Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire du lèche-vitrine [v]

déambuler devant des vitrines de magasins et en regarder le contenu avec envie ; observer les devantures des magasins sans faire d'achat ; passer le temps à regarder les vitrines ; lécher les v itrines

Origine et définition

C'est depuis le XIIe siècle que le verbe lécher, dont l'étymologie reste discutée, signifie "passer la langue sur quelque chose".
Alors s'il arrive que de jeunes enfants laissés sans surveillance fassent parfois réellement du lèche-vitrines à grands coups de langue devant les langues de boeuf de l'étal du boucher, par exemple, c'est évidemment une chose fortement déconseillée, ne serait-ce que pour de simples raisons hygiéniques ; sans même parler des traces que cela peut laisser sur la vitrine, au grand déplaisir du propriétaire du magasin qui, s'il se met à crier "lèche ma vitrine tranquille", prouve non pas qu'il est très tolérant, mais plus simplement qu'il est Auvergnat[1].
Si au, XIXe siècle, le verbe 'lécher' à également pris le sens de "effleurer de près" dont on pourrait croire que le substantif "lèche-vitrines" est tiré, tant on effleure alors les devantures des boutiques, le Robert indique que "lécher les vitrines", apparu au XXe siècle, est une image qui doit plutôt être comprise comme "regarder de si près et avec tant de plaisir les vitrines des magasins qu'on a l'air de les lécher".
[1] L'Auvergnat ayant la réputation de prononcer les 's' comme des 'ch'.

Exemples

« La reprise de contact entre les deux garçons, alors que Jérôme était en train de manger une glace en faisant du lèche-vitrines, les avait surpris l'un comme l'autre. »
Jérôme Ziel - Différents

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand einen Schaufensterbummel machen faire les vitrines
Allemand schaufensterln faire les vitrines
Anglais to do / to go window-shopping faire / aller faire des courses de la vitrine
Chinois qù guàng shangdiàn tourner en rond dans les magasins
Espagnol (Argentine) mirar vidrieras regarder les vitrines
Espagnol (Espagne) ir de escaparates aller en vitrines
Français (Canada) magasiner / Faire du magasinage
Hébreu עשה חנויות (assa khanouyott) magasiner
Italien fare le vasche faire les bassins
Néerlandais 'etalages kijken' lèche-vitrine; Phénomène des années '60. Activité familiale: les étalages ressemblaient à des petits décors de théâtre. Etalage = lokmiddel
Néerlandais (Belgique) winkelen magasiner
Portugais (Brésil) namorar as vitrines être attiré(e) par les vitrines
Portugais (Brésil) sapear faire le crapaud
Portugais (Brésil) ver vitrines regarder les vitrines
Portugais (Portugal) ver as montras regarder les vitrines
Roumain a casca ochii la vitrine faire du lèche- vitrine
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « faire du lèche-vitrine » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « faire du lèche-vitrine » Commentaires

  • DiwanC
    27/08/2012 à 21:59*
    • En réponse à <inconnu> #157 le 27/08/2012 à 21:01* :
    • « "une bourriche d’huîtres baillaient au soleil"
      Perso, je le verrais mieux comme ça:
      Une bourriche d’huitres qui baillaient au soleil »
    Il nous manque le contexte… Imagine :
    Sur la grand place, une bourriche d’huîtres baillaient au soleil tandis que des corneilles hargneux lorgnaient d’un œil torve God qui - depuis 40 ans - léchait les vitrines de Djibouti.
    Ça te plaît mieux ainsi ? 😄
    Cela dit, qu’est-ce qui empêche la bourriche - lasse et déprimée - de bâiller d’ennui ?
  • Utilisateur supprimé
    09/08/2017 à 01:34
  • Utilisateur supprimé
    09/08/2017 à 03:16*
    ANAGRAMME
    Va identifier Hercules
    Comme quoi notre expression aurait très bien pu provenir de la marine… Cliquer ici.
  • joseta
    09/08/2017 à 08:33*
    Le Capitaine Crochet adorait faire du lèche-vitrine et quand il mettait un pied à terre, il s'empressait d'aller à la recherche de magasins...
    Son second lui disait: "Lèche main de fer"! Et lui il y allait bon train !
  • joseta
    09/08/2017 à 09:26
    DEVINETTE
    Pourquoi un viticulteur prend toujours des glaces comme dessert ?
  • joseta
    09/08/2017 à 10:07
    • En réponse à joseta #165 le 09/08/2017 à 09:26 :
    • « DEVINETTE
      Pourquoi un viticulteur prend toujours des glaces comme dessert ? »
    Réponse
    - parce qu'il aime les chais
  • lafeepolaire
    09/08/2017 à 10:10
    Drôle de coïncidence de nous sortir cette expression juste le lendemain de la fin des soldes d'été: c'est vraiment le jour où les gens n'iront justement pas faire du lèche-vitrine.
  • deLassus
    09/08/2017 à 10:42
    • En réponse à joseta #164 le 09/08/2017 à 08:33* :
    • « Le Capitaine Crochet adorait faire du lèche-vitrine et quand il mettait un pied à terre, il s'empressait d'aller à la recherche de magasins.... »
    "Lèche main de fer"! Et lui il y allait bon train !

    Fallait oser, mais moi j'aime !
  • mickeylange
    09/08/2017 à 11:28
    • En réponse à joseta #164 le 09/08/2017 à 08:33* :
    • « Le Capitaine Crochet adorait faire du lèche-vitrine et quand il mettait un pied à terre, il s'empressait d'aller à la recherche de magasins.... »
    Son second lui disait: "Lèche main de fer"! Et lui il y allait bon train !

    Son second c'était Bouba ?
  • mickeylange
    09/08/2017 à 11:39
    Blanquette préfère ça au lèche vitrine.
  • deLassus
    09/08/2017 à 11:40*
    • En réponse à lafeepolaire #167 le 09/08/2017 à 10:10 :
    • « Drôle de coïncidence de nous sortir cette expression juste le lendemain de la fin des soldes d'été: c'est vraiment le jour où les gens n'iro... »
    Au contraire : j'ai entendu dire que les fashion-victimes allaient vite voir les modèles de la nouvelle saison.
  • deLassus
    09/08/2017 à 11:47
    • En réponse à mickeylange #170 le 09/08/2017 à 11:39 :
    • « Blanquette préfère ça au lèche vitrine. »
    Quand elle pense à Fernandel, elle bêle...
  • joseta
    09/08/2017 à 11:53
    • En réponse à mickeylange #169 le 09/08/2017 à 11:28 :
    • « Son second lui disait: "Lèche main de fer"! Et lui il y allait bon train !
      Son second c'était Bouba ? »
    Non, ce jour-là Bouba et un collègue erraient ça et là...et quelqu'un demanda à Bouba:
    - Qu'est-ce que vous faites quand vous ne conduisez pas les trains ?
    - nous wagons...
  • joseta
    09/08/2017 à 11:57
    Redif
    - Toi qui connais bien Walesa, qu'est-ce qu'il n'a pas et qui lui ferait bien plaisir ?
    - Lech ? yacht !
    - Les chiottes ? il en a pas ??
  • lArthenice16
    09/08/2017 à 13:04
    "Laissez-moi, mais laissez-moi !" suppliait-elle et lui s'évertuait, s'évertuait...Est-ce-que c'était sa faute à lui si elle avait l'accent auvergnat ?
    Bonne journée à tou(te)s
  • mickeylange
    09/08/2017 à 13:38
    • En réponse à lArthenice16 #175 le 09/08/2017 à 13:04 :
    • « "Laissez-moi, mais laissez-moi !" suppliait-elle et lui s'évertuait, s'évertuait...Est-ce-que c'était sa faute à lui si elle avait l'accent... »
    Comme le disait Gicard:
    Une poule chapon, mais un chapon cha pond pas.
  • mickeylange
    09/08/2017 à 13:40
    Elle est où la Germaine ?
    Elle fait du lèche vitrine ?
  • lArthenice16
    09/08/2017 à 15:10
    • En réponse à mickeylange #176 le 09/08/2017 à 13:38 :
    • « Comme le disait Gicard:
      Une poule chapon, mais un chapon cha pond pas. »
    Ch'est ben vrai cha !
  • joseta
    09/08/2017 à 18:55
    - J'ai mal aux pieds à force d'aller de vitrine en vitrine...et toi ?
    - moi, les chevilles Trynn...
    - oui, oui,lèche-vitrine, mais t'as pas mal aux pieds ?
  • Psylocybe
    24/04/2020 à 02:31*
    C'est mon heure. Je vous promets bientôt une nouvelle aventure d'Iphigénie et de son équipage d'insoumis. Pour le moment nous en sommes dans la terrible guerre de Sécession où le frère tue le cousin et l'oncle le neveu. Les guerres intestines, comme les guerres intestinales, sont les pires. Et il resta aux guerriers nordistes à la chevelure un peu rebelle une belle brochette de (re)belles demoiselles du Sud, engoncées dans leurs jupons, mais prêtes à tout.
    ֍֍֍֍

    WINDOW SHOPPING (and a few killings) ON THE YAZOO'S (II)

    Sherman le Cruel, William Tecumseh, avait envoyé un de ses cuirassés, aimant le blindage et léguant son nom à l’avance aux chars américains qui four score (80 ans) après nous débarrassèrent de l’engeance nazie, et même des formidables panzers Tigres, le Gridiron Molitor, remonter la rivière des Yazoos en lui enjoignant de massacrer tout ce qu’il pouvait sur son passage.

    Sur la lourde embarcation, on avait monté un mortier de 650 mm, un des plus gros de l’époque. Avec 200 livres de poudre noire, il vous tirait un tonneau de mitraille de 200 kilos, ouvrant dans les défenses ennemies un charnier de plusieurs hectares carrés. Les ingénieurs Yankee avaient calculé le recul du bestial cylindre (d’environ 2 mètres avec des câbles de retenue de 10 cm de diamètre) en fonction de la longueur du bâtiment (près de 30 mètres) et de l’âge du capitaine, mais les artilleurs nordistes, excités par la vue de leur ennemis qui se moquaient du Yankee Doodle en imitant des singes, et contraint par l’étroitesse du cours d’eau, firent pivoter le lourd mortier et le mirent à feu par le travers

    Le recul fut tel que la salve se perdit dans les airs et que le Molitor se retourna comme une crêpe, déjà alourdi par le poids de sa superstructure. Les pauvres marins, enfermés à bord, dont le capitaine et sa jeune épouse qui n’avait pas encore connu la joie du coÏt étant conjoints de frais, ne purent s’en sortir à la grande joie des fantassins sudistes qui l’avaient échappé belle et qui se tapaient sur les cuisses d’entendre leurs cris de détresse.

    Cela dit, pour nous adoucir les mœurs, je vous offre une des rares versions de Sombrero et Mantilles de Rina Ketty qui connut la gloire, et la déchéance, la foule ivre, un bon millier dans ce fameux bar (à deux bars) ne la connaissant pas, au Mocambo Café du temps de Johnny Rougeau et de son frère Jacques, des pièces d’hommes! sur la rue du Hâvre à Montréal, j’y étais comme grouillot et plongeur. C’était une femme sympathique et avenante et sa voix avait encore les élans apicaux-alvéolaires qui l’avaient rendue célèbre dans les années 1930. Quel triste destin pour cette femme qui nous charma tant, venue s’exiler en Amérique, chantant le J’attendrai toujours qui consola les marins de Das Boot, et nous rappelle l’accent rocailleux de la France du début du 20e siècle, qui croyait que la paix c’était pour toujours.