Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Entre la poire et le fromage

Entre deux évènements, à un moment perdu.
A un moment de conversation libre et détendu, comme on en trouve vers la fin d'un repas.

Origine

Au XVIIe siècle, le fromage se mangeait après les fruits, dont les poires et les pommes étaient des exemples types.
A l'origine, l'expression signifiait donc "vers la fin du repas", à un moment où l'on commence à être repu et détendu, instant plus convivial et propice aux discussions.
Puis elle s'est généralisée pour indiquer "à un moment libre entre deux évènements", la poire et le fromage n'étant plus que des marques temporelles.

Exemple

« Il se souvenait du dîner, un mois plus tôt, au cours duquel son beau-frère et son fils, entre la poire et le fromage, avaient négligemment mentionné les théologies de "la mort de Dieu". »
Jean-Louis Curtis - Le roseau pensant

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Grèce Grec Metaxi tyrou ke ahladiou Entre le fromage et la poire
Espagne Espagnol Cuando buenamente pueda Quand je pourrai bien le faire (= A l'occasion / A une bonne occasion)
Italie Italien A tempo perso A temps perdu / A l'occasion / A un moment favorable
Italie Italien Sul finir del pranzo À la fin du repas
Belgique Néerlandais Tussen de soep en de patatten Entre le potage et les pommes de terre
Pays-Bas Néerlandais Langs de neus weg (iets zeggen) (dire) le long du nez
Pays-Bas Néerlandais Terloops En passant
Pays-Bas Néerlandais Tussen neus en lippen Entre le nez et les lèvres
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Commentaires sur l'expression « Entre la poire et le fromage » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 03/01/2007 à 21:25
    En fait "poire" est probablement ici une corruption de l’ancien mot "potée" (la soupe, en somme), "fromage" étant un plat préparé - ce qui n’invalide en rien le sens donné à l’expression.
  • #2
    • HoubaHOBBES
    • 04/01/2007 à 17:41
    • En réponse à <inconnu> #1 le 03/01/2007 à 21:25 :
    • « En fait "poire" est probablement ici une corruption de l’ancien mot "potée" (la soupe, en somme), "fromage" étant un plat préparé - ce qui n... »
    Salut Ernest, sois le bienvenu !
    On dirait que tu as une attirance pour le fromage ou je me trompe ? J’apprécie beaucoup ton combat contre la corruption des anciens mots : voilà une position courageuse que celle du missionnaire du 21ème siècle allant à la rescousse (qui vient de rascasse selon LPP) des mots anciens.
    Enfin, on ne va pas en faire tout un fromage, pas vrai ?
    Gorgonzol-Hobbes
  • #3
    • God
    • 04/01/2007 à 18:44
    • En réponse à <inconnu> #1 le 03/01/2007 à 21:25 :
    • « En fait "poire" est probablement ici une corruption de l’ancien mot "potée" (la soupe, en somme), "fromage" étant un plat préparé - ce qui n... »
    De quelle source supposée fiable vient cette information ?
    Aucune des miennes n’évoque cette hypothèse.
  • #4
    • HoubaHOBBES
    • 05/01/2007 à 09:22
    • En réponse à God #3 le 04/01/2007 à 18:44 :
    • « De quelle source supposée fiable vient cette information ?
      Aucune des miennes n’évoque cette hypothèse. »
    Houlààààà Ernest, fais gaffe, y a GodLapinochet qui fait les grands yeux ....
    T’as raison Godemichou, il faut e-gi-ger des expli-sluuurp-cations !
    Sluuuuurp-Hobbes
  • #5
    • OSCARELLI
    • 05/01/2007 à 21:11
    • En réponse à HoubaHOBBES #4 le 05/01/2007 à 09:22 :
    • « Houlààààà Ernest, fais gaffe, y a GodLapinochet qui fait les grands yeux ....
      T’as raison Godemichou, il faut e-gi-ger des expli-sluuurp-cat... »
    Si c’est d’un chatiment qu’il s’agit, ent’e la poix et le faux mage, je sais ce que je choisi’ais!
  • #6
    • <inconnu>
    • 23/06/2007 à 08:12
    Vieux souvenir de mes lointaines études :
    "Entre la porrée et le fromage", porrée étant je crois une purée de poireaux ou quelque chose comme ça.
    Mais je n’ai pas vérifié...
  • #7
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 08:16
    Bien le bonjour d’aujourd’hui où cette expression nous revient, puisque c’est soit la fin de semaine, soit un jour de congé, selon le génératuer de choix à Léa (Toire, et non Jacta Est) de notre Godemichou adoré.
    Puisque tout a déjà été dit grâce à hermes, Hobbes et moi-même, explorateurs courageux d’un temps passé où les réactions ne fusaient pas encore, je retourne donc me coucher.
    Tiens, lorelei vient s’imiscer dans ces débats, bienvenue de si grand mâtin (quel journal!): Laure et l’ail (vous êtes deux, ou quoi?)
  • #8
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 08:24*
    Je peux au moins répondre à une partie de la question:
    le "fromage" en tant que plat péparé vient / peut venir de l’allemand. En effet, le "Leberkäse" (trad. littérale: fromage de foie) est un fait une sorte de pain de viande.
    Il vaut mieux choisir autre chose, si vous trouvez cela un jour sur la carte du resto où vous vous arrêtez, ou alors, mieux, aller ailleurs, parce que ceux qui ont décider de servir ce genre de truc ne savent pas ce que c’est que proposer de la nourriture de qualité... En général, ce "Leberkäse" sert à reservir tous les restes qui n’ont été acceptés sous aucune autre forme, si vous voyez ce que je veux dire... Non, c’est pas nécéssairement dégeu..., c’est souvent pire...
    Et regardez chez vous bouchers, si vous n’y trouvez pas un fromage de tête persillé (Ca, par contre, cela peut être très bon, quand c’est bien préparé)
    Par contre, "poire" allitération de "potée": il y a bien une explication, que je vous livre ici: j’ai toujours dit de mon pote l’empoté que c’était une bonne poire...
  • #9
    • <inconnu>
    • 23/06/2007 à 09:46
    • En réponse à OSCARELLI #8 le 23/06/2007 à 08:24* :
    • « Je peux au moins répondre à une partie de la question:
      le "fromage" en tant que plat péparé vient / peut venir de l’allemand. En effet, le "... »
    compote: un copain pas malin, un peu pomme....
  • #10
    • cotentine
    • 23/06/2007 à 09:57
    • En réponse à OSCARELLI #8 le 23/06/2007 à 08:24* :
    • « Je peux au moins répondre à une partie de la question:
      le "fromage" en tant que plat péparé vient / peut venir de l’allemand. En effet, le "... »
    sert à reservir tous les restes qui n’ont été acceptés sous aucune autre forme,
    accompagnés de riz, n’appelle-ton pas ça du "riz cantonais" ???
    ... entre LA poire et LE fromage, il s’agit bien d’une généralité car si l’on songe aux 1 000 fromages différents fabriqués en France (j’inclus évidemment les yaourts et autres fromages blancs)
    "Un pays capable de donner au monde trois cents fromages ne peut pas mourir", avait déclaré Winston Churchill pendant l’occupation allemande. Quant à Charles de Gaulle, il avait décrèté "qu’on ne peut pas gouverner un pays qui offre 365 variétés de fromages." 😉)
    même casse-tête avec les variétés de poires qui se comptent par milliers, (mais une dizaine seulement se retrouve régulièrement sur les étals des marchands)... on leur a même dédié une chanson : "la valse des poires" (chanson de 1908)
    comme je l’écrivais le 17 mars 2007 (expression : ’se fendre la poire’) : "je m’suis fendue, pendant des années, à apprendre à mes petiots de la maternelle, la valse des poires : william, Lisbonne et Passe-Crassane ...
  • #11
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 10:06*
    • En réponse à cotentine #10 le 23/06/2007 à 09:57 :
    • « sert à reservir tous les restes qui n’ont été acceptés sous aucune autre forme,
      accompagnés de riz, n’appelle-ton pas ça du "riz cantonais"... »
    et ton riz, qu’entonnait-il? La valse des poires?
  • #12
    • Kourtoreil
    • 23/06/2007 à 10:09
    "Au XVIIe siècle, le fromage se mangeait après les fruits..."
    De nos jours, c’est toujours vrai en Angleterre, le fromage étant un ajout optionnel pour qui a encore un p’tit creux.
  • #13
    • <inconnu>
    • 23/06/2007 à 10:14
    Ne vous querellez plus sur l’origine de "poire", mes amis, peut-être sommes nous tous dans le faux ! Il est possible que l’expression désigne en fait la place dont personne ne voulait à table, c’est à dire entre la gentille fifille et le mec qui sent, allez savoir !
    Quoi qu’il en soit, je trouve qu’il manque une dimension dans la pourtant brillantissime explication de notre Godmichou vénéré: il me semble (mais c’est le très humble avis du petit ver luisant qui ose défier l’étoile) que les choses dites "entre la poire et le fromage" sont généralement très importantes (en particulier un aveu) et que leur gravité contraste d’autant plus avec la légéreté du contexte...
  • #14
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 10:15
    • En réponse à cotentine #10 le 23/06/2007 à 09:57 :
    • « sert à reservir tous les restes qui n’ont été acceptés sous aucune autre forme,
      accompagnés de riz, n’appelle-ton pas ça du "riz cantonais"... »
    Et c’est pour cela qu’ils se sont tous mis ensemble pour sauver... la Belle Gique, pays génial avec ses fromages du plateau de Herve, ses fromages d’abbaye (plus de trois cent également), mais en plus les bières d’abbaye qui se doivent d’accompagner les-dits fromages. Ca, madame, c’est de la culture nourricière! C’est pas en Belle Gique que l’on vous servirait du Leberkäse: même pas dans les cantons rédimés, c’est pour dire
    Les cantons rédimés, caisse, entends-je?
    C’est très simple:
    1) non, ce n’est pas là qu’est produit le riz cantonnais
    2) non ce ne sont pas des cantons qui doivent payer deux fois la dîme
    3) ce sont les cantons de l’est de notre territoire NATIONAL (et non fédéral, parce que je ne reconnais pas à la bêtise humaine le droit de cité chez nous) qui y furent rattachés à la fin de la première guerre mondiale. Ils faisaient partie de l’Allemagne auparavant (chinois - on n’en sortira pas de ton riz qu’entonnais la valse des poires!).
  • #15
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 10:17
    • En réponse à Kourtoreil #12 le 23/06/2007 à 10:09 :
    • « "Au XVIIe siècle, le fromage se mangeait après les fruits..."
      De nos jours, c’est toujours vrai en Angleterre, le fromage étant un ajout opt... »
    Il est vrai que, maintenant, la mode est de servir les fromages avec du raisin, des noix, voire même des quartiers de pommes ou de poires prédécoupés. Peut-être pour empêcher ces discussions entre la poire et le fromage.
  • #16
    • cotentine
    • 23/06/2007 à 10:54
    • En réponse à OSCARELLI #15 le 23/06/2007 à 10:17 :
    • « Il est vrai que, maintenant, la mode est de servir les fromages avec du raisin, des noix, voire même des quartiers de pommes ou de poires pr... »
    as-tu seulement déjà goûté du roquefort avec quelques grains de raisin que tu éclates entre tes dents,? les papilles en raffolent ... et les mamies aussi ! ... je n’entrearai pas dans le détail d’autres mélanges aussi savoureux ... mais je crois qu’on n’a plus le temps d’une haute réflexion filo-zofik entre la poire et le fromage ... il vaut mieux attendre le café ! et discuter, s’accorder une pause entre café et liqueur ! 😄
  • #17
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 11:09
    • En réponse à cotentine #16 le 23/06/2007 à 10:54 :
    • « as-tu seulement déjà goûté du roquefort avec quelques grains de raisin que tu éclates entre tes dents,? les papilles en raffolent ... et les... »
    tu parles là de file-aux-sophies. Je te suis bien volontiers sur ce terrain!
  • #18
    • chirstian
    • 23/06/2007 à 11:17
    curieux et inattendu, ce débat sur le sens et l’origine du mot "poire" !
    Pour moi la poire désigne ... une poire ! Elle remplissait l’office du sorbet , arrosé ou non, ou du petit verre de gnôle (le trou Normand) qui permettait de digérer avant d’attaquer les fromages et desserts. Si parmi les fruits les plus connus, on prenait une poire, et non une pomme , c’est parce qu’elle était juteuse et répondait parfaitement à cet objectif. Parler avant la poire était difficile puisque les plats étaient chauds et qu’il fallait donc les manger sans perdre de temps. Mais après la poire on avait le temps : petite pause digestive, puis plats froids (puis digestif , puis ...). On parle ici de repas d’affaires, naturellement pas du quotidien qui était souvent fort frugal !
    Ajoutons que dans nos sociétés, le partage du repas était le préalable qui permettait de se connaître et de s’apprécier : un rite initiatique en quelque sorte, et que les sujets sérieux, propositions d’affaires etc... ne pouvaient pas être abordées avant d’avoir pu ainsi juger son invité. Le compagnon ( le copain) était celui qui avait partagé le pain (Cum pano). C’était le sens de la communion chrétienne, mais aussi bien le rite de l’hospitalité dans presque tous les peuples. Si le missionnaire était invité à bouffer, il pouvait alors chercher à convaincre ses hôtes. S’il n’était pas cru, il était cuit...
  • #19
    • OSCARELLI
    • 23/06/2007 à 11:29*
    • En réponse à chirstian #18 le 23/06/2007 à 11:17 :
    • « curieux et inattendu, ce débat sur le sens et l’origine du mot "poire" !
      Pour moi la poire désigne ... une poire ! Elle remplissait l’office... »
    Si le missionnaire était invité à bouffer, il pouvait alors chercher à convaincre ses hôtes. S’il n’était pas cru, il était cuit...

    être bouffé ou ne pas être bouffé, là se trouvait toute la question...
    Et patatras. On discutait à bâtons rompus - voir cette expression, d’ailleurs - sur un sujet banal, comme qui dirait entre la poire et le fromage, à s’n aise, et tout, et pi le v’là qui s’radinne, ave son esplication qui tient la route et tout, et nous, on reste le bec dans l’eau (voir aussi cette expression)...
    Chirstian, t’aurais dû attendre la fin de soirée, pour cela, t’as cassé l’ambiance, là.
    Allez, amenez les ddesserts et les cafés, maintenant! J’en ai marre de faire le poirier...
    Maaaaarrrccceeeeeeeeeeeeeeeeeeeeelllllllllllllllllllllllllll, t’es une bonne poire, hein, alors, deux p’tits noirs bien tassés, là, avec le missionnaire...
  • #20
    • chirstian
    • 23/06/2007 à 11:38
    • En réponse à <inconnu> #6 le 23/06/2007 à 08:12 :
    • « Vieux souvenir de mes lointaines études :
      "Entre la porrée et le fromage", porrée étant je crois une purée de poireaux ou quelque chose comm... »
    "Entre la porrée et le fromage"
    je n’ai jamais lu l’expression sous cette forme. Mais la "porrée" au XIII c’était le poireau, puis n’importe quel légume, puis la soupe, ou le plat de légumes hâchés. L’expression désignerait donc, ici aussi, le temps qui s’intercale entre le plat chaud et le fromage, dans les repas plus simples, où l’on économise le trou normand sous l’une quelconque de ses formes.