Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Avoir une faim de loup

Avoir très faim.

Origine

Le loup a une place très importante dans les contes, légendes et mythologies des pays européens. Souvent avec des aspects très négatifs (les démons vêtus de peaux de loup, le loup-garou, le grand méchant loup...) mais aussi, et plus récemment, plus positifs ou même tendres (mon p'tit loup, mon gros loup...).
L'origine de notre expression est facile à comprendre : la faim qui tenaille est 'dévorante', autant que le loup est réputé dévorer ses proies.
Cette expression, sous sa forme actuelle, n'est attestée que depuis le XIXe siècle.
Mais le symbole de voracité et méchanceté qu'est le loup depuis très longtemps avait fait naître des variantes bien avant puisqu'au XVIIe siècle, par exemple, on disait 'manger comme un loup'.
'de loup' a une valeur intensive qu'on retrouve aussi dans "un froid de loup", tout aussi glacial que celui "de canard" même si le volatile n'est pas connu pour agresser les brebis et les petits chaperons rouges.

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Bulgarie Bulgare Гладен като вълк Affamé comme un loup
République Tchèque Tchèque Mám hlad jako vlk J'ai une faim de loup
Pays de Galles Gallois Mor wancus a'r wenci Affamé comme la belette
Allemagne Allemand Einen Bärenhunger haben Avoir une faim d'ours
Angleterre Anglais To be able to eat a horse Pouvoir manger un cheval
Angleterre Anglais To be hungry as a bear Être affamé comme un ours
Angleterre Anglais To be hungry as a hawk Être affamé comme un faucon
Angleterre Anglais To be hungry as a horse Être affamé comme un cheval
Angleterre Anglais To be hungry as a hunter Être affamé comme un chasseur
Angleterre Anglais To be ravenous Avoir très faim
Angleterre Anglais To have a wolf's hunger / To be hungry as a wolf Avoir une faim de loup / Être affamé comme un loup
Angleterre Anglais To wolf it down L'avaler comme un loup (rapidement)
Irlande Anglais To eat a horse between two matresses Manger un cheval entre deux matelas
Espagne Espagnol Tener hambre canina Avoir une faim canine (dévorante)
Espagne Espagnol Tener más hambre que el perro de un ciego Avoir plus faim que le chien d'un aveugle
Israël Hébreu Ra'ev kemo ze'ev Affamé comme un loup
Italie Italien Avere una fame da lupi Avoir une faim de loup
Latin Latin Rabidus fame, ceu canis Être affamé comme un chien
Belgique Néerlandais Honger hebben als een paard Avoir faim comme un cheval
Pays-Bas Néerlandais Honger als een paard hebben Avoir une faim de cheval
Pays-Bas Néerlandais Honger maakt rauwe bonen zoet Les haricots crus ont un goût sucré, quand on a faim
Pays-Bas Néerlandais Zo hongerig als een kerkrat Être affamé comme un rat d'église
Pologne Polonais Być głodnym jak wilk Avoir une faim de loup
Brésil Portugais Ter fome de leão Avoir une faim de lion
Portugal Portugais Fome e esperar faz desesperar Faim et attendre fait désespérer
Roumanie Roumain A-i fi o foame de lup Avoir une faim de loup
Serbie Serbe Biti gladan kao vuk Avoir une faim de loup
Serbie Serbe Gladan sam kao vuk J ai une faim de loup
Turquie Turc Kurt gibi aç (Il a) faim comme le loup
Belgique Wallon I hagn'reut on clâ ès deux Il mordrait un clou en deux
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Commentaires sur l'expression « Avoir une faim de loup » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 14/10/2007 à 00:30*
    Froid de loup = grand froid pendant lequel les loups étaient obligés de sortir de leurs retraites pour trouver à manger.
  • #2
    • cotentine
    • 14/10/2007 à 03:21
    le loup est un animal raisonnable qui ne mange que lorsqu’il a faim et surtout lorsqu’il a trouvé une proie capable d’assouvir sa fringale (sinon, il se contente de baies sauvages, d’insectes ou de poissons). Contrairement à ce que raconte Goupil sur Ysengrin, le loup est intelligent, capable d’émotions, à la fois craintif et "bavard" (diverses formes de langage : postures et regards, oreilles, etc.), très fidèle en couple, très social (avec une vraie hiérarchie), avec un sens aigu de sa famille et de ses responsabilités envers la meute et ses petits, s’il est le dominant ...
    Le loup ne tue pas pour le plaisir, mais seulement pour survivre.Il est sportif et endurant ... Bref, en 2 mots, comme en 100, vous aurez compris que je suis passionnée par les loups et le mois dernier, j’ai eu le plaisir d’en approcher plusieurs lorsqu’un "Meneu’ de loups" est passé dans notre petite ville pour nous régaler de ses contes et légendes (bretonnes ou canadiennes)avec des loups, non pas apprivoisés, mais qui toléraient notre présence ... calme ! cette page 😄 😄 😄
    On dit aussi que la faim fait sortir le loup du bois ...
  • #3
    • God
    • 14/10/2007 à 07:40*
    • En réponse à cotentine #2 le 14/10/2007 à 03:21 :
    • « le loup est un animal raisonnable qui ne mange que lorsqu’il a faim et surtout lorsqu’il a trouvé une proie capable d’assouvir sa fringale (... »
    Le loup ne tue pas pour le plaisir, mais seulement pour survivre.

    Il faudrait demander aux bergers du massif de Belledonne, dans l’isère, ce qu’ils en pensent (quand ils trouvent plusieurs brebis égorgées mais même pas entamées).
    C’est comme les requins qui n’attaquent pas l’homme (sauf certains nageurs qui ont le malheur d’aller dans une zone où ils sont arrivés sans que les squales aient planté des panneaux d’avertissement).
    On peut aimer et défendre les animaux, mais il ne faut pas non plus leur prêter des vertus qu’ils n’ont pas.
  • #4
    • <inconnu>
    • 14/10/2007 à 08:25
    Froid de loup = grand froid pendant lequel les "retraités" étaient obligés de sortir de leurs retraites pour trouver à manger.
  • #5
    • OSCARELLI
    • 14/10/2007 à 08:38*
    • En réponse à God #3 le 14/10/2007 à 07:40* :
    • « Le loup ne tue pas pour le plaisir, mais seulement pour survivre.
      Il faudrait demander aux bergers du massif de Belledonne, dans l’isère, c... »
    Le loup est comme l’alligator.
    Il est écrit partout que l’alligator, par opposition à son cousin le crocodile, n’attaque pas l’homme.
    Le prblème, c’est que ni le loup ni l’alligator n’ont appris à lire!
    Quant aux requins, j’en connais quelques uns qui savent lire et qui, malgré tout, attaquent l’homme...
    Ici, cependant, je dois donner raison à Cotentine: le loup - d’une facon génerale - ne tue pas pour le plaisir, mais bien pour survivre. Le lion itou. Cependant, il est clair que certains animaux, comme le tigre "mangeur d’homme" ont "viré leur cuti" et sont devenus des "buveurs de sang".
    Là aussi, en général, c’est parce que ces animaux sont soit des extrémistes (oui, il y en a, même si notre Belle Gique a décidé que Leterme serait mis à ces assertions), soit des animaux traqués, non pas par les moutons, mais plutôt par les bergers...
    Donc, nous ne prêtons pas aux animaux des vertus qu’ils n’ont pas, mais nous leur rendons justice, en quelque sorte...
    Tu remarqueras, mon Godemichou adoré, que j’ai écrit d’une facon générale. Il est clair qu’il y a des exceptions (c’était clair hier dans les bois, ca l’est encore aujourd’hui...)
  • #6
    • tytoalba
    • 14/10/2007 à 08:46
    • En réponse à God #3 le 14/10/2007 à 07:40* :
    • « Le loup ne tue pas pour le plaisir, mais seulement pour survivre.
      Il faudrait demander aux bergers du massif de Belledonne, dans l’isère, c... »
    il s’agissait peut-être de brebis galeuses, ou qui avaient la maladie de la langue bleue, ou la tremblante. Le loup prenant alors conseil auprès de son vétérinaire ne prend pas le risque de manger de la viande contaminée. L’homme, cet animal intelligent n’a-t-il pas fait pareil, surtout certains chasseurs, qui ne tuent que pour montrer leur trophée. Et je ne parlerai même pas du pêcheur ou du moins pas dans l’immédiat. 🙂
  • #7
    • tytoalba
    • 14/10/2007 à 08:58
    • En réponse à OSCARELLI #5 le 14/10/2007 à 08:38* :
    • « Le loup est comme l’alligator.
      Il est écrit partout que l’alligator, par opposition à son cousin le crocodile, n’attaque pas l’homme.
      Le prb... »
    Nous avons eu en Belgique un crocodile qui avait bouffé du lion. Deux fois premier ministre, ministre de la défense et j’en passe. J’ai cité VDB, Van den Boeynants. Paul de son prénom.
  • #8
    • syanne
    • 14/10/2007 à 10:13
    Une "fin" de loup à cette page
  • #9
    • syanne
    • 14/10/2007 à 10:38
    Grande-Bretagne
    Proposé par tourtinet To can eat a horse Pouvoir manger un cheval

    "to can" ? la forme m’étonne. Ne serait-ce pas plutôt "hungry enough to eat a horse" ?
  • #10
    • chirstian
    • 14/10/2007 à 10:50
    Le petit chaperon rouge ? Une petite salope qui sortait seule la nuit , prête à crier au loup, mais qui apportait son petit pot de beurre ... juste au cas où !
  • #11
    • <inconnu>
    • 14/10/2007 à 10:56
    • En réponse à syanne #8 le 14/10/2007 à 10:13 :
    • « Une "fin" de loup à cette page »
    Cette poésie est belle et poignante. Je pense que les loups ainsi que les ours que l’homme réintroduit dans les forêts sont des animaux qui ont perdu leur instinct primitif. C’est là danger, ils ne sont plus des bêtes sauvages et ne sont pas dressés donc ils attaquent tout ce qui bouge, comme un chien, même inoffensif, le fait pour s’amuser. Comme les chats qui attrappent les oiseaux et les souris et après s’en être amusé les délaisssent.
    Je suis contre la réintroduction des animaux sauvages et leur prolifération. L’homme les a exterminés et maintenant tout ce qu’il pourrait faire c’est remettre dans la nature des animaux issus de croisement et qui par ce fait deviennent encore plus dangeureux, comme les chiens croisés.
  • #12
    • chirstian
    • 14/10/2007 à 10:59
    • En réponse à OSCARELLI #5 le 14/10/2007 à 08:38* :
    • « Le loup est comme l’alligator.
      Il est écrit partout que l’alligator, par opposition à son cousin le crocodile, n’attaque pas l’homme.
      Le prb... »
    le loup - d’une facon génerale - ne tue pas pour le plaisir, mais bien pour survivre
    j’ai souhaité en avoir le coeur net, et me suis rendu au zoo:
    - monsieur Loup , puis-je vous poser quelques questions indiscrètes ?
    - appelez moi Paul-Loup, c’était mon nom d’écrivain.
    - vous dites "c’était" , vous n’écrivez plus ?
    - non : j’ai bouffé mon nègre !
    - ah, justement : l’avez vous tué pour le plaisir, ou pour survivre ?
    - je n’ai jamais tué que pour survivre. Mais je dois ajouter que j’y prenais beaucoup de plaisir. Mais tout ça c’est fini.
    - C’est triste une fin de loup !
  • #13
    • syanne
    • 14/10/2007 à 11:02
    • En réponse à <inconnu> #11 le 14/10/2007 à 10:56 :
    • « Cette poésie est belle et poignante. Je pense que les loups ainsi que les ours que l’homme réintroduit dans les forêts sont des animaux qui... »
    Sur le loup, les avis sont partagés, même en littérature.
    Giono disait en substance, dans Un Roi sans divertissement, je crois (je cite de mémoire, pardonnez mes approximations) : "Les loups sont des bêtes avec lesquelles on peut s’entendre, sinon avec des mots, du moins avec des coups de fusil".
    Mais La Fontaine, dans Le Loup et le Renard s’interroge quant à lui :
    « Hé ! qui peut dire
    Que pour le métier de mouton
    Jamais aucun loup ne soupire ? »
    Et, dans Les compagnons d’Ulysse ( cette page )
    « Ne vous êtes-vous pas l’un à l’autre des loups ?
    Tout bien considéré, je te soutiens en somme
    Que, scélérat pour scélérat,
    Il vaut mieux être un loup qu’un homme. »
    Voyez aussi cette page
  • #14
    • OSCARELLI
    • 14/10/2007 à 11:07
    Quand un loup, dans une prairie ou paissent les agneaux, prend rendez-vous (on dit aussi prendre langue" - quelle belle expression!) avec l’un d’eux pour le manger plus tard, il remplit son office de pré dateur quand même, non?
  • #15
    • syanne
    • 14/10/2007 à 11:12*
    • En réponse à chirstian #10 le 14/10/2007 à 10:50 :
    • « Le petit chaperon rouge ? Une petite salope qui sortait seule la nuit , prête à crier au loup, mais qui apportait son petit pot de beurre ..... »
    N’est-ce pas ce que Perrault laisse entendre (en termes plus châtiés... ou plus hypocrites) dans la moralité du conte :
    On voit ici que de jeunes enfants,
    Surtout de jeunes filles
    Belles, bien faites, et gentilles,
    Font très mal d’écouter tout sorte de gens,
    Et que ce n’est pas chose étrange,
    S’il en est tant que le loup mange.
    Je dis le loup, car tous les loups
    Ne sont pas de la même sorte ;
    Il en est d’une humeur accorte,
    Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
    Qui privés, complaisants et doux,
    Suivent les jeunes Demoiselles
    Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles* ;
    Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
    De tous les Loups sont les plus dangereux.

    (édition de G. Rouger, Garnier 1967)
    • ruelles des lits, bien sûr…
  • #16
    • chirstian
    • 14/10/2007 à 11:20
    • En réponse à <inconnu> #11 le 14/10/2007 à 10:56 :
    • « Cette poésie est belle et poignante. Je pense que les loups ainsi que les ours que l’homme réintroduit dans les forêts sont des animaux qui... »
    remettre dans la nature des animaux issus de croisement et qui par ce fait deviennent encore plus dangeureux, comme les chiens croisés.
    si tu croises un loup croisé, ne reste pas les bras croisés : croise les doigts et prie pour que sa croix lui inspire des sentiments chrétiens.
    Si tu l’entends prier "Seigneur, bénissez la nourriture que je vais prendre" , c’est que Dieu t’a exaucé.Arrête de prier, et cours annuler ton abonnement à Green Peace.
  • #17
    • cegede
    • 14/10/2007 à 11:32
    • En réponse à syanne #13 le 14/10/2007 à 11:02 :
    • « Sur le loup, les avis sont partagés, même en littérature.
      Giono disait en substance, dans Un Roi sans divertissement, je crois (je cite de... »
    Merci, Syanne, pour tes bonnes références. Décidément, je me sens en bonne compagnie sur Expressio !
    Je me demande comment l’amiral va s’y prendre pour démontrer que l’expression du jour provient de la marine. Quelque chose avec chaloupé peut-être??
    Mais c’est vrai qu’on dit bien du mal des loups et plus rarement des louves et des louveteaux. Pourquoi ?
    Bon dimanche ensoleillé à tous
  • #18
    • <inconnu>
    • 14/10/2007 à 11:36
    Dans la littérature , le loup est soit symbole de bêtise gloutonne face au goupil , soit symbole de méchanceté et de ruse dans les Contes , soit symbole de dévouement et de courage chez le poète , ou encore d’esprit de liberté face à l’animal domestique chez le fabuliste ! Quant au poème cité par Syanne , il est resté dans l’expression populaire :
    "Elle a vu le loup hou hou ! Elle a vu le loup !" Comme quoi le loup est trempé à toutes les sauces ! Une grande figure de notre inconscient collectif pour la méchanceté , la cruauté , le danger qui guette la "brebis égarée" ! "L’homme est un loup pour l’homme" , franchement ce serait trop beau !
  • #19
    • syanne
    • 14/10/2007 à 11:47
    • En réponse à cegede #17 le 14/10/2007 à 11:32 :
    • « Merci, Syanne, pour tes bonnes références. Décidément, je me sens en bonne compagnie sur Expressio !
      Je me demande comment l’amiral va s’y p... »
    Je me demande comment l’amiral va s’y prendre pour démontrer que l’expression du jour provient de la marine.

    Oh ! un loup de mer comme lui devrait prendre la vague...
  • #20
    • syanne
    • 14/10/2007 à 11:56
    Et pour tous ceux qui, comme moi, ont à cette heure une faim de loup : cette page
    Bon appétit !