Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

battre sa coulpe [v]

se repentir ; reconnaître ses torts ; avouer sa culpabilité ; prendre conscience de ses torts ; admettre sa culpabilité ; frapper sa poitrine en disant « mea culpa » ; manifester son repentir d'une faute

Origine et définition

Vous avez probablement tous lu ou entendu dire "mea culpa" qui, s'il se prononce exactement comme "méat coule pas", n'a pourtant rien à voir avec des problèmes urinaires.
"Mea culpa, mea maxima culpa" (c'est ma faute, c'est ma très grande faute) est un extrait du Confiteor (), l'acte de contrition du catholique qui reconnaît devant Dieu avoir péché, et qui devrait normalement prononcer ces paroles en se frappant la poitrine (mais tout se perd, ma bonne dame).
Bien entendu, vous n'êtes pas sans remarquer la similitude entre le mot latin 'culpa' (faute) et notre 'coulpe'. C'est parfaitement normal, puisque le deuxième vient du premier qui a aussi donné 'culpabilité', entre autres.
En français, le mot 'coulpe' n'existe plus que dans notre expression qui apparaît au XIIe siècle, et qui veut d'abord dire "se frapper la poitrine en se repentant de ses fautes" ; il était en effet d'usage, au Moyen Âge, d'être démonstratif lorsqu'il s'agissait de montrer sa foi.
Ce n'est qu'au XVe siècle qu'elle prend les sens qu'on lui connaît encore aujourd'hui.

Compléments

Le mot 'coulpe' a existé dans d'autres expressions maintenant tombées dans l'oubli, comme :
- Rendre sa coulpe : reconnaître sa faute
- Dire sa coulpe : avouer et regretter sa faute

Exemples

« La consultation publique est ouverte jusqu'au 31 juillet. Entre temps, Michel Vauzelle bat sa coulpe et reconnaît la nécessité de changer ce "nom qui nous handicape profondément, parce que Provence-Alpes Côte d'Azur, c'est indicible". "J'ai été accueilli en Algérie en tant que président de Provence-Alpes-Côte d'Ivoire, quand ce n'est pas Provence-Alpes-Côte d'agneau !", a-t-il expliqué sur France Info. »
Le Figaro - Article du 26 mars 2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich an die Brust schlagen se frapper contre la poitrine
Anglais to own up reconnaître
Anglais (USA) my bad ma faute, Mea culpa
Anglais (USA) to come to Jesus venir devant Jésus [pour reconnaître ses torts et se repentir]
Anglais (USA) to do a mea culpa faire un mea culpa
Anglais (USA) to get religion recevoir la religion
Espagnol (Argentine) hacer mea culpa faire mea culpa
Espagnol (Espagne) darse golpes de pecho se donner des coups sur la poitrine
Espagnol (Espagne) entonar el mea culpa entonner le mea culpa
Hébreu הודה בשגיאות שעשה (hoda bachguiott chèassa) admis les erreurs commises par
Italien battersi il petto se frapper la poitrine
Néerlandais zijn ongelijk bekennen reconnaître ses torts
Néerlandais (Belgique) mea culpa slaan batterij sa coulpe
Néerlandais door het stof gaan passer par la poussière
Néerlandais zich op de borst kloppen se frapper la poitrine
Néerlandais zich voor het hoofd slaan se frapper la tête
Polonais uderzyć się w piersi se frapper la poitrine
Portugais (Brésil) bater a culpa battre la coulpe
Portugais (Brésil) fazer o mea-culpa faire son mea-culpa
Roumain a-și pune cenușă-n cap se mettre des cendres sur la tête
Roumain a face mea culpa faire mea culpa
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Voir aussi

Variantes

  • Battre son poulpe
  • Battre sa croupe

Commentaires sur l'expression « battre sa coulpe » Commentaires

  • Jacques1949b
    16/01/2019 à 02:13*
    Réponse o un interlocuteur, disant «Mea culpa», à prononcer sur un ton apitoyé et interrogatif:«Miction impossible ?» 🙂
    Ce ne sera pas un/une «pisse-partout»... 🙂
  • Tricholome
    16/01/2019 à 02:28
    Mea culpa et se battre la coulpe font partie de ces fantasmes chrétiens du péché originel qui ont complètement bousillé mon enfance. Comment se débarrasser de cette mythologie insidieuse qui nous fait avoir honte de nos appétits? Comme si on était coupable d’exister et d’aimer les plaisirs des sens, que la faute du père, et surtout de la mère qui a sucombé à la tentation, nous retombait sur les endosses. La religion n’est pas seulement l’opium du peuple, c’est aussi son venin.
  • Tricholome
    16/01/2019 à 02:30*
    • En réponse à Tricholome #142 le 16/01/2019 à 02:28 :
    • « Mea culpa et se battre la coulpe font partie de ces fantasmes chrétiens du péché originel qui ont complètement bousillé mon enfance. Comment... »
    Sur une note plus légère, voyons voir ce que vous pouvez faire avec COULPE et après, avec BATTRE SA COULPE.
    Évidemment les plus simples :
    cul
    plouc,
    etc.
    Le gros lot pour ceux qui trouvent la peuplade belge dont on trouve des traces dans le sud de l’Angleterre.
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:07*
    • En réponse à Tricholome #142 le 16/01/2019 à 02:28 :
    • « Mea culpa et se battre la coulpe font partie de ces fantasmes chrétiens du péché originel qui ont complètement bousillé mon enfance. Comment... »
    Oui, me direz-vous, mais par quoi remplacer ce ciment des civilisations. La religion, malgré ses torts, nous a quand même donné une morale, un code de conduite. Sans elle, nous serions comme des bêtes, livrés aux appels de nos bas instincts.
    Hrmmm, voilà qui me place dans l’embarras. L’homme ou la femme, sans religion, seraient-ils sans morale, sans conduite?
    Eh bien non, l’absence de religion n’a autrouducune influence sur le comportement moral ou physique des humains, bien au contraire. Hernando de Soto dans ses explorations de l'Amérique a commis plus d'exactions au nom du Christ que la plupart des tyrans actuels. Il faisait dévorer ses esclaves indigènes trop fourbus pour porter ses bagages de caballero, par ses chiens de guerre. (à suivre)
  • DiwanC
    16/01/2019 à 04:21*
    C'est fait bien longtemps que je n'ai ouvert, dès potron-minet, la boîte des musiques du cher Georges ! 😉
    Si sa maman est fervente catholique, son père, homme paisible, est anticlérical. À 4 ans, il entre à l'école des Sœurs de Saint-Vincent ; à 6 ans, c'est l'école communale... Peu à peu, Georges va marcher dans les pas de Papa... Pourtant il affirme :

    Je ne suis pas du tout l'Antéchrist de service,
    J'ai même pour Jésus et pour son sacrifice
    Un brin d'admiration, soit dit sans ironie.

    Plus tard, il écrira :
    Ne vous fiez plus à ma glotte
    Pour crier "À-bas la calotte !"
    Me voici réduit à néant,
    Chantait un pauvre mécréant.

    Et sauf en cas de restriction
    De pénurie, d'inanition,
    Je n'boufferai plus du curé
    Qui fut mon menu préféré.

    Parce qu'un enfant de putain
    De moine, un foutu calotin
    M'a quasiment sauvé la vie
    Certain jour que le diable fit.

    Certain jour que j'étais entré
    Dans l'antre de ce tonsuré,
    Pour faire main basse dessus
    Le tronc qui me semblait cossu.

    Surpris en flagrant délit, bigots et bigotes veulent envoyer le maraud au bûcher... seulement, le curé s'écrit :
    ...."Que Dieu lui pardonne,
    Ce qu'il a pris, je le lui donne
    Et puisqu'il est pauvre, il s'ensuit
    Que le tronc des pauvres est à lui."

    Un texte qu'il ne mit pas en musique et qu'il titrera Le mécréant repenti.
    Or chacun sait que "se repentir" est synonyme de "battre sa coulpe".
    Et v'là ! 😛
  • Utilisateur supprimé
    16/01/2019 à 04:25*
    Aujourd'hui c'est la Saint-Marcel. Tous au bar, on va foutre une guinze à Marcel !
    Guinze (cuite) est un vocable plein de ressources que nous manions tout en nuances : on peut être en guinze, avoir une guinze, ramasser une guinze, faire guinze, se foutre une guinze. Conventionnellement, la guinze se mesure en mètre-standard, ce qui est attesté par l'expression "avoir une guinze d'un mètre". L'opération inverse c'est-à-dire cuver s'exprime par la terminologie sympathique de se déguinzer, être déguinzé.
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:26
    • En réponse à DiwanC #145 le 16/01/2019 à 04:21* :
    • « C'est fait bien longtemps que je n'ai ouvert, dès potron-minet, la boîte des musiques du cher Georges ! 😉
      Si sa maman est fervente catholiqu... »
    Le père nous en a fait de belles, merci, mais il était quand même un peu de son époque.
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:26
    • En réponse à Tricholome #147 le 16/01/2019 à 04:26 :
    • « Le père nous en a fait de belles, merci, mais il était quand même un peu de son époque. »
    Je pense notamment au Je vous salue Marie...
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:29
    • En réponse à Utilisateur supprimé #146 le 16/01/2019 à 04:25* :
    • « Aujourd'hui c'est la Saint-Marcel. Tous au bar, on va foutre une guinze à Marcel !
      Guinze (cuite) est un vocable plein de ressources que nou... »
    Faudra que je fasse connaitre la guinze à Korssakof! Les gabières vont aimer, elles qui déjà se pintent dans le carré des officiers.
  • Utilisateur supprimé
    16/01/2019 à 04:30*
    • En réponse à Tricholome #143 le 16/01/2019 à 02:30* :
    • « Sur une note plus légère, voyons voir ce que vous pouvez faire avec COULPE et après, avec BATTRE SA COULPE.
      Évidemment les plus simples :
      cu... »
    Tribus belges : Morins, Ménapiens, Atrébates, Eburons, Nerviens, Trévires, Condruses, Aduatuques.
    Les Morins et les Ménapiens étaient le long de la côte donc les plus susceptibles d'aller en Angleterre.
    "Espèce de Ménapien" est une gentille insulte chez les Wallons, les Ménapiens étant sur le territoire flamand.
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:34
    • En réponse à Utilisateur supprimé #150 le 16/01/2019 à 04:30* :
    • « Tribus belges : Morins, Ménapiens, Atrébates, Eburons, Nerviens, Trévires, Condruses, Aduatuques.
      Les Morins et les Ménapiens étaient le lon... »
    Un nom seulement, Mintaka. Trop facile d'énumérer la smala.
  • Utilisateur supprimé
    16/01/2019 à 04:36
    • En réponse à Tricholome #151 le 16/01/2019 à 04:34 :
    • « Un nom seulement, Mintaka. Trop facile d'énumérer la smala. »
    Disons Ménapiens, relis le #150.
  • DiwanC
    16/01/2019 à 04:39*
    • En réponse à Tricholome #148 le 16/01/2019 à 04:26 :
    • « Je pense notamment au Je vous salue Marie... »
    C'est un poème de Francis Jammes que Brassens met en musique sous ce titre : La Prière.
    Tu veux l'écouter ? C'est là...
  • Utilisateur supprimé
    16/01/2019 à 04:40
    • En réponse à Utilisateur supprimé #146 le 16/01/2019 à 04:25* :
    • « Aujourd'hui c'est la Saint-Marcel. Tous au bar, on va foutre une guinze à Marcel !
      Guinze (cuite) est un vocable plein de ressources que nou... »
    Saler les frites est l'équivalent belge de sucrer les fraises. Cette expression s'emploie le plus souvent quand on a le balzin (la tremblote) les lendemains de guinze (cuite).
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:44
    • En réponse à DiwanC #153 le 16/01/2019 à 04:39* :
    • « C'est un poème de Francis Jammes que Brassens met en musique sous ce titre : La Prière.
      Tu veux l'écouter ? C'est là... »
    Merci, merci, j'adore Jammes. Quel grand poète qui fait exploser la syntaxe, qui nous bat la coulpe à coup d'angoisse et d'anacoluthes.
    Et, dans les quartiers juifs où sont les détritus,
    on sentait l’odeur crue et froide du poisson.
    Sur les pavés gluants étaient des peaux d’orange.
    Une tête bouffie ouvrait des yeux tout larges,
    un bras qui discutait agitait des ognons.
    Rébecca, vous vendiez à de petites tables
    quelques bonbons suants arrangés pauvrement...
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:48
    • En réponse à Utilisateur supprimé #152 le 16/01/2019 à 04:36 :
    • « Disons Ménapiens, relis le #150. »
    Non, non, il faut que tu le fasses avec BATTRE SA COULPE. Facile, quand même, hrmmm? On peut pas faire Ménapiens, y a pas d'M!
  • Tricholome
    16/01/2019 à 04:54
    • En réponse à Tricholome #155 le 16/01/2019 à 04:44 :
    • « Merci, merci, j'adore Jammes. Quel grand poète qui fait exploser la syntaxe, qui nous bat la coulpe à coup d'angoisse et d'anacoluthes.
      Et,... »
    Et celui-là qui me sidère.
    Tu serais nue sur la bruyère humide et rose,
    comme ces femmes qu’on apprend en classe, près
    de chèvres se donnant des coups au bas des prés.
    Tu dormirais en ne rêvant d’aucune chose,
    et tes jambes pareilles, tièdes et douces
    luiraient dans la pluie verte et glacée de la mousse.
    Ton corps serait comme l’air et l’eau qui sont purs.
    Un grillon aigre chanterait dans le vieux mur
    d’une maison abandonnée et qui aurait,
    à ses pieds, les champignons roses des forêts.
    Les alouettes qui ont la couleur de l’argent
    siffleraient en volant vite. Et, tout en dormant,
    tu mettrais une main dans tes cheveux remplis
    de brins de paille agaçants de roides épis.
  • Utilisateur supprimé
    16/01/2019 à 04:58
    • En réponse à Tricholome #156 le 16/01/2019 à 04:48 :
    • « Non, non, il faut que tu le fasses avec BATTRE SA COULPE. Facile, quand même, hrmmm? On peut pas faire Ménapiens, y a pas d'M! »
    Alors je ne sais pas...
  • Tricholome
    16/01/2019 à 05:04*
    • En réponse à DiwanC #153 le 16/01/2019 à 04:39* :
    • « C'est un poème de Francis Jammes que Brassens met en musique sous ce titre : La Prière.
      Tu veux l'écouter ? C'est là... »
    Avec Martine le Coz, Francis Jammes est ce qui s'est fait de mieux dans la littérature française. Bon, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, et même Hugo, étaient pas mal non plus, mais c'est des vieux trucs. Et quelques autres (rires).
  • Tricholome
    16/01/2019 à 05:07
    • En réponse à Utilisateur supprimé #158 le 16/01/2019 à 04:58 :
    • « Alors je ne sais pas... »
    Bon, bon, tu as fait un effort, je vais quand même t'accorder des points de consolation. Il était dans ta liste: LES ATRÉBATES.