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faire litière de [v]

ne faire aucun cas de ; ne tenir aucun compte de ; ne pas se soucier de

Origine et définition

Si le sens usuel et actuel de l'expression date du XVIe siècle, elle a eu, avant et après, d'autres significations.
Ainsi, lorsqu'elle apparaît, vers le début du XIIIe siècle, elle a le joyeux sens de "couvrir le sol de cadavres".
Au début du XIVe, elle s'emploie aussi pour dire qu'on "jouit d'une femme".
Et, après le XVIe, Corneille lui fera aussi dire "répandre à profusion", sans aucun sens de mépris.
À la fin du XIe siècle, le mot 'litière' a d'abord désigné "une couche d'objets". Puis, au XIIe, il a pris deux sens bien différents puisqu'il a aussi bien désigné ce qu'on appelle aujourd'hui un brancard, qu'une couche pour les animaux formée de feuilles sèches ou de paille.
Et c'est précisément cette dernière signification qui nous intéresse ici, car une telle litière est destinée à être foulée aux pieds sur un sol plus ou moins propre, donc à devenir vite quelque chose de peu ragoûtant. Ce piétinement à même le sol que subit la litière est associé à l'image de mépris que véhicule l'expression.

Exemples

« Il est des circonstances où l'intérêt général nous oblige à faire litière de certaines conventions. »
Marcel Aymé - La tête des autres - 1952

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand am Arsh vorbei gehen dépasser auprès du cul
Anglais ~to jettison balancer / larguer / se délester de / jeter par-dessus bord
Anglais (UK) Not to care about something Se foutre de quelque chose
Anglais to junk something jeter quelque chose dans la poubelle
Arabe (Tunisie) boul aalih pisse dessus
Arabe (Tunisie) taffi eddhaou éteignez la lumière
Espagnol (Argentine) cagarse en algo se foutre de quelque chose
Espagnol (Espagne) A palabras electrizantes, oidos desenchufados ! À paroles électrisantes, oreilles débranchées !
Espagnol (Espagne) A palabras necias, oidos sordos ! À paroles insensées, oreilles sourdes !
Espagnol (Espagne) hacer caso omiso de ne faire aucun cas de
Espagnol (Espagne) hacer oidos sordos faire la sourde oreille
Espagnol (Espagne) no hacer ni puñetero caso ne faire ni fichu cas
Espagnol (Espagne) no hacer ni puto caso ne faire ni putain de cas
Espéranto fajfi pri siffler à propos de
Hongrois szőnyeg alá söpör vmit balayer qqch sous le tapis
Hébreu דרך עליו (dèrèkh alav) bien au-dessus de lui
Italien Fregarsene / Io me ne frego S'en foutre / Je m'en fous
Italien farsi un baffo di se faire une moustache de
Néerlandais het zal me een zorg wezen, ou: 't zal me een rotzorg zijn....... ce sera une préoccupation pour moi (dans le sens de: ce ne sera aucune préoccupation pour moi)
Néerlandais het zal mij/me worst zijn cela me sera du saucisson
Néerlandais zich geen reet (evt. "hol") aantrekken van......... s'en ficher complètement
Néerlandais (Belgique) met de voeten treden piétiner
Néerlandais onder het tapijt vegen balayer sous le tapis
Portugais (Brésil) não dar bola ne donner pelote / ballon
Portugais (Brésil) não estar nem aí n'êtrê ni là
Portugais (Brésil) não levar em conta ne tenir aucun compte
Portugais (Portugal) nao fazer caso ne pas faire cas de
Roumain a i se fâlfâi de lui s'en balancer de
Roumain a-l durea în cur avoir mal au cul
Roumain a i se rupe de lui se rompre de
Roumain a-l durea in cot avoir mal au coude
Roumain a-și băga picioarele ficher ses pieds
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Commentaires sur l'expression « faire litière de » Commentaires

  • #21
    chirstian
    08/01/2010 à 09:39
    pour faire litière de certaines revendications le général de Gaulle avait parlé de chienlit. L’étymologie n’en est pas la litière du chien , mais l’action de chier au lit. L’idée pourrait sembler très proche, mais elle en constitue en réalité l’opposé, car si quelqu’un chie au lit, il est difficile d’en faire litière (c’est à dire, de ne pas en tenir compte !)
    Pardon de commencer la matinée à un tel niveau ! Si je vous fais chier, n’hésitez pas à le dire !
  • #22
    charlesattend
    08/01/2010 à 09:42
    Mr PURGON parlait lui de "faire clystère"...
    où l’on rejoint la chienlit..
  • #23
    <inconnu>
    08/01/2010 à 10:24
    • En réponse à chirstian #21 le 08/01/2010 à 09:39 :
    • « pour faire litière de certaines revendications le général de Gaulle avait parlé de chienlit. L’étymologie n’en est pas la litière du chien... »
    Chie-en-lit, un peu comme: pisse-en-lit qui en infusion a un effet diurétique prononcé tout comme l’infusion de queue de cerises... avec lesquelles, par la suite, certains sont payés...
  • #24
    deLassus
    08/01/2010 à 11:48*
    • En réponse à chirstian #21 le 08/01/2010 à 09:39 :
    • « pour faire litière de certaines revendications le général de Gaulle avait parlé de chienlit. L’étymologie n’en est pas la litière du chien... »
    Je n’avais pas prévu d’intervenir avant ce soir, mais tu réveilles des "vieux" souvenirs d’étudiant soixante-huitard...
    Extraits de De Gaulle, de Jean Lacouture, une biographie généralement autorisée :
    [Réunion interministérielle du 19 mai 1968. De Gaulle prononce pour Gorse la formule qui sera délivrée à la presse : " La réforme, oui; la chienlit non !"]
    " Avant d’avoir contraint ... à chercher dans quelque dictionnaire la signification de ce vocable médiéval dont l’origine est, en dépit des apparences, plus ludique que scatologique, la formule choque les uns, indigne les autres, et humilie les ouvriers en grève. Les seuls visés en fait, les étudiants, tournent en dérision l’archaïsme, et affichent partout dans Paris : "La chenlit, c’est lui."
    Merci de m’avoir rajeuni. En mai 68, j’habitais près du Panthéon, il faisait un temps superbe, nous passions nos après-midi à arpenter les rues de Paris...
  • #25
    deLassus
    08/01/2010 à 12:29*
    • En réponse à deLassus #24 le 08/01/2010 à 11:48* :
    • « Je n’avais pas prévu d’intervenir avant ce soir, mais tu réveilles des "vieux" souvenirs d’étudiant soixante-huitard...
      Extraits de De Gaull... »
    Sans intérêt >>> censuré !
  • #26
    deLassus
    08/01/2010 à 12:34*
    • En réponse à deLassus #25 le 08/01/2010 à 12:29* :
    • « Sans intérêt >>> censuré ! »
    Idem !
  • #27
    PHILO_LOGIS
    08/01/2010 à 12:55
    • En réponse à deLassus #26 le 08/01/2010 à 12:34* :
    • « Idem ! »
    C’est quand même chouette, de pouvoir se répondre, non? On n’a (presque) plus besoin des autres... On peut même se répandre... 😉
  • #28
    PHILO_LOGIS
    08/01/2010 à 12:56
    • En réponse à charlesattend #22 le 08/01/2010 à 09:42 :
    • « Mr PURGON parlait lui de "faire clystère"...
      où l’on rejoint la chienlit.. »
    Faire litière, faire clystère, n’en fais donc pas tout un mystère... 😛
  • #29
    cotentine
    08/01/2010 à 13:02*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #27 le 08/01/2010 à 12:55 :
    • « C’est quand même chouette, de pouvoir se répondre, non? On n’a (presque) plus besoin des autres... On peut même se répandre... 😉... »
    ce que je trouverais "chouette" , moi, c’est de me balader en litière, comme au temps des rois fainéants, surtout par ce temps où il fait un froid de gueux ! douillettement allongée sous une chaude pelisse ou une couette en duvet d’oie, je pourrais admirer la campagne qui a revêtu son manteau blanc, sans que la neige ne me mouille les pieds ! 😉
    Me promener en palanquin, en quelque sorte ...
    Le mot palanquin vient du tamoul pallakku et désigne une litière = une « couche » où dormir.
    Je ne connaissais pas cette expression dont je ne ferais pas de cas .. !
  • #30
    <inconnu>
    08/01/2010 à 13:40*
    • En réponse à cotentine #29 le 08/01/2010 à 13:02* :
    • « ce que je trouverais "chouette" , moi, c’est de me balader en litière, comme au temps des rois fainéants, surtout par ce temps où il fait un... »
    des rois fainéants
    . Les Mérovingiens, donc. Selon l’historien que j’ai lu, il y a bien des années cela viendrait de la déformation de faits néant, réduit à rien puisque le véritable pouvoir était exercé par les Maires du Palais. Autre cas historique le Japon: où l’empereur était une marionnette aux mains du Shogun...
    Les Russes et, plus tard, les Américains, ont compris ce que signifiait le réveil du Japon à l’ère Meiji...
    Cet historien (ou un autre ???) faisait mention d’une théorie spirale de l’Histoire, laquelle évolurait selon une spirale et où le long de lignes de force les mêmes événements se reproduiraient selon un périodicité variable, une sorte de suite de Fibonacci pour emprunter cette expression aux mathématiciens...
  • #31
    momolala
    08/01/2010 à 13:46
    Je ne connaissais pas moi non plus cette expression dont on ne peut que faire litière. Mais comme cela semble être ici de son fait le jour des chats et que j’aime la poésie de Baudelaire, je vous invite à un détour par cette page.
  • #32
    chirstian
    08/01/2010 à 13:56
    L’expression "faire litière de..." n’a pas tout à fait le sens de "faire table rase de..." : dans cette dernière, conscient de certains éléments , on les balaye d’un revers de main : ouste, circulez... et la table est débarrassée. Tandis que dans l’autre, on n’éprouve même pas le besoin d’agir : on foule du pied des éléments qui ne méritent même pas qu’on les remarque.
    Une expression comme :"casse toi, pauvre con" -au cas très improbable où un chef d’Etat l’utiliserait (je ne sais pas , moi : par exemple, la Reine d’Angleterre !)- , indiquerait quand même que ce monarque a noté la présence du pauvre con, et que cette présence le gêne. Pas question donc d’en faire litière.
    Et si l’on ne peut pas faire litière d’un con, cela ne prouve-t-il pas que le sens du XIV siècle : "jouir d’une femme" a bien disparu ?
  • #33
    momolala
    08/01/2010 à 14:10
    • En réponse à chirstian #32 le 08/01/2010 à 13:56 :
    • « L’expression "faire litière de..." n’a pas tout à fait le sens de "faire table rase de..." : dans cette dernière, conscient de certains élém... »
    Remarquable souriante démonstration ! Elle se peut vérifier ici ou là dans le monde plus aussi vaste qu’on le croyait : dans tel pays où l’on fait litière des droits de l’Homme, on fait en outre table rase de ceux qui les revendiquent. C’est hélas moins drôle, surtout pour les droits de l’homme. Quant à ceux de la femme, on en a le plus souvent fait litière, comme d’elle-même. Sous le voile, qui verra sa colère ?
  • #34
    deLassus
    08/01/2010 à 14:53*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #27 le 08/01/2010 à 12:55 :
    • « C’est quand même chouette, de pouvoir se répondre, non? On n’a (presque) plus besoin des autres... On peut même se répandre... 😉... »
    [complètement hors sujet >>> supprimé en 2018]
  • #35
    <inconnu>
    08/01/2010 à 15:14
    • En réponse à <inconnu> #30 le 08/01/2010 à 13:40* :
    • « des rois fainéants
      . Les Mérovingiens, donc. Selon l’historien que j’ai lu, il y a bien des années cela viendrait de la déformation de faits... »
    Vais-je devoir faire comme deLassus ? Me répondre à moi-même ? Au moins je ne risquerai aucune contradiction 😉
  • #36
    <inconnu>
    08/01/2010 à 15:28
    • En réponse à cotentine #29 le 08/01/2010 à 13:02* :
    • « ce que je trouverais "chouette" , moi, c’est de me balader en litière, comme au temps des rois fainéants, surtout par ce temps où il fait un... »
    Ca me rappelle un beau film de 1987 " Le palanquin des larmes " cette page
  • #37
    SyntaxTerror
    08/01/2010 à 15:47
    Ce piétinement à même le sol que subit la litière

    Dans le meilleur des cas.
    Les animaux en profitent aussi pour y faire leurs besoins et l’expression est synonyme de : se torcher avec.
  • #38
    horizondelle
    08/01/2010 à 16:01
    • En réponse à <inconnu> #23 le 08/01/2010 à 10:24 :
    • « Chie-en-lit, un peu comme: pisse-en-lit qui en infusion a un effet diurétique prononcé tout comme l’infusion de queue de cerises... avec les... »
    [queue de cerises... avec lesquelles, par la suite, certains sont payés...]
    Chez nous, on dit des queues de prunes, la cerise (mais sans la queue) est plutôt sur le gâteau 😉
  • #39
    PHILO_LOGIS
    08/01/2010 à 16:25*
    • En réponse à deLassus #34 le 08/01/2010 à 14:53* :
    • « [complètement hors sujet >>> supprimé en 2018] »
    Il faudra que j’en parle au docteur...mais nous avons déjà tellement de sujets de conversation, et il me prend tellement cher !

    Tu parles de ton psy, là? De quand tu lui parles? Dr. Varra, qu’il s’apelle. Ne serait-il pas gay? Ce serait alors un psy Ché.
  • #40
    deLassus
    08/01/2010 à 16:29*
    • En réponse à deLassus #26 le 08/01/2010 à 12:34* :
    • « Idem ! »
    [hors sujet >>> supprimé en 2018]