Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

tomber comme un couperet [v]

arriver brusquement et par surprise ; arriver brusquement avec des conséquences désagréables

Origine et définition

À l'origine, au XVIe siècle, un couperet est un couteau à large lame servant à trancher ou hacher la viande.
Il est donc évident que le pauvre morceau de viande qui voit brutalement s'abattre sur lui une telle lame va vivre des moments très désagréables.
Mais par extension, le couperet a aussi désigné la lame de la charmante machine que monsieur Joseph-Ignace Guillotin a fortement contribué à remettre au goût du jour (mais, aussi étrange que cela puisse paraître, avec de bonnes intentions - ).
Autant dire que pour celui qui a la tête coincée dans la guillotine, la lame, lorsqu'elle est lâchée, arrive brusquement sur son cou, par surprise (même si le condamné sait qu'il va perdre la tête, on ne lui annonce pas que le couperet est débloqué) et produit des effets aussi désagréables qu'irrémédiables.
Il n'en a pas fallu plus pour que la métaphore apparaisse dans des situations autrement moins critiques, mais généralement mal vécues par ceux qui sont directement concernés.

Exemples

« Les services français seront les premiers à se pencher sur la question. La réponse ne tarde pas à tomber, comme un couperet pour le pouvoir d'Abidjan. Ces assassinats sont le fait des escadrons de la mort. »
Anicet-Maxime Djéhoury - La guerre de Côte d'Ivoire: la dernière expédition coloniale - 2007

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand wie ein Blitz aus heiterem Himmel passieren arriver comme un éclair d'un ciel souriant
Anglais to come as a bolt from the blue venir comme le coup de foudre du bleu (celui du ciel)
Arabe (Tunisie) tah alih kilaguéb s’abattre dessus comme un aigle
Espagnol (Argentine) como baldazo de agua fria comme un seau d'eau froide
Espagnol (Espagne) caer como un jarro de agua fría tomber comme un pichet d'eau froide
Espagnol (Espagne) caérsele el mundo encima a alguien tomber le monde sur quelqu'un
Français (Canada) arriver comme un cheveu sur la soupe arriver comme un cheveu sur la soupe
Français (France) tomber comme la misère sur le monde exemple ça va lui tomber dessus comme la misère sur le monde
Italien calare come una mannaia descendre comme un couperet
Italien capitare tra capo e collo se passer entre la tête et le cou
Latin clero in inferiore sicut in terram pustulis Debarquer comme la verole sur le bas clergé
Néerlandais (Belgique) een donderslag bij heldere hemel un coup de tonnere à ciel dégagé
Néerlandais als een donderslag bij heldere hemel vallen comme un coup de tonnerre dans un ciel serein
Néerlandais inslaan als een bom tomber / exploser comme une bombe
Néerlandais met de deur in huis vallen tomber, avec la porte, dans la maison
Portugais (Brésil) cair como uma bomba tomber comme une bombe
Roumain a cădea ca o bombă tomber comme une bombe
Roumain a cădea din senin tomber du [ciel] serein
Roumain a-i cădea cerul în cap lui tomber le ciel sur la tête
Roumain a cădea ca un trăsnet tomber comme un coup de foudre
Russe padat' kak sneg na golovu tomber comme la neige sur la tête
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Commentaires sur l'expression « tomber comme un couperet » Commentaires

  • #41
    Elpepe
    05/10/2009 à 17:33
    • En réponse à mickeylange #34 le 05/10/2009 à 14:59 :
    • « La colle de samedi va tomber comme un couperet sur l’encolure de Mickey... 
      Pffff... si tu me décapites, tu perds ta tête de Turc. Après tu... »
    Te décapiter ? Mais quelle idée ! J’en serais fort dépité, ça c’est sciure !
  • #42
    Elpepe
    05/10/2009 à 17:43
    • En réponse à chirstian #39 le 05/10/2009 à 17:14 :
    • « effectivement, en octobre 81, on peut dire que la loi sur l’abolition de la peine de mort est tombée comme un couperet. Enfin... on doit pou... »
    je n’étais pas au courant

    Ça pouvait marcher avec la guillotine, mais pas avec la chaise électrique. C’est pourquoi il ne faut pas se priver de taper sur ceux des Etats américains qui utilisent encore cette dernière, et qui réclame de surcroît une dépense d’énergie intolérable par les temps qui courent.
    Non, moi je dis : le mieux, c’est le cul-de-basse-fosse du phare, y compris en récidive, en réunion et en chantant, du moins tant qu’on n’aura pas d’éditeur de partoche.
  • #43
    momolala
    05/10/2009 à 18:25
    • En réponse à syanne #25 le 05/10/2009 à 12:58 :
    • « Il n’y a qu’une pendaison acceptable : au cou de l’être aimé... de préférence quand il a toute sa tête. »
    Je confirme, douce Syanne. C’est un geste éminemment féminin car nos hommes chéris et tant aimés sont le plus souvent plus grands que nous (en taille, c’est tout !). Je sais, il faut se méfier des généralités, l’exemple vient de Nic-HAUT-las.
  • #44
    <inconnu>
    05/10/2009 à 18:27
    • En réponse à SyntaxTerror #38 le 05/10/2009 à 17:00 :
    • « Hippocrate au secours !
      Justement, il me semble qu’on dit "je ne prolongerai pas inutilement les agonies".
      Je serais curieux de savoir ce q... »
    J’ai mis en 1 ci-dessus un lien qui renvoie au texte du serment d’Hippocrate tel qu’il était prononcé jusqu’en 1976 puis à celui qui lui a succédé.
    "Je ne prolongerai pas abusivement les agonies" ne figure que dans la mouture 1976.
    La philosophie générale de mon apport 1 est que je m’étonne qu’un médecin, qui de plus se prétend "humaniste" (ne compte-t-il pas parmi les fondateurs de Grand Orient de France?), s’occupe de mieux zigouiller ses contemporains au lieu de les soigner.
    J’ajoute que nombre d’historiens s’entendent pour affirmer que la mise au point de sa sinistre machine par le bon docteur a largement contribué à la multiplication des exécutions durant la période révolutionnaire.
  • #45
    Elpepe
    05/10/2009 à 18:36
    • En réponse à <inconnu> #44 le 05/10/2009 à 18:27 :
    • « J’ai mis en 1 ci-dessus un lien qui renvoie au texte du serment d’Hippocrate tel qu’il était prononcé jusqu’en 1976 puis à celui qui lui a s... »
    Que voilà un jugement tranché... Le contexte de l’époque n’était pas le même, et ne permettait pas l’émergence d’un Badinter. Non seulement la question de l’abolition de la peine de mort ne se posait pas, mais il pouvait être dangereux pour sa santé de l’ouvrir bien grand, tout au long de cette décennie révolutionnaire.
    Dans nos charentaises, évidemment, c’est plus facile...
  • #46
    chirstian
    05/10/2009 à 18:43
    • En réponse à <inconnu> #44 le 05/10/2009 à 18:27 :
    • « J’ai mis en 1 ci-dessus un lien qui renvoie au texte du serment d’Hippocrate tel qu’il était prononcé jusqu’en 1976 puis à celui qui lui a s... »
    la mise au point de sa sinistre machine par le bon docteur a largement contribué à la multiplication des exécutions durant la période révolutionnaire.
    tu veux dire que les révolutionnaires n’auraient pas décapité autant à la hache, sachant le procédé moins fiable ou plus douloureux ? Ou pour éviter que le bourreau n’attrape un décap elbow ? Quelle grandeur d’âme ! C’est une Robes-pierre dans le jardin de la guillotine ...
    Le modèle a deux places, par contre, qui aurait, lui, permis des cadences plus sérieuses, n’a eu que peu de succès. Résultat : à peine plus de 17 000 exécutions.
    Et Pol Poth ? Combien ? 1.500.000 victimes ? Sans guillotine ? Quel marché nous avons perdu là !
  • #47
    <inconnu>
    05/10/2009 à 18:48
    • En réponse à Elpepe #45 le 05/10/2009 à 18:36 :
    • « Que voilà un jugement tranché... Le contexte de l’époque n’était pas le même, et ne permettait pas l’émergence d’un Badinter. Non seulement... »
    la question de l’abolition de la peine de mort ne se posait pas

    Si, les "philosophes des lumières" étaient nombreux à l’avoir posée! Bien sûr que le contexte était différent, mais un médecin, qui de surcroît se prétend "humaniste", se consacre à tuer, c’est énorme, non?
  • #48
    <inconnu>
    05/10/2009 à 18:53
    • En réponse à chirstian #46 le 05/10/2009 à 18:43 :
    • « la mise au point de sa sinistre machine par le bon docteur a largement contribué à la multiplication des exécutions durant la période révolu... »
    Et Pol Poth ? Combien ? 1.500.000 victimes ?

    Oui, je sais bien, il y a eu aussi le gentil Adolph H.! Et tant d’autres...
  • #49
    syanne
    05/10/2009 à 18:54
    Deux argumentaires opposés. A vous de juger...
    cette page
  • #50
    Elpepe
    05/10/2009 à 19:00
    • En réponse à <inconnu> #47 le 05/10/2009 à 18:48 :
    • « la question de l’abolition de la peine de mort ne se posait pas
      Si, les "philosophes des lumières" étaient nombreux à l’avoir posée! Bien s... »
    Vu d’ici, tu as parfaitement raison. Vu de la Place de Grève ou d’ailleurs, du temps où les exécutions étaient publiques, ça devait changer beaucoup de choses. Plutôt qu’une hache mal affûtée dans une main pas nécessairement adroite, on peut quand même comprendre les motivations du dit médecin, qui au demeurant ne devait pas être hostile à la peine capitale. Comme tant d’autres, d’ailleurs, et "son" engin a fait le coup de l’arroseur arrosé à plus d’un. Le système existait avant lui, on lui a collé son nom sans qu’il s’en réjouisse... rendons-lui cette justice-là.
    Cela dit, rassure-toi, je me suis également réjoui de l’abolition de la peine de mort chez nous. Deux siècles plus tard, quand même !
  • #51
    chirstian
    05/10/2009 à 19:07
    • En réponse à <inconnu> #47 le 05/10/2009 à 18:48 :
    • « la question de l’abolition de la peine de mort ne se posait pas
      Si, les "philosophes des lumières" étaient nombreux à l’avoir posée! Bien s... »
    Outre le fait que Guillotin n’avait fait que demander l’arrêt de toutes exécutions autres que par une machine fiable pouvant garantir le minimum de douleurs, et que, contrairement à ce que l’on dit souvent, ce n’est pas lui qui a inventé, ni même perfectionné la guillotine, je lis (Wikipedia) :
    "Emprisonné durant la Terreur, Guillotin est remis en liberté après la mort de Robespierre. Il passa le restant de ses jours loin de la vie politique et ne se consacra plus qu’à la médecine, s’activant à propager la pratique de la vaccination contre la variole et, sous le Consulat, il est chargé d’installer le premier programme cohérent de santé publique en France à l’échelle de la nation. Il est nommé médecin chef de l’hôpital Saint-Vaast d’Arras. Guillotin est également le fondateur de la Société des premiers médecins de Paris, ancêtre de l’actuelle Académie de médecine.

    Que le couperet de sa condamnation morale ne tombe pas trop vite !
  • #52
    chirstian
    05/10/2009 à 19:10
    je te couperet la tête, je te couperet la tête,
    et la tête, et la tête,
    alouette, alouette,
    ahhhhhhhhhhhhh 🙂
  • #53
    Elpepe
    05/10/2009 à 19:16
    • En réponse à chirstian #52 le 05/10/2009 à 19:10 :
    • « je te couperet la tête, je te couperet la tête,
      et la tête, et la tête,
      alouette, alouette,
      ahhhhhhhhhhhhh 🙂 »
    Je te coupe, raie, la tête, parce que j’aime becqueter tes ailes. C’est con, hein !
  • #54
    chirstian
    05/10/2009 à 19:18
    • En réponse à syanne #49 le 05/10/2009 à 18:54 :
    • « Deux argumentaires opposés. A vous de juger...
      cette page »
    Deux argumentaires opposés
    pour moi, la question ne se pose pas : si l’on compare des arguments, la peine de mort doit être maintenue (aménagée, certes, mais çà, c’est un débat ,somme toute secondaire ).
    La peine de mort ne doit pas exister , non pas au nom de tel ou tel argument, mais au nom d’un principe qui se situe au delà de tout argument. De même, la bombe atomique, que l’humanité doit s’interdire en dehors de toute comptabilité, de toute comparaison , de tout enjeu.
    C’est parce que certains sujets ne doivent tout simplement pas se discuter, que je disais plus haut que l’on quitte -par le haut- le stade de l’humain.
  • #55
    <inconnu>
    05/10/2009 à 19:22
    • En réponse à syanne #49 le 05/10/2009 à 18:54 :
    • « Deux argumentaires opposés. A vous de juger...
      cette page »
    Devine vers qui penche à la fois mon coeur et ma raison!
    Cher Totor, qui parfois m’énerve, mais bien moins souvent que je ne l’admire... Du temps de mes chères études, je l’avais surnommé "Le Robinet", tant il a écrit.
  • #56
    <inconnu>
    05/10/2009 à 19:26*
    • En réponse à Elpepe #50 le 05/10/2009 à 19:00 :
    • « Vu d’ici, tu as parfaitement raison. Vu de la Place de Grève ou d’ailleurs, du temps où les exécutions étaient publiques, ça devait changer... »
    on lui a collé son nom sans qu’il s’en réjouisse...

    Il n’aurait plus manqué qu’il le fasse !!!
    En fait, on use l’encre de God alors que nous sommes d’accord!
  • #57
    Elpepe
    05/10/2009 à 19:34
    • En réponse à <inconnu> #56 le 05/10/2009 à 19:26* :
    • « on lui a collé son nom sans qu’il s’en réjouisse...

      Il n’aurait plus manqué qu’il le fasse !!!
      En fait, on use l’encre de God alors que no... »
    Peut-être, mais pas forcément sur tout... Donc, condamnons à mort l’encre de God. En attendant l’éditeur de partoche, qui, lui, mettra tout le monde d’accord, puisque la musique adoucit les mœurs !
  • #58
    <inconnu>
    05/10/2009 à 19:39
    • En réponse à chirstian #54 le 05/10/2009 à 19:18 :
    • « Deux argumentaires opposés
      pour moi, la question ne se pose pas : si l’on compare des arguments, la peine de mort doit être maintenue (amé... »
    La peine de mort ne doit pas exister , non pas au nom de tel ou tel argument, mais au nom d’un principe qui se situe au delà de tout argument. De même, la bombe atomique, que l’humanité doit s’interdire en dehors de toute comptabilité, de toute comparaison , de tout enjeu.

    Même commentaire que ci-dessus en 56!
    Ma petite fille vient de rentrer, je vais m’y consacrer.
  • #59
    <inconnu>
    05/10/2009 à 19:41
    • En réponse à <inconnu> #44 le 05/10/2009 à 18:27 :
    • « J’ai mis en 1 ci-dessus un lien qui renvoie au texte du serment d’Hippocrate tel qu’il était prononcé jusqu’en 1976 puis à celui qui lui a s... »
    -"Je ne prolongerai pas abusivement les agonies" - "Je ne provoquerai jamais la mort"
    Ces deux phrases, il me semble, sont incompatibles. Elles laissent la place à bien des abus et à une certaine hypocrisie.
  • #60
    syanne
    05/10/2009 à 19:46
    • En réponse à <inconnu> #55 le 05/10/2009 à 19:22 :
    • « Devine vers qui penche à la fois mon coeur et ma raison!
      Cher Totor, qui parfois m’énerve, mais bien moins souvent que je ne l’admire... Du... »
    En ce qui me concerne, je trouve très pertinente l’argumentation de Hugo, qui recourt aux valeurs comme aux faits. L’argument premier de bien des partisans de la peine de mort est une adresse à l’émotion, bien sûr : "et si on tuait (variante : violait) ton enfant devant toi?" à quoi je réponds bien honnêtement que j’aurais certes des pulsions de meurtre, et je trouve rassurante l’idée que la société et la justice ne les satisfassent pas, justement !