Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

gagner ses éperons [v]

accéder à un statut social supérieur ; obtenir une situation plus élevée ; obtenir une promotion ; monter en grade ; prendre du galon

Origine et définition

Les cavaliers connaissent bien les éperons, accessoires équestres qui ont aussi beaucoup été évoqués dans les aventures du Far West.
Ces choses sont des petites branches de fer terminées d'un côté par une roue à pointes et pourvues de l'autre d'un système permettant de les faire tenir sur les talons du cavalier. Elles lui servent, lorsqu'il en pique les flancs de sa monture, à la faire accélérer. Au point, d'ailleurs, que le mot éperon a, jusqu'au XVIIIe siècle, symbolisé une allure rapide.
Si notre expression n'apparaît qu'au XIXe siècle, elle fait pourtant référence au Moyen Âge, lorsqu'un homme devenait chevalier.
En effet, généralement après une action d'éclat qui le rendait digne de son nouveau statut, on lui remettait, outre ses armes, une paire d'éperons, symboles de sa montée en grade, élévation à un plus haut niveau qu'on retrouve dans notre métaphore.
L'expression est généralement employée lorsque la promotion suit une action (ou un ensemble d'actions) brillamment réussie justifiant la récompense.
Ces accessoires ont, en liaison avec la même époque, également donné l'expression couper les éperons lorsqu'on excluait ou bannissait un chevalier félon.

Exemples

« Ferdinand III, qui sait comment cet officier s'est comporté à Noerdlingen, où il a lui-même gagné ses éperons, l'appelle donc en Allemagne avec le titre de général-major qu'il a, on en conviendra, dignement mérité. »
Charles Rahlenbeck - Gilles de Haes - 1854

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich die Sporen verdienen gagner ses éperons
Anglais to win one's spurs gagner ses éperons
Anglais (USA) earn one's stripes gagner ses chevrons
Anglais (USA) make your bones faire vos os
Anglais (USA) to earn one's spurs gagner ses éperons
Espagnol (Espagne) obtener un ascenso obtenir une promotion
Espagnol (Argentine) avanzar 5 casillas sauter 5 cases
Espagnol (Espagne) ganarse el puesto gagner sa place
Français (Canada) gagner ses épaulettes
Gallois ennill ei blwyf gagner sa paroisse
Italien guadagnare i galloni gagner ses gallons
Néerlandais (Belgique) zijn sporen verdienen gagner ses éperons
Néerlandais omhoog vallen tomber vers le haut
Néerlandais z'n strepen verdienen gagner ses chevrons
Néerlandais zijn sporen verdienen gagner ses éperons
Portugais (Brésil) subir na vida monter dans la vie
Roumain a dobândi galoanele acquérir les galons
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Commentaires sur l'expression « gagner ses éperons » Commentaires

  • DiwanC
    02/07/2013 à 10:44*
    • En réponse à Paracas #79 le 02/07/2013 à 06:35* :
    • « La rue de Oak-city s’était vidée en un instant. On n’entendait plus que le couinement de l’enseigne du croque-mort balancée par le vent du d... »
    Soudain, dans le silence oppressant un cliquetis se fait entendre. Ce sont les éperons de Doug Mc-Lure... Vais pas me taper le boulot à moi tout seul, non ?

    Au loin, un train siffla trois fois.
    - 8 h 47, pensa Doug vérifiant l’heure à sa montre-gousset, un peu cabossée depuis qu’elle avait détournée une flèche - lui sauvant ainsi la vie - lors de l’attaque d’une tribu comanche commandée par celui que tous ici appelaient The God.
    Depuis, bien des lunes avaient brillé. The God avait transmis les attributs de chef guerrier (hache de guerre et calumet de la paix) à Ostro-Fil. Une décision regrettable car Ostro-Fil s’amusait à répandre la terreur sur les quais de la gare proche de Oak-City, dépouillant les voyageurs et troussant les voyageuses.
    Avec le temps, The God, lui, s’était civilisé. À la sortie de la ville, il avait ouvert une échoppe ; il y vendait des culottes de peau, des ceintures colorées que tressait sa squaw, la douce Nuage de Rosée. On venait pour acheter mais aussi pour entendre d’étranges histoires.
    Car The God aimait à raconter… le jour où il avait vendu la peau d’un ours avant de l’avoir tué*... la nuit où les chiens n’avaient cessé d’aboyer tandis qu’au loin passait la longue caravane des chariots se dirigeant vers le Far-Far-West**… et les heures passaient.
    Mais aujourd’hui, The God - l’oreille collée au sol - écoutait le cliquetis des éperons de Doug Mac-Lure et la lente progression du cow-boy qui ne tarderait plus à pousser les portes du Pink Saloon.

    Bon… Bouba, j’ai fait ce que je pouvais ! 😛
    * Ces récits ont été recueillis par Georges Planelles, lointain descendant de The God. Vous pouvez les lire à cette page et à cette page.
    Syntax @87 a les images !
  • joseta
    02/07/2013 à 10:51*
    • En réponse à saharaa #100 le 02/07/2013 à 10:30 :
    • « les ’pitons’ au rayon ’animaux’
      tu veux parler du serpent python bicolore de rocher ? 🙂 »
    On peut trouver aussi les pis thons au rayon ’poissonnerie’...
  • saharaa
    02/07/2013 à 10:58
    • En réponse à joseta #102 le 02/07/2013 à 10:51* :
    • « On peut trouver aussi les pis thons au rayon ’poissonnerie’... »
    et lui aussi ?
  • saharaa
    02/07/2013 à 11:04
    et au marché aux fleurs
    Que d’éperons, c’est pas gagné !
  • mickeylange
    02/07/2013 à 11:08
    • En réponse à DiwanC #101 le 02/07/2013 à 10:44* :
    • « Soudain, dans le silence oppressant un cliquetis se fait entendre. Ce sont les éperons de Doug Mc-Lure... Vais pas me taper le boulot à moi... »
    "Mac-Lure et la lente progression du cow-boy qui ne tarderait plus à pousser les portes du Pink Saloon..."
    se retrouvant face à Marceeel (faut savoir qu’avant d’être le loufiat du phare Marceeel était le patron du Pink Saloon.
    Il fut chassé du phare-ouest recouvert de goudron et roulé dans la plume pour avoir baptisé son whisky)
    Il emmena avec lui sa fille Marcelle. Depuis les cow-boys d’Oak-city dormaient sur la béquille. (la béquille a remplacé l’éperon depuis que la moto a remplacé le cheval)
    Ostro-Fil retrouva Marcceel et il essaye toujours de lui faire servir des viennoiseries (croissant, brioche, pain aux raisins, pain au chocolat, etc.) à la place
    des olives, cacahouètes, gâteaux apéritifs, petits fours voir tapas, enfin ce qui est normal avec l’apéro...
  • joseta
    02/07/2013 à 11:10
    obtenir une situation plus élevée

    Je vais vous raconter l’histoire d’un cow-boy qui, las de son rude travail au ranch et ayant entendu parler du "phare-niente", il décida de devenir gardien de phare. On lui donna à choisir entre une place au nord ou une à l’ouest. Naturellement, le cow-boy choisit le phare ouest.
    Voilà donc qu’il déménage avec sa femme Lise: lui serait gardien de phare, elle, plus coquette, gardienne de fard.
    Au début, tant d’éclairage "l’éphare", mais il s’y habitue.
    Le phare étant situé dans une ancienne gorge, il craignait de faire des phares un gîte...
    Pour tuer le temps, il jouait aux cartes avec sa femme, qui, elle, n’était pas une lumière...Alors lui, qui gagnait tout le temps, se justifiait en disant:
    - c’est le métier qui entre, c’est pourquoi je "bats Lise".
    Et voilà comment le cow-boy changea un travail d’élevage pour un travail élevé.
  • mickeylange
    02/07/2013 à 11:33
    • En réponse à joseta #106 le 02/07/2013 à 11:10 :
    • « obtenir une situation plus élevée
      Je vais vous raconter l’histoire d’un cow-boy qui, las de son rude travail au ranch et ayant entendu pa... »
    Son nouveau travail était un phare d’eau !
    Le midi il faisait restaurant pour les pêcheurs du coin.
    Il servait un menuphare à tous ces soiphares.
    Lise à la caisse rendait la monnaie, elle avait sur sa chaise une position de phare m’assis et un teint blaphare...
  • charmagnac
    02/07/2013 à 11:38
    • En réponse à saharaa #96 le 02/07/2013 à 10:11 :
    • « ça sert aussi à gravir une montagne
      ah bon ? si c’est une montagne comme celle-là... mieux vaut pour gagner le sommet de l’éperon utiliser... »
    Poil au menton. 😄
  • charmagnac
    02/07/2013 à 11:39
    • En réponse à joseta #98 le 02/07/2013 à 10:19 :
    • « On peut trouver aussi les ’pitons’ au rayon ’animaux’ et le crampons au rayon ’football’... »
    Pour les crampons, y a pas qu’au rayon football ! Et si c’est au rugby, on les plaque !
  • Utilisateur supprimé
    02/07/2013 à 11:40
    • En réponse à Paracas #79 le 02/07/2013 à 06:35* :
    • « La rue de Oak-city s’était vidée en un instant. On n’entendait plus que le couinement de l’enseigne du croque-mort balancée par le vent du d... »
    Tu gagnes, sinon tes éperons, du moins une zarzaparrilla. Santé !
  • charmagnac
    02/07/2013 à 11:44
    • En réponse à SyntaxTerror #94 le 02/07/2013 à 09:59 :
    • « Gagner ses éperons, comme dirait Di-one-Ci, c’est jouer dans la cour des grands, le bâton de maréchal, c’est être ministre de l’éducation na... »
    Re-question sur l’utilisation du principe de Peter pour désigner le ministre de l’éducation nationale auquel tu fais allusion.
  • DiwanC
    02/07/2013 à 11:54*
    • En réponse à mickeylange #105 le 02/07/2013 à 11:08 :
    • « "Mac-Lure et la lente progression du cow-boy qui ne tarderait plus à pousser les portes du Pink Saloon..."
      se retrouvant face à Marceeel (f... »
    Heureusement, Marceeel résiste !
    Dans son tiroir-caisse, il garde un éperon aux dents acérées, gagné par ses ancêtres mexicains à la bataille de Fort Alamo. À la moindre intimidation, il n’hésiterait pas à le planter dans l’œil borgne du descendant de l’Ostro-Fil.
    Parce que faut pas le chauffer Marcel ! Il n’est pas né celui qui lui fera servir des rôties confiturées à la place de tartines d’anchoïade !

    Bon… je te retrouve au Bar-Far, le temps d’un Lagon bleu. Et pis, je te vous quitte jusqu’à la marée montante !
  • Paracas
    02/07/2013 à 12:31
    • En réponse à Utilisateur supprimé #110 le 02/07/2013 à 11:40 :
    • « Tu gagnes, sinon tes éperons, du moins une zarzaparrilla. Santé ! »
    Madre de dios !.......Son los Pitufos que comen zarzaparilla.......🙁
  • mitzi50
    02/07/2013 à 13:06
    • En réponse à charmagnac #91 le 02/07/2013 à 09:54* :
    • « Et confirmation de ton # 27 : deux seules distinctions militaires françaises.
      La raison pour laquelle le "bâton de maréchal" n’a pas la mêm... »
    Absolument.
    Mais demain est un autre jour. Du reste, si l’ on considère d’ une part ce qui est écrit dans la Genèse, et d’ autre part la théorie de Darwin, la durée d’ une journée peut être à géométrie variable. Il ne faut donc pas compter des heures, mais des séquences de vie, voire des ères... Et c’ était une simple question concernant l’ expression que nous aurions éventuellement eue à commenter, si God le voulait...
  • Paracas
    02/07/2013 à 13:18
    Même pas le temps de délirer avec vous.......on me hèle, on me happe, on m’accapare, on me monopolise.......
    Tagada-tagada-tagada voilà les Dalton......j’enfourche ma monture, j’éperonne et je disparais dans un nuage de poussière.......
    Ad’taleur j’espère............🙂
  • joseta
    02/07/2013 à 13:32
    Expression synonyme:
    Celui qui accède à un statut social supérieur, prend du galon,
    l’entraîneur de l’équipe de basket, prend des gars longs,
    Mickeylange prend des gallons...de rosé.
  • charmagnac
    02/07/2013 à 13:38
    • En réponse à mitzi50 #114 le 02/07/2013 à 13:06 :
    • « Absolument.
      Mais demain est un autre jour. Du reste, si l’ on considère d’ une part ce qui est écrit dans la Genèse, et d’ autre part la thé... »
    Les intentions de God sont insondables, et il a le Temps pour lui. C’est sa marotte. Mais ça peut faire avancer le schmilbick. 😉
  • charmagnac
    02/07/2013 à 13:52*
    • En réponse à HoubaHOBBES #66 le 15/02/2011 à 21:44 :
    • « Héééélà, breuke, en marine, c’est d’un rostre qu’on parle, pas d’un éperon !
      Plouf, ta démo tombe à l’eau, ce qui prouve bien l’origine mari... »
    en marine, c’est d’un rostre qu’on parle, pas d’un éperon !

    Si le rostre (substantif venu du latin) désigne effectivement une partie avant d’un navire destiné à endommager un navire ennemi qu’on percute, j’ai pourtant vu utiliser aussi le terme "éperon", encore que le mot "rostre" a davantage sa place dans les récits de combats navals antiques. Pour en avoir le coeur net, je suis parti à l’abordage de Wiki qui, ayant gagné ses éperons dans maints domaines, est affirmatif
    cette page
    cette page
  • Paracas
    02/07/2013 à 16:04*
    • En réponse à charmagnac #118 le 02/07/2013 à 13:52* :
    • « en marine, c’est d’un rostre qu’on parle, pas d’un éperon !
      Si le rostre (substantif venu du latin) désigne effectivement une partie avant... »
    combats navals antiques

    On dit pas "navaux" ?
    On dit bien "amiral"--"amiraux","animal--animaux","chacal-chac...."
    Euuuuuuuuuuh......."anal"--"anneaux", "trousseau--troussal"
    Sais plus moi......🙁
  • Paracas
    02/07/2013 à 16:12
    • En réponse à charmagnac #91 le 02/07/2013 à 09:54* :
    • « Et confirmation de ton # 27 : deux seules distinctions militaires françaises.
      La raison pour laquelle le "bâton de maréchal" n’a pas la mêm... »
    Pour les cruciverbistes:
    "A mérité le bâton" en 6 lettres.
    réponse:
    "Pétain"
    Cette définition de Max Favalleli en pleine guerre ne fut pas censurée.......