Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Filer un mauvais coton

Dépérir, avoir la santé qui se dégrade.
Mais aussi :
Faire de mauvaises affaires.
Mener une vie déréglée, ne menant à rien.

Origine

A la fin du XVIIe siècle, pour signifier "se ruiner", on disait "jeter un vilain coton" par allusion aux étoffes qui, en s'usant, perdaient des boules de fil de coton jusqu'à leur détérioration complète ou la déchirure.
Au XIXe siècle, alors que la même expression signifie déjà "dépérir par la maladie", 'vilain' est progressivement remplacé par 'mauvais' et l'installation de nombreuses filatures où on 'file' le coton, provoque le remplacement de 'jeter' pour aboutir à l'expression actuelle.

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne Allemand Auf die schiefe Bahn geraten Arriver sur la pente glissante
Allemagne Allemand Es geht mit dir bergab Être en train de descendre la montagne
Angleterre Anglais To be in a tight spot Être dans un endroit étroit
Canada Anglais Wasting away Dépérir
Argentine Espagnol Ir por mal camino Aller par le mauvais chemin
Espagne Espagnol Ir de culo Aller le cul en avant
Espagne Espagnol Ir por el mal camino Aller par le mauvais chemin
Espagne Espagnol Tenir mala peça al teler Avoir une mauvaise pièce sur le métier à tisser
Canada Français Chiquer la guenille Mâchouiller du vieux coton
Canada Français Être tout croche
Canada Français Filer un mauvais coton Être dépressif, vivre une période difficile
Italie Italien Essere a mal partito Être en mauvaise posture
Italie Italien Essere in cattive acque Être dans de mauvaises eaux
Italie Italien Passarsela male Se la passer mal
Belgique Néerlandais Op het slechte pad zijn Faire mauvaise route, être sur la mauvaise pente
Pays-Bas Néerlandais Een scheve schaats rijden Glisser sur un faux patin
Pays-Bas Néerlandais In ''de aap'' gelogeerd zijn Être logé (à l'hôtel) ''le singe''
Roumanie Roumain A o lua la vale La prendre (aller) vers la vallée
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Commentaires sur l'expression « Filer un mauvais coton » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 30/01/2010 à 03:58
    Encore la prem’s. Quel honneur!!!Pendant que vous dormez tous du plus profond des sommeils, (enfin j’espère pour vous), les mains sur les couvertures, nous, nous filons un mauvais coton. Tempête (pas dans un verre d’eau) tropicale sur le secteur qui pourrait bien se transformer en cyclone. Alors on se prépare au pire et au meilleur. Verdict dans quelques heures. En attendant on range les voiles, les tauds et tout ce qui pourrait être emporté. Et que j’te renforce les amarres. Je ne file pas la laine, pas le temps.
    Bonne fin de nuit à toutes et à tous.
  • #2
    • wacokid
    • 30/01/2010 à 05:31
    Je sens que je vais encore écrire une connerie...
    ...
    !
  • #3
    • <inconnu>
    • 30/01/2010 à 07:03*
    Il me souvient avoir lu où entendu, je ne sais où, que l’origine de l’expression
    "filer un mauvais coton" provenait des filatures du nord.
    Lorsque la machine à filer était déréglée voir usée, "elle filait un mauvais coton"....
    Cela ne vous semble t’il pas plus judicieux comme explication?
    (Il me semble me souvenir avoir lu cela dans un ouvrage sur l’argot et plus précisément l’argot de métier.)
    PS (exemple d’explication)
    Un mouton qui n’a plus la laine fraiche file un mauvais coton.
  • #4
    • <inconnu>
    • 30/01/2010 à 07:22
    A Churchill sur son lit de mort à qui l’ on demandait "How do you feel?", on prête cette réponse:" I feel du mauvais coton"!
  • #5
    • deLassus
    • 30/01/2010 à 07:56*
    • En réponse à <inconnu> #3 le 30/01/2010 à 07:03* :
    • « Il me souvient avoir lu où entendu, je ne sais où, que l’origine de l’expression
      "filer un mauvais coton" provenait des filatures du nord.
      L... »
    Je ne te garantis rien pour ton exemple d’explication.
    Pour le reste, tu as sans doute raison (cf l’explication de God), si les premières filatures ont été installées dans le Nord de la France. Mais on trouve cette expression dans toutes les anthologies de parlers provinciaux.
    Mais en farfouillant un peu dans Google, j’ai trouvé cette nuit plus amusant : avant les filatures sans doute, ces dames du Nord parfois filaient un mauvais CORON :
    cette page
    Ce serait donc à l’origine des fameux corons du Nord, quartiers isolés avant les houillères.
    Comme je suis du Sud-Ouest, toutes ces expressions savoureuses me sont totalement inconnues, d’autant plus qu’elles varient d’une ville à une autre.
    D’où ma vile question du jour : Un(e) Nordiste peut-il authentifier cet ouvrage par ailleurs fort intéressant ?
  • #6
    • deLassus
    • 30/01/2010 à 08:31*
    • En réponse à wacokid #2 le 30/01/2010 à 05:31 :
    • « Je sens que je vais encore écrire une connerie...
      ...
      ! »
    Comme tu as hésité également hier, le "encore" n’est pas de mise...
    Lance-toi, tu as la chance d’être un lève-tôt, tu me feras de la concurrence et de la compagnie !
    Moi qui suis légèrement insomniaque, j’écris souvent la nuit sur ce site ce que je peux ou ce que je trouve.
    Je ne m’attends jamais à des foules de groupies, car ceux qui me connaissent zappent allègrement.
    Ce sont les plus acharnés des écolos, car pour eux Allègre ment !
    Certains jours de pèche miraculeuse, j’arrive, comme hier, à en intéresser une belle poignée, qui ont disserté toute la journée sur je ne sais déjà plus quelle "vile question".
    QUEL BONHEUR ! C’est tout ce que je te souhaite.
    Sache qu’au petit matin tu auras toujours au moins un lecteur attentif et très indulgent.
  • #7
    • tytoalba
    • 30/01/2010 à 08:54
    • En réponse à deLassus #6 le 30/01/2010 à 08:31* :
    • « Comme tu as hésité également hier, le "encore" n’est pas de mise...
      Lance-toi, tu as la chance d’être un lève-tôt, tu me feras de la concurr... »
    tu cherches encore à nous égarer, à brouiller les pistes, à nous faire coller par LPP dans le cul de basse-fosse, tout cela pour que nous tenions compagnie à Houba et ses fameux crayons. Mais puisque, je n’ai pu résister à la tentation, je te livre un très beau coron, à quelques kilomètres de chez moi. Voir à cette page.
    Bienvenue aux nouveaux et nouvelles, bon week-end à tous. La neige tombe sur le hainaut ce matin. C’était le point météo du jour. 🙂
    Un bonjour particulier à Dadiche en espérant pour toi que le cyclone passera au large.
    Revenons à nos moutons. Heu non, là je m’égare encore il s’agit de coton et pas de laine.
    Il vaut mieux filer le parfait amour que le mauvais coton.
  • #8
    • momolala
    • 30/01/2010 à 09:16
    • En réponse à deLassus #6 le 30/01/2010 à 08:31* :
    • « Comme tu as hésité également hier, le "encore" n’est pas de mise...
      Lance-toi, tu as la chance d’être un lève-tôt, tu me feras de la concurr... »
    Toi, tu files le mauvais coton. En ce qui me concerne, c’est précisément pour ne pas avoir à les zapper que je t’ai demandé d’écourter tes copiés-collés en longs monologues. La forme me gênait dans ma lecture, plus que le fond. Avec le bon fil on tisse ici des voiles légères qui nous emportent pour la journée au gré du vent. Ou pas. C’est que les autres ont choisi un autre fil et c’est tout. Qu’ils sont là, ou pas. Le fuseau de God s’accommode fort bien de tous ces bouts de fil disparates dont aucun finalement n’est plus rouge que les autres dans cet écheveau d’échanges. Des fils des liens aussi quand on les fait siens. Des liens entre nous aussi souvent que faire se peut, et avec plaisir, quand on garde ensemble la voile tendue sans la tirer davantage à soi. Dénoue donc le fil de ta barque et laisse-toi porter par le courant. Nous avons un amiral, un phare lumineux, God veille sur nous. Tout va bien.
  • #9
    • deLassus
    • 30/01/2010 à 09:22
    • En réponse à tytoalba #7 le 30/01/2010 à 08:54 :
    • « tu cherches encore à nous égarer, à brouiller les pistes, à nous faire coller par LPP dans le cul de basse-fosse, tout cela pour que nous te... »
    je ne cherche rien du tout, sinon des angles d’attaque pour l’expression du jour sur Google.
    Et cette nuit j’ai trouvé des extraits de cet ouvrage récent : cette page ,
    et cet extrait que je vous ai donné. Je ne suis ni du Nord, ni cousin de l’auteur, ni actionnaire de cet éditeur
    Merci beaucoup pour ton descriptif de l’écomusée. C’est bien de garder ainsi la mémoire riche de cette période d’exploitation minière où tant d’hommes, souvent fort jeunes, ont sué sang et eau pour que nous ayons chaud dans nos maisons et écoles.
  • #10
    • momolala
    • 30/01/2010 à 09:25
    Je ne sais pas s’il reste aujourd’hui du mauvais coton à filer. Je viens de découvrir sur cette page que la plus grande partie du coton qui pousse aujourd’hui sur notre Terre est transgénique. Je savais qu’on lui devait la disparition de la Mer d’Aral et je me demande qui porte tout ce coton, compte tenu de la multiplication des fibres synthétiques largement répandues dans les vêtements qui nous sont proposés.
  • #11
    • momolala
    • 30/01/2010 à 09:27
    • En réponse à deLassus #9 le 30/01/2010 à 09:22 :
    • « je ne cherche rien du tout, sinon des angles d’attaque pour l’expression du jour sur Google.
      Et cette nuit j’ai trouvé des extraits de cet o... »
    Il est dommage qu’on ne puisse entendre l’accent particulier de cette région. Syntax Terror saurait, dans une convention picarde, nous donner l’écho de la langue des corons.
  • #12
    • chirstian
    • 30/01/2010 à 09:40
    • En réponse à <inconnu> #1 le 30/01/2010 à 03:58 :
    • « Encore la prem’s. Quel honneur!!!Pendant que vous dormez tous du plus profond des sommeils, (enfin j’espère pour vous), les mains sur les co... »
    tu es effectivement la première, et ce qui est plus remarquable c’est que l’expression "filer un mauvais coton" faisait tapisserie depuis octobre 2005 !
  • #13
    • syanne
    • 30/01/2010 à 09:43
    • En réponse à momolala #8 le 30/01/2010 à 09:16 :
    • « Toi, tu files le mauvais coton. En ce qui me concerne, c’est précisément pour ne pas avoir à les zapper que je t’ai demandé d’écourter tes c... »
    Et toi belle tisserande de mots. tu files bien la métaphore, ce qui est parfois coton.
  • #14
    • horizondelle
    • 30/01/2010 à 09:43*
    • En réponse à momolala #10 le 30/01/2010 à 09:25 :
    • « Je ne sais pas s’il reste aujourd’hui du mauvais coton à filer. Je viens de découvrir sur cette page que la plus grande partie du coton qui... »
    C’est peut-être à cause de tous les cosmétiques, gels douches... à "la fleur de coton", s’il n’y a plus de fleur, il n’y aura bientôt plus de fil 🙁
  • #15
    • syanne
    • 30/01/2010 à 09:45
    • En réponse à chirstian #12 le 30/01/2010 à 09:40 :
    • « tu es effectivement la première, et ce qui est plus remarquable c’est que l’expression "filer un mauvais coton" faisait tapisserie depuis oc... »
    Ce qui nous a permis de faire la navette d’une année à l’autre et retrouver la trame d’expressio, qui enchaîne et vingt fois sur le métier remet sa belle ouvrage...
  • #16
    • chirstian
    • 30/01/2010 à 09:48
    l’explication historique vous a échappé, et il m’appartient une fois de plus de relever le niveau de ce site.
    L’expression se rattache au père Coton, confesseur du roi Henri IV. Quand le roi n’avait pas le temps de lui donner la liste de tous ses péchés il lui proposait : j’te file un mot, vé, Coton ! (Vé était une interjection du Béarn, comme vous le sa-Vé ). C’était comme qui dirait l’avis d’envoi d’un SMS, le père Coton ayant du reste été le premier -excusez le du peu, même si c’était hier! - à rendre possible la confession sur internet.
  • #17
    • OSCARELLI
    • 30/01/2010 à 09:53
    • En réponse à chirstian #12 le 30/01/2010 à 09:40 :
    • « tu es effectivement la première, et ce qui est plus remarquable c’est que l’expression "filer un mauvais coton" faisait tapisserie depuis oc... »
    Ce qui est bien la preuve que les produits d’avant, n’est-ce-pas... c’était de la qualité. Une tapisserie de 2005, dis donc, hein, ca c’est de la belle ouvrage, comme les Gobelins d’antan. Pas filé avec du mauvais coton. Et pas filé à l’anglaise non plus, parce que là, c’eut été faux-filé, spa...
  • #18
    • OSCARELLI
    • 30/01/2010 à 09:54
    • En réponse à chirstian #16 le 30/01/2010 à 09:48 :
    • « l’explication historique vous a échappé, et il m’appartient une fois de plus de relever le niveau de ce site.
      L’expression se rattache au pè... »
    Vi, vi, vi, et vrai de vrai. D’ailleurs que tu l’as personnelleent bien connu, le Père Jimmy Coton, spa...
  • #19
    • chirstian
    • 30/01/2010 à 09:54
    quand j’étais sur la Lune,
    filant un mauvais lin,
    rêvant d’enfiler l’une
    mais pas assez malin,
    trompais ma solitude
    en prenant mes deux mains :
    hier était bien rude,
    j’aspirais à demain.
  • #20
    • OSCARELLI
    • 30/01/2010 à 10:00*
    filer du mauvais coton, signifie en fait sortir des produits des chaînes de fabrication les lendemains de veille.
    Tout le monde sait très bien qu’il ne faut pas acheter un véhicule sorti des chaînes un lundi matin, par exemple. De même, n’achetez jamais une pièce de tissu sorties de production ce même lundi matin. Vous en perdriez même le fil de vos idées, pour peu que vous en ayez (je parle du fil, bien entendu). Quelle bobine vous tireriez, alors!