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faire suer le burnous [v]

faire travailler durement ; exploiter ; faire travailler exagérément ; exploiter quelqu'un au maximum ; exploiter la main-d’oeuvre

Origine et définition

Le burnous, de l'arabe 'burnus' (selon une des transcriptions existantes), est un grand manteau en laine, avec une capuche, initialement porté par les populations du Maghreb.
Par métonymie, on a aussi appelé 'burnous' le porteur du vêtement.
Cette expression, qui est attestée au début du XXe siècle, vient de l'époque coloniale, lorsque les colons faisaient travailler dur, voire très dur, leurs employés indigènes, donc implicitement porteur d'un burnous.
On imagine bien que faire travailler ces gens exagérément, dans des pays chauds, ne pouvait que les faire transpirer ou suer.
Mais l'image est plus proche de la viande que l'on fait suer en la cuisant pour en extirper un maximum de jus, l'employeur essayant de tirer un maximum de son employé.
On ne peut s'empêcher de penser aussi au sens argotique de "faire suer" (euphémisme de "faire chier") car il est certain que cette exploitation abusive (pléonasme ?) devait sérieusement enquiquiner ceux qui la subissaient.

Compléments

Au XVIIIe siècle, il y avait déjà "faire suer le paysan" utilisé à propos des soldats en campagne qui, cantonnés dans une ferme, exigeaient toujours plus de leur logeur "désigné volontaire".

Exemples

« ... ces quelques familles dont je parlais tout à l'heure, et qui sont habituées à faire suer le burnous depuis des siècles. »
Jérôme et Jen Tharaud - Alerte en Syrie !

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sklaventreiber sein être un négrier
Allemand schuften / arbeiten wie ein Ochse travailler comme un boeuf
Anglais (USA) to be a slave driver être un négrier
Espagnol (Argentine) hacer transpirar la camiseta faire suer la chemisette
Espagnol (Espagne) Esclavizar Réduire en esclavage
Espagnol (Espagne) hacer sudar la gota gorda faire suer la grosse goutte
Espagnol (Espagne) hacer trabajar a alguien como un negro faire travailler quequ'un comme un negre
Espagnol (Espagne) Ser un negrero Être un négrier
Hébreu העביד אותו בפרך faire travailler durement
Néerlandais iemand afbeulen faire travailler qqn au point de lui faire sentir quelles tortures un boureau est capable d'infliger
Néerlandais werken als een paard travailler comme un cheval
Néerlandais iemand opjutten mettre quelqu'un sous une haute pression
Néerlandais (Belgique) slavendrijver zijn être meneur d'esclaves
Néerlandais iemand achter de vodden zitten être derrière les chiffons de quelqu'un
Néerlandais een slavendrijver zijn être un esclavagiste
Néerlandais (Belgique) achter iemand zijn vijzen zitten pourchasser les vrilles de quelqu'un
Polonais pracowa? w pocie czo?a travailler à la sueur de son front
Portugais (Brésil) tirar o sangue de alguém extraire le sang de quelqu'un
Roumain a lua şapte piei de pe om prendre les sept peaux sur l'homme
Russe работать до седьмого пота travailler jusqu'à la septième suée
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « faire suer le burnous » Commentaires

  • DiwanC
    12/08/2019 à 11:09*
    • En réponse à Paracas #170 le 12/08/2019 à 08:38* :
    • « N'étant pas chez moi je n'ai que mon Ail-Faune (ce qui n'est pas le plus pratique pour les copier coller) pour vous parler de "Bonhomme" où... »
    Là est notre responsabilité.

    Certes... Mais toute transmission, toute leçon demandent exemple pour mieux comprendre.
    Il faut bien alors puiser dans le passé sans pour autant s'énerver parce qu'un...
    Bon... je préfère m'arrêter.
  • DiwanC
    12/08/2019 à 11:14*
    • En réponse à Paracas #170 le 12/08/2019 à 08:38* :
    • « N'étant pas chez moi je n'ai que mon Ail-Faune (ce qui n'est pas le plus pratique pour les copier coller) pour vous parler de "Bonhomme" où... »
    Voici "Bonhomme"
    Malgré la bise qui mord,
    La pauvre vieille de somme
    Va ramasser du bois mort
    Pour chauffer Bonhomme,
    Bonhomme qui va mourir
    De mort naturelle.

    ♫♪♪♫♪
  • syanne
    12/08/2019 à 11:27
    • En réponse à Lalamomo #180 le 12/08/2019 à 11:04 :
    • « Cher chirstian, loin des yeux mais jamais loin du coeur ! Pour ta gouverne amicale, en chambre, point de robe, je préfère ! 😮 Non zénépasang... »
    C'est toi, la môme ? Oh, là, là...
    C'est toi, Mo, qui es là !
    Ce sont tes mots, oh, là !
    (Je ne dirai pas tes "mots, là",
    Car ces mots-là ne te vont pas).
    Alors, sans burnous, sans robe
    Sens dessous dessus...Fay comme tu vouldras.
    Mais, puisque te v'là
    T'en va pas comme ça !
  • syanne
    12/08/2019 à 11:27
    • En réponse à Lalamomo #180 le 12/08/2019 à 11:04 :
    • « Cher chirstian, loin des yeux mais jamais loin du coeur ! Pour ta gouverne amicale, en chambre, point de robe, je préfère ! 😮 Non zénépasang... »
    C'est toi, la môme ? Oh, là, là...
    C'est toi, Mo, qui es là !
    Ce sont tes mots, oh, là !
    (Je ne dirai pas tes "mots, là",
    Car ces mots-là ne te vont pas).
    Alors, sans burnous, sans robe
    Sens dessous dessus...Fay comme tu vouldras.
    Mais, puisque te v'là
    T'en va pas comme ça !
  • mickeylange
    12/08/2019 à 11:53
    • En réponse à DiwanC #182 le 12/08/2019 à 11:14* :
    • « Voici "Bonhomme"
      Malgré la bise qui mord,
      La pauvre vieille de somme
      Va ramasser du bois mort »
    Comme le dit Bouba «  Germaine, elle est formidable. Elle est spécialiste spécialiste de Brassens. Elle connaît tout Brassens par cœur, mais elle parle français avec un accent français et elle mange avec une fourchette »
  • Ratanak
    12/08/2019 à 12:43
    On a mangé du poulet puis du chapeau. Et aujourd'hui il faudrait suer le burnous ? Pas d'accord ! Après les agapes, on fait la sieste, na ! 😄
  • Utilisateur supprimé
    12/08/2019 à 14:31*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #167 le 12/08/2019 à 07:51* :
    • « Rectification : c'était surtout sous Léopold II (son oncle) . Pour le reste, tu as tristement raison.
      Et quand tu dis que c'est pas fini, ma... »
    TRIBULATIONS AFRICAINES

    Je me rappelle quand j'étais petit enfant, j'étais à l'avant de la pirogue avec le regard extrêmement perçant, même qu'on me défendait de regarder dans le fond de la pirogue.
    Tout d'un coup j'aperçois un rocher proéminent et aussitôt je crie : "droit par devant un rocher proéminent !"
    Les gens à bord de la pirogue ne pagaient pas en pagaille, ils pagaient en cadence avec les pagaies parce qu'ils trouvent ça gai et qu'avec les sagaies c'est pas gai. Et c'est pas toujours gai de pagayer, surtout si on est échoué, mais présentement tout va bien, la pirogue fend l'eau et ils sont aviron une dizaine en train de chanter :

    ♫ Olélé ! Olélé ! Houlala ! Houlala !
    Moliba Makasi Le courant est très fort
    Luka ! Luka ! ♫ Pagayez ! Pagayez !

    À ce moment je crie encore plus fort : "droit par devant un rocher proéminent imminent !"
    Il faut dire que le chef de la pirogue ne parvenait pas à capturer les grandes ondes dans son petit poste de radio, il était en transe et quand il est en transe i's'tord.
    C'est alors que je hurle : "droit par devant un rocher proéminent éminemment imminent !"
    Aussitôt le chef de la pirogue prend les décisions qui s'imposent et c'est comme ça que la pirogue se flanque dans le rocher.
    Moralité : la pirogue fend l'eau mais le rocher fend la pirogue.
    Plus tard je suis rentré à l'armée. Ce jour-là le général passait les troupes en revue.
    – Et toi citoyen soldat, qu'est-ce que tu as choisi comme arme ?
    – J'ai choisi les blindés parce que quand il n'y a plus de gasoil là-dedans, je mets des salades devant les chenilles et ça avance encore.
    – Parfait… et toi qu'est-ce que tu as choisi ?
    – Moi j'ai choisi les fusées parce que quand on est allé sur la lune on a pu voir le clair de not' terre.
    – Très bien… et toi?
    – Moi j'ai choisi les sous-marins, mon Général.
    – Mais alors pourquoi tu as un parachute ?
    – Au cas où on serait abattus par la DCA, mon Général !
    – Excellent !
    Le général arrive à ma hauteur et me demande :
    – Et toi, qu'est-ce que tu as choisi ?
    – Moi j'ai choisi Tapiflex, y' a rien de plus fort.
    – C'est encore plus fort que la bombe atomique ?
    – Oui mon Général, Tapiflex balatum !
    – Parfait, parfait, mais est-ce que tu sais lire, au moins ?
    – Non, mon Général.
    – Comment tu ne sais pas lire ? Mais tu es encore plus bête qu'un wagon, parce qu'un wagon lit ! Allez, sors du rang !
    – Non, mon Général, un wagon reste au rang !
    C'est comme ça que j'ai été muté à la circulation.
    J'arrête une voiture et je demande les papiers. Aussitôt je me mets au garde-à-vous : c'était écrit "General Motors". Les occupants ont bien rigolé mais j'aurais dû m'en douter qu'il n'y avait pas de général, ils n'avaient même pas de Forte Escorte.
    Tout ça ne me plaisait pas beaucoup alors je me suis tourné vers le football. Ce jour-là on jouait contre Anderlecht, vous savez les mauvais blancs Mauve et Blanc.
    Moi j'étais gardien de hutte, eux ils avaient un coup de soleil sur le nez. C'étaient de véritables nez grillés, d'ailleurs ils nous ont sèchement battus sur un score fleuve.
    C'est sur cette déception que j'ai abandonné le football pour devenir pilote de ligne, histoire de prendre de la hauteur par rapport aux événements.
    Juste avant l'atterrissage, j'entends la tour de contrôle qui me dit :
    – Whisky Tango Zoulou, quelle est votre position ?
    – Je suis à l'avant gauche de l'appareil.
    – Mais non, bon Dieu, donnez-moi la position de l'appareil !
    Là, dis donc, j'ai répondu vertement :
    – Je suis commandant de bord et je n'ai pas d'ordres à recevoir d'une bête tour de contrôle. Premièrement, le whisky, il n'y en a plus une goutte, deuxièmement, ça ne tangue pas tellement que ça et troisièmement, je n'aime pas qu'on me traite de Zoulou !
    Et c'est ainsi que je me retrouve nez à nez avec une piste de 50 mètres de long et 3 kilomètres de large.
    Aussitôt je prends les décisions qui s'imposent et c'est comme ça que je me flanque dans la tour de contrôle et dans un grand bruit.
    C'est à ce moment même que j'ai compris pourquoi, ces avions, on les appelle les BOÏNG !
  • chirstian
    12/08/2019 à 15:07*
    • En réponse à Lalamomo #180 le 12/08/2019 à 11:04 :
    • « Cher chirstian, loin des yeux mais jamais loin du coeur ! Pour ta gouverne amicale, en chambre, point de robe, je préfère ! 😮 Non zénépasang... »
    Pour ta gouverne amicale, en chambre, point de robe, je préfère !
    oh, venir sur le site sans robe, et dès ce soir ?
    Momo ! Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
    Par de pareils objets les âmes sont blessées,;
    Et cela fait venir de coupables pensées
    Cela pourrait fort bien me faire suer les burnes
    où s
    ont-ils envolés mes fantasmes nocturnes ?
    Momolière (la Tard Touffe. Acte 3 scène 2) 🙂
  • chirstian
    12/08/2019 à 15:31*
    les employeurs ont toujours su qu'il leur fallait payer un petit quelque chose pour que leurs ouvriers acceptent de suer la salopette. Même les esclavagistes l'ont compris : assurer un minimum de nourriture garantit un travail plus efficace.
    Seuls les responsables des monastères, églises ou abbayes ont trouvé mieux : faire suer un peu la bure des clercs et beaucoup le burnous des laïcs en leur promettant qu'ils seraient grassement payés au ciel. ça a marché durant des siècles et dans certaines religions, ça marche encore au point de trouver assez d'arguments pour faire exploser le burnous.
    Et nous, pauvres occidentaux septiques, même quand on nous fait des promesses aussi crédibles que l'égalité des sexes, la fin des privilèges ou une énergie renouvelable, on ne marche plus.
    USER est l'anagramme de SUER. Mais où sont les burnous d'antan ? 😐.
  • Utilisateur supprimé
    12/08/2019 à 16:01*
    Les humains, nous restons des anges/animaux, espèce hybride. Quand vous y réfléchissez c’est assez bizarre. À Miami où j’ai passé 4 ans il y avait une hiérarchie (pecking order, n’est-ce pas, comme les poulets), les Cubains méprisaient les Honduriens qui méprisaient les Dominicains qui méprisaient les Haïtiens. Étant donné notre histoire cela ne doit pas étonner que pas mal de blancs nord-américains tremblent à l’idée que les peaux à d’autres couleurs soient en majorité et dans pas très longtemps. Le nationalisme blanc se renaît.
  • joseta
    12/08/2019 à 16:18
    Supporters du PSG
    - Il commence à me faire suer ce brésilien, j'en ai marre !
    - je suis d'accord, mais il ne s'appelle pas Jean Neymar, c'est Neymar Da Silva !
  • DiwanC
    12/08/2019 à 16:23*
    Clitocybe... Mintaka... Bouba... Lange...chirstian... et les autres ! Expressio compte les comtes des mots qui content pour le bonheur des liseurs... 🙂
  • Clitocybe
    12/08/2019 à 16:28
    Chirstan nous fait toujours bien rire, surtout avec Momolière et voilà que le Mintaque se découvre des talents de narrateur humoristique de longue haleine avec son épopée congolaise. Bravo les mecs, ça me fait plaisir de vous lire. Cela dit, les femmes du site ne donnent pas leur place, même si elles sont moins spectaculaires. Si je devais aller me faire suer le burnous sur une ile déserte et qu’on m’offrait le choix entre les ci-devant gonziers et une paire de femmes, vous savez ce que je choisirais!?
  • Utilisateur supprimé
    12/08/2019 à 17:50*
    Pour ceux qui pourraient s’y intéresser...Max Gallo et la liquidation de l’empire français
  • mickeylange
    12/08/2019 à 18:18*
    • En réponse à Clitocybe #193 le 12/08/2019 à 16:28 :
    • « Chirstan nous fait toujours bien rire, surtout avec Momolière et voilà que le Mintaque se découvre des talents de narrateur humoristique de... »
    Si je devais aller me faire suer le burnous sur une ile déserte et qu’on m’offrait le choix entre les ci-devant gonziers et une paire de femmes, vous savez ce que je choisirais!?

    Forcément les femmes pour le ménage, le repassage, la vaisselle... et les embrouilles ! 🙂
    Non les filles pas sur la tête...
    PS: Tu as pêché combien de saumons avec tes mouches de compétition ?
  • Utilisateur supprimé
    12/08/2019 à 21:20
    • En réponse à Utilisateur supprimé #187 le 12/08/2019 à 14:31* :
    • « TRIBULATIONS AFRICAINES
      Je me rappelle quand j'étais petit enfant, j'étais à l'avant de la pirogue avec le regard extrêmement perçant, même... »
    Un plaisir!
  • Clitocybe
    12/08/2019 à 21:41*
    • En réponse à mickeylange #195 le 12/08/2019 à 18:18* :
    • « Si je devais aller me faire suer le burnous sur une ile déserte et qu’on m’offrait le choix entre les ci-devant gonziers et une paire de fem... »
    Un dans l’autre, au fil des ans, j’ai dû en prendre une dizaine, en batailler le triple. C’est un poisson qui te fait suer le burnous et surtout te fait monter la drénaline, les oreillettes et les ventricules à des sommets stratosphériques. Pas recommandé pour les cardiaques. Comme on le pêche par obligation avec des mouches (prendre la mouche) et du monofilament, 3 à 5 kilos pour les rivières où je vais, la bête a environ 66,6 % de chance de s’échapper. L’orgasme de l’être aimé, c’est bien, surtout si on participe, mais le décollage d’un saumon piqué par la mouche (et accroché), c’est incomparable, ineffable. Si on me donnait le choix, comme pour l’ile déserte, j’opterais pour le saumon. C’est pas les femmes ou les hommes qui manquent.
  • Clitocybe
    12/08/2019 à 22:11
    • En réponse à Utilisateur supprimé #194 le 12/08/2019 à 17:50* :
    • « Pour ceux qui pourraient s’y intéresser...Max Gallo et la liquidation de l’empire français »
    Hrmmm, oui c'est bon, des pans ignorés de l'histoire de France où on faisait suer le burnous à coup de bambou. Certains auteurs (français) s'en étaient déjà inquiété au début du 20e siècle. Dans une revue, hrmmm, je cherche...
  • Utilisateur supprimé
    12/08/2019 à 23:43
    • En réponse à Clitocybe #198 le 12/08/2019 à 22:11 :
    • « Hrmmm, oui c'est bon, des pans ignorés de l'histoire de France où on faisait suer le burnous à coup de bambou. Certains auteurs (français) s... »
    J’ai posté l’article qui est arrivé aujourd’hui même dans ma boîte à e-mail simplement à cause de la coïncidence avec l’expressio du jour. Je ne l’ai pas lu. On connaît déjà assez d’horreurs, ‘spa.
  • julius
    17/08/2019 à 09:01
    Je vous admire tous, non seulement pour l'humour, mais aussi et surtout pour la jubilation qui transpire dans vos interventions