Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

n'y voir que du feu [v]

ne s'apercevoir de rien ; ne rien comprendre dans une affaire ; voir trente-six chandelles ; ne rien comprendre à une tromperie

Origine et définition

Si vous regardez fixement une lueur très forte pendant quelques secondes, vous allez être ébloui et incapable ensuite, pendant un moment, de distinguer clairement les choses qui vous entourent.
Au XVIIIe siècle, lorsque cette expression est apparue, cette lueur pouvait être un simple feu, et le phénomène de persistance rétinienne () faisait que, lorsque vous "n'y voyiez que du feu", vous ne distinguiez plus rien de ce qui se tramait autour de vous.
Ce qui suffirait à expliquer l'origine.
Toutefois, Littré propose une autre explication, liée à un coup fort reçu sur la tête, qui fait voir trente-six chandelles et qui empêche momentanément de distinguer ce qui nous entoure.
Alors quelle est la bonne explication ?

Exemples

« Il est tout naturel, citoyen commandant, répliqua Corentin d'un air pensif, que dans tout ce qu'elle nous a dit, tu n'aies vu que du feu. »
Honoré de Balzac - Les Chouans - 1829

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to be dazzled être ébloui
Anglais (USA) to be clueless être sans indice
Anglais (USA) to make neither head nor tail of something ne faire ni tête ni queue de quelque chose
Anglais (USA) to see stars voir des étoiles
Espagnol (Argentine) no cazar una ne rien chasser
Espagnol (Espagne) no entender ni jota ne pas comprendre un iota
Espagnol (Espagne) no enterarse de nada ne rien comprendre
Espagnol (Espagne) no pescar-hi res n'y rien pêcher
Espéranto nenion kompreni ne rien comprendre
Grec δεν πέρνει χαμπάρι ne pas prendre la nouvelle
Hébreu לא הבין מה מתרחש je ne comprends pas ce qui se passe
Italien non capire un cazzo ne pas comprendre une bitte
Italien non capire un tubo ne pas comprendre un tube
Néerlandais (Belgique) van toeten noch blazen weten ne pas savoir corner ni sonner
Néerlandais er geen bal van snappen n'y piger que dalle
Néerlandais er geen barst van snappen n'y comprendre aucune fissure
Néerlandais het gaat mij duizelen ça me donne des vertiges
Néerlandais niets in de 'gaten' hebben ne rien voir par les 'trous
Néerlandais niets in de gaten hebben ne s'apercevoir de rien
Néerlandais verblind zijn être aveuglé
Portugais (Brésil) boiar / Ficar boiando flotter / Rester en flottant
Portugais (Portugal) não entender patavina ne pas comprendre patavina
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « n'y voir que du feu » Commentaires

  • #41
    <inconnu>
    16/04/2009 à 21:45*
    • En réponse à Elpepe #40 le 16/04/2009 à 21:37 :
    • « Fallait-il qu’y soit profile, le dé-Bond, hé ? 😄 »
    Un rien de bon sens faisait qu’il se planquait profonpasidébilement dans un creux de dune avant de craquer son allumette. A mon avis, et il en était conscient du haut de ses 10 ans, ce qui aggrave son cas, c’est la désolidarisation de l’obus et de son ogive à la pince universelle qui était le moment dangereux... Une étincelle et...
    Vers sa 13ème année, le monstre, plutôt que de sortir des blochhaus le peu qui y restait encore, a préféré les faire visiter à quelques petites camarades.
  • #42
    chirstian
    16/04/2009 à 21:49
    • En réponse à <inconnu> #36 le 16/04/2009 à 20:15 :
    • « Le boulonnais, infatigable, voir cette page boulonne et turbine au rythme de son pas lent et lourd.
      Epi : pas d’accent sur les majuscules en... »
    Epi : (...) vient du préfixe grec éponyme aux sens multiples , sur, vers, pendant, au temps de, après, en plus, au sujet de…
    préfixe et préposition donc ! Soit, mais pourquoi éponyme ?
  • #43
    tytoalba
    16/04/2009 à 21:51*
    • En réponse à Elpepe #37 le 16/04/2009 à 20:40* :
    • « Lors de mon stage de pompier ESI (équipier de seconde intervention), aousqu’on apprend à manier nos grosses lances de 75 (ah ben vi, c’est c... »
    Libre à toi de faire tes frites dehors, ce qui n’est pas le cas pour beaucoup de personnes . Tu confirmes donc ce que je dis. Pas d’eau sur l’huile ou la graisse à frite en feu. Pour certains ou/et certaines , pas d’eau non plus avec les frites, juste une bonne bière. 😄 A consommer avec modération (c’est qui ?) .
    Je ne sais ce qu’il en est dans d’autres pays, mais nous avons une fois par an, journée porte ouverte chez les pompiers. On y apprend ce qu’il ne faut surtout pas faire. Et en cette période de barbecue , tu dois savoir qu’il y a souvent des accidents par imprudence. Ce qu’on fait du pompier après ? Chacun en fait ce qu’il veut ou qu’il peut. 😛
  • #44
    <inconnu>
    16/04/2009 à 22:08
    • En réponse à chirstian #42 le 16/04/2009 à 21:49 :
    • « Epi : (...) vient du préfixe grec éponyme aux sens multiples , sur, vers, pendant, au temps de, après, en plus, au sujet de…
      préfixe et pr... »
    Parce que s’écrit de la même manière, (même si ce n’est pas avec le même alphabet, certes) mais n’a pas tout à fait le même sens... Je crois qu’il s’agit bien là de la définition de "éponyme", mais je cours le vérifier.
  • #45
    Elpepe
    16/04/2009 à 22:11
    • En réponse à <inconnu> #44 le 16/04/2009 à 22:08 :
    • « Parce que s’écrit de la même manière, (même si ce n’est pas avec le même alphabet, certes) mais n’a pas tout à fait le même sens... Je crois... »
    éponyme = de même nom, kif-kif pareil même chose. Tu mords ?
  • #46
    <inconnu>
    16/04/2009 à 22:33
    • En réponse à chirstian #42 le 16/04/2009 à 21:49 :
    • « Epi : (...) vient du préfixe grec éponyme aux sens multiples , sur, vers, pendant, au temps de, après, en plus, au sujet de…
      préfixe et pr... »
    Parce que éponyme = donne son nom à... ( Athéna donne son nom à Athènes me dit le dico historique de la langue française( Robert, qui décline Alain Rey à toutes les sauces).Pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas à un préfixe? Je ne suis pas sûrque cela mérite une colle.
  • #47
    <inconnu>
    16/04/2009 à 22:34
    • En réponse à Elpepe #45 le 16/04/2009 à 22:11 :
    • « éponyme = de même nom, kif-kif pareil même chose. Tu mords ? »
    Pas tout à fait aussi simple, voir ci-dessus.
  • #48
    Elpepe
    16/04/2009 à 23:23
    • En réponse à <inconnu> #47 le 16/04/2009 à 22:34 :
    • « Pas tout à fait aussi simple, voir ci-dessus. »
    Parce que tu distingues ton "donne son nom à" de mon "de même nom" ? Dans le genre sodomie de diptère, on est servi.
    Marceeeeeeeeeel !
  • #49
    <inconnu>
    16/04/2009 à 23:35
    • En réponse à Elpepe #48 le 16/04/2009 à 23:23 :
    • « Parce que tu distingues ton "donne son nom à" de mon "de même nom" ? Dans le genre sodomie de diptère, on est servi.
      Marceeeeeeeeeel ! »
    C’est surtout Chirstian qui devrait prendre la mouche.
  • #50
    tytoalba
    17/04/2009 à 08:43*
    • En réponse à <inconnu> #44 le 16/04/2009 à 22:08 :
    • « Parce que s’écrit de la même manière, (même si ce n’est pas avec le même alphabet, certes) mais n’a pas tout à fait le même sens... Je crois... »
    Ne s’agirait-t-il pas alors d’homonyme ? Mot dont la prononciation est la même mais dont le sens est différent. Les homonymes peuvent s’écrire de la même façon ou différer, tout en se prononçant de la même manière.
    Exemple :
    - ferme du verbe fermer ou ferme, substantif en rapport avec l’agriculture
    - sceau, seau, dont la pronociation est la même
    Epi : pas d’accent sur les majuscules en français, vient du préfixe grec éponyme aux sens multiples, sur, vers, pendant, au temps de, après, en plus, au sujet de…

    eponyme : de epi, sur et de onoma, nom. Dans l’antiquité grec, qui donne ou emprunte son nom à quelque chose ou quelqu’un. (Larousse)
    Si j’ai bien compris ce serait comme : poubelle, mansarde.
    C’est pas ça ? Je m’ai trompé ? 🙂
  • #51
    chirstian
    17/04/2009 à 09:27
    • En réponse à <inconnu> #46 le 16/04/2009 à 22:33 :
    • « Parce que éponyme = donne son nom à... ( Athéna donne son nom à Athènes me dit le dico historique de la langue française( Robert, qui déclin... »
    Pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas à un préfixe?
    je n’en ai pas d’exemples en tête, mais pourquoi pas,en effet.
    Simplement, dans le cas du préfixe "epi", je ne vois pas bien à quoi ou à qui il donne son nom. A moins qu’il ne s’agisse des "épis" de blé ?
  • #52
    syanne
    17/04/2009 à 09:43*
    • En réponse à tytoalba #50 le 17/04/2009 à 08:43* :
    • « Ne s’agirait-t-il pas alors d’homonyme ? Mot dont la prononciation est la même mais dont le sens est différent. Les homonymes peuvent s’écri... »
    Si j’ai bien compris ce serait comme : poubelle, mansarde

    Ce serait plutôt des antonomases, figures qui consistent à prendre un nom propre pour un nom commun (un camembert, du champagne, un Harpagon, un Apollon…) ou l’inverse (« l’orateur romain » pour Cicéron).
    L’éponymie, en rhétorique, est un autre procédé littéraire : « on se sert du nom d’un homme d’état pour désigner une époque, un lieu, etc. EX. : le siècle de Périclès , de Louis XIV, Stanleyville, avenue du Général De Gaulle. », nous dit le Gradus.
    Le sens « classique » d’éponyme était bien « qui donne son nom » (Athéna déesse éponyme d’Athènes), mais la langue moderne accepte l’inverse « qui porte le nom ».
    Je me souviens d’avoir découvert – par obligation - cet adjectif dans l’inénarrable jargon de la rhétorique, auquel il était alors cantonné. Il a en quelques années, et notamment dans le discours journalistique, acquis une très grande vogue, qui, j’en fais l’hypothèse, est à l’origine de son changement de sens.
    Mais je parierais gros que la mode de ce mot-là, comme de tant d’autres dits « savants », passera bien vite (et qui le regrettera ?).
  • #53
    chirstian
    17/04/2009 à 09:54
    • En réponse à tytoalba #50 le 17/04/2009 à 08:43* :
    • « Ne s’agirait-t-il pas alors d’homonyme ? Mot dont la prononciation est la même mais dont le sens est différent. Les homonymes peuvent s’écri... »
    Si j’ai bien compris ce serait comme : poubelle, mansarde.
    en fait, pour moi, ce serait le préfet Poubelle qui serait éponyme, ou l’architecte Mansard.
  • #54
    syanne
    17/04/2009 à 10:11
    • En réponse à chirstian #53 le 17/04/2009 à 09:54 :
    • « Si j’ai bien compris ce serait comme : poubelle, mansarde.
      en fait, pour moi, ce serait le préfet Poubelle qui serait éponyme, ou l’archi... »
    Je suis de ton avis, mais apparemment, les deux sens coexistent aujourd’hui, on trouve en tout cas les deux acceptions dans le Culturel en langue française : Didact. [ ...] Qui donne son nom ; Mod. Qui porte le nom (en général, d’une personne).
  • #55
    chirstian
    17/04/2009 à 12:18
    • En réponse à syanne #54 le 17/04/2009 à 10:11 :
    • « Je suis de ton avis, mais apparemment, les deux sens coexistent aujourd’hui, on trouve en tout cas les deux acceptions dans le Culturel en... »
    si l’on peut dire : Poubelle, le Préfet éponyme, a donné son nom à la poubelle éponyme - formule, de surcroit pléonasmissime - je propose de jeter l’éponyme à la poubelle et de l’y laisser. A quelle heure, le passage du camion benne des immortels ?
  • #56
    tytoalba
    17/04/2009 à 17:24
    • En réponse à syanne #52 le 17/04/2009 à 09:43* :
    • « Si j’ai bien compris ce serait comme : poubelle, mansarde
      Ce serait plutôt des antonomases, figures qui consistent à prendre un nom propre... »
    Merci pour ton explication, pas facile de s’y retrouver dans tous ces mots qui paraissent savants. Je les connais sans doute d’une façon imparfaite.
    Je n’ai plus qu’à attendre le camion proposé par Chirstian. 🙂
    De toute façon, il y a des mots que je ne retiens pas. Je risquerais d’encombrer mon cerveau de mots que je n’emploierai pas, n’étant pas certaine de leur signification.
  • #57
    syanne
    17/04/2009 à 18:14
    • En réponse à tytoalba #56 le 17/04/2009 à 17:24 :
    • « Merci pour ton explication, pas facile de s’y retrouver dans tous ces mots qui paraissent savants. Je les connais sans doute d’une façon imp... »
    Tu as raison, ne nous encombrons pas de mots "savants". Mais chaque spécialité a les siens, la marine comme l’ornithologie, la stylistique comme la maçonnerie, la pâtisserie comme l’astronomie...
    Il se trouve que la rhétorique a fait partie obligatoire et certes difficile de mes études, mais c’est comme pour tout : on a du mal au début, et puis on se prend au jeu. A force de les apprendre, de devoir les reconnaître et les nommer, les figures de style, j’ai finalement trouvé un charme saugrenu à leurs noms compliqués, à me plaire dans cette jungle de mots à défricher, à déchiffrer...
  • #58
    tytoalba
    18/04/2009 à 09:08
    • En réponse à syanne #57 le 17/04/2009 à 18:14 :
    • « Tu as raison, ne nous encombrons pas de mots "savants". Mais chaque spécialité a les siens, la marine comme l’ornithologie, la stylistique c... »
    Continue à employer des mots qui m’obligent à aller visiter mon dictionnaire. A force de les voir, je finirai peut-être par les mémoriser.
    En parlant de mémoire, j’ai un peu de souci avec un mot. J’ai entendu plusieurs fois des présentateurs ou journalistes télé dire : rémémoriser, s’agit-il d’un nouveau mot ? J’aurais plutôt utilisé remémorer.
  • #59
    syanne
    18/04/2009 à 09:49
    • En réponse à tytoalba #58 le 18/04/2009 à 09:08 :
    • « Continue à employer des mots qui m’obligent à aller visiter mon dictionnaire. A force de les voir, je finirai peut-être par les mémoriser.... »
    Tu as raison : le mot "remémoriser" n’existe pas, et je crois comme toi que ceux qui l’emploient font une confusion entre "remémorer" (= rappeler, remettre en mémoire) et "mémoriser" (fixer dans la mémoire par apprentissage, ou, plus récemment, mettre en mémoire, en informatique, par exemple).
    (Ou bien alors faut-il entendre, dans "remémoriser", ce dernier sens, précédé du préfixe de répétition re- = mémoriser à nouveau ? Il faudrait le contexte...)
  • #60
    silvermiri
    22/04/2009 à 00:05
    Je crois que ça puisse correspondre à l’expression en Russe "Застить глаза". C’est quelque-chose qui empeche voir clair.