Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

cheville ouvrière [n]

pilier ; pierre angulaire ; pivot ; épine dorsale ; pièce maîtresse ; ossature ; clef de voûte ; colonne vertébrale ; fondement ; personnage principal ; agent essentiel autour duquel s'organise et fonctionne une entreprise

Origine et définition

Il ne faut pas confondre Arlette Laguillier[1] qui est la cheville ouvrière de Lutte Ouvrière avec la cheville que l'ouvrière s'est foulée en faisant de la lutte, ce qui l'empêche d'être la cheville ouvrière de sa petite entreprise.
A l'origine, la cheville ouvrière est, dans un assemblage mécanique, la pièce qui travaille le plus tout en supportant l'effort principal.
En 1694, Furetière écrit, à propos des carrosses et autres voitures de l'époque : "grosse cheville de fer sur laquelle tourne le train de devant, et qui l'attache à la flèche".
C'est donc une pièce maîtresse, totalement indispensable au bon fonctionnement d'un ensemble dans lequel elle oeuvre (d'où le 'ouvrière').
Apparemment, c'est Lesage qui, en 1715, utilise le premier la métaphore que nous connaissons aujourd'hui où la cheville ouvrière désigne en général une personne devenue indispensable à la bonne marche de son organisation.
[1] Oui, cette dame qui ressurgit de nulle part à chaque élection présidentielle et qui, alors, pousse régulièrement son cri rauque et sauvage à faire frémir les acariens et les castors aveugles : "travailleurs, travailleuses, on vous exploite, on vous spolie...".
On l'a aussi parfois vue en maillot rouge courir au ralenti sur une plage, dans "Arlette à Malibu".

Compléments

Il est important de préciser que, dans la signification de l'expression, l'entreprise est aussi bien une société que, plus simplement, quelque chose que l'on entreprend de faire.

Exemples

« (…) ils me choisirent d'une commune voix pour leur chef. Je justifiai bien leur choix par une infinité de friponneries que nous fîmes, et dont je fus, pour ainsi parler, la cheville ouvrière. »
Alain René Lesage - L'histoire de Gil Blas de Santillane
« Vingt ans de suite, effacée, silencieuse, infatigable, elle avait été la cheville ouvrière de la maison (…) »
Roger Martin du Gard - Les Thibault

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand die treibende Kraft la force qui fait avancer
Anglais (USA) the linchpin l'esse ; la cheville d'essieu
Anglais backbone colonne vertébrale
Anglais linchpin pivot
Anglais mainspring ressort principal
Anglais the big boss le grand chef
Anglais the top banana le banane principal
Anglais (USA) kingpin roi-épingle
Arabe العمود الفقري colonne vertébrale
Chinois 骨干 backbone
Espagnol (Argentine) ser el alma mater de algo être l'alma mater de quelque chose
Espagnol (Espagne) alma âme
Espagnol (Espagne) El alma del equipo l'Âme de l'équipe
Espagnol (Espagne) eje axe
Gallois y ceffyl blaen le cheval en tête de liste
Hongrois a társaság lelke / A legfontosabb ember a társaságban /A nagyfönök l'âme de la bande / Le personnage principal dans une bande/association / Le grand chef
Hébreu עמוד התווך (amoud hatavèkh) le pilier
Italien fulcro / Perno pivot
Italien il factotum le factotum
Néerlandais de spin in het web l'araignée dans la toile
Néerlandais spil broche
Néerlandais spil/as waar alles om draait axe autour duquel tourne tout
Néerlandais (Belgique) de drijvende kracht la force actionnante / guidante
Portugais (Brésil) mola mestra ressort principal
Roumain baza temeliei fundamentului la base de la fondation du fondement (ironique)
Roumain cheia de boltă la clef de voûte
Roumain pivotul le pivot
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Voir aussi

Variantes

  • La chenille ouvrière

Commentaires sur l'expression « cheville ouvrière » Commentaires

  • deLassus
    12/01/2016 à 11:46*
    • En réponse à deLassus #220 le 12/01/2016 à 11:42 :
    • « J'ai une botte secrète, que j'ai déjà expliquée à de nombreuses reprises... »
    Et ça marche !
    Réponse à "le gone" bien sûr (#219)
  • saharaa
    12/01/2016 à 12:15
    • En réponse à Utilisateur supprimé #207 le 12/01/2016 à 10:05* :
    • « L'intermédiaire de la transaction s'appelle un chevilleur (en Belgique).
      En boucherie une cheville est une barre sur laquelle sont placés le... »
    Dans la série " on en remet une couche " : Toi et Bouba êtes excusés de ne pas avoir lu les VDD 😄 Mais DiwanC l'avait déjà expliqué en #140 !
    citation :
    " On peut aussi vendre à la cheville, revendre en gros et en demi-gros la viande dépecée et accrochée à des chevilles (crochets de boucherie) ; ces commerçants-bouchers sont alors appelés chevillards. "
  • DiwanC
    12/01/2016 à 12:37*
    • En réponse à Paracas #195 le 12/01/2016 à 05:39* :
    • « Alors là bravo, fallait nous la concocter celle là !
      C'est vrai que chez Georges il n'y a pas d'ouvrier mais il y a un militant et il est là... »
    A l'époque j'avais des illusions...

    Ah ! qu'elle était jolie, la petite ouvrière de M. Seguin, avec sa blouse blanche et ses petits escarpins noirs et luisants qui lui faisaient de fines chevilles ! Elle accomplissait son travail sans broncher, sans mettre le pied dans le plat des revendications salariales.
    Un jour en regardant le plafond de verre, elle se dit !
    - Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir ce doit être de travailler dans la lumière, sans cette maudite blouse de toile rêche qui vous écorche le cou !...
    Alors elle a commencé à se languir, elle maigrissait, son rendement s'en ressentait.
    - Qu'est-ce que tu veux ? lui a demandé M. Seguin.
    - Une promotion... et si vraiment ce n'est pas possible, au moins une toute petite augmentation.
    - Ah ! misère ! Tu ne te rends pas compte des charges qui pèsent sur mes épaules. Mais... passe à mon bureau cet après-midi... Nous continuerons la discussion sur le canapé ! ajouta-t-il avec un clin d'œil qu'il voulait complice.
    La Blanche, elle te lui a retourné une paire de claques à lui dévisser la tête ! Et puis elle était allée voir un syndicaliste de l'entreprise, M. Leloup.
    Merci M'sieur Daudet
    😛
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 13:53
    • En réponse à deLassus #220 le 12/01/2016 à 11:42 :
    • « J'ai une botte secrète, que j'ai déjà expliquée à de nombreuses reprises... »
    Les nouveaux mots d'un site ne sont repris par Google que 2 à 3 jours après, le temps de les chercher, trier, classifier et rendre disponibles.
  • gonalzako
    12/01/2016 à 14:06
    • En réponse à DiwanC #135 le 07/10/2013 à 12:08* :
    • « Tout forumeur/meuse doit lire les propos des voisins, d’abord parce que ça évite les redites - et par conséquent, le "Pan ! dans les dents !... »
    j’entraperçois le Guide pratique de l’architecture navale

    Aussi intéressant qu'il soit, ledit guide aurait mérité quelques illustrations pour être plus clair !
  • mickeylange
    12/01/2016 à 14:20
    • En réponse à DiwanC #223 le 12/01/2016 à 12:37* :
    • « A l'époque j'avais des illusions...
      Ah ! qu'elle était jolie, la petite ouvrière de M. Seguin, avec sa blouse blanche et ses petits escarpi... »
    Et puis elle était allée voir un syndicaliste de l'entreprise, M. Leloup.

    Monsieur Leloup (de lutte ouvrière) assurait la défense des employées de monsieur Seguin, surtout les plus jolies.
    Monsieur Seguin, ce salaud ne pratiquait que la promotion canapé. Ce qui excluait d'avoir de l'avancement pour les plus vertueuses, ou les plus moches.
    La pauvrette était coincée entre deux satyres, le père Seguin ou rester la cheville ouvrière de l'atelier sans augmentation, le père Leloup qui rêvait de la manger toute crue, enfin quand je dis manger...
    Elle devait donc se débrouiller toute seule.
    Un matin, elle a eu une idée. Elle a annoncé à toutes ses collègues de l'usine qu'elle avait dit oui, à Seguin et à Leloup et que le lundi elle ferait un rapport public sur son week-end.
    Le lundi matin toutes les ouvrières voulaient savoir.
    La petite employée de M. Seguin, avec sa blouse blanche et ses petits escarpins noirs et luisants révéla que l'un en avait une toute petite et l'autre ressemblait à un lapin dans le déduit.
    Les deux devinrent immédiatement la risée de l'atelier, perdant toute autorité sur le personnel, à tel point que la direction a été obligée de les changer d'usine.
    Cette histoire est une histoire vraie*, qui m'a été comptée par le chef du personnel d'une grande entreprise.
    * sauf les noms bien entendu
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 14:20
    Si une chenille se foule une cheville
    Est-ce la faute à Obama ?
  • DiwanC
    12/01/2016 à 15:21*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #227 le 12/01/2016 à 14:20 :
    • « Si une chenille se foule une cheville
      Est-ce la faute à Obama ? »
    Qui racontera le calvaire d'un mille-pattes qui s'en brisa quelques dizaines ?
    Est-ce la faute à Voltaire qui du pied, le poussa par terre ?
    Ou la faute à Rousseau qui le jeta dans le ruisseau ?
  • DiwanC
    12/01/2016 à 15:26*
    • En réponse à mickeylange #226 le 12/01/2016 à 14:20 :
    • « Et puis elle était allée voir un syndicaliste de l'entreprise, M. Leloup.
      Monsieur Leloup (de lutte ouvrière) assurait la défense des emplo... »
    - On peut quand même leur dire que M'sieur Leloup c'est....
    - Non ! On a dit : pas de nom !
    - Pffff... M'sieur Seguin alors ?
    - Je te le répète, on a dit pas : pas de nom ! C'est pourtant clair !
    - Et leurs photos ?
    - Ah... pour les photos... on n'a rien dit...
    - Yeeess ! Jean ! Yves ! Vous pouvez nous faire les agrandissements !
    😄
  • le gone
    12/01/2016 à 16:32
    • En réponse à deLassus #221 le 12/01/2016 à 11:46* :
    • « Et ça marche !
      Réponse à "le gone" bien sûr (#219) »
    Ton lien ne prouve rien quant à l'absence de chevilles ouvrières sur ce site. Chacun (e) œuvre à sa façon et nous évoluons avec ces partages. Nous sommes donc tous plus ou moins en cheville avec les autres. Une cheville ouvrière mutualisée existe donc bien. Non mais !
  • le gone
    12/01/2016 à 16:38
    • En réponse à DiwanC #228 le 12/01/2016 à 15:21* :
    • « Qui racontera le calvaire d'un mille-pattes qui s'en brisa quelques dizaines ?
      Est-ce la faute à Voltaire qui du pied, le poussa par terre ?... »
    Ah merci Diwan ! Quel bel exemple que le mille-pattes et toutes ses chevilles. En prenant une colonne de chenilles processionnaires on va encore plus loin dans la démesure. Mais elles vont où ? Chez Paul p'tet ben...
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 16:58
    • En réponse à DiwanC #228 le 12/01/2016 à 15:21* :
    • « Qui racontera le calvaire d'un mille-pattes qui s'en brisa quelques dizaines ?
      Est-ce la faute à Voltaire qui du pied, le poussa par terre ?... »
    T'es poète malgré toi...j'adore !!!!
  • DiwanC
    12/01/2016 à 18:09*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #232 le 12/01/2016 à 16:58 :
    • « T'es poète malgré toi...j'adore !!!! »
    Hélas... tout cela n'est que pâle copie... Poète, point ne suis... 🙁
    Gavroche n'était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l'air, regarda de côté d'où était venu le coup et se mit à chanter
    Je suis tombé par terre,
    C'est la faute à Voltaire,
    Le nez dans le ruisseau,
    C'est la faute à …

    Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit la face contre le pavé et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler.

    Cinquième Partie, 1, 15 – Victor Hugo.
    Extrait de "Les Misérables", comédie musicale.
    M'sieur Larousse raconte que...
    ...tout ça remonterait à la fantaisie d’un prédicateur qui aurait baptisé Voltaire son bonnet, et Rousseau sa tabatière. Faute d’avoir sous la main les deux philosophes, il haranguait ses deux objets familiers et l’histoire se serait répandue. [...] Nous sommes donc maintenant sous la Restauration, et le chansonnier Béranger moque cette manie de prendre Voltaire et Rousseau comme boucs émissaires :
    Si tant de prélats mitrés
    Successeurs du bon Saint-Pierre
    Au Paradis sont entrés
    Par Sodome et par Cythère,
    Des clefs s’ils ont un trousseau,
    C’est la faute de Rousseau,
    S’ils entrent par derrière,
    C’est la faute de Voltaire.

    Et c’est un autre chansonnier, Desaugier qui, paraît-il, a repris ce thème agrémenté de la célèbre variante :
    Si le diable adroit et fin
    À notre première mère
    Insinua son venin,
    C’est la faute à Voltaire.
    Si le genre humain dans l’eau
    Pour expier son offense
    Termina son existence,
    C’est la faute à Rousseau.
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 19:17*
    • En réponse à DiwanC #233 le 12/01/2016 à 18:09* :
    • « Hélas... tout cela n'est que pâle copie... Poète, point ne suis... 🙁
      Gavroche n'était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son s... »
    Mais tu as eu l'esprit de penser à ces vers de Hugo et d'en composer ta propre version.
    J'adore les comptines pour enfants (pléonasme ?). 'Me semble que pas mal de mes compatriotes ne connaissent plus les comptines, donc je vais offrir deux volumes de comptines à mon petit fils et en même temps ma fille pourra les apprendre.
    J'apprends à l'instant qu'un des sens du mot cheville est le suivant : mot inutile au vers que l'on rajoute pour obtenir le bon nombre de pieds ou la rime (Wiktionnaire). C'est donc une cheville ouvrière en quelque sorte, non ?
  • DiwanC
    12/01/2016 à 20:40*
    • En réponse à Utilisateur supprimé #234 le 12/01/2016 à 19:17* :
    • « Mais tu as eu l'esprit de penser à ces vers de Hugo et d'en composer ta propre version.
      J'adore les comptines pour enfants (pléonasme ?).... »
    Pléonasme ? Il semble en effet. Tous les dico. consultés ramènent à l'enfance.
    Les comptines... nos premiers poèmes... Inoubliable !
    Bateau sur l'eau
    La rivière, la rivière
    Bateau sur l'eau
    La rivière, plouf ! à l'eau !

    Et merveilleux site où l'on passe allègrement de la Révolution à "Il était une fois..."
    Du... Ah, ça ira, ça ira, ça ira
    Les aristocrates à la lanterne
    Ah, ça ira, ça ira, ça ira
    Les aristocrates on les pendra !

    À... Dodo, l'enfant do
    L'enfant dormira bien vite
    Dodo l'enfant do,
    L'enfant dormira bientôt.
    🙂
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 22:05*
    Voici une comptine composée de phrases absurdes...
    Hey diddle diddle
    The cat and the fiddle
    The cow jumped over the moon
    The little dog laughed to see such sport
    And the dish ran away with the spoon !
    Hey diddle diddle (aucun sens là à part la rime avec fiddle, une sorte de violon)
    Le chat et le violon
    La vache a sauté par-dessus la lune
    Le petit chien a bien ri de voir cette scène
    Et l'assiette s'est enfuie avec la cuillère !
    Bon. Il y a quelques mois je vois un dessin humoristique dans The New Yorker, revue hebdomadaire, qui consiste à une cuillère qui dit à une fourchette :
    Bien sûr l'assiette s'est enfuie avec moi mais après elle m'a quitté pour une cuillère parisienne (cuillère à melon).
    Ce qui prouve qu'il faut se connaître aux comptines. Voilà.
  • SyntaxTerror
    12/01/2016 à 22:51*
    Moi qui croyais que les comptines, c'est pour apprendre à compter :
    Un, deux, trois
    Nous irons au bois
    Quatre, cinq, six
    Cueillir des cerises
    Sept, huit, neuf
    Dans mon panier neuf
    Dix, onze, douze
    Elles seront toutes rouges.
    Au fait, comment dit-on "nursery rhymes" en Français ?
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 23:24*
    Chansons ou poèmes pour enfants de bas âge ? En anglais on pourrait dire counting rhyme pour distinguer.
    Mais en tout cas j'aime bien cette phrase citée par Wiktionnaire pour illustrer le mot:
    En résumé, à la gloire du genre littéraire que constitue la comptine, soulignons d’abord que ses aspects phonétiques et rythmiques sont particulièrement mis en relief. — ( Raymond Renard, Apprentissage d’une langue étrangère/seconde: Volume 2. La phonétique verbo-tonale, 2002)
  • DiwanC
    12/01/2016 à 23:26*
    Il paraît que la "Mère Michel qui a perdu son chat" est une chanson grivoise qu'on ne devrait pas apprendre aux enfants. Idem pour cette comptine :
    Am, stram, gram,
    Pic et pic et colégram,
    Bour et bour et ratatam,
    Am, stram, gram.

    À Amsterdam
    Pique (dérobe) et pique et colle les grammes (sous entendu : de drogue)
    Bourre (frappe de coups de poing) et bourre le ratatam (le policier)
    À Amsterdam.
    Il serait temps que cela cesse...
  • Utilisateur supprimé
    12/01/2016 à 23:33
    sex, drugs and...videotape ?