Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

la réponse du berger à la bergère [exp]

la réponse qui clôt la discussion, sans possibilité d'y revenir ; le dernier mot ; une manière de rendre à quelqu'un la pareille

Origine et définition

Cette expression, dans son premier sens, vient du XVIIe siècle et du suivant, une époque où les pastorales, histoires plutôt naïves vantant l'harmonie entre l'homme et la nature, étaient revenues à la mode (elles datent de l'Antiquité).
Dans ces histoires, il est fréquemment question de bergers et de bergères qui, bien entendu, ont autant d'histoires d'amour que de querelles.
Et c'est pour cela qu'à la même époque que les termes 'berger' et 'bergère' ont pris le sens figuré d'amant et d'amante (alors que ça n'a pas été le cas des boulanger/boulangère ou poissonnier/poissonnière, ces derniers faisant nettement moins travailler l'imagination). La bergère, souvent décrite comme une fille facile, est même à un moment devenu synonyme de "fille de mauvaise vie".
C'est probablement des pastorales d'Honorat de Bueil, marquis de Racan, intitulées les Bergeries, qu'est née l'expression.
En effet, dans de nombreux dialogues entre le berger et la bergère, c'est le premier qui a le dernier mot.
Le deuxième sens de cette expression est contemporain (XXe siècle). Il reprend l'expression originale, un peu oubliée, et se base sur le sens propre des mots 'berger' et 'bergère'. En effet, c'est le fait de faire le même métier, d'avoir les mêmes connaissances, qui fait que l'un est capable de faire à l'autre ou pour l'autre ce qu'il lui a fait, de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Mais le fait de rendre la pareille à l'autre, c'est aussi parfois vouloir avoir le dernier mot.

Exemples

« Sur ce raisonnement, je mis de côté ma rondeur méridionale, et prenant, pour la circonstance, tout ce qu'il y a de plus raffiné dans la galanterie parisienne; j'écrivis la réponse du berger à la bergère. »
Jules Léotard - Mémoires de Léotard
« Un mauvais sourire point sur son visage, se développe comme une glaciale aurore de décembre, l’éclaire tout à fait... Attention ! Mme Rezeau vient de trouver la réponse du berger à la bergère. Que va-t-il se passer ? »
Hervé Bazin - Vipère au poing

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand das letzte Wort haben avoir toujours le dernier mot
Allemand ende der Diskussion! discussion terminée!
Anglais the final word la parole finale
Anglais (USA) the last word le dernier mot
Anglais (USA) tit for tat un prêté pour un rendu
Arabe (Algérie) رد لو الصرف (radlou essarf) il lui rend la monnaie
Arabe الجواب الشافي الكافي (el djawab echaffi elwaffi) la réponse qui guérit / satisfait
Espagnol (Espagne) llevarse el gato al agua porter le chat à l'eau
Espagnol (Espagne) tener la última palabra avoir le dernier mot
Espagnol (Espagne) Tener la última palabra Avoir le dernier mot
Hébreu דברי הסיום (divré hassiyoum) les mots de la fin
Italien avere l'ultima parola / rendere pan per focaccia avoir le dernier mot
Néerlandais lik op stuk krijgen / lik op stuk geven une réaction dans le sens d'aller/retour très directe. du tac-au-tac
Néerlandais discussie gesloten fin de la discussion
Néerlandais het laatste woord hebben avoir la dernière parole
Portugais (Brésil) dar a última palavra donner le dernier mot
Portugais (Brésil) o ponto final le point final
Roumain a plăti cu aceeași monedă payer avec la même monnaie
Roumain i-a întors-o il l'a lui a retounée
Roumain punct și de la capăt point et retour chariot
Roumain retur de manivelă retour de manivelle
Roumain a avea ultimul cuvant avoir le dernier mot
Turc son noktayı koymak mettre le dernier point
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Commentaires sur l'expression « la réponse du berger à la bergère » Commentaires

  • #21
    mickeylange
    06/02/2009 à 13:15
    • En réponse à momolala #19 le 06/02/2009 à 13:10 :
    • « Ou tu me donnes l’aller, ne t’étonne pas du retour de manivelle. »
    ? j’ai pas compris ?
  • #22
    PHILO_LOGIS
    06/02/2009 à 13:16
    • En réponse à PtiPat #11 le 06/02/2009 à 10:25 :
    • « Comme il est beau ce poême ! 😉 »
    Com-me il est beau, ce po-wème,
    quand il est mort, le po-wète...
    ...
    Avec Lady Theur de par Toches, ce serait mieux, quand même...
    Plus une clé de douze et un raton laveur (ca, c’est uniquement pour faire le poids...)
  • #23
    PHILO_LOGIS
    06/02/2009 à 13:18*
    • En réponse à chirstian #17 le 06/02/2009 à 12:43 :
    • « La réponse qui clôt la discussion, sans possibilité d’y revenir. Le dernier mot.
      Une manière de rendre à quelqu’un la pareille.
      Rendre à qu... »
    Rendre à quelqu’un la pareille

    rendre à quelqu’un la salle, c’est pareil (salsepareille)
    Quelqu’un de vous l’utilise encore dans ce sens ?

    oui, moi!
    s: Le Grand Schtroumpf
  • #24
    momolala
    06/02/2009 à 13:19
    • En réponse à mickeylange #21 le 06/02/2009 à 13:15 :
    • « ? j’ai pas compris ? »
    Ou, c’est-à-dire, "ou bien" par rapport à ce qui précède, tu me donnes l’aller, ne t’étonne pas (de prendre) le retour (de manivelle parce que j’y ai pensé). L’explication de texte est-elle claire ? Ton père, il t’a jamais donné un aller-retour ? 😏 C’est kifkif bourricot "tu me prend l’oeil, je te rends la dent", non ?
  • #25
    momolala
    06/02/2009 à 13:22
    Je n’étais pas là et les absinthes absentes ont toujours tort mais Marcel ne s’est guère manifesté à midi, l’heure du berger. On attend sept heures, et s’il réitère, on le kafte à PP.
  • #26
    PHILO_LOGIS
    06/02/2009 à 13:22*
    • En réponse à momolala #24 le 06/02/2009 à 13:19 :
    • « Ou, c’est-à-dire, "ou bien" par rapport à ce qui précède, tu me donnes l’aller, ne t’étonne pas (de prendre) le retour (de manivelle parce q... »
    tu me prend l’oeil, je te rends la dent

    C’est pourtant pas ce que le serpent à dit.
    il a dit: "tu me prends la pomme, je te rends l’Adam!
  • #27
    PHILO_LOGIS
    06/02/2009 à 13:25
    • En réponse à momolala #24 le 06/02/2009 à 13:19 :
    • « Ou, c’est-à-dire, "ou bien" par rapport à ce qui précède, tu me donnes l’aller, ne t’étonne pas (de prendre) le retour (de manivelle parce q... »
    rastrint, là, m’petit’ feille, t’es ben fâchée, à c’te moment, non?
  • #28
    mickeylange
    06/02/2009 à 13:32
    • En réponse à momolala #24 le 06/02/2009 à 13:19 :
    • « Ou, c’est-à-dire, "ou bien" par rapport à ce qui précède, tu me donnes l’aller, ne t’étonne pas (de prendre) le retour (de manivelle parce q... »
    Pour moi l’aller-retour, c’est une baffe sur la joue gauche suivie d’une autre sur la joue droite. Et vis versa si tu commences par l’autre joue, d’où mon incompréhension vingt et unième.
    Bizzzous pluvieux.
  • #29
    memphis
    06/02/2009 à 13:35*
    • En réponse à <inconnu> #9 le 06/02/2009 à 09:34 :
    • « Qu’est-ce que j’apprends ? Aujourd’hui est l’anniversaire du site de notre amie Memphis. Elle cumule, mais enfin, encore bonne anniversaire... »
    Merci, ma chère Claudine de cette publicité gratuite et ...efficace. Pour toi et tous les nostalgiques des comptines et chansons d’autrefois, la Bergère répond au Monsieur cette page (il faut cliquer sur Ah dites-moi donc bergère !)
  • #30
    horizondelle
    06/02/2009 à 13:39
    Comment se fesse fait-ce que personne n’ait encore relevé la bizarrerie? La réponse du berger à la bergère, et voilà, la discussion est close! Pourtant, dans la réalité vraie, ne serait-ce pas souvent la réponse de la bergère au berger qui met fin à la discussion? Non ? Oh si! Oh non ! Oh si! OOhh non ! OOOHHH siii .....
  • #31
    chirstian
    06/02/2009 à 13:41
    si un vacher refuse de répondre à une bergère, c’est que la lutte des classes a gagné les campagnes où mugissaient hier nos féroces soldats et où pissent aujourd’hui les mérinos tandis qu’y pètent les vaches normandes devant la ligne du TGV, produisant un méthane néfaste à notre planète -mais la pétaison, papa, ça n’se commande pas !
  • #32
    horizondelle
    06/02/2009 à 13:42
    • En réponse à mickeylange #28 le 06/02/2009 à 13:32 :
    • « Pour moi l’aller-retour, c’est une baffe sur la joue gauche suivie d’une autre sur la joue droite. Et vis versa si tu commences par l’autre... »
    Bizzzous pluvieux

    il pleut, il pleut bergère...cette page
  • #33
    chirstian
    06/02/2009 à 13:58
    • En réponse à horizondelle #30 le 06/02/2009 à 13:39 :
    • « Comment se fesse fait-ce que personne n’ait encore relevé la bizarrerie? La réponse du berger à la bergère, et voilà, la discussion est clos... »
    si le berger a l’esprit d’escalier, tandis que la bergère a celui d’ascenseur, il est clair qu’il est désavantagé pour avoir le dernier mot. Note qu’il ne devrait pas y avoir de moutons dans l’escalier, si la concierge fait son boulot. Sauf pour l’Aid -el-kébir, parce qu’un méchoui sans mouton : il manque quelque chose, hein ! Bon, on pourrait obliger tous les musulmans à habiter au rez-de-chaussée, mais ça c’est des excuses de concierge et j’aimerais bien entendre la réponse du concierge à la concierge.
  • #34
    <inconnu>
    06/02/2009 à 14:16
    Quand un berger fait la cour à une bergère de façon trop cavalière, il ne faut pas s’étonner qu’elle monte sur ses grands chevaux.
  • #35
    PtiPat
    06/02/2009 à 15:10*
    Cette fois Elpépé ne pourra pas dire que cette expression vient de la marine. C’est bien une expression de la montagne !
    J’avais un cousin berger. Il était du côté du col du Galibier l’été.
    Quand j’allais le voir, j’étais toujours impressionné. Il avait trois chiens, et plus de deux mille moutons à garder. Il fallait voir comme les chiens lui obéissaient ! Le soir il donnait à manger à ses chiens avant de s’occuper de lui.
    Il avait aussi un âne pour l’aider à transporter le sel.
    Et il avalait des kilomètres à pied tous les jours. On l’appelait le BGV : Berger Grande Vitesse, tellement il allait vite en montagne. Mais toujours à pied, et sans courir. Et il allait plus vite que certains sportifs qui approchaient en courant en tennis.
    Mais c’est vrai que côté bergère, il était plutôt démuni !
    Ainsi, étant toujours seul, c’est sûr qu’il avait toujours le dernier mot !
  • #36
    PtiPat
    06/02/2009 à 15:28
    • En réponse à horizondelle #30 le 06/02/2009 à 13:39 :
    • « Comment se fesse fait-ce que personne n’ait encore relevé la bizarrerie? La réponse du berger à la bergère, et voilà, la discussion est clos... »
    Je suis surpris qu’une suisse n’aime pas cette expression concernant des bergers et des bergères, sachant que c’est une expression de la montagne ! Je me demande même si ce n’est pas une expression suisse !
    Mais peut-être que je me trompe ! En fait en Suisse il y a surtout des vaches, et donc plus de vachers que de bergers ! L’expression version suisse était donc "la réponse du vacher à la vachère" !
    Mais pour satisfaire les féministes suisses, il va falloir faire évoluer l’expression, en "la réponse de la vachère au vacher" ! Y a-t-il des objections dans l’assistance ? oui ? Non ? Oui ? Non ? ... 😉
    Qui aura le dernier maux ?
  • #37
    syanne
    06/02/2009 à 15:48
    • En réponse à <inconnu> #34 le 06/02/2009 à 14:16 :
    • « Quand un berger fait la cour à une bergère de façon trop cavalière, il ne faut pas s’étonner qu’elle monte sur ses grands chevaux. »
    Il y avait une bergère qui montait souvent sur ses grands chevaux. Elle y prit goût et se fit manadière. Elle épousa un beau manadier, mais très vite il y eut des salades dans la manade : salades aujourd’hui, pis, salades hier ! ça promettait des lendemains assaisonnés. Elle le traitait de veau, il lui disait qu’elle était vache (c’est, forcément, la réponse du manadier à la manadière). Mais pour ne pas se rendre malades, hier, ils décidèrent de prendre le taureau par les cornes. C’est leur boulot, me direz-vous. Certes, mais il fallait bien que je trouve une chute : car la fin de l’histoire, elle, n’est pas encore née.
  • #38
    SagesseFolie
    06/02/2009 à 15:49*
    • En réponse à horizondelle #30 le 06/02/2009 à 13:39 :
    • « Comment se fesse fait-ce que personne n’ait encore relevé la bizarrerie? La réponse du berger à la bergère, et voilà, la discussion est clos... »
    Voyant dans quel étagère, je te répondrais que la bergère à la dernier mot et que le berger aussi a les derniers maux *.
    si le berger a l’esprit d’escalier, tandis que la bergère a celui d’ascenseur

    Je comprends pourquoi le s relations hommes-femmes marchent si mal : il n’y a pas de marches dans un ascenseur, juste un bouton.
    Tout part des mots latins berbex et berbicis : mouton.
    De berbicem, accusatif de berbex vient notre mot brebis.
    Et c’est de berbicarius, dérivé de berbex, que vient le mot berger.
    Originaires du même mot, (berbex) ces deux derniers mots ont eu deux évolutions phonétiques différentes.
    -- Berbicem était prononcé en insistant sur le i, ce qui a fait disparaitre la syllabe finale : berbicem est devenu berbic, puis brebic, et enfin brebis.
    --Berbicarius était prononcé en insistant fortement sur le a. L’évolution fut la suivante : berbicariu, berbigariu, berbgariu, bergar, berdjar, berdjér, pour terminer en notre berger.
    Ceci constitue indubitablement la réponse du berger à la brebis. 😐
    * Désolé PtitPat d’avoir eu les mêmes maux que toi : tu as posté pendant que j’écrivais 😉
  • #39
    PtiPat
    06/02/2009 à 15:57
    Dans ces histoires, il est fréquemment question de bergers et de bergères qui, bien entendu, ont autant d’histoires d’amour que de querelles.
    Et c’est pour cela qu’à la même époque que les termes ’berger’ et ’bergère’ ont pris le sens figuré d’amant et d’amante (alors que ça n’a pas été le cas des boulanger/boulangère ou poissonnier/poissonnière,...

    C’est sûr, les bergers et les bergères peuvent trouver des coins de pâturages tranquilles, dans les hautes herbes, pour pouvoir batifoler en paix ! On imagine, un brin de vent, un soleil de plomb, des grandes herbes, et petit à petit des chemises qui s’ouvrent, des bras et des mains qui s’immiscent et qui caressent, des lèvres qui se rapprochent, des regards coquins, des joues qui rougissent, des .. [censure] [/censure] pour finir par se rhabiller, avant d’aller s’occuper des moutons qui se sont éparpillés dans la montagne ! C’est malin ! Mais c’était un moment plein de souvenirs sublimes …
    Dans la boulangerie, c’est plus difficile. Le client est toujours là à vouloir sa braguette de pain ! Pas moyen d’avoir un instant tranquille. Et si on y arrive, on sort tout blanc ! C’est pas très discret !
    Et pour la poissonnerie, c’est pire. Ils ont toujours trois pulls et un grand tablier de caoutchouc sur eux, dans un environnement où il fait –10°C pour que le poisson ne pourrisse pas trop ! Difficile de batifoler dans de telles conditions ! 😉
  • #40
    PtiPat
    06/02/2009 à 16:03
    • En réponse à SagesseFolie #38 le 06/02/2009 à 15:49* :
    • « Voyant dans quel étagère, je te répondrais que la bergère à la dernier mot et que le berger aussi a les derniers maux *.
      si le berger a l’es... »
    Désolé PtitPat d’avoir eu les mêmes maux que toi

    Il n’y a pas de maux mal !
    Et si on est deux à l’avoir eu c’est que c’était une bonne idée !
    (Hein, mes chevilles ? Pas de problème elles vont bien. Peut-être un peu gonflées, mais globalement ça va !) 🙂