Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire une touche [v]

rencontrer quelqu'un qui répond à une invite galante plus ou moins nette ; séduire ; attirer l'attention de quelqu'un ; taper dans l'oeil

Origine et définition

Les pêcheurs, pas ceux qui vont à confesse (ils n'ont pas le même accent), mais ceux qui trucident sans états d'âme des poissons qui ne demandaient qu'à rester tranquilles dans leur rivière, connaissent parfaitement l'origine de cette expression qui date du début du XXe siècle.
En effet, à la pêche, on fait une 'touche' lorsque cette andouille de poisson mord à l'hameçon[1], chose qu'on repère généralement soit parce que la ligne se tend, soit parce que le bouchon s'enfonce.
C'est par analogie avec le monde de la pêche qu'est née notre expression : un individu, considéré comme un prédateur fait une touche, lorsqu'une autre personne, considérée comme la proie, 'mord' à l'hameçon virtuel qu'on lui tend et commence donc à se laisser prendre.
Mais l'analogie s'arrête là, l'expression n'indiquant pas si la proie ferrée passera à la casserole, comme le poisson, et si les attouchements qu'elle va alors subir la toucheront.
[1] Ou du moins, lorsqu'il tire sur l'appât, mais sans être forcément planté sur l'hameçon.

Exemples

« (…) Costals a pris l'habitude d'y entrer (à la Madeleine) chaque fois qu'il vient de faire une touche sur les boulevards. »
Henry de Montherlant - Les Lépreuses - 1939

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand anbeißen mordre à l'hameçon
Anglais hit it off with someone fiare une touche
Anglais (USA) i got a nibble j'ai reçu une touche
Arabe (Tunisie) famma mass il y a de touche
Espagnol (Espagne) morder el anzuelo mordre l'hameçon
Espagnol (Espagne) picar picorer
Hongrois avoir une / la touche avec jó nála
Italien fare colpo faire coup
Néerlandais sjans hebben faire une touche
Néerlandais (Belgique) touche hebben faire une touche
Néerlandais iemand versieren embellir quelqu'un
Néerlandais (Belgique) aan de haak slaan mettre à l'hameçon
Polonais połknąć haczyk engloutir l'hameçon
Portugais (Brésil) cair na rede tomber dans le filet
Portugais (Brésil) fazer sucesso faire du succès
Portugais (Brésil) morder a isca mordre l'appât
Roumain a agata/a iesi la agatat faire une touche
Roumain a face un agațament faire un accrochage
Roumain a mușca momeala mordre l'appât
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « faire une touche » Commentaires

  • #21
    Elpepe
    09/12/2009 à 10:30
    • En réponse à deLassus #18 le 09/12/2009 à 10:15 :
    • « Histoire de pêche.
      J’ai fait une touche, elle a mordu à l’hameçon. Pendant quelque temps j’ai été heureux comme un poisson dans l’eau; puis... »
    Tu l’as vidée sur la rive, pendant qu’elle était fraîche, au moins ? C’est important, question santé publique.
    Le poissonnier de service
  • #22
    accrodex
    09/12/2009 à 10:43
    Nos amis Anglais poussent le bouchon plus loin : Hook, c’est l’hameçon , mais to hook , c’est aussi faire le trottoir
  • #23
    Rikske
    09/12/2009 à 10:52
    • En réponse à accrodex #22 le 09/12/2009 à 10:43 :
    • « Nos amis Anglais poussent le bouchon plus loin : Hook, c’est l’hameçon , mais to hook , c’est aussi faire le trottoir »
    "Nos amis Anglais": Ouhlàlà ! Tu vas pas faire une touche avec l’amiral, toi ! 😉
  • #24
    deLassus
    09/12/2009 à 10:55
    Faire une touche, c’est avoir un ticket.
    Et avec un ticket de Loto, on peut toucher le gros lot !
  • #25
    horizondelle
    09/12/2009 à 10:56
    • En réponse à mickeylange #19 le 09/12/2009 à 10:24 :
    • « Bon, à toi la trirème du jour !
      Pfffff.... »
    Touché !!! :’-))
  • #26
    Rikske
    09/12/2009 à 10:56
    • En réponse à deLassus #24 le 09/12/2009 à 10:55 :
    • « Faire une touche, c’est avoir un ticket.
      Et avec un ticket de Loto, on peut toucher le gros lot ! »
    Ou toucher les gros lolos...
  • #27
    horizondelle
    09/12/2009 à 10:59
    • En réponse à Rikske #26 le 09/12/2009 à 10:56 :
    • « Ou toucher les gros lolos... »
    Pour ça, il faut effectivement avoir le ticket, mais celui de loto ne sert à rien!😐
  • #28
    kim_chee
    09/12/2009 à 11:17
    • En réponse à deLassus #20 le 09/12/2009 à 10:28 :
    • « Je lis, dans cet excellent glossaire : cette page, que toucher (le fond avec la quille) est synonyme d’échouer. Donc, sur la mer, faire u... »
    on a fiat une touche au marin, matelot
  • #29
    chirstian
    09/12/2009 à 11:17
    croyant avoir une touche, je lui ai proposé la botte.🙂 Elle a botté en touche ! 🙁
  • #30
    deLassus
    09/12/2009 à 11:17
    • En réponse à horizondelle #27 le 09/12/2009 à 10:59 :
    • « Pour ça, il faut effectivement avoir le ticket, mais celui de loto ne sert à rien!😐 »
    Ah bon ?
    Pourtant, le passage au ralenti à la sortie d’une boîte, le coude négligemment posé sur la portière d’une Ferrari rouge, gagnée au Loto ou autrement, ça aide à faire des touches ! Du moins on voit ça dans des films.
  • #31
    kim_chee
    09/12/2009 à 11:18
    • En réponse à deLassus #24 le 09/12/2009 à 10:55 :
    • « Faire une touche, c’est avoir un ticket.
      Et avec un ticket de Loto, on peut toucher le gros lot ! »
    pour l’instant tu n’as touche une quille a ce que je constate
  • #32
    Elpepe
    09/12/2009 à 11:19
    • En réponse à deLassus #20 le 09/12/2009 à 10:28 :
    • « Je lis, dans cet excellent glossaire : cette page, que toucher (le fond avec la quille) est synonyme d’échouer. Donc, sur la mer, faire u... »
    Très exactement, toucher le fond avec la quille, c’est "talonner". Il ne faut pas non plus confondre l’"échouage", qui est volontaire, avec l’"échouement", qui ne l’est pas du tout. Et qui peut se produire si on s’est planté dans son calcul de marée, si le sondeur est en rideau, si le positionnement est faux, si l’appareil à gouverner est nazebroque, si le skipper est bourré, si le temps est pourri et drosse le bateau désemparé à la côte parce que sa grand voile est en lambeaux, que son moteur refuse de démarrer ou n’est pas assez puissant pour étaler vents et courants, etc... La liste des fortunes de mer sort tout droit d’une corne d’abondance : cette page.
  • #33
    Elpepe
    09/12/2009 à 11:20
    • En réponse à Rikske #23 le 09/12/2009 à 10:52 :
    • « "Nos amis Anglais": Ouhlàlà ! Tu vas pas faire une touche avec l’amiral, toi ! 😉 »
    En guise de bienvenue, je te vais le coller samedi, moi, tiens ! :’-))
  • #34
    deLassus
    09/12/2009 à 11:47*
    • En réponse à kim_chee #28 le 09/12/2009 à 11:17 :
    • « on a fiat une touche au marin, matelot »
    Il y a anguille sous roche, matelote !
    Bon app’ .
  • #35
    accrodex
    09/12/2009 à 12:16
    • En réponse à Elpepe #33 le 09/12/2009 à 11:20 :
    • « En guise de bienvenue, je te vais le coller samedi, moi, tiens ! :’-)) »
    rendu a la colle .. c’est plus qu’une touche ! 😄
  • #36
    LeboDan_Ubbleu
    09/12/2009 à 12:32
    • En réponse à deLassus #24 le 09/12/2009 à 10:55 :
    • « Faire une touche, c’est avoir un ticket.
      Et avec un ticket de Loto, on peut toucher le gros lot ! »
    Et avec un ticket de Loto, on peut toucher le gros lot-lot !

    Au grattage ou au tirage ?
  • #37
    LeboDan_Ubbleu
    09/12/2009 à 12:46
    • En réponse à Elpepe #32 le 09/12/2009 à 11:19 :
    • « Très exactement, toucher le fond avec la quille, c’est "talonner". Il ne faut pas non plus confondre l’"échouage", qui est volontaire, avec... »
    avec l’"échouement", qui ne l’est pas du tout...

    Mon intention n’est pas de te contredire, cher grand marin, mais voici ce que nous en dit le Glossaire de la voile et de la mer suscité par DeLassus :
    Échouement. n.m. Action d’échouer involontairement, par exemple à la suite d’une erreur de navigation, ou volontairement pour éviter un risque plus grave comme le naufrage.
    On peut aussi se planter pour la bonne cause ! 😉
  • #38
    Elpepe
    09/12/2009 à 12:46
    • En réponse à accrodex #35 le 09/12/2009 à 12:16 :
    • « rendu a la colle .. c’est plus qu’une touche ! 😄 »
    Si tu nous lis depuis lulure, tu dois savoir que God m’a confié le carnet de colles, que je distribue à tour de bras à Mickey, le plus turbulent des gosses d’ici. Le ouiquinde, je le laisse sur le zinc, pour Chirstian le Sélénite, qui ne supporte pas d’entendre une mouche voler, et est donc tout désigné pour surveiller la cour en mon absence. Et si tu connais peu la configuration des lieux, va faire un tour à cette page.
  • #39
    mickeylange
    09/12/2009 à 13:13
    Faire une touche... et puis jouer à touche pipi ?
  • #40
    Elpepe
    09/12/2009 à 13:22
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #37 le 09/12/2009 à 12:46 :
    • « avec l’"échouement", qui ne l’est pas du tout...
      Mon intention n’est pas de te contredire, cher grand marin, mais voici ce que nous en dit... »
    Oui, la nuance est subtile. La conséquence d’un échouement est toujours l’endommagement, voire la destruction du navire, même si la manœuvre a été réalisée volontairement pour éviter pire, pour sauver l’équipage ou la cargaison par exemple. Il s’agit donc bien d’une fortune de mer, dont personne n’avait eu l’intention de la voir se réaliser en prenant la mer.
    L’échouage, lui, est toujours volontaire, et n’endommage en rien le bateau : on peut échouer pour caréner, par exemple en adossant un quillard contre un quai en attendant que la mer se retire (dans un port d’échouage), et nettoyer la coque sans avoir à payer une sortie d’eau et une remise à l’eau, opérations qui coûtent cher pour mettre un slip au bateau ! Avec de petits voiliers quillards, on peut également échouer en les béquillant pour qu’ils tiennent "droit" sur leur quille une fois au sec, mais l’opération peut être casse-gueule en fonction de la qualité du fond (sable, vase, roches...) et de la force du vent. Si on a un catamaran, un biquille ou un dériveur intégral, l’échouage est en revanche un jeu d’enfant. A condition de ne pas échouer n’importe où ! Bref, un échouage s’anticipe et se calcule, en fonction du programme de l’équipage. Ainsi, si tu échoues dans une vase bien grasse et douce à la carène, il te sera impossible de le quitter le temps d’une marée, car hors du bord tes bottes s’enfonceront jusqu’aux épaules, ce qui constitue un sacré frein à la marche, convenons-en ! Sans compter que, le flot revenant, ta belle vase risquerait fort de faire un gros suçon à ta coque, qui refuserait de se remettre à flotter de ce fait. Et couler comme ça, les spectateurs sur la rive se taperaient sur les cuisses écroulés de rire. Ton assureur, moins, et toi encore moins. Demande à Mickey, ça a bien dû lui arriver... Pour faire une touche dans ces conditions, t’as le bonjour d’Alfred !