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ne pas être sorti de l'auberge [v]

ne pas en avoir fini avec les difficultés ou les ennuis ; ne pas être tiré d'affaires ; ne pas être hors d'ennui ; ne pas avoir le cul sorti des ronces

Origine et définition

Voilà une expression du XIXe siècle en apparence étrange, car il semble difficile d’associer les ennuis avec une auberge, généralement destinée à être accueillante.
Et, à part dans l’auberge de Peyrebeille, dite L’Auberge rouge, quand on décide de sortir du lieu, rien ne nous empêche de le faire, pour peu qu’on ait payé notre dû.

Il nous faut donc nous tourner vers l’argot et plus précisément celui des voleurs pour comprendre le sens de cette expression.
En effet, dans ce monde-là, le terme auberge désigne la prison, ce lieu où le voleur trouve gîte et couvert, comme dans une auberge, une fois qu’il a été capturé et condamné.
Autant dire qu’une fois qu’il y est enfermé, non seulement il est loin d’en avoir fini avec les ennuis de la captivité, promiscuité et sévices divers, entre autres, mais il aura beaucoup de mal à en sortir de son propre chef.

Cette expression en a donné une complémentaire qui est sortir de l’auberge pour « se tirer d’un mauvais pas », donc des ennuis dus à la situation pénible dans laquelle on se trouvait.

Exemples

« - J’ai bien compris votre allusion, lieutenant, mais qu’est-ce que ça change ?
- Ça change, ça change que… ça change que si le Klan local est vraiment dans le coup et bien nous ne sommes pas sortis de l’auberge ! »
John Toland – No man’s land - 1980

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand nicht aus dem Schneider sein ne pas être sorti de la zone de pénalité
Anglais not be out of the woods nee pas être hors des bois
Anglais to not be out of the wood ne pas être sorti du bois
Espagnol (Espagne) no ens queda res il ne nous reste rien
Espagnol (Argentine) éramos pocos y parió la abuela on était peu nombreux et la grand-mère a accouché
Espagnol (Argentine) sobre llovido, mojado par dessus la pluie, il mouille
Espagnol (Espagne) Éramos ya muchos en casa, y parió la abuela ! On était déjà nombreux à la maison, et la mémé a accouché !
Espagnol (Espagne) no haber salido del túnel ne pas être sorti du tunnel
Espagnol (Espagne) no salimos de una que nos metemos en otra on ne sort pas d'une que l'on rentre dans une autre
Espagnol (Espagne) No tenerlas todas consigo Ne pas mes les avoir toutes avec soi (les possibilités, les atouts)
Français (Canada) ne pas être sorti du bois
Français (France) ne pas être sorti le cul des ronces
Français (Canada) les crèpes ne sont pas cuites !
Gallois ffaelu gweld y ffordd yn glir eto ne pas voir encore libre le chemin
Grec όλα του γάμου δύσκολα κι'η νύφη γκαστρωμένη tout est difficile dans un mariage et en plus la mariée est enceinte
Hongrois nem vagyunk kint a vízből on n'est pas sorti de l'eau
Hébreu לא יצא מהסכנה (lo yatsa mèhassakana mèhabeayott hatsarott) il n’est pas sorti du danger
Italien e ancora non è finita! et ce n'est pas encore fini !
Néerlandais daar zijn we nog niet klaar mee !! on n'est pas encore sortie de l'auberge
Néerlandais (Belgique) hij is nog niet aan de nieuwe patatten les nouvelles pommes de terre ne sont pas encore arrivées
Néerlandais er nog niet zijn ne pas être encore
Néerlandais ergens niet van los komen ne pas s'en être détaché
Néerlandais ga der/er maar aanstaan avoir des difficultés à s'en sortir
Néerlandais in de aap gelogeerd zijn être logé au singe
Néerlandais maak je borst maar nat mouille quand même ta poitrine
Portugais (Brésil) estar num mato sem cachorro être dans un bois sans chien
Portugais (Brésil) não sair da merda ne pas sortir de la merde
Portugais (Brésil) não tirar o pé da lama ne pas enlever le pied de la boue
Portugais (Brésil) ter ainda um longo caminho a percorrer avoir un long chemin à faire
Portugais (Portugal) não passar da cepa torta ne pas aller au delà du cépage tordu
Roumain a nu fi ieşit din rahat ne pas être sorti de la merde
Roumain după ploaie, chepeneag après la pluie, le manteau
Roumain n-am ieşit încă la mal on n'est pas encore sorti sur la rive
Turc Burnu boktan kurtulmamak Ne pas débarrasser son nez de la merde
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Variantes

  • Ne pas être sorti de l'eau sur la berge

Commentaires sur l'expression « ne pas être sorti de l'auberge » Commentaires

  • atheofv
    13/10/2022 à 20:40
    • En réponse à Psylocybe #197 le 13/10/2022 à 18:41 :
    • « Bravo, bravo pour le Picard y bout!!! »
    J'ai au demeurant une nette préférence pour la Pit Caribou

    J'en conserve un souvenir ému...
  • Psylocybe
    13/10/2022 à 23:24
    Image externe
  • atheofv
    02/07/2024 à 08:23
    • En réponse à Psylocybe #202 le 13/10/2022 à 23:24 :
    • « https://zupimages.net/up/22/41/p44l.jpg »
    Une fameuse bière !
    Quand on en trouve en Gaspésie, on a pas envie de sortir de l'auberge !
  • joseta
    02/07/2024 à 08:30*
    QUI SUIS-JE ? nº300

    Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
    - genres: dystopie, roman à clef, satire
    - mon oeuvre porte la marque de mes engagements, qui trouvent eux-mêmes, pour une large part leur source dans mon expérience personnelle
    - je suis membre du Syndicat national des journalistes et du Parti travailliste indépendant
    - témoin de mon époque, je suis, dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les 2 oeuvres au succès le plus durable sont 2 textes publiés après la Seconde Guerre mondiale, et surtout un roman dans lequel je crée un concept, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance et de contrôle des individus
    - je suis pensionnaire de la ‘preparaty school’ St Cyprian (Eastbourne, East Sussex). Je décris ces années d’internat comme un ‘épouvantable cauchemar’. Je suis néanmoins un élève brillant et travailleur (je passe auprès de mes camarades pour un «intellectuel». Signe de mon excellence scolaire, j’obtiens une bourse au collège d’Eton, la plus réputée des ‘public schools’, où j’étudie de 1917 à 1921 avec notamment Aldous Huxley comme professeur de français. À cette époque j’ambitionne devenir un écrivain célèbre (j’écris des nouvelles et des poèmes banals dans une revue du collège)
    - au printemps 1928, je décide de m’installer à Paris (où vit une de mes tantes) pour écrire. J’y reste 18 mois...en 1929, à cours d’argent, je fais la plonge durant quelques semaines dans un hôtel de luxe; durant cette période, je publie épisodiquement des articles dans des journaux communistes (tels que ‘Monde’, revue fondée par Henri Barbusse)
    - je retourne en Angleterre en décembre de 1929 n’ayant rien publié de prometteur, ma santé me joue des tours dûe à une pneumonie contractée l’hiver précédent
    - j’accepte un poste d’enseignant dans une école privée, dans une petite ville où je m’ennuie, dans le Middlesex; j’en profite pour achever un livre, qui paraît au début de l’année 1933. C’est à cette occasion que je prends mon pseudonyme. Même si les critiques sont bonnes, les ventes sont médiocres. À cette époque, je m’enthousiasme pour l’Ulysse de James Joyce...Je contracte une nouvelle pneumonie qui m’oblige à abandonner ma charge d’enseignant
    - en automne 1934, je termine mon deuxième roman
    - entre-temps, je m’intalle à Londres, où je trouve un emploi à la librairie Booklover’s Corner
    - j’écris 2 nouveaux livres, dont le deuxième se publie alors que je suis en Espagne
    - courant 1936, la guerre civile espagnole met aux prises les républicains avec la tentative de coup d’État militaire menée par Francisco Franco, fait rage. Je me rends en Espagne afin d’écrire quelques articles pour les journaux, mais aussi pour me battre. Le 26-12, j’arrive à Barcelone, et je rejoins, par l’intermédiaire du Parti travailliste indépendant, les milices du Parti ouvrier d’unification marxiste
    - après avoir passé quelque temps sur le front d’Aragon, je retourne à Barcelone, où je participe aux «troubles de mai»; je retourne au front et je suis blessé par balle à la gorge. Je gagne la France, via Perpignan
    - en 1938, j’adhère au Parti travailleur indépendant (ILP), estimant que «le seul régime qui, à long terme, peut accorder la liberté de parole, est un régime socialiste»
    - en 1940, je m’engage dans le Home Guard, (milice de volontaires organisée par l’Etat dans le but de résister à une éventuelle invasion nazie)
    - en 1941, je suis engagé comme producteur à la BBC: je diffuse des émissions culturelles et des commentaires de guerre
    - entre 1941 et 1946, j’envoie 16 articles à la revue américaine trotskiste Partisan Review
    - en novembre 1943, je démissionne de mon poste à la BBC, et je deviens directeur des pages littéraires de Tribune, l’hebdomadaire de l’aile gauche du parti travailliste et j’entame la rédaction d’un autre livre, que j’achève en 1944. L’ouvrage ne paraît qu’en 1945; il est refusé par 4 éditeurs:
    la mise en cause radicale de l’URSS semble prématurée, à un moment où la guerre contre l’Allemagne hitlérienne n’est pas terminée
    - en 1945, ayant démissionné de mon poste au Tribune, je deviens envoyé spécial de The Observer en France et en Allemagne
    - en 1949 je publie celle qui va devenir mon oeuvre la plus célèbre. C’est également mon 9ème et dernier livre.
    - hommages: en janvier 2008, le Times me classe 2ème dans sa liste des «50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945»; j’ai une place dans le quartier gothique de Barcelone, une place à Gérone, des jardins à Lérida ainsi que des rues à Chihuahua (Mexique), Milan (Italie), Eindhoven, Arnhem et Woerden (Pays-Bas), Barbastro et Palma (Espagne); une statue à proximité de la BBC à Londres, et aussi un astéroïde de la ceinture principale
    - ci-dessous je vous donne le titre de 4 de mes oeuvres:

    Je vais m’éloigner de la ferme des animaux et de ma femme pour predre un peu d’air frais, aujourd’hui Jeanne a bouffé de la vache enragée ! Je reviendrai quand elle me permettra d’en faire à ma guise !
  • deLassus
    02/07/2024 à 08:51*
    Le coin du fouineur... God nous dit :
    Voilà une expression du XIXe siècle...

    Curieux. Alors que très souvent, pour les expression argotiques God faisait totalement confiance à Esnault (Dictionnaire historique des argots français, pratiquement son livre de chevet), ici Il a improvisé.
    Que nous dit Esnault en effet ? Je recopie :
    "auberge n. f. Prison, où l'on 'paie' (voy., 1953 || - N'être pas sorti de l'auberge, n'être pas hors de péril, 'pas quitte envers son hôte' (ibid.)."

    Pour ma part, je n'ai pas trouvé d'attestation antérieure à 1927 (journal Paris-Midi, 28/03) :
    Cette page, Zoom tout en bas de la colonne 4.
  • deLassus
    02/07/2024 à 08:59
    • En réponse à joseta #204 le 02/07/2024 à 08:30* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº300

      Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
      - genres: dystopie, roman à clef, satire »
    Trouvé.
    Bizarre : j'ai dû consulter Wikipédia pour retrouver son prénom, alors que le nom m'était venu de suite.
    Vous avez dit Alz... quelque chose ?!
  • Ratanak
    02/07/2024 à 09:11*
    • En réponse à joseta #204 le 02/07/2024 à 08:30* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº300

      Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
      - genres: dystopie, roman à clef, satire »
    Trouvé. Presque donné avec la fin du 4e alinéa. 🙂
  • SyntaxTerror
    02/07/2024 à 09:49
    • En réponse à joseta #204 le 02/07/2024 à 08:30* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº300

      Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
      - genres: dystopie, roman à clef, satire »
    Yes !
  • SyntaxTerror
    02/07/2024 à 09:50
    • En réponse à deLassus #206 le 02/07/2024 à 08:59 :
    • « Trouvé.
      Bizarre : j'ai dû consulter Wikipédia pour retrouver son prénom, alors que le nom m'était venu de suite.
      Vous avez dit Alz... quel... »
    j'ai dû consulter Wikipédia pour retrouver son prénom,
    Demande à God ...
  • SyntaxTerror
    02/07/2024 à 10:13*
    Nuestro vuelo UX045 con destino a Montevideo se ha desviado al aeropuerto de Natal (Brasil) a causa de fuertes turbulencias.
    On dénombre une trentaine de blessés, l'intérieur de l'avion a été endommagé.
    Un des passagers aurait déclaré : Décidément, on n'est pas sortis du Boeing !
  • atheofv
    02/07/2024 à 15:08
    • En réponse à joseta #204 le 02/07/2024 à 08:30* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº300

      Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
      - genres: dystopie, roman à clef, satire »
    Trou V
  • lalibellule
    02/07/2024 à 15:49
    • En réponse à joseta #204 le 02/07/2024 à 08:30* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº300

      Je suis un écrivain, essayiste et journaliste britannique
      - genres: dystopie, roman à clef, satire »
    Il aurait un tas de choses à dire sur notre époque 🙃
  • Ratanak
    02/07/2024 à 15:52
    • En réponse à atheofv #211 le 02/07/2024 à 15:08 :
    • « Trou V »
    Tombe pas dedans ! 😁
  • joseta
    02/07/2024 à 16:11*
    JE SUIS
    Image externe
    George ORWELL
    Motihari (Inde),1903/Londres,1950

    Mes oeuvres:
    1) La ferme des animaux
    2) Un peu d’air frais
    3) La vache enragée
    4) À ma guise
    Voilà !
  • joseta
    02/07/2024 à 16:13
    Je vous félicite ! 'or well, very well' !
  • atheofv
    02/07/2024 à 17:35
    • En réponse à lalibellule #212 le 02/07/2024 à 15:49 :
    • « Il aurait un tas de choses à dire sur notre époque 🙃 »
    Hélas oui...

    Entre notre situation politique, l'immunité pour Trump, Orban contractuellement président de l'UE...

    Je vais demander l'asile politique en Corée du nord.