Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

revers de la médaille [n]

le côté déplaisant de quelque chose qui paraissait agréable ; le côté désagréable d'une personne qui paraissait attirante ; côté désagréable ; inconvénient ; mauvais côté

Origine et définition

Lorsqu'aux jeux olympiques, un athlète gagne une médaille d'or, on ne vous en montre toujours que l'endroit (ou avers ou obvers).
Mais sait-on ce qu'il y a sur le revers, ce qui se cache sur l'autre face de la médaille ? Du parmesan moisi, un mammouth écrasé, de la morve d'ornithorynque ? Il n'est pas sûr qu'on le sache un jour, et c'est peut-être mieux ainsi.
Car si la médaille présente bien une face attractive, qui en jette, son fabricant ne s'est peut-être pas fatigué à soigner l'autre face, éventuellement laissée brute car ça coûte moins cher et, une fois la médaille posée sur son présentoir sous verre, personne ne s'amusera à aller voir ce qu'il y a derrière.
Bien sûr, on aura compris que ce revers de la médaille n'est qu'une métaphore (attestée en 1640) qui indique que pratiquement toute chose ou personne d'apparence plaisante cache généralement un ou des défauts qu'on ne distingue pas au premier abord ; car, malheureusement, depuis Adam et Ève, la perfection n'est pas de ce monde.

Exemples

« Le vent peut emporter vieux papiers et sacs en plastique et les répandre dans les jardins et les champs.
Contre cela, Sita utilise des filets et exploite le site petit bout par petit bout. En limitant la superficie, on limite les envols. Le soir, de la terre est répandue sur les déchets, histoire de les coller au sol. Revers de la médaille, la terre doit être apportée par camions. »
Le Parisien - Article du 05/06/2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand andere Seite der Medaille autre face de la médaille
Allemand die Kehrseite der Medaille le revers de la médaille
Anglais downside inconvénient
Anglais other side of the coin l’autre côté de la pièce
Anglais the other side of the coin l'autre côté de la pièce
Arabe (Algérie) ya lemzouak men barra,wache halek meldakhel o celui qui brille à l'extérieur, qu'en est-il de ton intérieur?
Arabe min fooque hala hala wo min tahat yalaam alah de haut tout est beau et d'en bas Dieu sait comment
Chinois 另一面 de l’autre côté
Croate druga strana medalje le revers da la médaille
Espagnol (Espagne) la otra cara de la moneda l'autre face de la pièce de monnaie
Espagnol (Espagne) reverso de la medalla revers de la médaille
Espagnol (Espagne) el reverso de la medalla le revers de la médaille
Espagnol (Espagne) otra cara autre face
Hongrois minden éremnek két oldala van chaque médaille a deux faces
Italien altra faccia della medaglia autre côté de la médaille
Italien altro lato della medaglia autre côté de la médaille
Italien il rovescio della medaglia le revers de la médaille
Italien rovescio della medaglia revers de la médaille
Néerlandais keerzijde van de medaille l’autre côté de la pièce
Néerlandais andere kant van de medaille l’autre côté de la pièce
Néerlandais het is niet alleen goud wat/dat blinkt ce n'est pas uniquement de l'or qui brille
Néerlandais de keerzijde van de medaille le revers de la médaille
Polonais kazdu kij ma dwa konce chaque bâton a deux extrémités ce qui veut dire chaque chose a son bon et son mauvais côté
Polonais odwrotna strona medalu le revers de la médaille
Polonais druga strona medalu l’autre côté de la pièce
Portugais (Brésil) o outro lado da moeda le revers de la médaille
Portugais (Portugal) outro lado da moeda de l’autre côté de la pièce
Portugais (Portugal) reverso da medalha revers de la médaille
Roumain reversul medaliei l’autre côté de la pièce
Roumain reversul medaliei le revers de la médaille
Russe другой стороны autre côté
Russe оборотная сторона медали la face opposée de la médaille
Serbe nalicje medalje le revers de la medaille
Suédois medaljens baksida le revers de la médaille
Turc madalyonun diğer / öteki yüzü l'autre face de la médaille
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Commentaires sur l'expression « revers de la médaille » Commentaires

  • lalibellule
    30/12/2023 à 15:09*
    • En réponse à atheofv #220 le 30/12/2023 à 14:50 :
    • « T’inquiète pas.

      Je rigole. »
    Alors je t’offre mes souhaits pour ton anniversaire 2023 à retardement 🤣
  • lalibellule
    30/12/2023 à 15:28*
    J’ai trouvé cet article fort intéressant mais sans doute les autres sont déjà au courant …
    Un article par Michel Feltin-Palas de l’Express révèle à ceux qui n’étaient pas déjà au courant que le français ne vient pas du latin classique de Cicéron ou Virgile mais du latin parlé par le peuple.
    Quelques exemples :
    cheval qui ne ressemble point au latin equus mais provient de caballus qui signifiait canasson ou vieille rosse … vous voyez le registre.
    Je copie un peu…

    “Belle" est issu du modeste "bella" ("mignonne") et non de "pulchra" ("magnifique") ; "enfant", de "infantem" ("qui ne parle pas") et non de "puer" ; "tête", de "testa" ("tesson de tuile") et non de "caput". Et ainsi de suite.

    Michel prétend que le véritable ancêtre du français est à chercher du côté de la langue des marchands, des soldats et des esclaves de l’Empire romain.

    Il note que comme explique Bernard Cerquiglini dans son livre Une langue orpheline (Éditions de Minuit), on se rend compte de nos jours de l’origine humble du français mais ce n’était pas du tout toujours le cas. Longtemps on croyait que puisque le roi de France était puissant, sa langue devait nécessairement avoir une source prestigieuse. La seule question, au fond, consistait à choisir entre l’hébreu, le grec, le celte (que l’on croyait héritier du grec) et le latin des grands auteurs. Il a fallu du temps, beaucoup de temps, pour renoncer à cette théorie. Mais les écarts de vocabulaire et de syntaxe entre le français et le "bon" latin étaient tels qu’on a dû se rendre l’évidence : la langue du roi, hélas, venait du peuple.

    J’abandonne ici mon effort de faire un résumé de l’article… le plus simple c’est de copier/coller …

    Ce fut un premier cataclysme. Il y en a eu deux autres. Bientôt, on découvrit que le français était de surcroît "impur" ! De fait, il a tout d’abord subi l’influence (modeste) du gaulois, pratiqué avant l’arrivée des Romains, mais aussi celle, plus marquée, du francique, apporté par Clovis et les siens. Une germanisation qui a pris chez nous une ampleur considérable, puisqu’elle concerne aussi bien les verbes ("blesser", "marcher", "tomber") que certaines couleurs ("blanc", "bleu", "brun", "gris"), sans compter les prénoms (Albert, Clothilde, Guillaume, Hugues, Mathilde, Robert, etc.) et même la prononciation, avec la multiplication des mots commençant par un g ou un h aspiré ("garçon", "garder", "guerre", "hache", "hanche", "héron", etc.). C’est bien simple : le français est la langue romane la plus éloignée du latin ! "Cette empreinte est telle que l’on peut parler de créolisation (3)", résume Bernard Cerquiglini.


    Et comme si tout cela ne suffisait pas, on s'aperçut encore que le français devait compter sur son propre sol avec une dangereuse rivale, la langue d’oc. Riche d’une littérature prestigieuse, dotée de documents administratifs bien plus anciens et restée de surcroît plus proche du latin, bref, tout à fait digne de régner. Concurrence insupportable pour la langue du roi !

    Pour une nation un brin orgueilleuse comme la nôtre, ces coups successifs ont été difficiles à encaisser. Autant annoncer à des aristos persuadés de descendre de Saint Louis que leurs ancêtres étaient en fait des paysans crottés du Berry… Toutefois, après un petit accès de dépression collective, une réaction s'ensuivit. Le français n’est pas issu du plus prestigieux des descendants du latin ? Qu’à cela ne tienne ! On allait s’employer à l’embellir. Et pour cela, on a su se montrer particulièrement créatif.

    En premier lieu, on a "relatinisé" à tout-va, en forgeant de nouveaux mots en partant de la langue de l’Antiquité. Cela était d’autant plus facile que le mouvement était amorcé depuis le XIVᵉ siècle, au moins. A partir d’"eque", pour reprendre cet exemple, on a forgé "équitation" ; à partir de "caput", "capitanat" ; à partir de "puer", "puériculture"…

    "Le français est un latin de désespoir"

    Même latinisation du côté de l’orthographe. De nombreuses lettres que l’on ne prononçait plus ont été ajoutées ou maintenues à l’écrit, notamment sous l’influence de l’Académie française : "corps", "temps", "teste", "honneste" rappellent "corpus", "tempus", "testa", "honestus" (4). Avec un objectif transparent : redonner du lustre au français en le parant des attributs du vénérable ancêtre. "Enfant bâtard d’une mère insouciante et volage, le français est un latin de désespoir", écrit joliment Bernard Cerquiglini.

    Malheureusement, la propagande aussi s’en est mêlée. Le parler de l’Ile-de-France, fût-il de basse extraction, a fini par être présenté comme un idiome supérieur en tout point à ses concurrents. Non seulement, les langues régionales ont subi une redoutable entreprise de dénigrement, mais les langues étrangères n’ont pas été épargnées. Le français dit "thèse", alors que l’italien et l’espagnol optent respectivement pour "tesi" et "tesis", conformément au latin "thesis" ? "Ils se conduisent comme des esclaves !" soutenait le grammairien Dominique Bouhours au XVIIᵉ siècle. La démonstration était aussi rigoureuse que les travaux de Didier Raoult contre le Covid, mais cela a marché.

    Alimenté par ce qui s’apparente à un complexe d’infériorité, un véritable culte autour du français s’est ainsi érigé au fil des siècles. Avec son Vatican (l’Académie française), son livre sacré (le dictionnaire), ses saints très glorieux (Racine, Hugo, Voltaire), ses fidèles desservants (les hussards noirs de la République) et ses tables de la Loi, selon lesquelles le français serait, de toutes les langues, la plus "pure", la plus "claire" et autres balivernes. Un discours qui atteindra des sommets sous la IIIᵉ République et dont nous ne nous sommes pas tout à fait affranchis.


    Voilà.
  • atheofv
    30/12/2023 à 15:29
    Revers de la médaille ou envers de la médaille ?

    Parce que "Tourner la médaille" en argot veut dire :

    Baiser en présentant son dos, son cul, pour une prostituée vilaine ou âgée

    La passe n'est peut-être pas onéreuse, mais se trouver en cette position est un revers de médaille.
  • joseta
    30/12/2023 à 15:32*
    JE SUIS
    Image externe
    Jean-Paul SARTRE
    Paris, 1905/1980

    Mes oeuvres:
    1) Les mouches
    2) Les mots
    3) L’imagination
    4) L’âge de raison
    5) Le mur
    6) L’imaginaire
    7) La nausée
    Voilà !
  • atheofv
    30/12/2023 à 15:38
    • En réponse à lalibellule #222 le 30/12/2023 à 15:28* :
    • « J’ai trouvé cet article fort intéressant mais sans doute les autres sont déjà au courant …
      Un article par Michel Feltin-Palas de l’Express... »
    Si tu t’intéresse (et j'en suis persuadé) à la langue française, je te conseille (en toute modestie) les bouquins d'Henriette Walter.

    "L'aventure des langues en Occident"
    "Le Français dans tous les sens"
  • lalibellule
    30/12/2023 à 16:41*
    • En réponse à atheofv #225 le 30/12/2023 à 15:38 :
    • « Si tu t’intéresse (et j'en suis persuadé) à la langue française, je te conseille (en toute modestie) les bouquins d'Henriette Walter.

      "L'... »
    Merci, j’y penserai … j’ai vu Bernard Cerquiglini à la télé plusieurs fois et j’apprécie son style.
  • SyntaxTerror
    30/12/2023 à 16:52*
    • En réponse à lalibellule #222 le 30/12/2023 à 15:28* :
    • « J’ai trouvé cet article fort intéressant mais sans doute les autres sont déjà au courant …
      Un article par Michel Feltin-Palas de l’Express... »
    cheval qui ne ressemble point au latin equus mais provient de caballus qui signifiait canasson ou vieille rosse
    Ciel, la tapisserie de Bayeux est écrite en latin de cuisine !

    Pour désigner la femelle du coq (gallus), la logique aurait voulu conserver un mot dérivé de gallina (glain-ne en Picard) et privilégier géline, tombé en désuétude.
  • lalibellule
    30/12/2023 à 17:07*
    • En réponse à SyntaxTerror #227 le 30/12/2023 à 16:52* :
    • « cheval qui ne ressemble point au latin equus mais provient de caballus qui signifiait canasson ou vieille rosse
      Ciel, la tapisserie de Bayeu... »
    Hic exuent caballi… voilà qu’ils s’en vont les chevaux ! There go the horses !
  • lalibellule
    30/12/2023 à 17:09*
    J’ai fait 4 ans de latin, c’était comme un puzzle ou une énigme à déchiffrer … un défi en fait !
  • atheofv
    30/12/2023 à 17:21
    • En réponse à SyntaxTerror #227 le 30/12/2023 à 16:52* :
    • « cheval qui ne ressemble point au latin equus mais provient de caballus qui signifiait canasson ou vieille rosse
      Ciel, la tapisserie de Bayeu... »
    D'où l'interrogation de la poule à son coq préféré :

    "Pour une gallinacée, suis-je câline assez ?"
  • SyntaxTerror
    30/12/2023 à 17:22
    • En réponse à lalibellule #228 le 30/12/2023 à 17:07* :
    • « Hic exuent caballi… voilà qu’ils s’en vont les chevaux ! There go the horses ! »
    J'ai changé l'image :
    hIC ЄXЄVNT. CABALLI DE NAVIBVS : Ici les chevaux sortent des navires.
  • lalibellule
    30/12/2023 à 17:35
    • En réponse à SyntaxTerror #231 le 30/12/2023 à 17:22 :
    • « J'ai changé l'image :
      hIC ЄXЄVNT. CABALLI DE NAVIBVS : Ici les chevaux sortent des navires. »
    Ah oui.
  • SyntaxTerror
    30/12/2023 à 17:37*
    • En réponse à lalibellule #228 le 30/12/2023 à 17:07* :
    • « Hic exuent caballi… voilà qu’ils s’en vont les chevaux ! There go the horses ! »
    Dog Bisquit is now leading the pack
    Lady Avalon is second, very close
    Banana is coming up through the bunch
    (Banana coming up through the bunch)
    And Beetlebaum

    Pour les non-anglophones : C'est l'Ouverture de Guillaume Tell vue comme une course de chevaux par Spike Jones.
  • lalibellule
    30/12/2023 à 17:48*
    • En réponse à SyntaxTerror #233 le 30/12/2023 à 17:37* :
    • « Dog Bisquit is now leading the pack
      Lady Avalon is second, very close
      Banana is coming up through the bunch
      (Banana coming up through the... »
    Tu fais de l’équitation ? J’en ai fait à l’université et j’ai remporté un cordon bleu … de l’histoire ancienne…
  • lalibellule
    30/12/2023 à 18:09
    • En réponse à SyntaxTerror #233 le 30/12/2023 à 17:37* :
    • « Dog Bisquit is now leading the pack
      Lady Avalon is second, very close
      Banana is coming up through the bunch
      (Banana coming up through the... »
    Spike Jones, qui n’aime pas sa musique loufoque … 🤡
  • SyntaxTerror
    30/12/2023 à 18:41
    • En réponse à lalibellule #234 le 30/12/2023 à 17:48* :
    • « Tu fais de l’équitation ? J’en ai fait à l’université et j’ai remporté un cordon bleu … de l’histoire ancienne… »
    Ça ne m'a jamais tenté.
  • joseta
    30/12/2023 à 19:10
    Sur quel métal tombe le chimiste qui boit sans arrêt ?
    - il tombe sur le cul, ivre

    1.- NICKEL (Nicole)
    2.- LITHIUM (l'été aime)
    3.- FER (faire)
    4.- ÉTAIN (étang)
    5.- PLOMB (plein)
    6.- PLATINE (platane)
    7.- TANTALE (tante, Al)
    8.- THALLIUM (Tu l'aimes)
    9.- FONTE (feinte)
    10.- ARGENT (urgent)
    11.- ACIER (assieds)
    12.- LANTHANE (lointaine)
    13.- POTASSIUM (pote assis aime)
    14.- LAITON (l'étang)
    15.- CHROME (crème)
    Voilà !
  • atheofv
    30/12/2023 à 19:35
    • En réponse à SyntaxTerror #236 le 30/12/2023 à 18:41 :
    • « Ça ne m'a jamais tenté. »
    Moi, j'aime bien le cheval, car c'est le seul animal dans lequel on peut planter des clous...

    (mais je ne suis jamais grimpé dessus. Chameaux et dromadaires oui, mais pas le bourrin)
  • Clitocybe
    30/12/2023 à 20:23
    • En réponse à lalibellule #222 le 30/12/2023 à 15:28* :
    • « J’ai trouvé cet article fort intéressant mais sans doute les autres sont déjà au courant …
      Un article par Michel Feltin-Palas de l’Express... »
    Merci, thank you. Un très bon article et qui m'a ouvert les yeux sur les origines de notre belle langue, our beautyfull and joyfull tongue.
    Hrmmm, je lisais à propos du Navajo, une langue athapascane, très difficile si on ne l'a pas appris de naissance, ce souhait du Nouvel An.
    Laanaa yáʼátʼéehgo Késhmish, nił hózhǫ́ǫgo chʼídoohah .
  • Clitocybe
    30/12/2023 à 20:30
    • En réponse à SyntaxTerror #227 le 30/12/2023 à 16:52* :
    • « cheval qui ne ressemble point au latin equus mais provient de caballus qui signifiait canasson ou vieille rosse
      Ciel, la tapisserie de Bayeu... »
    On a ici la gélinotte huppée, qu'on appelle perdrix.