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avoir les deux pieds dans le même sabot [v]

être embarrassé ; être incapable d'agir ; être passif ; ne pas faire preuve d'initiative

Origine et définition

Faites une tentative très simple : prenez une chaussure du double de votre taille normale en largeur -cherchez bien, ça peut se trouver, surtout si vous chaussez petit-, mettez-y vos deux pieds ensemble, puis tentez d'attraper votre chat.
De trois choses l'une : soit vous n'avez pas de chat et vous ne risquez pas grand chose, soit vous avez à portée de main quelque chose où vous raccrocher avant de prendre une gamelle, soit vous vous étalez superbement par terre.

Car, au cas vous ne l'auriez pas déjà compris avant même de tenter l'expérience, vous êtes fait pour avancer en déplaçant vos pieds l'un après l'autre, pas les deux en même temps.
Vos pieds accolés ensemble vous embarrassent sérieusement, vous rendent inaptes à une action mobile, sauf, peut-être, à un de ces jeux hautement intellectuels comme la course en sac, par exemple.

Il n'en a pas fallu beaucoup plus pour qu'un type qui se croyait perspicace imagine un jour cette expression avec le premier sens indiqué.

Bizarrement, on ne trouve des traces écrites de l'utilisation de cette expression qu'au XXe siècle, alors que l'usage des sabots était déjà en large perte de vitesse. C'est pourquoi certains lexicographes supposent qu'elle est tout de même antérieure.

Le deuxième sens proposé est une simple extension du premier, celui qui est incapable d'agir pouvant aussi, quand on ne connaît pas la cause de son inaction, être pris pour quelqu'un de passif ou manquant d'initiative.

Souvent employée sous une forme négative ("ce bonhomme-là, monsieur, il est loin d'avoir les deux pieds dans le même sabot"), l'expression désigne alors une personne énergique, dynamique.

Compléments

S'utilise souvent en négatif pour être positif -> ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot veut dire être dynamique, prendre des initiatives,

Exemples

« (...) elle était revenue du périple en mer, avait acheté la plupart des maisons du coin, rebâti puis vendu plusieurs gîtes, car elle n'avait pas les deux pieds dans le même sabot, et tout marchait mieux pour elle, depuis qu'elle était seule. »Marie Thenocent - Au-delà du souvenir

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemandem sind die Hände gebunden avoir les mains ligotées
Anglais (USA) lack initiative manquer d'initiative
Anglais (USA) to be hog-tied être ligoté comme un porc
Anglais (USA) to have one's hands tied avoir les mains ligotées
Arabe (Algérie) اتربط (ettarbatt) il s'est noué
Espagnol estar atado de pies u manos être attaché des pieds et des mains
Espagnol (Espagne) estar atado de pies y manos être pieds et poings liés
Espagnol (Espagne) estar de brazos cruzados / Quedarse de brazos cruzados rester les bras croisés
Espagnol (Espagne) tener las manos atadas avoir les mains attachées
Français (Canada) avoir les deux pieds dans la même bottine
Italien avere due piedi in una staffa avoir deux pieds dans un étrier
Italien avere il piede in due scarpe avoir un pied dans deux chaussures
Italien tenere due piedi in una scarpa tenir deux pieds dans la même chaussure
Italien tenere il piede in due staffe tenir le pied dans deux étriers
Néerlandais twee linkerhanden hebben avoir deux mains gauche
Néerlandais aan handen en voeten gebonden zijn être lié pieds et mains
Néerlandais in de knoop zitten être dans le noeud
Néerlandais als aan de grond genageld - uit het lood geslagen comme cloué au sol - être battu au point d'avoir perdu sa position perpendulaire
Portugais (Brésil) estar com as mãos atadas être avec les mains attachées
Portugais (Brésil) meter os pés pelas mãos mettre les pieds aux mains
Portugais (Brésil) ser uma mosca morta être une mouche morte
Roumain a fi o pulă bleagă être une bite flasque
Roumain a nu ave vână ne pas avoir de la fibre
Roumain a nu avea sânge în instalaţie ne pas avoir du sang dans l'installation
Roumain împiedicat les pieds attachés (comme un cheval)
Roumain moale ca o mamaliga molle comme une polenta
Turc İki ayağı bir pabuca girmek
Turc i̇ki ayağını bir pabuca sokmak mettre ses deux pieds dans la même chaussure
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « avoir les deux pieds dans le même sabot » Commentaires

  • deLassus
    19/03/2024 à 12:59*
    Autre chose... God nous dit :
    Bizarrement, on ne trouve des traces écrites de l'utilisation de cette expression qu'au XXe siècle

    Que nenni, Votre Divinité ! On trouve cette expression dans le journal La Feuille de tout le monde (31/10/1861) :
    Cette page. Zoom aux 2/3 de la colonne 2.
  • atheofv
    05/12/2024 à 07:15
    Et voilà nous sommes sans gouvernement...
    Je propose donc d'y remédier :

    God comme premier sinistre inamovible.
    DeLassus à la recherche.
    Syntax à la santé (mais non ! pas à la prison !)
    Clytocibe au ministère de la culture. (de champignons)
    BicheM au ministère de la condition féminine et des veuves belges.
    Joseta ministre des Français à l'étranger. (l'est pas français ? Tant pis on envahit la Catalogne)
    Lady Bellule aux affaires étrangères. Ambassadrice auprès du clown républicain.
    Atheofv comme ministre des cultes et des armées Le sabre et le goupillon (J'ai fait la campagne de 68)
    on aurait bien mis DiwanC aux finances, mais on a plus un rond et on ne la voit plus

    Et on va leur montrer qu'on a pas les deux pieds dans le même sabot.
  • joseta
    05/12/2024 à 08:09
    QUI SUIS-JE ? nº423

    Je suis un compositeur et chef d’orchestre français
    - je joue un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la scène lyrique française, adaptant le naturalisme d’Émile Zola à la musique
    - j’entre au Conservatoire de Paris en 1873, où j’étudie le violoncelle avec Auguste-Joseph Franchomme, l’harmonie avec Augustin Savard et la composition avec Jules Massenet
    - je joue pour les ‘concerts Pasdeloup’, et je commence bientôt à composer, écrivant une cantate, qui me permet de remporter le second prix de Rome
    - je mène une carrière de critique musical au Gil Blas (1892-1895), puis au Figaro et au Matin
    - en 1903 et 1904, je suis le premier chef à l’Opéra-Comique
    - en 1900 je suis nommé membre du Conseil supérieur du Conservatoire de Paris, et en 1909, je deviens inspecteur de l’instruction musicale à la place d’Ernest Reyer
    - je fais des tournées en Russie, en Angleterre, en Espagne et aux Pays-Bas, au cours desquelles je dirige mes oeuvres
    - j’ai écrit des symphonies (1884, 1886) et, en 1887, mon premier opéra
    - l’année suivante je fais la connaissance d’Émile Zola; nous entamons une amitié et une collaboration qui allaient durer près de quinze ans (jusqu’à la mort de l’écrivain). En 1891, je compose un opéra inspiré d’un roman de Zola (le titre est le même). Dans les années suivantes, Zola me fournit le sujet de plusieurs ouvrages: 1893, 1897 il écrit luimême le livret-, 1901, 1905
    - parmi d’autres opéras, on peut citer un drame lyrique en un acte (1903), puis d’autres oeuvres: 1906, (pour la réouverture du Théâtre de l’Odéon), 1907, 1916
    - dans mes opéras, je me suis également inspiré d’Andersen (1923) et de Victor Hugo (1928)
    - mes pièces pour orchestre révèlent l’influence de Richard Wagner
    - mes autres oeuvres comprennent un requiem (1888), des pièces instrumentales ainsi que de nombreuses mélodies, (certaines sur des poèmes de Catulle Mendès
    - mon livre de souvenirs (1931) évoque mon amitié et ma collaboration fructueuse avec Émile Zola
    - distinctions: je deviens Chevalier de la Légion d’honneur, puis Officier et enfin Commandeur, ainsi que Commandeur de l’ordre de Saint-Charles; je fus également élu à l’Académie des beaux-arts, où j’ai succédé à Gabriel Fauré
    - hommages: une rue de Paris (16e arrondissement) porte mon nom, ainsi qu’une rue de Niort; à la Baule-Escoublac (Loire-Atlantique), c’est une avenue qui porte mon nom.
  • joseta
    05/12/2024 à 08:12*
    • En réponse à atheofv #142 le 05/12/2024 à 07:15 :
    • « Et voilà nous sommes sans gouvernement...
      Je propose donc d'y remédier :

      God comme premier sinistre inamovible. »
    Je trouve sabot...pardon, je trouve ça beau ! C'est le pied ! 🙂
  • Ratanak
    05/12/2024 à 09:09
    • En réponse à joseta #143 le 05/12/2024 à 08:09 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº423

      Je suis un compositeur et chef d’orchestre français
      - je joue un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la... »
    Avait-il des attaches à Agen ? 🙃
  • atheofv
    05/12/2024 à 09:10
    • En réponse à joseta #143 le 05/12/2024 à 08:09 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº423

      Je suis un compositeur et chef d’orchestre français
      - je joue un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la... »
    C'est bonnard comme disait Sylvestre.
  • SyntaxTerror
    05/12/2024 à 09:40
    • En réponse à Ratanak #145 le 05/12/2024 à 09:09 :
    • « Avait-il des attaches à Agen ? 🙃 »
    Non, il fait dans les ramettes A4.
  • atheofv
    05/12/2024 à 09:49
    • En réponse à SyntaxTerror #147 le 05/12/2024 à 09:40 :
    • « Non, il fait dans les ramettes A4. »
    Voilà une publicité à peine déguisée...
  • SyntaxTerror
    05/12/2024 à 12:54
    • En réponse à atheofv #148 le 05/12/2024 à 09:49 :
    • « Voilà une publicité à peine déguisée... »
    Au vu des prix hors taxes, je préfère aller chez le papetier situé à 10 minutes à pieds (dans des chaussures différentes) et effectuer le transport moi-même.
  • deLassus
    05/12/2024 à 14:33
    • En réponse à joseta #143 le 05/12/2024 à 08:09 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº423

      Je suis un compositeur et chef d’orchestre français
      - je joue un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la... »
    Gougueulisé.
    Jamais entendu parler avant...
  • Clitocybe
    05/12/2024 à 15:36*
    On vient de recevoir nos premiers 20 cm de neige et pour l'expresssion du jour, on dit: Avoir les deux pieds dans la même bottine. Mon père, RIP, me disait qu'il avait appris à faire des sabot avec des tarières et des gouges. Sabot qu"il portait avec de la paille pour amoindrir la rugosité. C'est quand même contre-intuitif de faire des chaussures en bois, mais bon quand on n'a pas de cuir... Et l'hiver, on peut toujours les bruler.

    Au 142, Atheofv m'a mis à la culture, une sage décision. Il s'est cependant arrogé la religion et l'armée. Il a de la graine de dictateur. Où va la France !!??

    Eh oui, c'est dommage que DiwanC ne soit pas de notre aréopage. Elle vit toujours, je crois.

    Image externe
  • joseta
    05/12/2024 à 16:37
    • En réponse à joseta #143 le 05/12/2024 à 08:09 :
    • « QUI SUIS-JE ? nº423

      Je suis un compositeur et chef d’orchestre français
      - je joue un rôle déterminant pour introduire le réalisme sur la... »
    JE SUIS
    Image externe
    Alfred BRUNEAU
    Paris,1857/1934
  • joseta
    05/12/2024 à 16:40
    • En réponse à joseta #152 le 05/12/2024 à 16:37 :
    • « JE SUIS
      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ec/Alfred_Bruneau.jpg
      Alfred BRUNEAU
      Paris,1857/1934 »
    Bruneau et sa femme au lit, en 1897...
    - Chérie, t'as pas écouté ma dernière oeuvre ?
    - mais si, dors...

    Quelle est cette oeuvre ?
  • SyntaxTerror
    05/12/2024 à 16:49*
    • En réponse à joseta #153 le 05/12/2024 à 16:40 :
    • « Bruneau et sa femme au lit, en 1897...
      - Chérie, t'as pas écouté ma dernière oeuvre ?
      - mais si, dors... »
    Le Tord-Boyaux !
  • atheofv
    05/12/2024 à 17:27
    • En réponse à joseta #152 le 05/12/2024 à 16:37 :
    • « JE SUIS
      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ec/Alfred_Bruneau.jpg
      Alfred BRUNEAU
      Paris,1857/1934 »
    Pour les amateurs de linguistique, il existe un autre Bruneau, mais dont le prénom est Charles.
    Il a eu la bonne idée au début du XXe d'enregistrer les patois des Ardennes françaises et belges sur des cylindres de cire.
    Ceux-ci sont conservés à la BNF et on peut les écouter sur Gallica.
    C'est assez incompréhensible, mais le bougre a traduit ses enregistrements !
    Je pense que ça vaut le détour.

    Charles Bruneau

    Il fut un temps où il était possible d'enregistrer ces voix.
    Mais pour je ne sais quelle raison obscure, ce n'est plus possible.
    A un salon du livre, j'en avais demandé la raison à Gallica, mais ils ne savaient pas d'où venait cette restriction.
  • Clitocybe
    05/12/2024 à 18:09*
    • En réponse à SyntaxTerror #154 le 05/12/2024 à 16:49* :
    • « Le Tord-Boyaux ! »
    Tord boyaux est écrit de plusieurs façon, mais jamais avec un S à Tord (et à travers). On se rappelera que Thor est aussi fils de sa mère Jord et de Óðinn, le chef des dieux. Il nous reste en anglais, tort, du vocabulaire d'avocasserie, du latin tortum, tordu.
    Je comprend cependant la confusion orthographique, les verbes du 3e groupe prenant un S à la première personnes.

    Dialogue entre Jord et Óðinn (à la Joseta)
    Óðinn: Le petit (Thor) braille.
    ⠇⠑⠀⠃⠑⠀⠃⠗⠁⠊⠇⠇⠑
    Jord: Ouais, un crevard de première qui me tète sans ménagement.
  • comte_arebours
    05/12/2024 à 18:31
    Les sourds et muets se parlent avec les mains, mais quand ils de disent des secrets mettent-ils des moufles ? Bonne question (et bonne soirée à tous)
  • SyntaxTerror
    05/12/2024 à 18:38
    • En réponse à Clitocybe #156 le 05/12/2024 à 18:09* :
    • « Tord boyaux est écrit de plusieurs façon, mais jamais avec un S à Tord (et à travers). On se rappelera que Thor est aussi fils de sa mère J... »
    Merci pour la leçon d'orthographe.
    Ne pas confondre avec cette autre spécialité française !
  • Clitocybe
    05/12/2024 à 19:13*
    • En réponse à comte_arebours #157 le 05/12/2024 à 18:31 :
    • « Les sourds et muets se parlent avec les mains, mais quand ils de disent des secrets mettent-ils des moufles ? Bonne question (et bonne soiré... »
    Voilà qui ouvre la porte à une question existentielle.

    Question : Parler avec les mains permet-il d'exprimer autant de nuances, disons de sentiments, que de parler oralement ou par écrit?

    Mon opinion de vx linguiste.

    1. La parole est sans doute la base de toute communication, mais elle est limitée par le vocabulaire courant (500 mots pour la plupart des mecs).
    2. L'écrit a beaucoup de vocabulaire, mais est privé d'émotions. Comment dire à quelqu'un qu'on l'aime en 500 mots?
    3. La langue des signes est limitée par la traduction, mais elle engage la proprioception, la langue primitive des sentiments. Les yeux, les mains, les doigts, les mouvements du bas-ventre disent tout. Et les lèvres...

    Réponse: Le langage corporel est certainement le meilleur moyen de déclarer votre amour de façon concrète. Pour une relation plus subtile, la poésie est la voie vers le cœur de la personne aimé. Quelques vers bien placés valent beaucoup de marivaudages et de simagrées.

    Un exemple chanté, un très beau poème pour dire à quelqu'un (une femme) qu'on l'aime. Une célébration aussi du français poétique où les mots ont la saveur de la chair qu'on désire; sans doute cette volupté qui nous a chassé du Paradis terrestre. Le français écrit a cette capacité de transformer un sentiment vulgaire en une pièce de joaillerie littéraire.

    La Dame de Bordeaux

    Delphine, Elminthe, Cydalise,
    Corinne, Mélissinde, Elise...

    Changent nos coeurs et vos prénoms
    Comme la couleur des saisons,
    Ta chevelure, dans la brise
    Des retrouvailles indécises.

    Reviendrai-je des Amériques
    De la Barbade ou du Congo
    Vers vous, la Dame de Bordeaux
    Amante des quarts nostalgiques
    Ma feuillantine en male mort
    Pourrais-je, mauvais jacobin,
    Jusqu'à la faucheuse d'aurore,
    Et même après, tenir ta main?
    Que tu naufrages, Virginie,
    Dans la baie des courtes vertus,
    Te sauverai-je, même nue,
    Comme un qui marche sur les flots?

    Reviendrai-je des Amériques,
    De la Barbade ou du Congo,
    Vers vous, la Dame de Bordeaux,
    Amante des quarts nostalgiques?

    Mon en-or, m'azur, ma Javotte,
    Mon soir d'avril après la pluie,
    Mon béryl, mon tendre péril,
    Ma très précieuse découverte,
    Pierre verte au creux des jeudis,
    Ma Mélusine, ma bellotte,
    M'ondine, ma coquelinotte,
    Mon vin du soldat, ma défaite,
    Ma victoire aussi, ma conquête,
    Dans les verts du parc Montsouris
    Que l'amour danse des gavottes
    Quand reviendront nos coeurs sur des places en fête!

    Et toutes les fois, toutes celles
    Où tu donnais aux tourterelles
    Alors que je quêtais ailleurs...
    Dites! m'en tiendrez-vous rigueur?

    Ma nostalgique, ma dévote;
    Ma romance d'une autre époque
    Ma Venise d'aventure
    Mon angélique de ribote
    Mes mains de fraîche communion
    Au bout des comptoirs équivoques
    Où l'amour ne dit plus son nom!
    Ma talentine, ma prison,
    Mes douze barreaux dans la poche,
    Mon étape au bout des maisons,
    Ma demoiselle dans sa tour,
    Ma seule à qui j'ose l'amour...

    Rappelez-vous cette saison
    Et vos dentelles à la brise
    D'avril, aux fontaines surprises
    Dans le reflet des frondaisons.

    Ah! je t'évoque et je t'invoque
    Mon muscadier sur l'Orénoque
    Marie, ma Vénus beauceronne
    Païenne dans Chartres, m'automne
    En des plaines si monotones
    Que le coeur s'y perdrait, je crois,
    Si tu n'étais ce coeur en croix
    Au carrefour des routes bonnes.
    Mon lilas blanc, ma capucine,
    Cathédrale d'où pérégrinent
    Tant de souvenirs en escorte
    Jusqu'aux murailles comtadines

    Rappelez-vous cette saison
    Et vos dentelles à la brise...
    Attendent-elles encore aux portes
    De cette ville sarrasine,

    Nos amours mortes? Ah! qu'elles vivent! qu'elles vivent!
    Et que renaisse au long du fleuve
    La cytise et la joie promise
    Et que cette chanson t'émeuve!
    J'eusse écrit d'amour comme on chante
    Si je savais encor ce chant,
    Mais l'air s'en oublie quand il vente.
    Est-ce ma faute si l'autan
    Et les bourrasques d'un printemps
    Ne m'en ont laissé que l'andante?...

    Ursule, Coralie, Clémente,
    Sylvie, Delphine, Violante...
  • Ratanak
    05/12/2024 à 20:28
    • En réponse à Clitocybe #159 le 05/12/2024 à 19:13* :
    • « Voilà qui ouvre la porte à une question existentielle.

      Question : Parler avec les mains permet-il d'exprimer autant de nuances, disons d... »
    Rendons à César... Il s'agit d'une superbe chanson de Serge Reggiani, paroles de Albert Vidalie.