Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire grève [v]

cesser de travailler de manière concertée ; interrompre le travail de manière collective dans le but de faire entendre ses revendications

Origine et définition

Tous ceux qui ont suivi des cours d'histoire de France ont lu ou entendu la phrase "untel a été pendu ou untel sera guillotiné en place de Grève".
La place de Grève se trouvait à Paris ().
Elle s'appelait ainsi parce qu'on y trouvait une grève, quai en pente douce plongeant dans la Seine et permettant un déchargement aisé des nombreuses marchandises transportées sur le fleuve et livrées à Paris via ce qui était à une époque son port le plus important.
Ce n'est qu'en 1830 que, en raison de sa situation, cette place a été renommée "Place de l'Hôtel de Ville".
Mais bien avant cette date, 'être en grève', c'était d'abord être sans travail.
Les ouvriers au chômage se réunissaient sur la place de Grève où les patrons venaient les chercher, en fonction de leurs besoins en personnel.
Le sens de l'expression a évolué à partir du tout début du XIXe siècle lorsque des ouvriers, exploités par des patrons peu scrupuleux, ont décidé d'abandonner le travail et de 'se mettre en grève' en se réunissant sur la place du même nom.

Compléments

Pour en savoir un peu plus sur la grève ().

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand streik grève
Allemand streiken mettre bas
Allemand streiken faire grève
Anglais go on strike faire grève
Anglais strike grève
Anglais to strike mettre bas
Anglais (USA) to go on stike se mettre en grève
Arabe اضراب grève
Arabe الإضراب grève
Arabe الإضرابات grèves
Chinois 罢工 grève
Espagnol (Argentine) parar arreter
Espagnol (Espagne) declararse en huelga faire grève
Espagnol (Espagne) hacer huelga se mettre en grève
Espagnol (Espagne) ir a la huelga aller à la grève
Espagnol (Argentine) hacer huelga/ hacer paro faire grève
Hongrois sztrájkolni grèver / Faire grève
Hébreu לשבות (lichbott) sortir
Italien scioperare faire grève
Italien incrociare le braccia croiser les bras
Néerlandais het werk er bij neerleggen déposer le travail
Néerlandais te staken être mis à l’arrêt
Néerlandais staken cesser
Portugais (Brésil) ficar de braços cruzados croiser les bras
Portugais (Portugal) entrar em greve faire grève
Portugais (Portugal) fazer greve faire grève
Roumain a face grevă faire grève
Russe бастовать grève
Russe забастовках grèves
Serbe штрајковати faire grève
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Commentaires sur l'expression « faire grève » Commentaires

  • #81
    mickeylange
    04/10/2016 à 20:49
    • En réponse à DiwanC #79 le 04/10/2016 à 19:57 :
    • « le légionnaire... Comme celui qui sent bon le sable chaud ?
      😉 »
    Tous les légionnaires ne sentent pas le sable chaud. Le père Seguin qui était légionnaire à Dunkerque sentait le sable froid.
    Monsieur Seguin était un ancien coiffeur militaire. Quand il a pris sa retraite, il a gardé sa tondeuse en souvenir de tous ces bidasses tondus à qui il avait repris le poil, et acheté une chèvre.
    Au bout de quelques mois l'ennui lui vint. Il regardait sa tondeuse en pleurant sur le passé. C'était pitié de le voir graisser sa tondeuse tous les jours ne sachant quoi en faire. Il devenait dépressif il la faisait marcher des heures durant. Quand il était chef coiffeur dans la légion à Dunkerque il avait une dizaine coiffeurs sous ses ordres et le petit bruit de toutes ces tondeuses qui faisaient clic clic clic ça lui rappelait les cigales de son pays.
    Maintenant qu'il était revenu au pays, ces saloperies de cigales faisaient clic clic clic toute la nuit et il ne pouvait plus dormir. Et s'il arrivait à s'endormir il faisait un cauchemar toujours le même. Son voisin, monsieur Alphonse lui avait raconté. En Algérie dans un ciel vibrant de chaleur, je ne voyais rien qu'un nuage venant de l'horizon, cuivré compact, comme un nuage de grêle, avec le bruit d'un vent d'orage dans les mille rameaux d'une foret. C'étaient les sauterelles. Le nuage s'avançait toujours, projetant dans la plaine une ombre immense. Ensuite toute la nuée creva, et cette grêle d'insectes tomba drue et bruyante à perte de vue. C'était des criquets énormes, gros comme le doigt. Alors le massacre commença. Hideux murmure d'écrasement de paille broyée. Le soir dans ma chambre où l'on en avait pourtant tué des quantités, j'entendis encore des grouillement sous les meubles. Cette nuit là non plus je ne pus pas dormir. Le lendemain, quand j'ouvris ma fenêtre, les sauterelles étaient parties ; mais quelle ruine elles avaient laissé derrière elles. Plus une fleur, plus un brin d'herbe ; tout était noir, rongé, calciné.
    Et dans son cauchemar, monsieur Seguin voyait les cigales transformées en sauterelles ravager toute sa Provence, détruire les champs de blé, ruinant maître Cornille qui n'avait plus de blé à moudre.
    Blanquette s'apercevait bien que monsieur Seguin avait quelque chose, mais elle ne savait pas ce que c'était.
    Un matin, comme il achevait de la traire, il se retourna et lui dit dans son patois provençal:
    - Écoute blanquette je me languis, laisse moi te tondre.
    - ça va pas la tête monsieur Seguin, c'est pas parce que j'ai une barbiche de sous officier qu'il faut me prendre pour un militaire et me tondre.
    C'est pour ça qu'elle est allé dans la montagne.
    Pécaïre, et c'est comme ça qu'il a commencé à acheté des moutons pour échapper aux cigales.
  • #82
    DiwanC
    04/10/2016 à 23:59*
    • En réponse à mickeylange #81 le 04/10/2016 à 20:49 :
    • « Tous les légionnaires ne sentent pas le sable chaud. Le père Seguin qui était légionnaire à Dunkerque sentait le sable froid.
      Monsieur Segui... »
    Tu arrives bien tard…
    Belle et souriante évocation des "sauterelles", une lettre qui tranche sur les gentillets récits "petits lapins, soleil et farigoule" et qui n'est guère souriante… sauf avec toi qui mélanges tout !
    🙂
  • #83
    jumper
    06/10/2016 à 04:25
    Mai 1968, à Paris, on voyait sur les murs un joli slogan double entendu: “Sous les pavés la grève” (sinon “sous les pavés la plage”)
  • #84
    Bonblabla
    07/10/2016 à 21:29
    oui, merci à l'inconnu qui a rappelé qu'une grève est faite de graviers (c'est le même étymon) et non un quai en pente douce ou du sable, comme le croit la page Wikipedia.
  • #85
    SyntaxTerror
    08/10/2016 à 09:37*
    • En réponse à Bonblabla #84 le 07/10/2016 à 21:29 :
    • « oui, merci à l'inconnu qui a rappelé qu'une grève est faite de graviers (c'est le même étymon) et non un quai en pente douce ou du sable, co... »
    Ceci étant, il y a une bonne vingt-cinquaine d'années, j'ai commis l'erreur de commander des mètres cube de sable dans ma Picardie adorée. J'ai failli me faire livrer du sable à lapin (du sablon) et pas du sable à maçonner, j'aurais du commander de la grève !
    .
    L'autre jour à la radio, j'ai entendu une nageuse qualifier une piscine "d'arena". Je me demande comment elle faisait pour nager ... dans la grève.
  • #86
    deLassus
    02/02/2021 à 17:34
    Respect de la Parole de God ?

    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    Il n'y a aucun exemple sur cette page du Site.

    Laissez-moi un peu de temps, et je vous trouverai un "vrai exemple". Patience !
  • #87
    deLassus
    04/03/2021 à 16:54
    • En réponse à deLassus #86 le 02/02/2021 à 17:34 :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "les 1001 expressions préférées des français" (2011).... »
    Laissez-moi un peu de temps, et je vous fournirai un "vrai" exemple...

    Voici l’exemple que je vous propose pour cette expression :

    " Faire grève est un droit reconnu aux travailleurs. La grève est un droit collectif d'exercice individuel – chaque salarié a le droit de faire grève dans le cadre d'un mouvement collectif (comme il a le droit d'adhérer au syndicat de son choix)."
    Michel MINNE - Le grand livre du droit du travail en pratique - 2019