Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

plier les gaules [v]

terminer une activité ; finir un travail ; terminer un travail ; cesser une activité

Origine et définition

On pourrait imaginer que Vercingétorix, grand manitou de ce qui restait de la Gaule en 52 avant J.C. (mais plutôt des Gaules, car la Gaule était en réalité composée de plusieurs régions, intégrant entre autres la Belgique et une partie de la Suisse), Vercingétorix, donc, avant d'espérer mettre une bonne pâtée à Jules César à Alésia (), avait consulté sa grande carte plastifiée au 25000e pour préparer les mouvements de ses troupes et, avant de passer à l'attaque, l'avait repliée.
Comme il est connu qu'il était amateur de mots faciles, il aurait dit à ce moment-là : "J'ai plié mes Gaules".
En fait l'histoire montrera que c'est lui qui s'est pris une avoinée, que les cartes aux 25000e n'existaient pas encore (surtout les plastifiées), que notre expression n'existait pas non plus, et que, par conséquent, son jeu de mots aurait fait un bide total (présageant son échec). On ne peut donc qu'en supposer que presque tout ce qui précède n'est qu'affabulations issues d'un cerveau probablement très dérangé.
C'est pourquoi nous allons très discrètement quitter Alésia pour nous rapprocher des bords de la Loire où un pêcheur, un tantinet agacé par sa journée sans aucune prise est en train de plier ses gaules.
Si vous avez été très attentif jusqu'à maintenant, vous avez lu que la phrase précédente est terminée par plier ses gaules.
Car c'est effectivement de la pêche que nous vient cette expression : dans ce monde plein de 'zenitude' (il faut être extrêmement calme et patient pour attendre des heures qu'un poisson veuille bien venir mordre à l'hameçon pendant qu'un pauvre asticot gentiment empalé dessus s'y tord de douleur avant de finir par mourir noyé s'il n'est pas juste avant gobé par un poisson vorace), dans ce monde impitoyable, donc, la canne à pêche s'appelle aussi une gaule[1] et, lorsque le pêcheur a fini sa journée d'intense dépense physique consacrée à faire mourir de pauvres petits poissons, il plie les gaules[2].
Du coup, par extension, parce que les pêcheurs sont aussi parfois des travailleurs et ont emmené leur vocabulaire à leur boulot, plier les gaules marque la fin d'un travail ou d'une tâche quelconque.
[1] Ce mot date du XIVe siècle et désigne au départ une longue perche ayant divers usages, mais dont on pouvait aussi se servir pour faire une canne à pêche. Puis le mot est resté dans le milieu des trucideurs d'animaux aquatiques à écailles où une 'gaule' est maintenant composée de plusieurs morceaux qu'on 'plie' lorsqu'on les démonte.
[2] Comme d'habitude, je vois ceux du fond qui se marrent. Je suppose que cette fois, c'est parce qu'ils ont à l'esprit le sens argotique et érotique de la 'gaule' qui, dans un certain état, devient plutôt difficile à plier et remballer.

Exemples

Bon de sortie pour les uns, ambitions tracées pour les autres, quelques éléments cadres du Stade Rennais version 2010-2011 seraient en passe de [plier les gaules].
Dans deux mois, [je plie les gaules].

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand die Zelte abbrechen plier les tentes
Allemand feierabend machen faire la fête de la soirée
Anglais (Canada) to cut and run couper et courrir
Anglais call it a day appeler-le une journée
Anglais pack in emballer dans
Anglais (USA) That's a wrap. C'est dans la boîte. [expression empruntée de la production audiovisuelle]
Anglais (USA) to fold your tent plier sa tente
Anglais (USA) to hang up one's spurs raccrocher les éperons
Anglais (USA) to pack it in remballer l'affaire
Arabe jma3 aqchoch (rifain) rassembler ces effets
Espagnol (Espagne) liar los bártulos ramasser les effets, les outils
Espagnol (Espagne) yo m'aliguero d'aqui je me casse
Français (Canada) accrocher ses patins
Gallois codi pac ramasser son sac
Hongrois fájront fin du travail
Italien togliere le tende lever les tentes
Italien chiudere bottega fermer la boutique
Italien sbrigarsi se débarrasser de
Latin complicare unum de vectibus remballer
Néerlandais (Belgique) de pijp aan Maarten geven donner la pipe à Martin
Néerlandais (Belgique) zijn schop afkuisen nettoyer sa pelle
Néerlandais de pannen er op gooien en jeter les tuiles
Néerlandais inpakken en wegwezen emballer/empaqueter et....ouste !
Néerlandais klaar is Kees loulou, c'est fini / terminé
Portugais (Brésil) hora de fechar a barraca c'est l'heure de fermer la tente.
Portugais (Brésil) missão cumprida mission accomplie
Portugais (Brésil) Pendurar a chuteira accrocher les crampons
Roumain a închide prăvălia fermer boutique
Roumain a strânge cortul plier tente
Roumain a-şi aduna calabalâcul ramasser ses effets
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Commentaires sur l'expression « plier les gaules » Commentaires

  • #41
    <inconnu>
    28/08/2006 à 10:16*
    Dans le milieu de la télévision, à la fin d’un reportage sur le terrain, le réalisateur disait souvent "OK, on plie" pour signifier qu’on débranchait et rangeait tout le matériel (projos, caméras etc...). Peut-être y-a-t-il également un rapport avec l’expression "plier bagages" ?
  • #42
    <inconnu>
    29/08/2006 à 16:16
    • En réponse à <inconnu> #41 le 28/08/2006 à 10:16* :
    • « Dans le milieu de la télévision, à la fin d’un reportage sur le terrain, le réalisateur disait souvent "OK, on plie" pour signifier qu’on dé... »
    Si c’est un réalisateur de film X, l’expression prend son tout son sens.
  • #43
    <inconnu>
    01/08/2009 à 07:46
    Même César n’y est pas arrivé, à faire plier la Gaule...
  • #44
    momolala
    01/08/2009 à 08:41
    En cherchant de quoi faire varier le plaisir de cette redif, j’ai rencontré cette page. Dans cet "Abrégé du Dictionnaire universel..." datant de 1762 il est fait allusion à "gaulis" terme de vénerie, qui indique que l’on plie les branches souples pour entrer dans le fort d’un bois : faut-il y voir le constat d’échec d’une chasse à courre ? Ainsi, quand on doit plier les gaulis, les gaules, il faut admettre qu’on n’a plus aucune chance de rattraper le renard que l’on suivait, les cerfs renonçant d’eux-mêmes à plier les gaules.
  • #45
    Emeu29
    01/08/2009 à 08:50
    Si la pêche se fait sous marine, on inverse et l’expression devient : gauler la plie !
    (Ach ! Pon ! z’est môfais)
  • #46
    Emeu29
    01/08/2009 à 09:09
    • En réponse à momolala #44 le 01/08/2009 à 08:41 :
    • « En cherchant de quoi faire varier le plaisir de cette redif, j’ai rencontré cette page. Dans cet "Abrégé du Dictionnaire universel..." datan... »
    En sylviculture, le gaulis est un taillis qu’on laisse croître. La densité et la recherche de la lumière en font un bas-perchis, puis les éclaircies successives après sélection des meilleurs troncs un haut-perchis. Enfin quand les troncs sont suffisamment hauts, on procède à la coupe définitive afin que les plus beaux spécimens puissent s’étoffer et acquérir un diamètre qui soit exploitable : c’est la futaie. La sylviculture française est la première d’Europe et surproduit, ce qui est bon pour la planète mais pas pour les exploitants.
    Ceci étant dit, pour revenir à notre expression, dans ces pratiques on évite de plier les gaules afin d’obtenir de troncs bien droits.
  • #47
    tytoalba
    01/08/2009 à 09:35*
    Bonne fête à tous les Suisses de ce site et d’ailleurs. Je ne sais combien vous êtes, mais il y a Tsinta (il me semble). 😕
    Il est de note aux rillettes et publique que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves. Allez donc voir à cette page. 🙂
    La question que je me pose est de savoir si César était un visionnaire, la Belgique n’existait pas encore en ces temps reculés.
  • #48
    Lovendric
    01/08/2009 à 10:01
    • En réponse à tytoalba #47 le 01/08/2009 à 09:35* :
    • « Bonne fête à tous les Suisses de ce site et d’ailleurs. Je ne sais combien vous êtes, mais il y a Tsinta (il me semble). 😕
      Il est de note au... »
    ...Et Horizndelle, Tyto, qui nous réjouit si souvent avec ses contribs !
  • #49
    momolala
    01/08/2009 à 10:22
    • En réponse à Lovendric #48 le 01/08/2009 à 10:01 :
    • « ...Et Horizndelle, Tyto, qui nous réjouit si souvent avec ses contribs ! »
    Ah te voilà, toi ! Et tu te mets à parler comme tout le monde ! Vas-tu bien ? Je l’espère désormais, fils de la Gaule, humble féal de la lointaine chrétienté, dont la devise fut sans doute "la gaule plie mais ne se rompt pas". Même pas honte ! 😄
  • #50
    momolala
    01/08/2009 à 10:26
    • En réponse à Emeu29 #46 le 01/08/2009 à 09:09 :
    • « En sylviculture, le gaulis est un taillis qu’on laisse croître. La densité et la recherche de la lumière en font un bas-perchis, puis les éc... »
    Donc, tu confirmes : si on doit plier les gaulis, on renonce à chasser. Voili, voilou ! Ces pêcheurs, toujours en concurrence avec les chasseurs ! Regarde : "Chasse, pêche et nature" : on affirme davantage les différences que les points communs, pauvre nature qui n’a pas son mot à dire !
  • #51
    mickeylange
    01/08/2009 à 10:53
    Le Peuplier baumier ou baumier est le nom porté par plusieurs espèces de Peuplier à feuilles caduques de la famille des Salicaceae : Doux le nom de "baume" du bout de bois qui est en bas de la grand-voile sur les bateaux du même métal. Le peuplier étant un bois souple, on peut plier la baume en tirant sur les ficelles du bateau (pas toujours à l’écoute). Comment c’est plier les gaules et pas la baume ?
    C’est pas de ma faute si les terriens savent pas appeler un chat un chat
  • #52
    tytoalba
    01/08/2009 à 11:18
    • En réponse à Lovendric #48 le 01/08/2009 à 10:01 :
    • « ...Et Horizndelle, Tyto, qui nous réjouit si souvent avec ses contribs ! »
    Pour Horizondelle, je n’en étais pas certaine. Il suffisait donc que je te réclame hier pour que tu nous reviennes. J’espère que tu vas bien.
  • #53
    <inconnu>
    01/08/2009 à 12:12*
    J’ai ferré, ferré, ma gaule s’est ployée, s’est presque pliée, et pour qu’elle ne casse pas, j’ai tout lâché.
    Ce devait être un très gros poisson.
    Mieux vaut perdre sa gaule qu’être entraîné au fond de l’onde. 😎
  • #54
    <inconnu>
    01/08/2009 à 12:17
    • En réponse à chirstian #14 le 17/08/2006 à 10:08 :
    • « tiré de l’Appel du 18 juin:
      " ils ne sont pas nés ceux qui feront plier de Gaulle" »
    😄
    Elle est BôôôôÔnne!!!
  • #55
    <inconnu>
    01/08/2009 à 13:13
    • En réponse à mickeylange #51 le 01/08/2009 à 10:53 :
    • « Le Peuplier baumier ou baumier est le nom porté par plusieurs espèces de Peuplier à feuilles caduques de la famille des Salicaceae : Doux le... »
    C’est pas de ma faute si les terriens savent pas appeler un chat un chat

    Ah bon, tu la connais, celle-là?
    Deux homos sont dans un bois, le premier est un peuplier et le second fait le bouleau.
    Pas honte non plus...
  • #56
    patchouli
    01/08/2009 à 14:32
    L’expression «accrocher ses patins» signifie quitter une carrière, cesser un travail POUR DE BON, aller à la retraite, et non pas, terminer un travail...de la journée par exemple, ou alors partir en vacances et le reprendre par la suite.
  • #57
    patchouli
    01/08/2009 à 14:34
    • En réponse à Emeu29 #45 le 01/08/2009 à 08:50 :
    • « Si la pêche se fait sous marine, on inverse et l’expression devient : gauler la plie !
      (Ach ! Pon ! z’est môfais) »
    Meu noon, c’est bon! 🙂
  • #58
    mickeylange
    01/08/2009 à 15:00*
    • En réponse à <inconnu> #55 le 01/08/2009 à 13:13 :
    • « C’est pas de ma faute si les terriens savent pas appeler un chat un chat
      Ah bon, tu la connais, celle-là?
      Deux homos sont dans un bois, le... »
    Mon arbre généalogique est un peu plier.
    Mon grand père était un arbre à came, il a fini en prison. Donc je ne suis pas le fruit de sa gaule.
    Je n’ai jamais pu savoir qui, pour la consoler avait grimper l’Abricotier (déjà la marine) de ma Grand-mère, qui était un peu Pommier quand le grand-père c’est fait ratiboiser par les Cognes assier et envoyer à Frêne.
    Elle a bien tenter de se Noyer, après avoir Pêcher avec la Gaulette koko (Licania canescens) d’un beau Sénégalais noir Ebène qui avait pris du Bois-bandé (Ptychopetalum) et du Bois de rose avant de la coucher sur son Matelea.
    Après cette Amourette (brosinmum guianense) avec Douglas qui n’était pas chauve (mais Cyprès de l’être) elle c’est mise au Bouleau.
    Elle avait un Thuya pour travailler chez un Groseiller à maquereau mais elle a gagné des Nèfles il là prenait pour une Poire. Yéh
    Comme elle avait la Garance voyageuse et qu’elle en avait marre de travailler pour des Prunes (Yéh) elle a épousé un Avocat de Cassis, qui avait des yeux Globulaire.
    Il fut bientôt lui aussi Cocculus et devint Cornouiller. Elle l’avait tromper avec un Romarin (encore la marine) dans la Lavande.
    Et vous voudriez que je sois sérieux !
  • #59
    patchouli
    01/08/2009 à 15:40
    Saviez-vous que...la queue du lézard repousse, ce qui lui permet de «gauler» autant qu’il le désire. 😉
  • #60
    Lovendric
    01/08/2009 à 18:25
    • En réponse à tytoalba #52 le 01/08/2009 à 11:18 :
    • « Pour Horizondelle, je n’en étais pas certaine. Il suffisait donc que je te réclame hier pour que tu nous reviennes. J’espère que tu vas bien... »
    J’espère que tu vas bien

    Las, Tyto, Momo, mes dolces amies, les moines-chevaliers qui me veillent dans leur ospital ne veulent me délivrer pour nulle chose du monde, pas même, comme nous disons, pour l’empire de Rome ! Ils me médecinent à qui mieux mieux, me donnent à engouler leurs herbes santéives du matinet à la vesprée, me contraignent à boire une potion puante à l’huile de Chaulmoogra qu’ils font venir de l’Inde, me couvrent le corps de bêtes à guérir qui me sucent le sang, m’enduisent la peau de baumes, d’onguents et d’encens. Mais en dépit de tous leurs bons soins, la force continue à me faire défaillance, hormis quand je viens vous retrouver et vous lire, mais par malheur, je dois franchir huit siècles pour ce faire, chose qui me lasse durement. Et je m’en reviens dans la cité d’Acre dans un état de faiblesse qui enrage les Ospitaliers.
    Ah ! comme je voudrais plier bientôt les gaules et retourner dans mon manoir, et ensorquetout aller dans votre siècle vous rejoindre plus souvent !