Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

cheval de retour [exp]

un récidiviste

Origine et définition

Cette expression argotique, issue du monde des prisonniers, aurait d'abord été popularisée dans ses mémoires par Vidocq, au XIXe siècle.
Il n'y a pas d'explication certaine sur son origine.
Selon le Dictionnaire Quillet de la Langue Française, au sens propre, un "cheval de retour" est un équidé qu'on ramène au lieu où il a été loué.
On peut aussi se baser sur le fait qu'un cheval abandonné par son maître (pour quelque raison que ce soit) a tendance à savoir revenir seul à l'écurie, s'il n'en est pas trop éloigné. De là on peut le comparer au truand invétéré qui, une fois libéré, sait parfaitement, en commettant un nouveau crime, retrouver tout seul le chemin de la prison.
Mais Gaston Esnault y voit plutôt une allusion au retour fréquent du truand récidiviste au tribunal (avant de repasser par la case prison sans toucher ses 20 000 francs). Il écrit "À vrai dire, c'est au tribunal que le récidiviste, tel le cheval postier, est de retour. C'est sa poste de départ".

Compléments

Par extension, cette expression s'applique aussi au politicien qui, malgré toutes les casseroles qu'il traîne, les trahisons qu'il a orchestrées, les humiliations qu'il a subies, s'obstine et arrive quand même à revenir sur le devant de la scène.

Exemples

« Archi-sur ! Le rat de prison me l'a dit encore hier... J'ai été
pris la main dans le sac et le couteau dans la gorge du pante [la victime]... Je suis cheval de retour... c'est toisé... J'enverrai ma tête voir dans le panier de Chariot si c'est vrai qu'il filoute les condamnés et qu'il mette de la sciure de bois dans son mannequin au lieu du son que le gouvernement nous accorde... »
Eugène Sue - Les mystères de Paris

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand der Wiederholungstäter un récidiviste
Anglais an old lag un vieux coupable
Anglais (USA) a two-time / three-time / etc. loser un perdant à deux / trois / etc. reprises
Espagnol (Espagne) carne de presidio viande de bagne
Espagnol (Espagne) un reincidente un récidiviste
Espéranto recidivulo récidiviste
Hébreu חוזר לסורו il récidive toujours
Hébreu שור מועד (chor moèd) exploitation du temps
Italien recidivo récidiviste
Latin reversus equus cheval retors
Néerlandais (Belgique) een oude bekende un vieux connu
Néerlandais baajesklant client de prison
Néerlandais een draaideurcrimineel une porte tournante criminel
Portugais (Brésil) chave de cadeia clé de prison
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Commentaires sur l'expression « cheval de retour » Commentaires

  • #41
    God
    22/08/2008 à 14:23
    • En réponse à rigolote #21 le 22/08/2008 à 11:32 :
    • « Si je peux me permettre, cher God, vous avez écrit :
      "les casseroles qu’il traîne, les trahisons qu’il a orchestré, les humiliations qu’il a... »
    Bon alors, il y avait deux raisons à ces fautes :
    - Voir s’il y en a qui sont réveillés ;
    - Montrer que, moi aussi, je suis faillible.
    Le premier point étant vérifié me rassure, le second étant brillamment prouvé vous rassure.
    Comme ça, y’en a pour tout le monde...
    Pour AnimalDan, comme le veut la règle des énumérations, j’ai mis un point-virgule à la fin de la première. Désolé.
  • #42
    AnimalDan
    22/08/2008 à 14:25*
    • En réponse à God #41 le 22/08/2008 à 14:23 :
    • « Bon alors, il y avait deux raisons à ces fautes :
      - Voir s’il y en a qui sont réveillés ;
      - Montrer que, moi aussi, je suis faillible.
      Le pr... »
    ......... 😐
  • #43
    Elpepe
    22/08/2008 à 14:33
    • En réponse à God #41 le 22/08/2008 à 14:23 :
    • « Bon alors, il y avait deux raisons à ces fautes :
      - Voir s’il y en a qui sont réveillés ;
      - Montrer que, moi aussi, je suis faillible.
      Le pr... »
    Gaffe, God : Animaldan ponctue sur le coup le premier qui l’apostrophe !
  • #44
    AnimalDan
    22/08/2008 à 14:34*
    • En réponse à Elpepe #43 le 22/08/2008 à 14:33 :
    • « Gaffe, God : Animaldan ponctue sur le coup le premier qui l’apostrophe ! »
    ... et pas QUE le premier ..!! :’-))
  • #45
    AnimalDan
    22/08/2008 à 14:35
    • En réponse à AnimalDan #44 le 22/08/2008 à 14:34* :
    • « ... et pas QUE le premier ..!! :’-)) »
    God est parti relire sa citation 😉
  • #46
    syanne
    22/08/2008 à 14:36*
    • En réponse à Elpepe #35 le 22/08/2008 à 14:07 :
    • « Le français parlé finit toujours par triompher
      C’est (pas) la fin des z’haricots, alors ? Quelle chienlit ! »
    L’histoire des réformes de l’orthographe française commence à la naissance même de l’orthographe française : au 16e siècle. Les esprits éclairés de l’époque identifiaient les maux dont souffrait (et allait souffrir) la transcription du français : on manquait de graphèmes, paradoxalement, on utilisait plusieurs lettres pour transcrire le même son ou alors une seule lettre pour transcrire plusieurs sons, et il y avait pléthore de lettres muettes.
    L’un des premiers réformateurs de l’orthographe, Louis Meigret, écrit « Voilà doncques les principaux vices qui ont corrompu et forcé nostre escriture, et qui aujourd’huy la tiennent en telle servitude qu’ilz la nous rendent confuse, et presque du tout inutile » (Traité touchant le commun usage de l’escriture françoise). Il propose alors une écriture fondée à peu près sur le principe : un son, une lettre (« puisque les letres ne sont qu’images de voix, […] l’escriture devra estre d’autant de letres que que la prononciation requiert de voix. »)
    Pour imparfait qu’il fût, son programme était remarquablement cohérent et simple pour l’époque. Ronsard et d’autres poètes de la Pléiade n’étaient pas indifférents aux raisons de Meigret, loin de là, mais ils n’ont pas eu le courage de se battre pour l’application de son système, contre les partisans de la tradition et du statu quo qui étaient en force. Pourtant le moment était particulièrement propice : une réforme de l’orthographe n’aurait pas bouleversé une imprimerie naissante, des bibliothèques inexistantes en livres imprimés, des habitudes de lecture encore si peu répandues… Et des générations de petits Français auraient passé moins de temps à apprendre à lire et à écrire !
    Je suis de l’avis de Chirstian : rien de fixe dans une langue vivante, qui évolue forcément grâce à l’usage qu’on en fait, et meurt si on la fige… Ce qui n’exclut pas – loin de moi cette idée – le respect des règles de base… je le défends tant que je peux, sachant bien, ce faisant, que je n’en suis pas maître ni même dépositaire, c’est là tout le paradoxe du prof !
    Des règles, il y en aura toujours, mais sachons-le : celles que nous avons apprises à l’école se modifient, progressivement, et nous n’y pouvons rien ! Que des ministres, quels que soient leur bord et leur philosophie, tentent de prendre cette évolution naturelle en considération, c’est finalement assez courageux.
    Ronsard écrivait
    « Mignonne, allons voir si la rose,
    Qui ce matin avait déclose*
    Sa robe de pourpre au soleil,
    Etc. »
    *= ouverte, là où nous écririons « ouvert », sommes-nous fautifs pour autant ?
    Pardon si je radote… si je fais, en grammaire, le vieux cheval de retour !
  • #47
    AnimalDan
    22/08/2008 à 14:41*
    • En réponse à syanne #46 le 22/08/2008 à 14:36* :
    • « L’histoire des réformes de l’orthographe française commence à la naissance même de l’orthographe française : au 16e siècle. Les esprits écla... »
    Qui ce matin avait déclose*

    1) "Le poète a toujours raison" (Aragon)*
    2) C’était peut-être du domaine de la licence poétique..?
    *Rhââââ la môôvèèèèèz foiiiii ...! En plus, je me demande si c’est pas juste Jean Ferrat...
    Arfff...! "Minium, allons voir si l’pavot
    Qui ce matin avait déclot..."
    Et je vous parle pas du poireau!! :’-))
  • #48
    Elpepe
    22/08/2008 à 14:43
    • En réponse à AnimalDan #45 le 22/08/2008 à 14:35 :
    • « God est parti relire sa citation 😉 »
    Non ! God est par tirelire !
  • #49
    rigolote
    22/08/2008 à 14:55*
    • En réponse à Elpepe #22 le 22/08/2008 à 11:50* :
    • « Ouais, mais il est surmené, le pauvre God, hein ? Alors, on va se contenter de le coller samedi !
      L’auxiliaire à voir. »
    ……………
  • #50
    syanne
    22/08/2008 à 14:59
    • En réponse à AnimalDan #47 le 22/08/2008 à 14:41* :
    • « Qui ce matin avait déclose*
      1) "Le poète a toujours raison" (Aragon)*
      2) C’était peut-être du domaine de la licence poétique..? »
    C’était peut-être du domaine de la licence poétique..?

    T’ai-je paru sentencieuse ?
    Sais aussi être licencieuse
    Et encore mieux : silencieuse…
    PS. A propos du poète, peut-on dire de Tzara que c’est un (vieux) dada de retour ?
  • #51
    tytoalba
    22/08/2008 à 15:00
    • En réponse à AnimalDan #39 le 22/08/2008 à 14:16* :
    • « La ponctuation, Tyto, c’est la respiration. Pas plus compliqué que ça. Comme tu respires, tu ponctues. Pour laisser place au doute ou aux é... »
    Cela étant, ta ponctuation me semble parfaite...
    C’est que j’ai du pif, à moins que ce soit un bon pouf.
  • #52
    Elpepe
    22/08/2008 à 15:05
    • En réponse à syanne #46 le 22/08/2008 à 14:36* :
    • « L’histoire des réformes de l’orthographe française commence à la naissance même de l’orthographe française : au 16e siècle. Les esprits écla... »
    L’apprentissage de la langue pétrit notre pensée, qui la pétrit aussi en (vieux cheval de) retour, interaction source de vie par excellence. Moins il y a d’apprentissage à faire, dans le monde associatif de nos synapses, et moins la Culture n’a d’attrait. Pourquoi s’enquiquiner à mesurer la distance des étoiles, hmmm ? A notre œil ébahi et prêt à croire sans vérifier, elles sont toutes au même niveau, et tournent autour de la Terre ! Et pourtant...
    L’aptitude à réfléchir, censée être l’apanage de l’Homme, vient d’abord du "peut-être" (il faut que je vérifie), outre le "oui" et le "non". Autrement dit le doute. Dans cet ordre d’idées, si la simplification des règles de la langue (entre autres) ne doit plus laisser place au doute, c’est la spécificité même de l’humain qui est battue en brèche. C’est, du moins, l’avis que je partage avec moi-même et quelques autres (comme l’Amiral...) 😄. Mais je peux me tromper.
  • #53
    Elpepe
    22/08/2008 à 15:07
    • En réponse à rigolote #49 le 22/08/2008 à 14:55* :
    • « …………… »
    ……………
    :’-))
  • #54
    syanne
    22/08/2008 à 15:32
    • En réponse à Elpepe #52 le 22/08/2008 à 15:05 :
    • « L’apprentissage de la langue pétrit notre pensée, qui la pétrit aussi en (vieux cheval de) retour, interaction source de vie par excellence.... »
    Excuse-moi, beau marin, mais je ne vois pas trop de rapport entre la simplification de l’orthographe (quand on sait que celle-ci a été souvent très arbitrairement compliquée) et l’astronomie, entre l’apprentissage de règles conventionnelles et la connaissance de lois scientifiques…
    Quant au doute… je ne saurais le réduire à une hésitation entre le oui et le non et trouver son arbitrage dans les dictionnaires (qui, je te le rappelle, sont régulièrement modifiés !).
    Mais je brise là bien volontiers, car je sais que nous sommes d’accord sur une chose : l’amour de la langue (hormis celle de bœuf ou de bois, en ce qui me concerne).
  • #55
    <inconnu>
    22/08/2008 à 15:43*
    • En réponse à AnimalDan #30 le 22/08/2008 à 13:51* :
    • « professeurs ,( sans doute inquiets d’une simplification qui aurait abaissé leur prestige ?)
      Voilà un "coup de pied de l’âne" (de retour..?... »
    Je trouve ton commentaire pertinent, intéressant et… assez réaliste. Celui de Syanne enrichissant !
    Je me disais qu’une langue ne peut être qu’en constante évolution, malaxation qui certes ne fait pas toujours plaisir à scruter sur les portables de nos enfants/adolescents mais étant curieux de nature, je note des transversales linguistiques innées, logiques et adéquates pour leur monde. Cela n’excuse pas toutes les dérives évidemment…
    Sans doute que ce qui est en vigueur chez les adolescents aujourd’hui est le reflet de multiples cultures qui se mêlent dans notre pays ainsi qu’à ses frontières. Je pense que ce n’est qu’un début. Dans cent, deux cents ou cinq cents ans, une langue européenne sera bien assise sur divers fondamentaux et le français sera en globalité un souvenir, un frais patois… A voir.
    Les frontières ont éclaté et avec elles, les divers et multiples contournements de celles appelées « barrières de la langue ». La jeunesse européenne, pour ne parler que d’elle, veut se comprendre, s’aimer, s’interpeller, s’apostropher, échanger et commercer. Il s’installe donc des passerelles qui simplifient les échanges et je ne pense pas que l’Anglais emportera tout sur son passage étant donné qu’à mon avis, les langues diverses de notre Continent, munies de leurs richesses, mettront en avant le meilleur d’elles-mêmes et tout ceci sera guidé par les modes et tendances en vigueur ou à venir. Peut-on croire à cela ?
    Face à un tsunami comme ça, nous les vieux ou en passe de l’être devront surfer sur les vagues ou les passer en promène-couillons, comme le disait Elpp. Les jeunes massacrent ? Révolution ou évolution ? Faut-il vilipender ou observer ? Bref comme le dirait Cavanna, sommes-nous déjà frustrés ?
    J’ai observé les djeunsss sur MSN. Pour ponctuer, ils mettent des images ou des signes codés. Un ressenti = une image… Maladresse ou reflet d’esprits vifs et inventifs ? L’avenir du langage passe par ses mutations aurait dit, j’sais pas moi, le Père car permutation…lol (lole> de loler> rigoler m’a dit un gamin sans savoir l’origine exacte). Voilà un exemple qui souligne que la langue est faite pour qu’on joue avec. Les dégâts collatéraux ??? A charge d’introspection de ces générations futures...
    Vous remarquerez que tout est lié à la vitesse et les enfants/adolescents ne cherchent pas d’autres excuses. Le Monde va plus vite qu’il y a 500 ans et le reste suit comme il le peut, normal et logique après tout non ? Donc "cancer", le mot est peut-être trop fort... 😕
  • #56
    chirstian
    22/08/2008 à 16:32
    • En réponse à syanne #46 le 22/08/2008 à 14:36* :
    • « L’histoire des réformes de l’orthographe française commence à la naissance même de l’orthographe française : au 16e siècle. Les esprits écla... »
    L’un des premiers réformateurs de l’orthographe, Louis Meigret,
    clair et pertinent, comme toujours Syanne : un régal.
    Je voudrais seulement ajouter que Meigret, déçu par l’échec de son programme réformateur, quitta la grammaire pour entrer dans la police. Il devint commissaire à Paris, et finit par succomber à son goût immodéré pour la pipe, les apéritifs et la bière.
    Si ? mais non, Georges !
    Mais si !!! 😐
    PS "Qui ce matin avait déclose"... moi aussi ce matin j’avais des closes, mais je les ai ouvertes , mes paupières.
  • #57
    Elpepe
    22/08/2008 à 16:53
    • En réponse à syanne #54 le 22/08/2008 à 15:32 :
    • « Excuse-moi, beau marin, mais je ne vois pas trop de rapport entre la simplification de l’orthographe (quand on sait que celle-ci a été souve... »
    je ne vois pas trop de rapport entre la simplification de l’orthographe [...] et l’astronomie

    Et entre Expressio et la Marine, tu le vois dis ? Tu le vois ?
  • #58
    chirstian
    22/08/2008 à 17:52
    quand un cheval de retour croise un cheval d’aller, qui a priorité ?
    un retour de cheval est-il plus dangereux qu’un retour de manivelle ?
    chez les poissons, on parle de cheval de retour, chaque fois que l’hippocampe sur sa position.
  • #59
    Elpepe
    22/08/2008 à 18:13
    • En réponse à chirstian #58 le 22/08/2008 à 17:52 :
    • « quand un cheval de retour croise un cheval d’aller, qui a priorité ?
      un retour de cheval est-il plus dangereux qu’un retour de manivelle ?... »
    Ça dépend du contexte. Si le cheval de retour était parti des Urgences hospitalières toutes sirènes hennissantes et le gyrophare bleu flashant entre les oreilles, (et donc y revient avec un blessé), la priorité est à l’entrant. A contrario, si l’hippocampe de retour est de la SNSM, il doit attendre en dehors du port que l’hippocampe sortant, qui lui part en mission de sauvetage, ait franchi la passe entre les jetées, avant de rentrer et faire sa manœuvre d’accostage.
    Pas besoin d’être bien ferru pour comprendre ça !
  • #60
    chirstian
    22/08/2008 à 18:23
    • En réponse à Elpepe #59 le 22/08/2008 à 18:13 :
    • « Ça dépend du contexte. Si le cheval de retour était parti des Urgences hospitalières toutes sirènes hennissantes et le gyrophare bleu flasha... »
    un cheval de retour n’est pas ferru : il est ferré ! Et de toutes façons, il ne comprend rien : c’est pour ça qu’il récidive !