Que viennent faire des asticots dans les narines ?
A moins que, suite à une faute d'orthographe perpétuée, on évoque ici le gamin qui se triture l'intérieur du nez à grands coups de doigt agile avant ensuite de faire une boulette de 'vert' qui est soit promptement avalée, soit collée sous le bureau pour un usage futur en cas de disette, soit glissée dans le cou de son camarade de classe de devant ?
Mais peut-être que les asticots sont une bonne piste.
Vous savez en effet qu'il y a très très longtemps, les larves de mouches, entre autres, servaient à guérir les plaies car elles ne se nourrissaient que des tissus morts (voir un petit rappel dans le film 'Gladiator').
Eh bien actuellement, alors que les antibiotiques sont de plus en plus inefficaces, ce traitement revient en grâce et semble soigner efficacement certaines plaies difficiles à guérir autrement (
).
On pourrait donc imaginer que, suite à une blessure dans le nez soignée de cette manière, il faudrait bien finir par en retirer les asticots voraces qui y grouillent (ça doit faire de drôles de sensations) avant qu'ils se transforment en insectes volants
[1].
Mais on peut légitimement se demander quel serait alors le lien avec les informations qu'on réussit à extirper à quelqu'un, non ?
En fait, les hypothèses sur l'origine de cette expression qui est attestée depuis le XVe siècle sont multiples mais aucune n'est réellement satisfaisante.
Une qui semble séduisante viendrait d'une déformation du latin 'verum', 'le vrai'. On tirerait donc la vérité du nez.
Mais pourquoi du nez ? Et pourquoi 'les vers' au pluriel ?
En outre Alain Rey réfute cette hypothèse en ajoutant que la version anglaise "to worm a secret out of somebody" évoque bien un ver (de terre) et non la vérité.
Mais je ne suis pas sûr que cela suffise à la rejeter car cette expression anglaise pourrait simplement être une traduction approximative de la française.
D'autres personnes évoquent les charlatans de l'époque qui prétendaient guérir les gens en leur retirant par le nez les vers qui étaient forcément la cause de leur(s) maladie(s).
Il y a même eu Littré qui faisait un rapprochement hasardeux avec les comédons (ou points noirs) qu'on extirpe du dessus du nez et qui, s'ils ont bien la pointe noire, ont plutôt l'apparence de plus ou moins mini asticots blancs.
Enfin, même si cela a été suggéré, il est peu probable que l'expression ait un lien quelconque avec un poète auquel on chercherait à faire écrire quelque vers pour un sonnet (son nez ?).
Voilà donc encore une autre expression qui garde son mystère.
[1] Je rassure tout de suite ceux qui imagineraient cela : seules les plaies béantes qu'on peut entourer d'un bandage pour confiner les larves qu'on y a déposées sont soignées ainsi.
| Langue |
Expression équivalente |
Traduction littérale |
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Allemand
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ein Loch in den Bauch fragen
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demander un trou dans le ventre |
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Allemand
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die Würmer aus der Nase ziehen
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tirer les vers du nez |
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Anglais (Canada)
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like pulling teeth to get the information |
comme arracher des dents pour obtenir l'information |
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Anglais
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to worm a secret out of somebody |
extirper un secret à quelqu'un |
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Espagnol (Argentine)
|
tirarle de la lengua a alguien
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tirer de la langue à quelqu'un |
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Espagnol (Espagne)
|
sonsacar
|
obtenir des renseignements, faire avouer adroitement |
|
Espagnol (Espagne)
|
tirar de la lengua
|
tirer la langue |
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Français (Canada)
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faire cracher le motton |
forcer quelqu'un à révéler un secret |
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Grec |
cgazo tin alithia me to stagonometroje |
sortir la vérité au compte-gouttes |
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Hongrois |
lyukat beszél valakinek a hasába |
parler (demander) un trou dans le ventre à qqn |
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Hongrois |
kiugrasztja a nyulat a bokorból |
faire sauter le lapin du buisson |
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Hébreu
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סחט ידיעות (sakhatt yediott)
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connaissances restreintes |
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Italien
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fare sputare il rospo
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faire cracher le crapaud |
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Italien
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scalzare uno
|
déchausser quelqu'un |
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Italien
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cavare di bocca altrui alcuna cosa
|
sortir de la bouche une chose à quelqu'un |
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Italien
|
far cantare
|
faire chanter |
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Italien
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dare intorno alle buche ad uno
|
donner autour des trous à quelqu'un |
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Néerlandais (Belgique) |
iemand de kleren van het lijf vragen |
demander à quelqu'un les vêtements de son corps |
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Néerlandais (Belgique) |
iemand de pieren uit de neus vragen / halen |
demander / tirer les vers du nez de quelqu'un |
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Néerlandais |
iemand uit zijn tent lokken
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attirer quelqu'un hors de sa tente |
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Portugais (Brésil)
|
puxar a capivara
|
tirer la capybara |
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Roumain |
a descoase pe cineva
|
découdre quelqu'un |
|
Roumain |
a scoate vorbele din gura cu clestele |
tirer les paroles de la bouche avec les tenailles |
|
Roumain |
a trage de limba pe cineva
|
tirer quelqu'un par la langue |
|
Suédois |
peppra någon med frågor |
empoivrer quelqu'un de questions |
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