Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

La moutarde lui monte au nez

L'impatience l'envahit.
La colère le gagne.

Origine

Ceux qui ont tenté l'expérience d'avaler une cuillère à soupe de moutarde forte ont une petite idée de l'image contenue dans cette expression.
Pour les autres, même si c'est plutôt l'heure du petit déjeuner, faites d'abord l'essai avant de continuer à lire.
Bien. Si vous lisez ceci, c'est que vous arrivez à nouveau à peu près à respirer. Séchez vos larmes, reprenez lentement votre souffle, on n'est pas pressés !
Alors maintenant que vous savez tous l'effet que ça fait, vous avez pu constater que ça vous a très fortement irrité les muqueuses nasales, en plus de quelques autres effets secondaires pas piqués des hannetons.
Donc, vous avez maintenant compris pourquoi le 'nez' est présent dans l'expression.
Pour le verbe 'monter', il va de soi que ce n'est pas la moutarde qui, de ses petits bras musclés, se hisse dans votre cavité nasale. Il s'agit simplement d'un usage classique dans le langage lors de manifestations physiques involontaires lorsque des mouvements d'humeurs corporelles marquent un changement de comportement : "le sang lui monte au visage" pour manifester la honte ou la colère, ou bien "les larmes lui montent aux yeux" pour indiquer une émotion particulière.
Ne reste plus qu'à expliquer la colère ou l'impatience, parce que s'il est vrai que le gobage de moutarde est un jeu stupide, il n'a pas pour autant de raisons de provoquer de tels sentiments.
En réalité, c'est un jeu sur le mot 'irritation', celle physique provoquée par la moutarde et celle psychologique liée à une impatience ou de la colère, qui justifie la naissance de notre expression.
Dans sa forme actuelle, elle date du XVIIe siècle, mais un siècle plus tôt, elle existait déjà sous la forme "la moutarde lui entre au nez".

Exemple

« "Comment ? Tu n'es même pas malade ! c'est trop fort. Alors pourquoi me tires-tu du lit ?" (…) Placide sentit la moutarde lui monter au nez. »
Paul Morand - L'homme pressé

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Tlaalou eddem elrassou Le sang lui est monté à la tête
Bulgarie Bulgare Да ми кипне (кръвта) Avoir le sang qui se met à bouillir
Allemagne Allemand Ihm platzt der Kragen Son col (lui?craque *pas sûr pour "lui" ☺
États-Unis Anglais To get hot under the collar Se chauffer sous le collier
Argentine Espagnol Se le subió la mostaza La moutarde lui è monté
Espagne Espagnol Se le hinchan las narices Ses narines se gonflent
Espagne Espagnol Se le hinchan los cojones Ça lui gonfle les couilles
Canada Français Il s'excite le poil des jambes
Italie Italien Gli salta la mosca al naso La mouche lui saute au nez
Belgique Néerlandais Hij wordt heel giftig Il se met en colère
Belgique Néerlandais Hij wordt witheet Il devient blancbrullant (comme un fer à chaud)
Pays-Bas Néerlandais Heetgebakerd zijn Ètre langé au chaud
Pays-Bas Néerlandais Heetgebakerd zijn Ètre langé à chaud
Pays-Bas Néerlandais Hij wordt daar giftig van Il en devient vénéneux
Pays-Bas Néerlandais Rood voor de ogen zien Regarder avec des yeux qui ne voient que du rouge
Pays-Bas Néerlandais Woest worden Devenir sauvage (de colère)
Brésil Portugais Ele se enche Il se remplit
Brésil Portugais O sangue lhe subiu à cabeça Le sang lui est monté à la tête
Roumanie Roumain A i se urca sângele la cap Lui monter le sang à la tête
Roumanie Roumain A-i sări (cuiva) muştarul Sauter la moutarde à quelqu'un
Roumanie Roumain A-i sări țandăra Lui sauter l'écharde
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Commentaires sur l'expression « La moutarde lui monte au nez » Commentaires

  • #1
    • borikito
    • 18/08/2006 à 07:41
    Pour l’instant les lecteurs ne sont pas nombreux à monter au créneau (ou aux créneaux ?). Mais laissons-leur le temps de se réveiller et peut-être qu’à la lecture de ce commentaire minable la moutarde leur montera au nez ?
    ohla ! camarades, on se calme !
  • #2
    • chirstian
    • 18/08/2006 à 08:43*
    voici enfin une explication complête, penserez vous de prime abord : nous avons le sens de "moutarde" (qui n’est donc pas le féminin de "moutard") , celui de "nez" et celui de "monter". Tout y est donc . (sauf "la" , "lui" et "au", mais bon ...!).
    Reste que l’explication relève d’un déterminisme scientifique erroné.
    En effet : faîtes donc une expérience légèrement différente. Prenez votre cuillère de moutarde et carrez vous la où je pense. (Prenez de la Maille, car il n’y a que Maille qui y aille.)
    Vous constatez que vos muqueuses sont tout aussi irritées que dans l’expérience de God ! Et rien n’explique donc que l’expression ne soit pas : la moutarde lui descend au cul !
    CQFD
    PS d’où peut être l’expression "anus soit qui Maille y panse" ?
  • #3
    • chirstian
    • 18/08/2006 à 09:01*
    on n’est pas pressés

    à vue de nez, et compte tenu du contexte , j’estime qu’il eut phallus dire : "on nez pas pressé". God peut encore rectifier, puisque " mieux moutarde que jamais"
    Et pour être quand même sérieux , je n’aurais pas donné à cette expression, le sens de "l’impatience l’envahit" , mais seulement celui de colère qui gagne. Mais chaque fois que j’exprime un doute God me crucifie de ses sources, alors...
  • #4
    • HoubaHOBBES
    • 18/08/2006 à 09:56
    • En réponse à chirstian #3 le 18/08/2006 à 09:01* :
    • « on n’est pas pressés
      à vue de nez, et compte tenu du contexte , j’estime qu’il eut phallus dire : "on nez pas pressé". God peut encore rec... »
    Ne confondons pas:
    "Vieux moutard que j’aimais"
    et
    "Mieux vaut tard que jamais"
  • #5
    • borikito
    • 18/08/2006 à 10:05*
    • En réponse à chirstian #2 le 18/08/2006 à 08:43* :
    • « voici enfin une explication complête, penserez vous de prime abord : nous avons le sens de "moutarde" (qui n’est donc pas le féminin de "mou... »
    [Vous constatez que vos muqueuses sont tout aussi irritées que dans l’expérience de God !]
    Je confirme et je prouve : à trois jours de mon mariage j’ai attrapé une grippe carabinée. Ma fiancée, qui voyait l’alliance lui passer sous le nez et la moutarde y monter,pressa le médecin de me bourrer de médicaments. J’eus donc droit à une rafale de suppositoires à l’eucalyptus (A l’époque, pour un oui ou pour un non on te vous bourrait le troudbal de suppositoires). Eh bien croyez-moi, dès que j’ouvrais le clapet, la pièce était envahie de cette odeur.
    Ma fiancée a même eu l’audace de me surnommer "le Panda".
    Veuillez excuser cet épisode très personnel, c’était juste pour causer....
    (Je signale à God que la balise "citation" n’a pas fonctionné ici)
  • #6
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 10:09*
    Colérique ou provoqué, celui qui se laisse déborder par une telle senteur ne peut faire le pois chiche ; en conséquence de quoi, l’agressé aura de son nez toutes informations nécessaires pour lui faire comprendre qu’il est bafoué : dans son honneur, dans sa virilité, dans ses droits conjugaux, dans son style de vie…
    Alors, tel Cyrano, il convoquera le mauvais plaisantin en un duel fratricide qui décidera au final s’il était bon ou non de venir lui chatouiller la pointe du nez, ce cap, cette péninsule…
    Le nez, appendice non pas reproducteur mais renifleur de bonnes et de mauvaises nouvelles. "Avoir du nez" ou "Avoir quelqu’un dans le nez", expressions qui pourraient venir en complément de celle d’aujourd’hui.
  • #7
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 10:15
    • En réponse à borikito #5 le 18/08/2006 à 10:05* :
    • « [Vous constatez que vos muqueuses sont tout aussi irritées que dans l’expérience de God !]
      Je confirme et je prouve : à trois jours de mon m... »
    D’où la nouvelle expression :
    « Lâcher le panda dans le métro… » pour évoquer une attaque chimique en un quelconque lieu souterrain.
    Chirstian dirait :
    « Faire son Borikito » pour exprimer une dispersion par gaz lacrymogène pensée et exécutée par une armée de CRS peu avares dans le lancer approximatif de grenades.
  • #8
    • chirstian
    • 18/08/2006 à 10:21
    Je vous prie d’emblée de m’excuser ipso facto pour tous les désagréments que mon courrier pourrait vous provoquer. Mais même si nous avons jamais été présentés, je crois fermement sur la base du droit d’assistance humanitaire qu’une confiance subsidiaire véritable peut naître de notre communication et favoriser ainsi un véritable partenariat entre vous et moi .
    Mon père était un très riche producteur de moutarde. A sa mort ma mère s’est tuée, et mes 8 frères et mes 12 soeurs ont été assassinés. Ils m’ont laissé un pot d’économies religieusement gagnées de 3.7 milliards d’euros, en grains de moutarde et m’ont demandé de chercher un associé digne de foi qui accepterait de le recevoir sans risques par la valise de l’embrassade, le pot, pour qu’ensuite on l’a et on peut la vendre à des clients honnêtes et réaliser un fructueux profit in extenso sans tous les frais si c’est le vœu de Dieu.
    Pour ce service que vous voulez bien me donner votre numéro de carte Visa, je vous donnerai en toute propriété nec partibus la somme de environ quelques 1.000.000.000.000 euros et la bénédiction de God vous remplira de sa sainte moutarde jusqu’au nez car vous aidez ainsi un orphelin dans la grande détresse qu’il ne faut dire à personne pour ne pas être en danger moi-même et vous-même subséquemment.
    Abebekebakaka lui-même
  • #9
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 10:24
    • En réponse à chirstian #8 le 18/08/2006 à 10:21 :
    • « Je vous prie d’emblée de m’excuser ipso facto pour tous les désagréments que mon courrier pourrait vous provoquer. Mais même si nous avons j... »
    Espèce de mauvaise graine...
  • #10
    • borikito
    • 18/08/2006 à 11:29*
    • En réponse à chirstian #8 le 18/08/2006 à 10:21 :
    • « Je vous prie d’emblée de m’excuser ipso facto pour tous les désagréments que mon courrier pourrait vous provoquer. Mais même si nous avons j... »
    Ca sent le courriel ivoirien, ça.....présentement et subséquemment.
  • #11
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 11:33
    Je suis étonné de ne pas lire ici ( sinon où ? ) cette citation immortelle du non moins
    immortel René Goscinny ( tudieu le joli prénom ! )
    " Je sens Amora, déesse de la colère, me monter au nez ! )
    Astérix dans jesaispluslequel .....
  • #12
    • chirstian
    • 18/08/2006 à 12:12
    • En réponse à <inconnu> #11 le 18/08/2006 à 11:33 :
    • « Je suis étonné de ne pas lire ici ( sinon où ? ) cette citation immortelle du non moins
      immortel René Goscinny ( tudieu le joli prénom ! )
      "... »
    il suffisait de l’écrire pour qu’aussitôt le mal soit réparé ! Bravo : on voit ce que de saines lectures apportent à la culture générale .
    Renseignements pris, toutefois, Amora était seulement son premier prénom, et c’était un dieu et non une déesse : Amora, Alex TRAGON
    poil au gon
  • #13
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 12:14*
    Le gaz moutarde appelé aussi ypérite. Effarant de constater qu’il a beaucoup été utilisé dans les conflits passés. Petit résumé :
    • 1919, par les Britanniques en Afghanistan
    • 1925, par la Grande-Bretagne, sur la population, au Kurdistan, sous les ordres de Winston Churchill
    • 1925, par l’Espagne et la France au Maroc
    • 1934-35, par l’Italie durant son occupation de l’Ethiopie
    • 1934-44, par le Japon contre la Chine
    • 1963-67, l’Égypte l’utilise au Yémen
    • 1983-1988, le régime de Saddam Hussein l’utilise contre les populations kurdes au nord de l’Irak. Le gaz a également été déployé durant la guerre opposant l’Irak à l’Iran.
    Ceux qui nous dirigent ont en général un nez très sensible, suffit de constater le tableau.
    Des centaines de milliers de gens sont morts « moutardisés »… Effarant !
  • #14
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 12:21
    • En réponse à chirstian #12 le 18/08/2006 à 12:12 :
    • « il suffisait de l’écrire pour qu’aussitôt le mal soit réparé ! Bravo : on voit ce que de saines lectures apportent à la culture générale .
      R... »
    Vous avez remarqué que "Amora" est le verlan (l’envers) du mot " Arôme" en latin "Aroma", lui-même venant du grec "Arôma" ?
  • #15
    • HoubaHOBBES
    • 18/08/2006 à 12:34
    • En réponse à <inconnu> #13 le 18/08/2006 à 12:14* :
    • « Le gaz moutarde appelé aussi ypérite. Effarant de constater qu’il a beaucoup été utilisé dans les conflits passés. Petit résumé :
      • 1919, pa... »
    Tu omets la Grande Guerre où il fut utilisé dans les tranchées : Ypérite vient du nom de la ville d’Ypres (sans doute qu’il y fut utilisé pour la première fois ? à vérifier).
    En réponse à 14. : peut-on parler de verlan ici ? Il me semble que le verlan intervertit des syllabes et non des lettres; toujours est-il que c’est bien observé. Donc il y aurait une connotation subliminale par cette inversion; déjà que Amora fait penser à Amor (amour) , les publicitaires ont découvert un beau nom !
  • #16
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 12:46
    • En réponse à HoubaHOBBES #15 le 18/08/2006 à 12:34 :
    • « Tu omets la Grande Guerre où il fut utilisé dans les tranchées : Ypérite vient du nom de la ville d’Ypres (sans doute qu’il y fut utilisé po... »
    Oui, j’ai oublié la guerre 14-18, je pensais l’avoir écrit puisque pour nous, c’est la plus marquante avec ce gaz arômatisé.
    Du verlan ? Effectivement, ce n’en est pas puisque ça concerne les syllabes uniquement. C’est bien de rappeler à l’ordre les fautifs. 🙁
    Je suis distrait aujoud’hui, un peu à cause d’Hélène, c’est aujourd’hui sa fête.
    Alors bonne fête si toi aussi tu t’appelles Hélène.
  • #17
    • borikito
    • 18/08/2006 à 12:57*
    • En réponse à <inconnu> #16 le 18/08/2006 à 12:46 :
    • « Oui, j’ai oublié la guerre 14-18, je pensais l’avoir écrit puisque pour nous, c’est la plus marquante avec ce gaz arômatisé.
      Du verlan ? Eff... »
    Hélène 2 3 ? (L N 2 3)
    En réponse à 15 : exact, le gaz moutarde porte le nom du lieu où il a été utilisé pour la première fois (Ypres).
  • #18
    • God
    • 18/08/2006 à 13:02
    • En réponse à chirstian #3 le 18/08/2006 à 09:01* :
    • « on n’est pas pressés
      à vue de nez, et compte tenu du contexte , j’estime qu’il eut phallus dire : "on nez pas pressé". God peut encore rec... »
    Bon, eh bien puisque la crucifixion est si gentiment demandée :
    « On dit proverbialement & figurément de quelqu’un qui commence à s’impatienter de ce qu’on lui dit, ou de ce qu’on lui fait, que la moutarde lui monte au nez. »
    Dictionnaire de la Gagadémie française - Edition de 1762
    Je vais finir par manquer de clous...
  • #19
    • chirstian
    • 18/08/2006 à 13:40
    • En réponse à God #18 le 18/08/2006 à 13:02 :
    • « Bon, eh bien puisque la crucifixion est si gentiment demandée :
      « On dit proverbialement & figurément de quelqu’un qui commence à s’impatien... »
    je l’savais, mais suis mazo !
    Quoique, quoique ... quand on est "envahi par l’impatience" le résultat peut être la colère (et dans ce cas OK pour la moutarde), mais pas obligatoirement :
    par exemple : "depuis le temps que j’entends parler de Louisann , j’aimerais la rencontrer..." Je peux témoigner de la plus grande impatience, pousser au ciel un Yahoo... ,la langue par terre style Tex Avery, en me tapant la tête sur la table : nous n’imaginerions pas d’y associer l’expression "la moutarde me monte au nez" . (enfin, pas moi, en tous cas!) Tout au plus " il nous tarde de monter..." non rien, oubliez cet exemple !
    Donc d’accord pour l’impatience, mais seulement si elle conduit à la colère -crois-je !
    si pas sage ... clouté !
  • #20
    • <inconnu>
    • 18/08/2006 à 14:01
    • En réponse à chirstian #19 le 18/08/2006 à 13:40 :
    • « je l’savais, mais suis mazo !
      Quoique, quoique ... quand on est "envahi par l’impatience" le résultat peut être la colère (et dans ce cas OK... »
    La colère est mauvaise conseillère et les mauvaises conseillères à l’ANPE fininssent par pointer… certains disent même que de bonne heure, elles se marrent tôt.
    *Agence Nationale Pour l’Emploi.