Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

sans coup férir [adv]

sans rencontrer de résistance ; sans difficulté ; sans résistance ; sans avoir à combattre ; sans se heurter à une quelconque opposition

Origine et définition

Le verbe 'férir' date du Xe siècle mais il n'était presque plus utilisé au XVIIe. Aujourd'hui, on n'en trouve plus que deux traces à travers notre expression et l'adjectif 'féru'.
Il vient du latin 'ferire' qui voulait dire 'frapper', verbe qui a progressivement supplanté 'férir'.
À la fin du XIIe, par extension, il a aussi signifié "se faire aimer de" ce qui s'explique par le fait que celui qui se fait aimer "frappe l'autre au coeur".
Donc, sans coup férir voulait initialement dire "sans frapper de coup", qu'il faut comprendre comme "sans combattre" dans le contexte guerrier fréquent de l'époque.
Comme, aujourd'hui, on ne combat plus pour un oui pour un non, et que gagner un combat n'était tout de même pas des plus faciles (l'adversaire avait tendance à résister, le bougre !), le sens s'est transformé pour prendre celui d'aujourd'hui.

Compléments

Mais comment 'féru' qui a d'abord voulu dire 'frappé' peut-il maintenant signifier "passionné pour quelque chose".
La réponse est facile à comprendre : celui qui est féru / frappé au coeur est amoureux, épris de quelqu'un d'autre (sens effectivement rencontré au XVe siècle). Et comme on n'éprouve pas forcément une passion que pour une personne mais aussi pour une activité ou un domaine de connaissances, c'est au XVIIe siècle que, par extension, 'féru' a pris le sens qu'on lui connaît aujourd'hui.

Exemples

« Cent fois déjà il avait ainsi capitulé sans coup férir (...) »
Georges Courteline - Messieurs les ronds-de-cuir

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais without a blow sans coup
Anglais without firing a shot sans tirer un coup
Anglais without a hitch sans à-coups
Espagnol (Espagne) sense disparar ni un tret sans tirer le moindre coup
Espagnol (Espagne) Sin bajarse del autobús Sans descendre du bus (Dit pour une équipe qui arrive et gagne facilement)
Espagnol (Espagne) sin derramamiento de sangre sans que le sang coule
Hébreu בלי לנקוף אצבע (bli lenakouf ètsba) sans faire glisser le doigt
Italien senza provocare alcuno scompiglio sans provoquer de désordres
Italien senza provocare danni sans causer de dommages
Italien senza colpo ferire sans coup férir
Italien senza colpo ferire sans coup férir
Néerlandais appeltje-eitje petite pomme-petit oeuf
Néerlandais een makkie sans aucune difficulté
Néerlandais kat in het bakkie chat dans la litière
Néerlandais zonder een centje pijn sans la douleur d'un centime
Néerlandais zonder slag of stoot sans coup ou poussée
Portugais (Brésil) com um pé nas costas avec un pied chez le dos
Roumain fără a mişca un deget sans mouvoir un doigt
Roumain fără a scoate sabia (din teacă) sans sortir l"épée (de la gaine)
Roumain fluierând en sifflant
Roumain fără a mișca un pai sans déplacer une paille
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Commentaires sur l'expression « sans coup férir » Commentaires

  • #41
    Lovendric
    04/05/2009 à 18:29
    • En réponse à chirstian #23 le 04/05/2009 à 14:15 :
    • « Le verbe ’férir’ date du Xe siècle
      il signifiait "frapper" mais son sens, et ses dérivés se mélangeait avec ceux de "fer."
      Par exemple "fé... »
    Ami Chirstian-de-la Lune, pour toi et pour ceux et celles qui voudront l’ouïr, je te ferai ce soir un conte, ancien déjà mais véritable, et toujours durement vivant dans nos mémoires.
    C’était en la saison d’automne, l’an 1187, plusieurs semaines après la déconfiture que nous avions endurée sous les Cornes de Hattîn, en Galilée. Après nous avoir vaincu là de tout en tout, avoir occis ou engeôlé notre chevalerie entière, à peu de chose près, le Sultan des Sarrazins avait lancé sur nos terres ses troupes et conquis l’une après l’autre nos plus belles cités : Jaffa, Caïffa, Naplouse, Ramla, Betenoble et tant d’autres. En septembre, les Sarrazins étaient arrivés devant Jérusalem où nous nous trouvions, femmes, enfants, vieillards, outre un petit nombre de chevaliers réchappés de la Grande Bataille, retranchés sous le gouvernement de Monseigneur Balian d’Ibelin, le plus sage baron et le plus loyal que je connus en tout mon âge. Assemblés dans la cité sainte en trop petit nombre pour tenir longtemps contre nos assiégeants, nous fûmes contraints, le 2 Octobre, de rendre la cité au Sultan.
    Nul massacre n’eut lieu dans la cité sainte, et à vous dire le vrai, pas un Sarrazin ne mit le pied en dedans de la muraille. Car le Sultan avait commandé à ses hommes de demeurer au dehors, là où ils avaient établi leurs pavillons durant le siège. Les conditions de l’aman (vie et biens saufs) imposées par le Sultan étaient dures : après de longs débats, Messire Balian nous rapporta le dernier mot du Sultan : la rançon des riches s’élevait à 10 besants pour les hommes, 5 pour les femmes, 1 pour les enfants. La rançon des pauvres s’élevait à 100000 besants pour les 20000 âmes que comptait le petit peuple. Enfin nous avions quarante jours pour nous racheter et vider Jérusalem. Ceux qui ne pourraient se racheter seraient vendus comme esclaves sur les marchés syriens.
    Je suivis un jour Messire Balian, que je servais en ce temps-là, et le Patriarche Héraclius, homme fol et ribaud, sinon félon, jusque sous la tente de Saladin. Triste et honteux, Messire Balian gémit devant le Sultan, se reprochant de n’avoir pu rassembler que 30000 besants pour sauver les pauvres gens de Jérusalem. En entendant ses plaintes, le Sultan hochait la tête et se tenait muet. Or soudain, le frère du Sultan, Malik al’Adil, s’écria haut et fort : "Ne t’ai-je pas, mon frère, aidé de tout mon pouvoir à guerroyer de place en place et à conquérir Jérusalem ? N’ai-je pas mérité que tu m’octroies un don ? Donne-moi, je te prie, en guise de présent, 1000 de ces pauvres Chrétiens !". " Qu’en feras-tu ?" fit le Sultan, qui sourcillait. "Donne-les moi !" répondit seulement al’Adil. Et après avoir flatté un moment sa barbe à deux pointes, Saladin les lui donna. A peine les eut-il reçus que Malik al’Adil en riant les délivra. Ce que voyant, Messire Balian osa prier à son tour le Sultan de lui accorder au nom de Dieu 1000 pauvres Francs. Et le Sultan au nom d’Allah les lui accorda. Puis le Patriarche supplia à son tour Saladin, qui lui donna aussi un millier de Chrétiens.
    Dès le lendemain, la libéralité du Sultan ayant couru de bouche en bouche à travers la cité, il y eut maintes gens qui s’en furent prier le vainqueur de leur faire un don afin de plaire à Dieu. Y allèrent les moines Templiers et Hospitaliers, les gardiens du Sépulcre, les bourgeois de la cité sainte, et même les nonnes de l’abbaye Saint-Lazare de Béthanie. Et le Sultan accordait don après don, sans seulement songer à clore aux suppliants la porte de sa tente. Dans la cité, chacun s’ébahissait de voir qu’il restait encore des pauvres gens qui ne pourraient payer rançon. Mais en dépit de notre infortune, en dépit de la déconfiture et de la perdition du royaume, nous avions, grâce à Messire Balian, gagné là une grande et belle bataille, sans un seul coup férir.
  • #42
    lafeepolaire
    04/05/2009 à 18:31
    • En réponse à PHILO_LOGIS #20 le 04/05/2009 à 12:49 :
    • « Hola, de la dînette dunette, saluons l’arrivée de not’ petite nouvelle du jour, l’Affee polaire, même si elle risque de faire froid dans le... »
    Merci de m’accueillir dans vos rangs!!
    Et de me mettre en garde contre les virus!!!
    Pour m’en prévenir, je vais sans coup férir (à moins qu’il ne refuse cette OPA) utiliser le mac de mon mec.
  • #43
    Elpepe
    04/05/2009 à 18:37
    • En réponse à momolala #37 le 04/05/2009 à 18:10 :
    • « What’s a catway ? Littéralement, ce serait le chemin du chat : ce n’est pas celui qui embaume le plus ! »
    Dans les ports de plaisance modernes, il y a des pontons flottants, lesquels sont hérissés de petits passages flottant perpendiculairement, pour rejoindre le bord des bateaux : ce sont les catways.
  • #44
    Elpepe
    04/05/2009 à 18:38
    • En réponse à tytoalba #39 le 04/05/2009 à 18:18 :
    • « Te voilà revenu ? Puisque tu es là parlons marine. Larousse note que férir signifie aussi enverguer et s’est dit aussi pour aborder, arriver... »
    La péniche de débarquement : elle ferry !
  • #45
    lafeepolaire
    04/05/2009 à 18:43
    • En réponse à tytoalba #38 le 04/05/2009 à 18:14* :
    • « C’est gentil de souhaiter la bienvenue mais il me semble que la fee polaire est là depuis un mois déjà.😉
      Souhaitons la bienvenue à Maryna. 🙂... »
    Très bien vu Tytoalba, d’autant plus que ma participation ne fut que très brève et bien modeste.
    Mais depuis un certain temps, de ma banquise,je suis les échanges des membres de ce forum dont j’appprécie l’humour et l’érudition.
  • #46
    <inconnu>
    04/05/2009 à 18:48
    • En réponse à Elpepe #36 le 04/05/2009 à 18:05* :
    • « Les Claudine parlent aux Claudine ? Ou bien c’est Maryna ? Ah, Maryna... Ça vous a une bonne odeur de catway, ça, ma petite médème...
      Pour l... »
    Merci pour tes indications sur le phare. Pour Maryna, rien à voir avec catway. C’est juste que le pseudo que j’avais choisi était trop court. La mer c’est pas mon truc.
  • #47
    <inconnu>
    04/05/2009 à 18:52
    • En réponse à tytoalba #38 le 04/05/2009 à 18:14* :
    • « C’est gentil de souhaiter la bienvenue mais il me semble que la fee polaire est là depuis un mois déjà.😉
      Souhaitons la bienvenue à Maryna. 🙂... »
    Merci Tytoalba, c’est gentil. Je sais pas encore faire les binettes.
  • #48
    Elpepe
    04/05/2009 à 18:59
    • En réponse à <inconnu> #46 le 04/05/2009 à 18:48 :
    • « Merci pour tes indications sur le phare. Pour Maryna, rien à voir avec catway. C’est juste que le pseudo que j’avais choisi était trop court... »
    Mais c’est dans la marina qu’on trouve le catway, pourtant... Si, si, je t’assure !
  • #49
    tytoalba
    04/05/2009 à 20:19*
    • En réponse à <inconnu> #47 le 04/05/2009 à 18:52 :
    • « Merci Tytoalba, c’est gentil. Je sais pas encore faire les binettes. »
    Pour toi et toutes les nouvelles et nouveaux, je livre gratis une information. Tu remontes la page. Et tu vois Vos commentaires juste au-dessus des nôtres. Tu cliques sur" Mode d’emploi". Là tu trouveras toutes les explications pour faires les binettes, mettre un lien, et beaucoup d’autres choses encore qui concernent le site. 😎 🤡
    Bouddha a dit : " Lorsque tu auras traversé la rivière, ne t’éloigne pas aussitôt mais demeure un instant sur la rive pour indiquer le gué à ceux qui suivent. "
  • #50
    mident
    04/05/2009 à 20:23
    • En réponse à Lovendric #41 le 04/05/2009 à 18:29 :
    • « Ami Chirstian-de-la Lune, pour toi et pour ceux et celles qui voudront l’ouïr, je te ferai ce soir un conte, ancien déjà mais véritable, et... »
    Merci Lovendric d’être de retour parmi nous. C’est bien agréable de te lire.
  • #51
    tytoalba
    04/05/2009 à 20:25*
    • En réponse à lafeepolaire #45 le 04/05/2009 à 18:43 :
    • « Très bien vu Tytoalba, d’autant plus que ma participation ne fut que très brève et bien modeste.
      Mais depuis un certain temps, de ma banquis... »
    J’espère que ta banquise tiendra le coup malgré le réchauffement climatique. Interviens quand tu le souhaites, il n’y a pas de quota pour rester abonné. Et tu as certainement constaté que les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Pareil pour les commentaires. C’est la diversité qui fait le charme du site.
  • #52
    tytoalba
    04/05/2009 à 20:28
    • En réponse à Lovendric #41 le 04/05/2009 à 18:29 :
    • « Ami Chirstian-de-la Lune, pour toi et pour ceux et celles qui voudront l’ouïr, je te ferai ce soir un conte, ancien déjà mais véritable, et... »
    Te revoilou aussi. Je ne suis pas une lumière en histoire, donc j’aime ce que tu racontes et la manière dont tu le fais. ne te fais pas trop rare.
  • #53
    mident
    04/05/2009 à 20:28
    • En réponse à SyntaxTerror #24 le 04/05/2009 à 15:39 :
    • « Ah,
      sans fou quérir, les deux dernières expressios sont arrivées à bon port, alors que "dorer la pillule" a été prise pour une succession d’... »
    Et voilà God ! Ce doit être la même chose qui m’est arrivée.
  • #54
    PHILO_LOGIS
    04/05/2009 à 20:44
    Ah! Sans coup férir, Léo ferrait et Jean ferra!
  • #55
    PHILO_LOGIS
    04/05/2009 à 20:46
    @ Maryna et @ Lafeepolaire:
    c’est bien de vous mettre à deux. C’est mieux que Laryna et Lafeemolaire, sauf pour les dentistes!
  • #56
    <inconnu>
    04/05/2009 à 21:40
    Il y a trois semaines, je suis rentrée de justesse d’Écosse, non sans coup férir, sans ferry ça fait rire (les oiseaux, ça fait chanter les abeilles), à cause de la grève des pêcheurs à Calais. J’y serais bien restée, mais ils ne sont guère férus de fromage les scottish, et ça me (férit ?) frappe au cœur, j’en suis férue.
    Heureusement que je suis rentrée, sinon à moi la grippe porcine dont la Grande-Bretagne est frappée, pour ne pas dire férue.
  • #57
    PHILO_LOGIS
    04/05/2009 à 21:50
    • En réponse à <inconnu> #56 le 04/05/2009 à 21:40 :
    • « Il y a trois semaines, je suis rentrée de justesse d’Écosse, non sans coup férir, sans ferry ça fait rire (les oiseaux, ça fait chanter les... »
    Bonsoir, file-à-la-patte.
    Tu es revenue d’Ecosse, comme les petits pois (qu’on écosse aussi, même s’ils sont rouges), et moi, après Bruxelles, j’irai en Eire, non pas voir Jane (moi pas Tarzan). Mais j’y serai sans coup férir avant le Pépé, féru de voile...
  • #58
    <inconnu>
    04/05/2009 à 22:20
    • En réponse à PHILO_LOGIS #57 le 04/05/2009 à 21:50 :
    • « Bonsoir, file-à-la-patte.
      Tu es revenue d’Ecosse, comme les petits pois (qu’on écosse aussi, même s’ils sont rouges), et moi, après Bruxelle... »
    Bon voyage file-en-Irlande ! N’attrappe pas la grippe, gare aux courants d’Eire.
  • #59
    cotentine
    05/05/2009 à 01:32
    • En réponse à Elpepe #29 le 04/05/2009 à 17:00 :
    • « "féru" : blessé
      ... par un fer. Mais alors, Béru ?
      Bonjour bonjour, les gosses. Belle nav, en ce ouiquinde du 1er mai, pour se mettre en ja... »
    Hé ! Capitaine ! à Carentan, tu seras sur la côte Est de NOTRE Cotentin (à Syanne et à moi) ... et nous, sur la côte Ouest, mais ce département de la Manche, en largeur, c’est vite fait de le traverser ! Fais-moi signe ! 😉 et sans coup férir, j’te laisse pas en rade, j’arrive dare-dare ! 😉
  • #60
    cotentine
    05/05/2009 à 01:45
    • En réponse à Lovendric #41 le 04/05/2009 à 18:29 :
    • « Ami Chirstian-de-la Lune, pour toi et pour ceux et celles qui voudront l’ouïr, je te ferai ce soir un conte, ancien déjà mais véritable, et... »
    Merci Lovendric, de nous charmer, nous enchanter en nous narrant de si belles histoires ... que moi, ça me donne envie de me replonger dans l’époque médiévale, pour en connaître un peu plus sur cette période ... dans toutes ces régions que tu évoques ... et une guerre sans plaies, ça me plaît !