 04/12/2006 à 09:07 :
    • « Apparemment, la formation argotique : verbe+préposition+nom de lieu présentant une similitude avec le référent n’est pas rare en argot. On a... »
    Ca me disait à peu près la même chose :
    "aller à Versailles" pour "verser".
    Dans le même genre nous disons "il ne connaît rien, il est d’Amiens", ça pourrait donner "elle est niaise, ell’ est d’Pontouaise" avec l’accent parisien. Avec l’accent picard, ce serait plutôt "Pontou-ose" ce qui ne veut plus rien dire.
    A noter qu’il existe un autre Pontoise (un pont sur l’Oise) plus au Nord du côté de Noyon.
    Il est tellement connu, que ce ne doit pas être celui-là dont il est question.
    J’ai eu l’occasion de travailler à Port-au-Prince, je n’ai pas vu le prince.
  • #40
    eureka
    04/12/2006 à 16:46
    • En réponse à momolala #34 le 04/12/2006 à 15:23 :
    • « Merci Chirstian ! et voilà une oeuvre collective bien troussée ! 🙂 »
    tu crois pas si bien dire Momo, pour êt’troussée, elle bien troussée c’te belle oeuvre collective !! Voilà qu’on fait dans le X light mainan !! Y a pas photo (mais y a photo compromettante...), l’illumination vient de là