Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

scier la branche sur laquelle on est assis [v]

s'attaquer à une situation dont on bénéficie pourtant ou à des personnes dont on tire pourtant profit ; supprimer ou affaiblir un soutien indispensable ; se faire du tort à soi-même ; se tirer une balle dans le pied

Origine et définition

La métaphore est facile à comprendre si on se représente un benêt qui, devant couper une grosse branche à sa racine, s'installe à califourchon sur celle-ci, forcément sur la partie qui va tomber au sol et qu'il va inévitablement accompagner dans sa chute. On peut alors dire, mais pendant un très court instant, que le benêt vole.
On peut imaginer qu'est tout aussi benêt celui qui s'arrange pour ne plus bénéficier d'avantages dont il profitait pleinement. Mais, si on creuse un peu, hormis un acte plus ou moins irréfléchi, il peut parfaitement y avoir des raisons légales, de morale ou d'éthique qui justifieraient pleinement ce genre de comportement en apparence idiot.
Comme scier quelque chose correspond souvent à un acte de destruction, c'est depuis la fin du XIXe siècle qu'au figuré, "scier (la branche)", veut dire "détruire la situation (de quelqu'un)".
Il aura suffi, au XXe siècle, d'y rajouter le complément "sur laquelle on est assis" pour que l'action s'applique à soi-même.

Exemples

« Chacun put alors constater que Ludendorff pouvait perdre une bataille contre le gouvernement. En faisant passer en force la demande d'armistice, il avait scié la branche sur laquelle il était assis. Son pouvoir sans limites s'était fondé, deux ans durant, sur le fait qu'il garantissait la victoire. Ayant renoncé à la faire, il redevenait un général comme les autres. Jusqu'au 29 septembre, il n'avait eu, à chaque conflit, qu'à menacer de partir pour faire prévaloir sa volonté. Cette fois, il s'entendit répondre par le Kaiser : "Vous voulez partir, eh bien, faites donc !" »
Sebastian Haffner - Allemagne, 1918: une révolution trahie - 2001

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand an dem Ast sägen, auf dem man sitzt scier la branche sur laquelle on est assis
Anglais to bite the hand that feeds you mordre la main qui vous nourrit
Anglais to cut off your nose to spite your face coupe ton nez pour contrarier ton visage
Anglais to saw off the branch that you're sitting on scier la branche sur laquelle on est assis
Anglais to shoot oneself in the foot se tirer dans le pied
Anglais sawing the branch on which you sit scier la branche sur laquelle vous êtes assis
Espagnol (Espagne) morder la mano que te da de comer mordre la main qui te donne à manger
Espagnol (Espagne) tirar-se terra als ulls se jeter de la terre dans les yeux
Espagnol (Espagne) tirar-se pedres al terrat se jeter des pierres sur le toit
Espagnol escupir en el plato que te da de comer cracher sur l'assiette qui vous nourrit
Espagnol (Espagne) cortar la rama en la que estamos sentados scier la branche sur laquelle on est assis
Espagnol (Argentine) matar la gallina de los huevos de oro tuer la poule aux oeufs en or
Espagnol (Argentine) donde se come no se caga ou on mange on ne scie pas
Français (Canada) tirer dans le canoë
Hongrois kivágja maga alól a fát couper l'arbre sur lequel on est assis
Hongrois maga alatt vágni a fát couper l'arbre en-dessous de soi
Hébreu ירה לעצמו ברגל (yara leatsmo berèguèl) il s’est tiré une balle dans la jambe
Italien sputare nel piatto in cui si mangia cracher sur l'assiette où on mange
Italien mordere la mano che sfama la tua bocca mordre la main qui te nourrit
Néerlandais de hand bijten die je voedt mordre la main qui te nourrit
Néerlandais de tak afzagen waarop men zit scier la branche sur laquelle on est assis
Néerlandais zichzelf de das om doen se mettre soi-même l'écharpe
Néerlandais zichzelf in de voet schieten se tirer dans le pied
Néerlandais zichzelf zand in de ogen gooien se jeter de la terre dans les yeux
Néerlandais zijn eigen graf graven creuser sa tombe, fosse
Néerlandais zijn eigen ramen ingooien casser ses propres fenêtres
Portugais (Brésil) matar a galinha dos ovos de ouro tuer la poule aux oeufs en or
Portugais (Brésil) cuspir no prato que comeu cracher dans l'assiette qu'on a mangé
Portugais (Brésil) dar um tiro no pé se tirer dans le pied
Portugais (Brésil) cuspir no prato em que comeu cracher sur l'assiette où l'on a mangé
Roumain a omorî gâsca cu ouă de aur tuer l'oie aux oeufs en or
Roumain a tăia găina cu ouă de aur pentru a face supă tuer la poule aux oeufs en or pour faire une soupe
Roumain a musca mana care te hraneste mordre la main qui te nourrit
Roumain a omora gasca cu ouale de aur tuer l'oie aux oeufs en or
Roumain a taia craca de sub picioare scier la branche qu'on a sous les pieds
Turc bindiği dalı kesmek scier la branche sur laquelle on est assis
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « scier la branche sur laquelle on est assis » Commentaires

  • #1
    mickeylange
    16/08/2009 à 23:54*
    Après la mort de Charles d’Amboise en 1511, l’alliance entre Maximilien Sforza et le Roi de Fance a été dissoute. Léonard a quitté Milan pour trouver un nouveau mécène.
    En 1513 Léonard c’est installé avec ses amis Melzi et Salai, dans une villa du Vatican.
    Il espérait devenir peintre du Vatican.
    Comme j’avais travaillé avec lui en 1503 au Palazzo Vecchio et que je connaissais le gaillard, j’ai scié la branche sur laquelle il comptait s’asseoir à Rome, et c’est comme ça qu’il devint Léonard de Vingt scies.
    hmmm!
  • #2
    <inconnu>
    17/08/2009 à 00:14
    • En réponse à mickeylange #1 le 16/08/2009 à 23:54* :
    • « Après la mort de Charles d’Amboise en 1511, l’alliance entre Maximilien Sforza et le Roi de Fance a été dissoute. Léonard a quitté Milan pou... »
    C’est ce qui s’appelle se faire grillerau poteau! Je voulais dire que c’est en sciant que Léonard devint scie...
    Truquage, mais tellement cœur de sujet à
    cette page
  • #3
    mickeylange
    17/08/2009 à 00:19
    O très Sainte Marie mèr’ de
    Dieu, dites à ces putains
    De moines qu’ils nous emmerdent
    Sans le latin.
    Ces oiseaux sont des enragés
    Ces corbeaux qui scient, rognent, tranchent
    La saine et bonne vieille branche
    De la croix où ils sont perchés
    Ils ne savent pas ce qu’ils perdent
    Tous ces fichus calotins
    Sans le latin, sans le latin
    La messe nous emmerde
    Georges Brassens, Tempête dans un bénitier.
  • #4
    mickeylange
    17/08/2009 à 00:23
    • En réponse à <inconnu> #2 le 17/08/2009 à 00:14 :
    • « C’est ce qui s’appelle se faire grillerau poteau! Je voulais dire que c’est en sciant que Léonard devint scie...
      Truquage, mais tellement cœ... »
    j’ai reçu une pub pour un côtes de Provence " Cuvée Epicure" de Cogolin si ça t’intéresse je te donne l’adresse www.chateau-saintmarc.fr
    Plus cher que la cuvée de l’amiral d’Entrecasteaux mais forcément [slurp] moins bon.[/slurp]
  • #5
    <inconnu>
    17/08/2009 à 00:42
    • En réponse à mickeylange #4 le 17/08/2009 à 00:23 :
    • « j’ai reçu une pub pour un côtes de Provence " Cuvée Epicure" de Cogolin si ça t’intéresse je te donne l’adresse www.chateau-saintmarc.fr... »
    Aussi bien que le Bandol du domaine Ott et deux fois moins cher? Donne toujours l’adresse; Vendent-ils par barrique ou bien acceptent-ils les commandes d’essai genre petit joueur, 24 boutanches par exemple?
  • #6
    mickeylange
    17/08/2009 à 01:01
    Un généalogiste vicieux a coupé une branche de mon arbre, me privant de ce fait, c’est un comble, de racines.
  • #7
    <inconnu>
    17/08/2009 à 01:48
    • En réponse à mickeylange #6 le 17/08/2009 à 01:01 :
    • « Un généalogiste vicieux a coupé une branche de mon arbre, me privant de ce fait, c’est un comble, de racines. »
    Mon arbre aussi en a pris plein les racines d’un côté fin 18ème et de l’autre bien plus tard encore.
    Vu le site du "Chateau-Saintmarc". J’ai reçu tant de propositions de châteaux Bacchus ou moins souvent Dionysos, que malgré son nom de lessive, celui qui propose une cuvée à moi seul dédiée m’amuse. Dès retour sur mes bases, je jette un oeil gourmand sur le guide Hachette du divin nectar.
    Tu crois que pour usage de mon nom il me paierait en barriques?
  • #8
    <inconnu>
    17/08/2009 à 03:45
    La branche pourrie
    Ah ça, ça me scie
    Voir cette page
  • #9
    Paracas
    17/08/2009 à 07:58
    C’est exactement ce que le monde ouvrier est en train de faire de par sa léthargie face aux attaques gouvernementales des acquis sociaux que nos ainés ont mis des decennies à obtenir........mais bon je subodore quelques esprits chagrins qui vont m’envoyer à la figure que de tels propos n’ont rien à faire ici.......alors continuons à scier camarades, on finira bien par tous se casser la g....au pied de l’arbre.......
  • #10
    charlesattend
    17/08/2009 à 09:15
    "Probablement qu’elle se serait rompue d’elle même, la branche sur laquelle on est à 6" dit le chef des éléphants roses à sa patrouille après mon 18è pastis
  • #11
    momolala
    17/08/2009 à 09:21
    • En réponse à Paracas #9 le 17/08/2009 à 07:58 :
    • « C’est exactement ce que le monde ouvrier est en train de faire de par sa léthargie face aux attaques gouvernementales des acquis sociaux que... »
    Deux nous sommes au moins
    A en avoir chagrin
    Mais ce n’est pas ici
    Qu’heureusement la scie scie
    Momo qui passe
  • #12
    chirstian
    17/08/2009 à 09:26
    avec l’accent Auvergnat, on comprend mieux sa douleur.
  • #13
    mickeylange
    17/08/2009 à 09:33*
    Je vous livre ci-dessous le texte d’un mail que vient de m’envoyer un ami d’Expressio, et qui illustre bien ce qui se passe quand on a scié la branche:
    "Conjoncture actuelle : quelle galère !
    Les boulangers ont des problèmes croissants.
    Chez Renault la direction fait marche arrière. Les salariés débrayent.
    A EDF les syndicats sont sous tension.
    Les bouchers se battent pour défendre leur beefsteak.
    Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce. Ils en ont assez de se faire plumer.
    Pour les couvreurs, cette nouvelle loi est une tuile.
    Les faïenciers en ont raz le bol.
    Les éleveurs de chiens sont aux abois.
    Les brasseurs sont sous pression.
    Les cheminots menacent d’occuper les locos. Ils veulent conserver leur train de vie.
    Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour.
    Les pédicures travaillent d’arrache-pied pour de faibles revenus.
    Les ambulanciers ruent dans les brancards.
    Les pécheurs haussent le ton.
    Les pédés en ont marre de se faire traiter de faux culs
    Et ... Les prostituées sont dans une mauvaise passe.....
    Mais à part cela, TOUT VA BIEN....!!!!"
  • #14
    PHILO_LOGIS
    17/08/2009 à 09:39
    "Au pied de mon arbre,
    Je vivais-z-heureux..."
    Puis, Newton est passé, et il a scié-é, scié, Aline, pour qu’elle revienne...
    Alors, comme c’était une fille grecque, la scie attique a tout foutu en l’air. Non, pardon, elle a tout foutu par terre. Les pommes sont devenues des pommes de terre, et toi, vielle branche, tu ne t’en relèves plus.
  • #15
    mickeylange
    17/08/2009 à 09:42
    • En réponse à PHILO_LOGIS #14 le 17/08/2009 à 09:39 :
    • « "Au pied de mon arbre,
      Je vivais-z-heureux..."
      Puis, Newton est passé, et il a scié-é, scié, Aline, pour qu’elle revienne...
      Alors, comme c’... »
    Alors, comme c’était une fille grecque

    Tu confonds pas avec Arménie Poulain ?
  • #16
    momolala
    17/08/2009 à 10:13
    • En réponse à mickeylange #13 le 17/08/2009 à 09:33* :
    • « Je vous livre ci-dessous le texte d’un mail que vient de m’envoyer un ami d’Expressio, et qui illustre bien ce qui se passe quand on a scié... »
    Un ami à poils durs...
    Scions, scions, scions du bois,
    Pour la mère, pour la mère,
    Scions, scions, scions du bois,
    Pour la mère Nicolas,
    Qu’a cassé, qu’a cassé,
    Ses sabots, ses sabots,
    En mille morceaux.
  • #17
    mickeylange
    17/08/2009 à 10:26
    • En réponse à momolala #16 le 17/08/2009 à 10:13 :
    • « Un ami à poils durs...
      Scions, scions, scions du bois,
      Pour la mère, pour la mère,
      Scions, scions, scions du bois, »
    Un ami à poils durs...

    oui.. un qui a du piquant et qui ferait bien de revenir délirer avec nous !!!!
  • #18
    Paracas
    17/08/2009 à 11:38
    • En réponse à momolala #11 le 17/08/2009 à 09:21 :
    • « Deux nous sommes au moins
      A en avoir chagrin
      Mais ce n’est pas ici
      Qu’heureusement la scie scie »
    Ami poète, bonjour !!
  • #19
    momolala
    17/08/2009 à 11:44
    • En réponse à Paracas #18 le 17/08/2009 à 11:38 :
    • « Ami poète, bonjour !! »
    Au couplet (oublié des comptines)
    Nicolas c’est mon patron
    Qui me donne des coups de bâton
    Lorsque je n’arrive pas
    A scier ses sabots de bois
    Authentiquement chanté par ma grand’mère morte en 1976, sans doute prémonitoire. Tu mords là ?
  • #20
    <inconnu>
    17/08/2009 à 11:44
    Un équivalent à l’expression. Chez nous on dit: "Ne pas mordre la main qui te nourrit".