Les expressions françaises décortiquées
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Tirer les marrons du feu

Sens initial :
Entreprendre quelque chose de risqué ou dangereux pour le profit de quelqu'un d'autre.
Sens d'aujourd'hui :
Tirer avantage d'une situation pour soi-même, parfois malhonnêtement.

Origine

Cette expression est citée dès 1640 sous la forme 'tirer les marrons du feu avec la patte du chat'.
Mais elle a été popularisée par Jean de la Fontaine dans sa fable 'Le singe et le chat' ().
On y voit le chat Raton retirer du feu au profit du singe Bertrand les marrons qui y grillent.
Le fait que l'expression ait été abrégée a pu contribuer à en fausser l'interprétation.

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne Allemand Die Kartoffeln aus dem Feuer holen Sortir les pommes de terre du feu
Allemagne Allemand Die Kastanien aus dem Feuer holen Sortir les marrons du feu
Angleterre Anglais To make a cat's paw of somebody Être la patte du chat pour quelqu'un
Argentine Espagnol Hacer legna del arbol caido Profiter que la buche tombe de l'arbre
Argentine Espagnol Sacar las papas del fuego Retirer les pommes de terre du feu
Espagne Espagnol Sacar las castañas del fuego Tirer les marrons du feu
Italie Italien Cavare il granchio dalla buca con la mano d'altri Tirer le crabe du trou avec la main d'autrui
Italie Italien Togliere le castagne dal fuoco Sortir les marrons du feu
Belgique Néerlandais De kastanjes uit het vuur halen Tirer les marrons du feu
Pologne Polonais Wyciągać kasztany z ognia Tirer les marrons du feu
Roumanie Roumain A scoate castanele din foc cu mâna altuia Faire sortir les marrons du feu par une autre personne
Serbie Serbe Vaditi kestenje iz vatre Tirer les marrons du feu
Chine Chinois Huo zhong qu li=火中取栗 Tirer les marrons au feu
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Commentaires sur l'expression « Tirer les marrons du feu » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 27/11/2005 à 16:01
    Le sens actuel est totalement fautif et il faut le refuser car , dans cette version ,c’est un contresens total.
  • #2
    • God
    • 28/11/2005 à 08:37
    • En réponse à <inconnu> #1 le 27/11/2005 à 16:01 :
    • « Le sens actuel est totalement fautif et il faut le refuser car , dans cette version ,c’est un contresens total. »
    Il y a un certain nombre d’expressions dont le sens a largement évolué au cours du temps.
    Même si c’est souhaitable, vouloir refuser une telle évolution très répandue, c’est un voeu pieu.
  • #3
    • cotentine
    • 06/12/2010 à 00:21
    le sens actuel est donc l’inverse de "tirer son épingle du jeu", non ?
    y’a toujours un crétin ou un naïf qui se dévoue pour la corvée et un autre qui en profite ...
    Belle mentalité ! 😏 😄
  • #4
    • <inconnu>
    • 06/12/2010 à 02:54*
    • En réponse à cotentine #3 le 06/12/2010 à 00:21 :
    • « le sens actuel est donc l’inverse de "tirer son épingle du jeu", non ?
      y’a toujours un crétin ou un naïf qui se dévoue pour la corvée et un... »
    Donc, si j’ai bien compris, «Tirer les marrons du feu», c’est à coup sûr «se retrouver maroron» ?
    Heu, le naïf (ou le crétin, etc), qui se dévoue (sic…), n’est-ce pas, très souvent, un volontaire désigné d’office ?
  • #5
    • <inconnu>
    • 06/12/2010 à 02:58*
    • En réponse à <inconnu> #1 le 27/11/2005 à 16:01 :
    • « Le sens actuel est totalement fautif et il faut le refuser car , dans cette version ,c’est un contresens total. »
    Mieux vaudrait dire: «Tondre le mouton» ???
    à propos de pieu, je retourne dans le mien , fieu !
  • #6
    • momolala
    • 06/12/2010 à 05:51
    Eh bien je trouve que l’évolution de cette expression n’est qu’une apparence trompeuse pour celui qui croit, aujourd’hui, faire le malin en prenant des risques pour dérober un truc qui va (faire) péter ("Chauffe un marron, ça l’fait péter" La bonne du curé, Ricet Barrier). Il faut être retors mais autrement intelligent pour savoir faire prendre le risque à autrui. Demandez aux "martyrs de la révolution".
  • #7
    • <inconnu>
    • 06/12/2010 à 06:44
    Tout à fait, autrefois celui qui tirait les marrons du feu se brûlait au profit des autres. . Ceci dit pourquoi, comme le langage, les expressions n’ auraient-elles pas le droit d’ évoluer? koskos
  • #8
    • OSCARELLI
    • 06/12/2010 à 07:52*
    Saint Nicolas a déposé des joujoux à côté des cailloux non pas sur nos genoux, mais dans la cheminée. Y avait-il des marrons parmi eux? Il faudrait songer à les retirer avant qu’ils ne soient cramés.
    Bien que, des marrons grillés, pas la froidure de ces derniers jours, c’est un véritable délice!
    Et Saint Nicolas, n’est-il pas lui-même un tant soit peu marron?
  • #9
    • cotentine
    • 06/12/2010 à 08:57*
    • En réponse à OSCARELLI #8 le 06/12/2010 à 07:52* :
    • « Saint Nicolas a déposé des joujoux à côté des cailloux non pas sur nos genoux, mais dans la cheminée. Y avait-il des marrons parmi eux? Il f... »
    des marrons grillés, pas la froidure de ces derniers jours, c’est un véritable délice!

    oui, j’adore et l’odeur et le goût des ... châtaignes grillées, qui seules sont comestibles 😉
    en angais chestnut : châtaigne (Castanacées)
    alors que horse chestnut : marron d’Inde (Hippocastanacées), non comestible et même toxique sauf en laboratoires pour en extraire un principe actif dans la circulation veineuse
  • #10
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 09:45
    • En réponse à cotentine #3 le 06/12/2010 à 00:21 :
    • « le sens actuel est donc l’inverse de "tirer son épingle du jeu", non ?
      y’a toujours un crétin ou un naïf qui se dévoue pour la corvée et un... »
    "tirer son épingle du jeu"
    pour moi, dans tirer son épingle du jeu, l y a l’idée de s’en sortir sans casse, mais sans profit : on avait une épingle au début, on l’a récupérée à l’arrivée.
    Tirer les marrons du feu, c’est faire un profit : les marrons dans le feu ne nous appartenaient pas, et nous nous les approprions bien chauds , soit pour quelqu’un , soit pour soi-même.
    Mais rien n’empêche de tirer les épingles du feu, en tirant son marron du jeu !
  • #11
    • mitzi50
    • 06/12/2010 à 10:10*
    • En réponse à cotentine #3 le 06/12/2010 à 00:21 :
    • « le sens actuel est donc l’inverse de "tirer son épingle du jeu", non ?
      y’a toujours un crétin ou un naïf qui se dévoue pour la corvée et un... »
    Cela reste, hélas, toujours vrai.... Peu de véritables responsables (de catastrophes diverses : écologiques, sanitaires, financières, etc...) sont punis, mais beaucoup de "lampistes" trinquent (et pas à leur bonne fortune ni "à leur santé).
    Quant aux marrons, pour ne pas se brûler inutilement, il existe maintenant des poeles perforées pour les faire griller commodément. Il ne reste plus qu’ à tricoter ou crocheter une "chaussette" pour l’ extrémité du manche. On peut aussi prendre une manique....
  • #12
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 11:37
    • En réponse à <inconnu> #4 le 06/12/2010 à 02:54* :
    • « Donc, si j’ai bien compris, «Tirer les marrons du feu», c’est à coup sûr «se retrouver maroron» ?
      Heu, le naïf (ou le crétin, etc), qui se d... »
    Donc, si j’ai bien compris, «Tirer les marrons du feu», c’est à coup sûr «se retrouver marron» ?
    justement non : c’est le cas si nous tirons les marrons du feu pour quelqu’un d’autre, mais nous pouvons tirer les marrons du feu pour notre propre compte. Et dans ce cas nous nous marrons bien !
  • #13
    • <inconnu>
    • 06/12/2010 à 11:51*
    • En réponse à chirstian #12 le 06/12/2010 à 11:37 :
    • « Donc, si j’ai bien compris, «Tirer les marrons du feu», c’est à coup sûr «se retrouver marron» ?
      justement non : c’est le cas si nous tiron... »
    réponse valable, j’ose l’espérer, également pour mitzi 50 en #11
    Pour ne retirer que quelques marrons (un ou deux, au minimum), il existe d’excellentes pinces (avec un long manche…) qlui permettent de le faire sans risques pour ses mimines… Ce qui ne supprime pas l’utilité d’une manique ou d’un gant.
    Quelques exemples:
    - a) cette page
    - b) cette page
    - c) cette page. Mais une seule n’est pas suffisante, il vaut mieux en avoir deux ! Une bonne paire quoi, bien accrochée, aux crochets des ustensiles… de cuisine ! 🙂
  • #14
    • OSCARELLI
    • 06/12/2010 à 12:02*
    • En réponse à cotentine #9 le 06/12/2010 à 08:57* :
    • « des marrons grillés, pas la froidure de ces derniers jours, c’est un véritable délice!
      oui, j’adore et l’odeur et le goût des ... châtaigne... »
    Tu as mille fois raison. Il faut cependant savoir qu’en allemand:
    Maroni = chataigne
    tandis que
    Kastanie = marron
    ...
    de quoi y perdre son latin!
  • #15
    • OSCARELLI
    • 06/12/2010 à 12:05*
    • En réponse à <inconnu> #13 le 06/12/2010 à 11:51* :
    • « réponse valable, j’ose l’espérer, également pour mitzi 50 en #11
      Pour ne retirer que quelques marrons (un ou deux, au minimum), il existe d’... »
    J’aime bien ton deuxième exemple, employé par paires dans certains sous-vêtements... Avec des utilisations multiples, pour personnes masculines et féminines douées de plus d’imagination que d’attributs... :’-))
  • #16
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 12:16
    manique (qui se dit aussi : manicle) : protection (de l’avant bras du gladiateur, puis de la main). On pourrait en conclure que la panique serait la protection du pied, mais il n’en est rien.
    Et aussi : anneau de pied du forçat, rivé à la chaine. Au figuré :manège, manigance, habileté à faire quelque chose. D’où l’expression : "Il entend la manicle." : Il est adroit, rusé
    Je me coucherai moins ignorant ce soir: voilà un mot que je ne connaissais pas, bien qu’ayant dans la cuisine un truc en machin pour retirer les plats du four !
  • #17
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 12:24
    Entreprendre quelque chose de risqué ou dangereux pour le profit de quelqu’un d’autre.
    c’était bien le sens adopté par Esope (cette page) La conclusion de sa fable me semble plus réussie que celle de La Fontaine :
    "Fais valoir, me dit-on, nos communs intérêts;
    Débrouille cette affaire, agis ,et quant aux frais,
    Avance les encore. Ami, je crois t’entendre,
    tu veux ,pour ton profit, que j’écarte la cendre ! " 😐
  • #18
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 12:56
    et nos institutrices n’ayant pas souhaité le faire, je vais tirer les marrons du feu, pour faire remarquer que les marrons sont marrons.
    En cela ils sont une exception à la règle qui veut que les noms de couleurs utilisés comme adjectifs sont invariables : par exemple des yeux noisette, des cheveux acajou (parce que l’expression originelle était : des yeux ayant la couleur de la noisette)
    Mais certains noms ont depuis acquis le statut d’adjectif et si l’on dit toujours : "des yeux noisette", ont dit "des yeux marrons"*.
    Mais par ailleurs, les adjectifs complétés par un qualificatif restent invariables, juste pour emm... les élèves et les étrangers. Des yeux marrons peuvent donc être des yeux foncés, mais des yeux marrons et foncés sont des yeux marron foncé.
    *On dit aussi "des yeux oranges". Mais dans ce cas il est conseillé de se rincer l’oeil. 🙂
  • #19
    • jurass
    • 06/12/2010 à 14:10
    • En réponse à chirstian #18 le 06/12/2010 à 12:56 :
    • « et nos institutrices n’ayant pas souhaité le faire, je vais tirer les marrons du feu, pour faire remarquer que les marrons sont marrons.
      En... »
    J’ose à peine m’aventurer sur le terrain quasi sacré du vénérable chirstian, mais je continue à croire que l’adj. marron est invariable ; aux deux exceptions près qui ne désignent pas la couleur : esclave marron ou marronne ( du spanish cimarron) et être marron pour "l’avoir dans ...". Même si l’usage tendrait à simplifier tout ça et dans ce cas précis à juste raison.
  • #20
    • chirstian
    • 06/12/2010 à 14:41*
    • En réponse à jurass #19 le 06/12/2010 à 14:10 :
    • « J’ose à peine m’aventurer sur le terrain quasi sacré du vénérable chirstian, mais je continue à croire que l’adj. marron est invariable ; au... »
    aventure toi sans peur, car si ce terrain est celui de plusieurs expressionnistes compétents, ce n’est pas mon cas : les règles en vigueur sur la Lune différent souvent des vôtres.
    Je viens de regarder plusieurs dictionnaires qui te donnent raison. Mais le TLFI, pour sa part, indique : Certains auteurs considèrent que marron est devenu un véritable adjectif, et l’accordent avec le substantif qu’il qualifie. "Si les acteurs sont bien à gauche et au bord vous verrez leurs pourpoints marrons "(Jacob, Cornet dés, 1923, p.213)." Ma pauvre abeille, tu crois que tous les yeux sont gris. Il y en a des bleus, des marrons, des verts et des noirs" (Sartre, Mains sales, 1948, 3e tabl., 1, p.60).
    Désormais, le TLFI pourra donc m’ajouter à sa liste, mais sera-ce suffisant pour changer la règle ? 🙂