Tirer les vers du nez

Réussir adroitement à faire parler quelqu'un (sur un sujet ou des informations qu'il ne voulait pas aborder ou divulguer).

Origine

Que viennent faire des asticots dans les narines ?
A moins que, suite à une faute d'orthographe perpétuée, on évoque ici le gamin qui se triture l'intérieur du nez à grands coups de doigt agile avant ensuite de faire une boulette de 'vert' qui est soit promptement avalée, soit collée sous le bureau pour un usage futur en cas de disette, soit glissée dans le cou de son camarade de classe de devant ?

Mais peut-être que les asticots sont une bonne piste.
Vous savez en effet qu'il y a très très longtemps, les larves de mouches, entre autres, servaient à guérir les plaies car elles ne se nourrissaient que des tissus morts (voir un petit rappel dans le film 'Gladiator').
Eh bien actuellement, alors que les antibiotiques sont de plus en plus inefficaces, ce traitement revient en grâce et semble soigner efficacement certaines plaies difficiles à guérir autrement (Lien externe).
On pourrait donc imaginer que, suite à une blessure dans le nez soignée de cette manière, il faudrait bien finir par en retirer les asticots voraces qui y grouillent (ça doit faire de drôles de sensations) avant qu'ils se transforment en insectes volants[1].
Mais on peut légitimement se demander quel serait alors le lien avec les informations qu'on réussit à extirper à quelqu'un, non ?

En fait, les hypothèses sur l'origine de cette expression qui est attestée depuis le XVe siècle sont multiples mais aucune n'est réellement satisfaisante.

Une qui semble séduisante viendrait d'une déformation du latin 'verum', 'le vrai'. On tirerait donc la vérité du nez.
Mais pourquoi du nez ? Et pourquoi 'les vers' au pluriel ?
En outre Alain Rey réfute cette hypothèse en ajoutant que la version anglaise "to worm a secret out of somebody" évoque bien un ver (de terre) et non la vérité.
Mais je ne suis pas sûr que cela suffise à la rejeter car cette expression anglaise pourrait simplement être une traduction approximative de la française.

D'autres personnes évoquent les charlatans de l'époque qui prétendaient guérir les gens en leur retirant par le nez les vers qui étaient forcément la cause de leur(s) maladie(s).
Il y a même eu Littré qui faisait un rapprochement hasardeux avec les comédons (ou points noirs) qu'on extirpe du dessus du nez et qui, s'ils ont bien la pointe noire, ont plutôt l'apparence de plus ou moins mini asticots blancs.

Enfin, même si cela a été suggéré, il est peu probable que l'expression ait un lien quelconque avec un poète auquel on chercherait à faire écrire quelque vers pour un sonnet (son nez ?).

Voilà donc encore une autre expression qui garde son mystère.

[1] Je rassure tout de suite ceux qui imagineraient cela : seules les plaies béantes qu'on peut entourer d'un bandage pour confiner les larves qu'on y a déposées sont soignées ainsi.

Ailleurs

Si vous souhaitez savoir comment on dit « Tirer les vers du nez » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici

Ci-dessous vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d’utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d’erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact

PaysLangueExpression équivalenteTraduction littérale
Allemagnede ein Loch in den Bauch fragendemander un trou dans le ventre
Allemagnede Die Würmer aus der Nase ziehenTirer les vers du nez
Angleterreen To worm a secret out of somebodyExtirper un secret à quelqu'un
Argentinees Tirar de la lengua a alguien.Tirer la langue a quelqu'un.
Espagnees Tirar de la lenguaTirer la langue (autrui)
Espagnees SonsacarObtenir des renseignements, faire avouer adroitement
Argentinees Tirarle de la lengua a alguienTirer de la langue à quelqu'un
Grècegr Cgazo tin alithia me to stagonometrojeSortir la vérité au compte-gouttes
Hongriehu Kiugrasztja a nyulat a bokorból. Faire sauter le lapin du buisson.
Italieit Far cantareFaire chanter
Italieit Scalzare unoDéchausser quelqu'un
Italieit Fare sputare il rospoFaire cracher le crapaud
Italieit Dare intorno alle buche ad unoDonner autour des trous à quelqu'un
Italieit Cavare di bocca altrui alcuna cosaSortir (extraire) de la bouche une chose à quelqu'un
Pays-Basnl Iemand uit zijn tent lokkenAttirer quelqu'un hors de sa tente
Belgique (Flandre)nl iemand de pieren uit de neus vragen / halendemander / tirer les vers du nez de quelqu'un
Belgique (Flandre) / Pays-Basnl Iemand de kleren van het lijf vragenDemander à quelqu'un les vêtements de son corps
Roumaniero A scoate vorbele din gura cu clesteleTirer les paroles de la bouche avec les tenailles
Roumaniero A descoase pe cinevaDécoudre quelqu'un
Suèdesv peppra någon med frågorempoivrer quelqu'un de questions

Vos commentaires
Le chirurgien celèbre Larrey, lors des campagnes napoléoniennes, avait remarqué que les plaies infestées d’asticots, guerissaient plus vite (effet detergent sur la necrose tissulaire).
Les mineurs blessés guérissent leur plaies de la même manière car n’oublions pas que le ver mine !!!!
A la lecture de cette expression, j’ai bien l’impression qu’il va bientôt être très utile d’avoir un ver "à soi"
Michel, Belgique. Le Grand Larousse Encyclopédique du XIXème siècle vient une fois encore à notre secours. S’il conteste l’acception des charlatans, c’est parce que, d’après lui, cette expression est une déformation de "tuer le ver". Lesdits charlatans prétendaient en effet guérir les gens atteints de folie en leur retirant par le nez le ver qu’ils auraient prétendûment dans la tête. Il s’agirait donc de "guérir" et non d’extorquer la vérité. D’après M. Ch. Nisard, l’origine de notre expression repose sur un fait historique et non pas sur une espèce de jeu de mots. Il remarque à l’appui que "se prendre le bout du nez", dans le droit normand, était une peine imposée à quelqu’un en expiation d’un mensonge ou d’une calomnie qu’il s’était permise à l’égard d’un autre: "S’aucun est attaint par sa confession ou autrement d’avoir dit injure criminale à ung autre, il y a double amende; car, premièrement, il le doit amender à justice par le chatel, et a partie par soy desdire, en se prenant par le bout du nez, et dire: (De ce que je tay appellé larron ou omicide, je ay menti, car ce crime n’est pas en toy, et de ma bouche donc je l’ai dit, je suis mensongier.) Et ce doit être fait en assise, en ples, ou en église, à jour solennel." (Coutume de Normandie). "Ou je me tompe fort, ajoute M. Ch. Nisard, ou cet homme, en confessant la vérité par ce geste bizarre, se tirait bien les vers du nez, c’est-à-dire la vérité ou le vrai.
réponse à . <inconnu> le 24/03/2006 à 11h20 : Michel, Belgique. Le Grand Larousse Encyclopédique du XIXème si&eg...
Ca se défend, effectivement.
Et on confimerait ainsi un lien ancien entre le nez et la vérité ou le mensonge (comme chez Pinocchio, par exemple).
Bonjour a tous ( hips )
De part chez nous on dit tirer les verres du nez... VERRE !
C’est que pour le garsqui c’est enfilé des verres d’alccol dans le gosieille on dit :
T’as vu ce qui c’est mis dans le nez ! En plus cela se vois car il a le nez tout rouge. Donc de par chez nous apprendre quelques chose ( la verite par exemple ) d’une personne qui c’est mise a parler parce qu’elle est saoule ! on dit je lui ai tirer les verres du nez. Y’a meme des fois ou on saoule la personne on lui paye a boire juste pour savoi. Donc dans un premier temps on lui met des verres dans le nez, et pis apres on lui tirer les verres du nez c’est a dire que sous l’emprise de l’alcool il nous dira tout ce que l’on veux savoir... Et Voila !
deLassus, j’ai bien lu toutes, absolument toutes les interventions des copains du dessus !
Bon, ça m’a épuisé........un ’tit caoua me f’’ra du bien.........
Rediffusion :
Le Petit Napperon rouge



Le Petit Napperon rouge avait une mère-grand malade qui vivait seule à l’autre bout de la forêt. Déjà que ça commence bien, qu’est-ce qu’elle allait foutre seule, malade, à l’autre bout de la forêt ?... Enfin bref, un jour sa maman lui dit : "Va porter cette cruche de vin à ta mère-grand malade qui vit seule à l’autre bout de la forêt."

Sur le chemin, le Petit Napperon rouge tenait sa cruche à la façon d’une lampe-tempête, ce qui l’amena à lamper tout le vin. Quand elle eut tout englouti, elle eut un fameux verre dans le nez. C’est à ce moment qu’elle trébucha et tomba… sur les trois petits cochons, les trois petits cochons qui voulurent lui tirer le verre du nez avec leur queue en tire-bouchon. Ils eurent beau la cuisiner, rien n’y fit : le Petit Napperon rouge ne mangea pas le morceau, le Petit Napperon rouge ne voulut pas se mettre à table !

S’amena alors le Schtroumpf bilieux qui, comme son nom l’indique, avait des bottes de deux lieues : "Allez, courage Petit Napperon rouge, tu dois aller chez ta mère-grand malade qui vit seule à l’autre bout de la forêt." C’est ainsi que, chemin faisant, elle mâchonna, tout en vomissant et titubant, le beau bouquet de fleurs qu’elle avait pris le temps de cueillir, afin de masquer son haleine de vinasse.

Quand elle arriva sur place, le grand léchant mou avait déjà investi les lieux, le grand léchant mou avec sa langue en caoutchouc qui avait bien fait rigoler mère-grand en la léchant, l’histoire ne dit pas si c’était partout.

Comme il ne se souvenait plus de la formule emblématique "Tire la chevillette et la bobinette cherra", il lui dit de sa voix flûtée : " Appuie sur la clenche et la porte s’ouvrira."
"Espèce de clenche toi-même" gueula le Petit Napperon rouge de sa voix de rogomme, tout en lui filant un grand coup de pompe dans les burnes.

À ce moment, elle entendit des coups frappés dans l’armoire. C’était mère-grand, bien sûr ! Ni une ni deux, elle ferma l’armoire à double tour, jeta la clé au loin et s’en alla rejoindre sa maman qui maintenant habitait, elle aussi, à l’autre bout de la forêt.

Moralité : rien de tel qu’un petit rouge à la Perrault.
réponse à . God le 24/03/2006 à 14h12 : Ca se défend, effectivement. Et on confimerait ainsi un lien ancien entre...
La nez-cécité, c’est quand on ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
DEVINETTE
Dans quel but broie-t-on les feuilles d’une clôture d’arbustes ?
Chris ne voulait pas jouer un tournoi de tennis, alors son mari l’y mena en la prenant par le bout du nez: John tira l’ Evert du nez...
réponse à . joseta le 30/08/2013 à 07h57 : DEVINETTE Dans quel but broie-t-on les feuilles d’une clôture d&rsqu...
Pour qu’il n’y en haie plus ?
- tirer lait vert d’une haie
Ils ne peuvent pas se sentir, alors ils passent leur temps à se bouffer le nez. Nez en moins, ils ne peuvent se passer l’un de l’autre.
Au commissariat:
le flic: "Alors, avoue, t’en as flûté combien, hein? Parle ou je vais te tirer les vers du nez!"
le soûlot: "Hic, j’en sais plus - hic- rien de rien de rien du - hic - tout. T’as qu’à les compter!"
réponse à . <inconnu> le 30/08/2013 à 07h38 : Rediffusion : Le Petit Napperon rouge Le Petit Napperon rouge avait une m...
Clap ! Clap ! Clap ! c’est jôli !
Une publicité que les moins de .?. ans ne peuvent pas connaître...la meilleure façon de tirer les vers (du nez ou d’ailleurs ...) beurk.
vermifuge
Tiens, le bestiaire d’expressio s’enrichit... 
Le maréchal Ney avait fondé un club écolo et on appelait ses membres,
les verts du Ney.
réponse à . saharaa le 30/08/2013 à 08h42 : Une publicité que les moins de .?. ans ne peuvent pas connaître...l...
que les moins de .?. ans

Hou la la !!........Un chiffre qui nous correspond je suppose !........
Est elle sortie de son appendice nasal l’aspic qui la mordit en son sein ?
Il s’agit bien sur de Cléopâtre dont paraît il le nez eût changé la face du monde s’il eût été plus court........

Nez-Fertiti
réponse à . saharaa le 30/08/2013 à 08h44 : Tiens, le bestiaire d’expressio s’enrichit... ...
En ver et contre tous ?........
réponse à . BOUBA le 30/08/2013 à 09h20 : que les moins de .?. ans Hou la la !!........Un chiffre qui nous correspond...
" l’âge n’est ni un défaut ni une qualité, c’est un état "
c’est ce qu’on dit, en vers et contre tout, quand on en a ( de l’âge )
Bouba ! on a fait un doublet " en vers et contre tout " (ou tous ) ah les grands esprits se rencontrent sur les petits chemins...c’est ma journée citations ! 
cette page  : Pouah !
cette page  : Beurk !
Suggestion : dans l’Antiquité - et sans doute jusqu’à la Renaissance (à vérifier) - on pensait, en médecine, que les sécrétions nasales étaient provoqués par une sorte d’exsudation en provenance du cerveau. On pouvait donc admettre que cela permettait de connaître le "verum" ; d’où un jeu de mots sur la consonance. L’emploi du pluriel n’étant qu’une modification très compréhensible.
Mais ce n’est qu’une simple hypothèse…
réponse à . microgruel le 30/08/2013 à 10h02 : Suggestion : dans l’Antiquité - et sans doute jusqu’&agr...
À moins que "vérité" ne soit une déformation de "ver de terre" ? 
Bête et méchant:
Toto, cesse de tirer les vers du nez de ton grand-père...
Ou je ferme le cercueil !
réponse à . saharaa le 30/08/2013 à 09h30 : Bouba ! on a fait un doublet " en vers et contre tout " (ou tous ) ah les g...
Et si on rajoute que les écolos sont en vert et contre tout on fait un triplé !
réponse à . saharaa le 30/08/2013 à 09h28 : " l’âge n’est ni un défaut ni une qualité, c&rsq...
Oui, mais vu mon âge t’as qu’à voir dans état j’erre !.........
réponse à . ergosum le 30/08/2013 à 10h04 : Bête et méchant: Toto, cesse de tirer les vers du nez de ton grand-...
Ah c’est d’un goût !
Rediffusion :

Pendant la guerre de 14-45, je creusais une tranchée avec ma gamelle sous l’œil vigilant de mon caporal appuyé sur sa pelle quand un ver de terre me sauta à la gorge, mais pas n’importe lequel de ver de terre, un ver de terre de combat ! Que voulez-vous que je fasse, avec ma gamelle usée, contre un ver de terre d’élite hyper-entraîné ? Heureusement, ni une ni deux, le caporal prit sa pelle et tua le ver d’un grand coup, juste derrière la nuque.
Le salopard, il n’aura pas fait long briquet !, s’exclama le gradé héroïque (briquet étant le sobriquet du lombric, dans ce cas-ci un lombric-à-brac, la variété la plus lubrique).
La voix encore toute tremblante, je demandai au caporal : Merci de m’avoir sauvé la vie, mais comment avez-vous fait pour trouver la nuque dans un ver de terre ?
Le caporal se redressa et me répondit d’un air supérieur : T’occupe, c’est pour ça que je suis caporal…
La vitesse de pointe d’une baleine est de 50 km/h, celle d’un ver de terre est de 20 m/h. Il est clair qu’il ne saura jamais rattraper la baleine, même par mer calme.
Pendant la première guerre mondiale, le chef d’état-major de l’armée allemande, le général Erich von Falkenhayn, a décidé de lancer la bataille de Verdun.

Mais pourquoi a-t-il choisi Verdun ? Parce qu’il cherchait la Vérité, tout simplement : il avait l’intention de tirer les Verdunais.

Je ne vois pas d’autre explication.
réponse à . <inconnu> le 30/08/2013 à 10h21 : Rediffusion : Pendant la guerre de 14-45, je creusais une tranchée ...
Il y a lieu d’admirer la dextérité du caporal-pelleteur d’élite !
Parce que briser la nuque de la pauvre bestiole d’un bon coup de pelle, sans pour autant toucher le piou-piou au cou duquel elle était accrochée... Une parfaite maîtrise es-arts martiaux me semble indispensable !
Puisque God Lui-même doute à propos de l’origine de l’expression du jour (et si God doute, où allons-nous ?), je me permets très humblement de donner mon avis.

L’hypothèse qui me semble de très loin la plus convaincante, compte tenu du sens de cette expression, et bien qu’Alain Rey la réfute, est celle qu’on trouve dans ce Dictionnaire des Proverbes, publié en 1850.

L’expression serait apparue en latin, au Moyen-âge, sous la forme emungere aliquem vero, littéralement retirer la vérité du nez de quelqu’un. Mais le verbe emungere, qui signifie au sens propre moucher, et donc tirer du nez, a aussi le sens figuré d’escroquer, de duper. Et donc de soutirer par la ruse, ce qui est bien aussi le sens de notre expression tirer les vers du nez.

Quant a verum, la vérité, il a donné en vieux français veir, veirs, ou vers. La formule emungere aliquem vero est ainsi devenue émoucher li vers, extraire du nez la vérité par ruse. Et c’est par erreur que li vers, la vérité, est devenue les vers. Ce glissement de sens a pu être favorisé par le fait que des vers pouvaient effectivement se développer dans le nez (comme dans d’autres orifices corporels, d’ailleurs), et qu’on pouvait donc très concrètement les en retirer.
God a dit :
Tirer les vers du nez : réussir adroitement à faire parler quelqu’un (sur un sujet ou des informations qu’il ne voulait pas aborder ou divulguer).
Le nombre réduit de contributions sur l’expression du jour semble indiquer qu’il n’y a pas trop réussi pour le moment ... allez, un bon mouvement, laissez-vous faire !
réponse à . Enkidou le 30/08/2013 à 12h39 : God a dit : Tirer les vers du nez : réussir adroitement à...
Bon, allez, je me laisse faire...

J’étais en train de boire un verre de vin - par solidarité avec les vignerons français.
Je vais (re)tirer le nez du verre...
Je profite de mon intervention pour vous signaler que Mintaka nous a une fois de plus grugés en ne mentionnant pas, – et il y a un rapport direct avec l’expression du jour – la notion astronomique de trou de ver alors qu’il n’arrête pas de nous pomper l’air avec son putain de boson de Higgs.

Je n’ai pas trouvé de bouton adéquat pour signaler l’infamie. J’en profite donc pour hurler de désespoir à God qu’il manque un bouton pour dénoncer ce genre de non-contribution. Le bouton rouge était une bonne idée pour dénoncer les contenus litigieux mais pour ce nouveau bouton qui servira à dénoncer les contenus non exprimés, je suggère la couleur noir fluo.
Dans ma contribution 37, je posais la question : où allons-nous ? Ce qui peut aussi se dire : wallon-nous ?

Pour tenter de répondre à cette question, voici, en wallon, deux expressions sœurs, ou cousines, de l’expression du jour, tirées du Bulletin de la Société Liégeoise de Littérature wallone :

sèchi les viers fou dè l’narenne : littéralement, "tirer les vers du nez"
il a des viers es l’narenne, littéralement "il a des vers dans le nez" (et non pas "il a un verre dans le nez"), pour dire "il en sait plus long qu’il ne veut bien le dire".
réponse à . Enkidou le 30/08/2013 à 12h33 : Puisque God Lui-même doute à propos de l’origine de l’e...
emungere aliquem vero, littéralement retirer la vérité du nez de quelqu’un
Ok, mais alors pourquoi l’expression française complète est "tirer les vers du nez A quelqu’un", plutôt que "tirer les vers du nez DE quelqu’un" ?
Voir par exemple cette page.
réponse à . <inconnu> le 30/08/2013 à 07h38 : Rediffusion : Le Petit Napperon rouge Le Petit Napperon rouge avait une m...
Tu as tiré le niais du verre.  
réponse à . <inconnu> le 30/08/2013 à 14h39 : Je profite de mon intervention pour vous signaler que Mintaka nous a une fois de...
PUTAIN vous dites?????????????????

Bozo de Higgs
réponse à . BOUBA le 30/08/2013 à 06h20 : deLassus, j’ai bien lu toutes, absolument toutes les interventions des cop...
Tiens, moi aussi, pour une fois.
réponse à . joseta le 30/08/2013 à 08h09 : Chris ne voulait pas jouer un tournoi de tennis, alors son mari l’y mena e...
Bien joué !  
réponse à . deLassus le 30/08/2013 à 16h50 : emungere aliquem vero, littéralement retirer la vérité du n...
pourquoi l’expression française complète est "tirer les vers du nez A quelqu’un", plutôt que "tirer les vers du nez DE quelqu’un"
Grave question.

Mais avant d’aborder la question centrale du à et du de, qui n’est pas sans rappeler celle du yin et du yang, intéressons-nous d’abord à la question du du : car pourquoi les "vers du nez", et non pas, par exemple, les "vers à nez", comme on dit, s’agissant d’autres parties du corps, les verres à dents ou les verres à pied ?

Soit donc un quidam quelconque qui avait des vers dans le nez, sans pour autant être saoul - parce que s’il était saoul ça compliquerait le problème, car il faudrait alors déterminer, deLassus, le sens, dessus, de saoul.

Supposons que j’aie réussi, par ruse ou par force, à extirper ces vers.

Je peux dire que je lui ai tiré les vers du nez, comme je pourrais par exemple lui avoir ôté le pain de la bouche : dans ce cas, le mot du traduit l’origine, la provenance, le fait que les vers proviennent de son nez comme le pain de sa bouche, sans nécessairement y avoir séjourné très longtemps.

Je peux aussi dire que je lui ai tiré les vers du nez, comme je lui aurais par exemple enlevé les poils du cul : dans ce cas, le mot du traduit l’appartenance, le fait que les vers appartenaient à son nez comme les poils à son cul - ce serait le cas, en particulier, s’ils y étaient installés de longue date.

Venons-en maintenant à la question fondamentale : faut-il dire "tirer les vers du nez à quelqu’un", ou "de quelqu’un" ?

Si je considère la personne tout entière dans sa globalité qui, en tant que personne globale, avait des vers dans le nez, et que, pour la soulager globalement dans la globalité de sa personne, je l’ai libérée de cette vermine qui la minait, alors je dirai : "j’ai tiré les vers du nez à cette personne". Je considère ainsi, d’un côté l’action de tirer les vers du nez, et de l’autre côté la personne que j’ai rétablie dans son intégrité de personne en bonne santé et globalement déverminée.

Si, a contrario, je considère non plus la personne globale dans sa globalité de personne, mais exclusivement son appendice nasal qui, dans sa singularité appendicielle, avait été ignominieusement et traitreusement attaqué par les vers, et que j’ai victorieusement libéré des ses occupants illégitimes, alors je dirai : "j’ai tiré les vers du nez de cet individu". L’action d’éclat a été celle de tirer les vers, son théâtre était le nez de l’individu en question.

Encore des questions ?

L’expression latine est emungere aliquem vero. Aliquem, accusatif. Donc ni à quelqu’un, ni de quelqu’un, mais quelqu’un tout court. Emungere aliquem, moucher quelqu’un, le purger par le nez. Le purger de quoi ? vero, de la vérité. Ablatif. Le latin disait donc : purger quelqu’un de la vérité par le nez.

Tout ça est bien tiré par les cheveux, me diras-tu. Certes ! Car, à la fin, In vino veritas: ce n’est qu’avec un verre dans le nez, et pas avec des vers dans le nez, qu’on atteint la vérité vraie.

Ah ! Que d’encre ! Que d’encre !
réponse à . Enkidou le 30/08/2013 à 18h29 : pourquoi l’expression française complète est "tirer les vers...
Bonsoir, Chirstian!
Voilà que j’ai l’impression d’avoir subi un coup du lapin, un coup au cou, chuis rendue cuckoo, un coup contrecoup, fallait suivre le yin...non, fallait suivre le yang...ah, non, plutôt le ping, ensuite le pong...in vino veritas et veritas odit moras..donc, à boire ! A la vôtre...et à la mienne !  
Les vers du nez ... Le rapprochement fait par le Littré n’est pas si hasardeux ...
Il existe deux espèces d’acariens Demodex folliculorum et Demodex brevis qui sont présents dans les follicules pileux (chacun d’entre eux pouvant en contenir 200) au niveau de la base des cils, du nez (particulièrement dans le sillon nasogénien) et du front. Ils peuvent être aussi retrouvés dans les profondeurs des glandes sébacées, notamment au niveau des ailes du nez, associés à un comédon ("point noir").

Si vous souhaitez savoir comment on dit « Tirer les vers du nez » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici

publicité
Expressio - le livre

Le contenu de ce site est si riche qu’un livre en a été tiré. Ce livre, devenu un best-seller est maintenant disponible en poche.

Ce commentaire ainsi que les réponses qui y sont liées, seront définitivement supprimés. Etes-vous sûr?