Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

S'en moquer / soucier / foutre comme de sa première chemise

N'y accorder aucun intérêt, aucune attention

Origine

Sincèrement, est-ce que vous vous rappelez la première chemise que vous avez portée ?
D'autant plus que, à la date d'apparition de cette expression, au XVIe siècle, la première chemise n'était évidemment pas celle que les hommes mettent aujourd'hui avec une cravate pour aller à leur premier entretien d'embauche. Non, il s'agissait en fait du premier vêtement qu'un enfant portait une fois la période des langes terminée.
Donc, pour en revenir à la question initiale, il va de soi que non seulement vous ne vous en souvenez pas, mais, très probablement, que vous vous en moquez totalement, confirmant ainsi la métaphore.
Cette expression a d'abord existé sous la forme "penser à quelqu'un comme à sa première chemise", et on a eu aussi "il m'en souvient aussi peu que de ma première chemise".

Exemple

« Mais Manuel a beau se moquer de Marx, Lénine et Trotsky comme de sa première chemise (encore qu'il attache une certaine importance à la propreté de la seule et unique qu'il possède), Frank peut l'écouter pendant des heures sans lassitude ni malaise. »
Régis Debray - L'indésirable - 1975

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Pisser dessus Boulalih(a)
République Tchèque Tchèque Zalezi mu na tom jako na lonském snehu Il y tient comme à la neige de l'an dernier
Pays de Galles Gallois Dim yn hidio ffeuen N'en pas soucier ni d'un haricot
Allemagne Allemand Sich ein Ei darauf backen Se cuire un oeuf dessus
Grèce Grec Sta arhidia mou! À mes couilles !
États-Unis Anglais To give a flying fuck Donner une baise volante
États-Unis Anglais To not give a damn, a hoot Ne pas valoir un hululement
Argentine Espagnol Importar un comino / un rábano Importer comme un cumin / radis
Espagne Espagnol En tu culo un futbolín Dans ton cul un babyfoot
Espagne Espagnol Importar un bledo Être aussi important qu'une (seule) mauvaise herbe
Espagne Espagnol Importar un huevo/ un pedo Importer une couille / un pet
Espagne Espagnol Me importa un pito Je m''en moque comme d'un sifflet
Canada Français S.en ficher comme l'an quarante S.en ficher comme l'an quarante
France Français M'en bâti ! Je m'en bats les couilles
Italie Italien Fregarsene S'en frotter (= S'en moquer)
Italie Italien Infischiarsene S'en siffler
Italie Italien Sbattersene S'en battre
Pays-Bas Néerlandais Aan je laars lappen S'en moquer, s'en foutre
Pays-Bas Néerlandais Dat interesseert me voor geen meter Ça m'intéresse pour aucun mètre
Pays-Bas Néerlandais Dat interessert me geen moer Ça m'intéresse que dalle
Pays-Bas Néerlandais Het interesseert mij geen hol Cela m'intéresse en aucune manière
Pays-Bas Néerlandais Het zal me worst wezen Il me sera saucisse
Pays-Bas Néerlandais Ik heb er lak aan J'en ai de la laque (je m'en fiche)
Pologne Polonais Dbać o coś jak o zeszłoroczny śnieg Se soucier de quelque chose comme de la neige de l'année passée
Brésil Portugais Não dar a mínima Ne pas donner la minime
Brésil Portugais Não dar bola / não dar a menor bola Ne pas donner la balle/ la moindre balle
Brésil Portugais Não estar nem aí Même pas être là
Roumanie Roumain A nu-i păsa nici cât negru sub unghie Ne pas se soucier même tant que le noir sous l'ongle
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Commentaires sur l'expression « S'en moquer / soucier / foutre comme de sa première chemise » Commentaires

  • #1
    • cotentine
    • 25/11/2009 à 01:07
    évidemment que je m’en souviens de ma 1ère chemise ! J’avais quitté les brassières, les langes dont je ne me souviens pas, mais ma 1ère chemise m’a rendue très fière ! Dans c’temps-là, on pouvait porter sa 1ère chemise de nuit quand on était devenue "propre" jour et nuit, que l’on ne risquait pas de mouiller ses draps. "Oh, qu’elle est grande maintenant, la petite !"
    les grands-parents et la maman était aussi fiers que pour la 1ère dent ou le 1er mot prononcé ! et personne ne se moquait ! Na !
  • #2
    • <inconnu>
    • 25/11/2009 à 08:13*
    • En réponse à cotentine #1 le 25/11/2009 à 01:07 :
    • « évidemment que je m’en souviens de ma 1ère chemise ! J’avais quitté les brassières, les langes dont je ne me souviens pas, mais ma 1ère chem... »
    bonjour cotcot et les autres-za-venir.
    Un mystère...
    J’ai gardé(parceque c’est de la bonne toile! ) une chemise datant des années 1900 et , peut-être que quelqu’un pourra éclairer ma lanterne:
    - sous le boutonnage qui se termine aux 3/4, la chemise étant fermée plus bas, il y a une patte de tissus de 20 centimètres, comme ça cousue sous l’ouverture, une sorte de petite ceinture verticale terminée par une boutonnière qui fait balin-balan, sans plus.
    Je me suis demandé si c’était pour soutenir coquette...
    J’ai pensé ensuite qu’il devait y avoir un bouton, dans la ceinture du pantalon, et que le Monsieur devait attacher cette patte au bouton pour que la chemise ne lui tombe pas dans le caleçon. ( Elle est longue! Quand je la mets comme chemise de nuit, elle m’arrive sous le genou...)
    Y’aurait-il parmi vous un spécialiste des sous-vêtements masculins des années 1900?
    Merci!
    😄
  • #3
    • momolala
    • 25/11/2009 à 08:18
    • En réponse à <inconnu> #2 le 25/11/2009 à 08:13* :
    • « bonjour cotcot et les autres-za-venir.
      Un mystère...
      J’ai gardé(parceque c’est de la bonne toile! ) une chemise datant des années 1900 et ,... »
    C’est donc une chemise d’homme qui attend une réponse d’homme. Les dames bien élevées comme nous ne regardent pas à cet endroit de leur vêture.
  • #4
    • momolala
    • 25/11/2009 à 08:21
    Tout bien réfléchi, il n’y a pas grand chose dont je parvienne à me moquer comme de ma première chemise. Ça doit me venir de mon papa qui, au terme de sa vie disait sans cesse "Je me fais du souci" et, quand je lui demandais pourquoi, il haussait les épaules en murmurant "J’sais pas". Je reviendrai plus tard réviser mon opinion en vous lisant. Belle journée à tous !
  • #5
    • Bouba
    • 25/11/2009 à 08:21
    On s’en fout aussi comme de sa première tétine, de sa première chaussette ou de l’an 40, on s’en bat les c......ou les tantifles.......ou bien "çà m’en touche une sans faire bouger l’autre"......on s’en tape le coquillard.....les expressions en ce sens ne manquent pas........
  • #6
    • Bouba
    • 25/11/2009 à 08:46
    • En réponse à <inconnu> #2 le 25/11/2009 à 08:13* :
    • « bonjour cotcot et les autres-za-venir.
      Un mystère...
      J’ai gardé(parceque c’est de la bonne toile! ) une chemise datant des années 1900 et ,... »
    En ces temps où la sexualité était considérée comme une chose sale et honteuse, les chemises de nuit des dames étaient pourvues d’un "pertuis" ( du latin pertus qui était un col, un passage étroit )
    ce pertuis vestimentaire était une ouverture, une fenêtre placée au niveau du pubis que l’on déboutonnait pour faire la chose sans se dénuder, juste pour assurer la reproduction.........
    j’ignore si celà a un rapport avec cette particularité de la chemise masculine.
    bonne journée
  • #7
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 09:43
    • En réponse à <inconnu> #2 le 25/11/2009 à 08:13* :
    • « bonjour cotcot et les autres-za-venir.
      Un mystère...
      J’ai gardé(parceque c’est de la bonne toile! ) une chemise datant des années 1900 et ,... »
    C’était pour que la dame puisser rouler le bas de la chemise dedans et la boutonner sur le devant, à la hauteur de son choix, et ne pas l’avoir sur la tronche à gêner la manœuvre, nom d’une pipe !
    Marcelle
  • #8
    • mickeylange
    • 25/11/2009 à 09:44
    • En réponse à <inconnu> #2 le 25/11/2009 à 08:13* :
    • « bonjour cotcot et les autres-za-venir.
      Un mystère...
      J’ai gardé(parceque c’est de la bonne toile! ) une chemise datant des années 1900 et ,... »
    Monsieur devait attacher cette patte au bouton pour que la chemise ne lui tombe pas dans le caleçon.

    Non non c’était juste pour empêcher la chemise de remonter. Ne pas confondre avec la patte de cravate qui a une boutonnière à chaque extrémité, et ne sert qu’à tenir la cravate en place. Désolé pour vos fantasmes, mesdames, et Elpépé !
  • #9
    • horizondelle
    • 25/11/2009 à 09:53
    • En réponse à Bouba #6 le 25/11/2009 à 08:46 :
    • « En ces temps où la sexualité était considérée comme une chose sale et honteuse, les chemises de nuit des dames étaient pourvues d’un "pertui... »
    "pertuis"

    J’ai toujours entendu dire que "pertuis" voulait dire "trou" et que le millepertuis porte ce nom à cause de ses feuilles pleines de minuscules petits trous.
    Ca me fait penser à une veille dame qui s’appelait Mlle Dupertuis, ça sonne tout de même mieux... 😮
  • #10
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 09:54*
    • En réponse à mickeylange #8 le 25/11/2009 à 09:44 :
    • « Monsieur devait attacher cette patte au bouton pour que la chemise ne lui tombe pas dans le caleçon.
      Non non c’était juste pour empêcher la... »
    A bas les briseurs de rêve ! Honte aux censeurs de tout poil pubien ! Non à la ceinture de chasteté pour tous ! Et vive le salon rose.
    Marcelle
  • #11
    • horizondelle
    • 25/11/2009 à 09:57
    • En réponse à Bouba #5 le 25/11/2009 à 08:21 :
    • « On s’en fout aussi comme de sa première tétine, de sa première chaussette ou de l’an 40, on s’en bat les c......ou les tantifles.......ou bi... »
    les expressions en ce sens ne manquent pas........

    Tu veux dire par là, contrairement à Momo, qu’il y en a tout un tas, de ces choses dont on se fout comme de sa première chemise ?
  • #12
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 10:02
    • En réponse à horizondelle #9 le 25/11/2009 à 09:53 :
    • « "pertuis"
      J’ai toujours entendu dire que "pertuis" voulait dire "trou" et que le millepertuis porte ce nom à cause de ses feuilles pleines... »
    Vois le pertuis breton et çui d’Antioche, autout de l’île de Ré... un pertuis est soit un trou pour permettre l’écoulement de l’eau d’une retenue quelconque, soit un rétrécissement d’un fleuve, soit un passage étroit entre deux côtes... Bref : bien récuré, ça ressert, mais il ne faut pas le laisser s’envaser !
  • #13
    • horizondelle
    • 25/11/2009 à 10:03
    Ma première chemise à carreaux, qu’elle nous dit à cette page, mais nous, on s’en fout comme de... voir contrib #5 et choisir selon son goût 😄
  • #14
    • horizondelle
    • 25/11/2009 à 10:05
    • En réponse à Elpepe #12 le 25/11/2009 à 10:02 :
    • « Vois le pertuis breton et çui d’Antioche, autout de l’île de Ré... un pertuis est soit un trou pour permettre l’écoulement de l’eau d’une re... »
    Comme tous les trous... sinon c’en n’est plus :’-))
  • #15
    • chirstian
    • 25/11/2009 à 10:09
    • En réponse à horizondelle #11 le 25/11/2009 à 09:57 :
    • « les expressions en ce sens ne manquent pas........
      Tu veux dire par là, contrairement à Momo, qu’il y en a tout un tas, de ces choses dont... »
    affirmatif : par exemple, personnellement je me fous de ma seconde chemise comme de ma première chemise. Et même plus. Bon d’accord, je ne me souviens ni de l’une ni de l’autre, mais si je m’en souvenais, nul doute que je garderais un souvenir plus vif, et plus ému de ma première que de ma seconde.
    Quant à ma troisième ...
    Par contre, je me souviendrai toute ma vie de la première chemise de femme que j’ai prise dans mes bras. A cause de son contenu.
  • #16
    • cotentine
    • 25/11/2009 à 10:11
    • En réponse à Bouba #5 le 25/11/2009 à 08:21 :
    • « On s’en fout aussi comme de sa première tétine, de sa première chaussette ou de l’an 40, on s’en bat les c......ou les tantifles.......ou bi... »
    et si Pampers avait existé depuis le XVIème siècle, l’expression aurait pu être "je m’en fous comme de ma 1ère couche-culotte" avec des petits élastiques, là ! 😉
  • #17
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 10:15
    • En réponse à horizondelle #14 le 25/11/2009 à 10:05 :
    • « Comme tous les trous... sinon c’en n’est plus :’-)) »
    Même l’étroit passage ? Ah, quelle gourmande ! Mais il faut bien relever la chemise, que si monsieur se prend dedans, ça t’étrangle ! :’-))
  • #18
    • mickeylange
    • 25/11/2009 à 10:15
    Voici comment je plie ma première chemise cette page
  • #19
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 10:18
    • En réponse à chirstian #15 le 25/11/2009 à 10:09 :
    • « affirmatif : par exemple, personnellement je me fous de ma seconde chemise comme de ma première chemise. Et même plus. Bon d’accord, je ne m... »
    A cause de son contenu

    Elle avait une mouche ?
  • #20
    • Elpepe
    • 25/11/2009 à 10:35
    • En réponse à mickeylange #18 le 25/11/2009 à 10:15 :
    • « Voici comment je plie ma première chemise cette page »
    Et celle-là, visiblement elle s’en fout ! cette page.