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courir le guilledou [v]

chercher des aventures sexuelles ; multiplier les aventures galantes ; courir après les femmes

Origine et définition

Le mot 'guilledou' ne s'emploie que dans cette locution.
Au XVIe siècle, on trouvait les locutions "courir le guildron" pour "courir l'aventure" et "courir le guildrou" pour "fréquenter de mauvais lieux".
La deuxième forme explique que, dans le dictionnaire de l'Académie Française de 1694, notre expression signifiait : "Aller souvent et principalement pendant la nuit dans les lieux de débauche" (sous-entendu, "pour y courir la gueuse").
Bien qu'il existe d'autres origines proposées, il semble que tous ces mots commençant par 'guil' sont issus du verbe 'guiller' qui voulait dire 'tromper' ou 'ruser' et dont de nombreux dérivés régionaux comportent une idée de séduction sexuelle, considérée comme une tromperie ou une ruse[1].
On retrouve cette notion dans l'ancien sens de l'expression où les lieux de débauche fréquentés par ceux qui courent le guilledou sont ceux où de nombreux coureurs de jupons sont prêts à employer toutes les ruses possibles pour attirer dans leurs filets les jeunes et jolies filles qui auraient eu la mauvaise idée de s'y rendre.
[1] Mesdames, méfiez-vous des Guillaume et autres Gilles, prénoms autrefois donnés aux trompeurs ou faiseurs de cocus !

Exemples

« Moi, je vous croyais des maîtresses à la douzaine, des danseuses, des actrices, des duchesses, rapport à vos absences (…) Qu'en vous voyant sortir, je disais toujours à Cibot : Tiens, voilà monsieur Pons qui va courir le guilledou ! »
Honoré de Balzac - Le Cousin Pons

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to chase women / To womanize courir les femmes
Anglais (USA) to chase skirts chasser / poursuivre les jupons
Anglais to philander courir les jupons / draguer
Arabe (Tunisie) ibezness il fait du business
Chinois xún hu chercher des fleurs
Espagnol (Espagne) ser mujeriego être coureur de femmes / de jupons
Espagnol (Espagne) ser un don juan être un don juan
Espagnol (Espagne) ser un faldero aimer aller derrìère les jupes
Français (Canada) courir la galipotte
Français (France) chienner
Français (France) être porté sur la question
Gallois mercheta courir le jupon
Italien spassarsela profiter
Italien fare il casanova faire le Casanova
Italien essere un donnaiolo être un coureur de femmes / séducteur
Italien correre la cavallina faire les quatre cents coups
Italien correre dietro alle sottane courir derrière les jupons / les nanas
Néerlandais (Belgique) rokkenjagen chasser des jupes
Néerlandais op vrouwenjacht gaan aller à la chasse de femmes
Portugais (Portugal) galinhar courir le jupon / avoir des aventures
Portugais (Portugal) ser mulherengo être coureur de jupons
Roumain a fi un donjuan être un don Juan
Roumain a zbura din floare in floare voler de fleur en fleur
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Commentaires sur l'expression « courir le guilledou » Commentaires

  • DiwanC
    02/09/2014 à 11:06
    • En réponse à gerard5253 #112 le 02/09/2014 à 08:01* :
    • « Tiens donc Germaine qu’imite Bouba et qu’a pas tout relu des voisins du dessus (en 2007 la contrib’n° 35 de Eureka)
      Pour le roi Georges la... »
    😕... j’avoue... j’ai lu plus en travers qu’en long et en large.
    Pour tenter de me faire pardonner, je te vous donne cette précision de M’sieur Littré, plusieurs fois cité par God et les voisins du dessus :
    Guilledou : ghi-lle-dou, ll mouillées et non ghi-ye-dou. ; comme le Guy le doux dont nous parle Momolala. [@6]
  • DiwanC
    02/09/2014 à 11:08*
    • En réponse à mickeylange #109 le 02/09/2014 à 05:14* :
    • « Le Fakir Rabindranath Duval était né dans l’Indre à Châteauroux et seul, son père était un dur.
      En argot le dur c’est le train, le doux ça... »
    Il faudrait bien que tu ailles la réveiller ta chère Madone des sleepings afin qu’elle cesse de jouer la Belle au bois dormant et vienne plus souvent s’expressionner guillettement *avec nous...
    * un mot emprunté à M’sieur Littré. 🙂
  • DiwanC
    02/09/2014 à 11:10
    • En réponse à gerard5253 #119 le 02/09/2014 à 10:09* :
    • « Nos amis Canadiens disent "courir la galipote" ce qui nous rapproche des galipettes que l’on fait (ou aimerait faire )lorsque l’on cour le g... »
    Joliiiii ! car tes doigts qui ont couru un peu trop vite sur ton clavier font naître une bien plaisante forme ; j’ouvre les guillemets "...lorsque l’on cour le guilledou" et les referme aussitôt.
    Faire la cour en cherchant le guilledou... bien délicate façon de charmer ta belle. 🙂
  • mickeylange
    02/09/2014 à 11:21
    Le bandeau de droite, vous allez pas le croire, me propose "garde d’enfants à domicile"
    Vous voyez où ça mène de courir le guilledou !
  • gerard5253
    02/09/2014 à 11:28
    • En réponse à DiwanC #123 le 02/09/2014 à 11:10 :
    • « Joliiiii ! car tes doigts qui ont couru un peu trop vite sur ton clavier font naître une bien plaisante forme ; j’ouvre les guillemets "...... »
    Merci Germaine mais je baisse le front, piteux j’l’ai pas fait s’pret
  • DiwanC
    02/09/2014 à 11:57
    • En réponse à gerard5253 #125 le 02/09/2014 à 11:28 :
    • « Merci Germaine mais je baisse le front, piteux j’l’ai pas fait s’pret »
    Volontaire ou non, l’expression est aimable... et pis c’est tout ! 🙂
  • DiwanC
    02/09/2014 à 12:03*
    • En réponse à mickeylange #124 le 02/09/2014 à 11:21 :
    • « Le bandeau de droite, vous allez pas le croire, me propose "garde d’enfants à domicile"
      Vous voyez où ça mène de courir le guilledou !... »
    Ne croque pas le marmot si tu veux courir le guilledou près de la mère !
    C’est un conseil de Victor → cette page
  • PHILO_LOGIS
    02/09/2014 à 14:26
    • En réponse à gerard5253 #116 le 02/09/2014 à 08:35 :
    • « Bouba a encore frappé voire la contrib’ n°9 »
    C’est bien d’avoir un arbitre qui compte les points. Il en a déjà 5253 au compteur! Pa l’temps de courir le guilledou, celui-là!
  • ipels
    02/09/2014 à 15:39
    • En réponse à DiwanC #127 le 02/09/2014 à 12:03* :
    • « Ne croque pas le marmot si tu veux courir le guilledou près de la mère !
      C’est un conseil de Victor → cette page »
    ... Mademoiselle, vous m’avez appelé tantôt... moi qui voulait resteak haché, comme ce lombric là, dans "Madame, sous vos pieds dans l’ombre un homme est là... dans la nuit...ver de terre amoureux d’une étoile..." Me permettrez-vous d’être très prėtentieux et de douter de la provenance de "Bon conseil aux amants" ? Hugo, vraiment ?
  • DiwanC
    02/09/2014 à 17:13*
    • En réponse à ipels #129 le 02/09/2014 à 15:39 :
    • « ... Mademoiselle, vous m’avez appelé tantôt... moi qui voulait resteak haché, comme ce lombric là, dans "Madame, sous vos pieds dans l’ombre... »
    Vous l’avouerai-je ? mais promettez-moi de ne point le répéter : la "Mademoiselle" qu’aimablement vous me prêtez - et que je fus, certes - est ... comment dire ?... un peu très beaucoup carabossée par les ans. D’aucuns d’ici que j’eus l’heur de rencontrer vous le diront... Mais que ce "Mademoiselle" est agréable !
    🙂
    Votre doute me trouble... Quoi ! usée par trop de temps, ma mémoire vacillerait-elle ? J’appelai à l’aide ce bon serviteur qu’on se plaît de nos jours à prénommer Google. Nous fouillâmes ensemble, ouvrant ce livre-ci, feuilletant celui-là pour noter ce passage : Dans ce poème intitulé "Bon conseil aux amants" extrait du recueil Toute la lyre écrit en 1861 mais publié à titre posthume en 1888, il reprend la figure de l’ogre pour  en livrer une version originale.[...] Même s’il [l’ogre] avale le marmot, Hugo n’insiste pas sur sa voracité...
    Enfin, écoutant cet autre.
    Convenez, cher damoiseau, qu’il va falloir rendre à Victor ce qu’Hugo écrivit ; se pourrait-il que tant et tant se soient trompés ?
    Autrement dit : j’veux bien tout mon p’tit père, mais faut des preuves ! 😛
    Pour être tout à fait honnête, il est vrai qu’ailleurs j’ai trouvé ce texte : ni le titre ni la fin ne sont mêmes...
  • ipels
    02/09/2014 à 18:21
    • En réponse à DiwanC #130 le 02/09/2014 à 17:13* :
    • « Vous l’avouerai-je ? mais promettez-moi de ne point le répéter : la "Mademoiselle" qu’aimablement vous me prêtez - et que je fus, certes -... »
    ... eh bien là, vous me voyez extrêmement gêné; et je crois aussi avoir été bien inspiré d’indiquer au départ ma honteuse prétention! C’est que je croyais Hugo toujours dramatique, plus ample et plus théâtral...et ici il me semble plus léger, plus écolier... qu’on dirait un exercice scolaire. (Ais-je vraiment écrit ça?). Laissez- moi balbutier ma bêtise... Je vous envoie un de ces petits dessins là, le plus rouge de honte... votre damoiseau, votre p’tit père qui retourne dans son sac de couchage...
  • Paracas
    02/09/2014 à 18:52
    • En réponse à DiwanC #130 le 02/09/2014 à 17:13* :
    • « Vous l’avouerai-je ? mais promettez-moi de ne point le répéter : la "Mademoiselle" qu’aimablement vous me prêtez - et que je fus, certes -... »
    un peu très beaucoup carabossée par les ans

    Mais non, mais non..........tu te fais du mal, là !!.........🙂
  • DiwanC
    02/09/2014 à 19:23*
    • En réponse à ipels #131 le 02/09/2014 à 18:21 :
    • « ... eh bien là, vous me voyez extrêmement gêné; et je crois aussi avoir été bien inspiré d’indiquer au départ ma honteuse prétention! C’est... »
    Mon "Hugo" est également bien scolaire... Il m’a barbée souvent... fait rêver parfois, notamment avec Ruy Blas, émue avec Il neigeait...
    ... Les blessés s’abritaient dans le ventre
    Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
    On voyait des clairons à leur poste gelés,
    Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
    Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.

    Fait sourire avec sa Jeanne était au pain sec... et attendrie lorsqu’il se souvient de l’enfance de Léopoldine :
    Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
    De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
    Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
    Elle entrait, et disait : Bonjour, mon petit père,
    Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
    Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
    Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
    Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
    Mon œuvre interrompue, et, tout en écrivant,
    Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
    Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
    Et mainte page blanche entre ses mains froissée
    Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.

    C’est-y pas beau ça ? C’est le poème que je préfère et j’aime à le relire ; rien de pompeux, rien de théâtral... ça coule doux comme l’eau d’une source... (la suite est ).
    Mais ne compte pas rester dans ton sac de couchage ! Debout ! on se retrouve au Bar du Phare, on y parlera du Victor amoureux de sa Juliette, car en matière de guilledou, il s’y connaissait le bougre !
    Marceeel ! un Lagon bleu s’te plaît !
    Et pour toi ?
  • DiwanC
    02/09/2014 à 19:27*
    • En réponse à Paracas #132 le 02/09/2014 à 18:52 :
    • « un peu très beaucoup carabossée par les ans
      Mais non, mais non..........tu te fais du mal, là !!.........🙂 »
    Ah bah, te revoilà ! Marceeel ! Ajoute un verre pour Bouba s’te plaît !
    Tu te fais du mal, là... T’es mignon ! Mais je ne pouvais pas laisser Slepi007 dans l’ignorance des faits et accepter sans réagir son" Mademoiselle". Sinon, ça fait vieille théâtreuse et ça, ça fait mal !
    :’-))
  • ipels
    02/09/2014 à 22:04
    • En réponse à DiwanC #134 le 02/09/2014 à 19:27* :
    • « Ah bah, te revoilà ! Marceeel ! Ajoute un verre pour Bouba s’te plaît !
      Tu te fais du mal, là... T’es mignon ! Mais je ne pouvais pas laiss... »
    ... euh... j’aime bien titiller les dames, j’avoue, et le "mademoiselle" ça manque pas... mais c’est dit avec respect...et je te vous soupçonne d’avoir été cette petite "Jeanne au pain sec", qui est si joliment écrit. J’ai cherché, sans trouver, un autre poème de Hugo très joli aussi et vu il y a longtemps ou il décrit deux petites filles comme des papillons dans le jardin...
    Quant aux ventres des chevaux, ben c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau, et c’est surtout la faute au Poléon. Et monsieur Hugo, je lui souhaite d’avoir vu une jolie infirmière, dans son appartement, en ce mois de mai. Tout de même, on n’a pas idée de mourir en mai !
    ... Bon, c’est le temps d’obéir, ce "Debout !" ne souffre pas d’intervalle. Allez, Monsieur Marceeeeel,
    s’il vous plaît, la même chose que madame !
  • DiwanC
    03/09/2014 à 03:52
    • En réponse à ipels #135 le 02/09/2014 à 22:04 :
    • « ... euh... j’aime bien titiller les dames, j’avoue, et le "mademoiselle" ça manque pas... mais c’est dit avec respect...et je te vous soupço... »
    Eh bien, à la tienne Monsieur le jeune homme ! 😄
    J’ai trouvé ceci :
    Mes deux filles
    Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
    L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,
    Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !
    Voyez, la grande sœur et la petite sœur
    Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
    Un bouquet d’œillets blancs aux longues tiges frêles,
    Dans une urne de marbre agité par le vent,
    Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
    Et frissonne dans l’ombre, et semble, au bord du vase,
    Un vol de papillons arrêté dans l’extase.

    Es-ce le texte recherché ?
  • ipels
    17/05/2016 à 02:50
    Certaines envolées semblent tout droit sourdre d'un billet parfumé !
  • DiwanC
    17/05/2016 à 03:33
    • En réponse à ipels #137 le 17/05/2016 à 02:50 :
    • « Certaines envolées semblent tout droit sourdre d'un billet parfumé ! »
    C'est bien joli ce que tu dis là Monsieur... 🙂
  • DiwanC
    17/05/2016 à 03:33*
    Après les expressions qui n'exprimaient que foire – "beurré comme un p'tit lu" – ou rigide comparaison – "les chiens ne font pas les chats" – voici une bien souriante invite : courir le guilledou !
    Elle a perdu, me semble-t-il, ce reflet glauque qu'elle avait il y a fort, fort longtemps où elle ne fréquentait que les mauvais lieux.
    Surannée, elle garde petit air coquin et mine friponne car "courir le guilledou" reste aujourd'hui "chercher l'aventure galante".
    Jupiter au lict il trouva
    Avec dame Junon sa femme
    Qui souvent luy chante sa gamme
    Car souvent moins sage que fou
    Il va courir le guilledou

    Scaron, Typhon, chap. II. [C'est la source donnée par Elpepe, tout là-haut !]
  • DiwanC
    17/05/2016 à 03:44*
    M'sieur Rey est moins catégorique que not' God.
    Pour lui courir le guildrou* (1620) ou le guilledou (1640) est d'origine incertaine. Il veut bien le voir composer du radical de l'ancien français guiller → tromper, séduire, auquel s'ajoutera l'adjectif "doux", au sens de "tendre, agréable"
    Mais c'est tout ! 🙂
    * Et non "guidrou", comme écrit avant l'intervention d'ergonum [@148] et corrigé grâce à lui ! Merci ergonum !