Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

prendre la mouche [v]

se fâcher pour une raison futile ; s'énerver brusquement ; se froisser ; se piquer ; s'irriter beaucoup pour un léger sujet ; se vexer mal à propos ; se fâcher pour un léger sujet ; s'irriter tout à coup

Origine et définition

Bien qu'il soit question de mouches, et malgré ce que pourraient croire certains esprits mal tournés, le verbe 'prendre' n'a pas ici son autre sens classé X, que certaines personnes trop tatillonnes appliquent parfois à ces malheureux diptères ().
Non, 'prendre' signifie ici "recevoir" ou "ressentir l'effet de" comme dans "prendre ombrage".
Qui s'est déjà promené au fin fond des campagnes françaises, du côté de Marly-Gomont ou du Monteil-au-Vicomte, par exemple, aura pu parfois constater, dans un pré voisin, qu'une vache est soudain devenue comme folle, se mettant à courir en meuglant à travers son lieu de pâture, alors qu'aucune de ses congénères n'avait l'air de l'avoir spécialement perturbée. Et, inévitablement, vous vous dites alors "mais quelle mouche l'a donc piquée ?".
Eh bien justement ! Imaginez-vous à sa place, en train de brouter tranquillement, lorsque, alors que vous soulevez votre queue histoire de lâcher tranquillement une de ces bouffées de méthane qui participent à la pollution de notre atmosphère, un taon espiègle vienne par là planter son dard dans une zone très sensible.
Dans ces conditions, une fois qu'on sait tout, on comprend très bien la réaction brutale du ruminant. Mais vu de l'extérieur, ce bovin paraît s'être énervé d'un coup pour rien.
Cette expression date du milieu du XVIIe siècle (mais "prendre mouskes" existait déjà au XIVe). À cette époque, le terme 'mouche' désignait tous ces insectes volants et agaçants que sont les mouches, les guêpes, les bourdons, les frelons, les taons, etc.
Et pour expliquer encore plus la naissance d'une telle expression, il est intéressant de savoir qu'au XVIe siècle, 'mouche' employé au figuré désignait aussi une pensée brusque ou un souci.

Exemples

« (...) ayant peu d'esprit, il ne discernait pas les tons et les caractères, et prenait souvent la mouche sur rien. »
Jean-Jacques Rousseau - Les confessions

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand aufbrausen commencer à mugir
Allemand jemandem ist eine Laus über die Leber gelaufen une puce lui a trotté sur le foie
Anglais to fly off the handle s'envoler de la poignée
Anglais (USA) to have a bug up your nose avoir un insecte dans la narine
Espagnol (Argentine) rayarse avoir des rayures
Espagnol (Espagne) cabrearse s'énerver
Espagnol (Espagne) mosquearse se fâcher
Espagnol (Espagne) picarse se piquer
Français (Suisse) piquer la mouche
Français (Canada) Pogner les nerfs
Français (Canada) prendre les nerfs
Gallois gwylltio'n gacwn se fâcher comme des guêpes
Hongrois felkapja a vizet prendre l'eau
Hébreu השתולל מזעם (hichtolèl mizaam) la rage est ripious
Hébreu התרתח מכעס était en colère
Hébreu חטף עצבים (khataf atsabim) est devenu nerveux
Hébreu יצא מכליו il est sorti de sa voiture
Hébreu נשרפו לו הפיוזים (nisrefou kaftsou) lo hapyouzim) la grippe a brûlé
Italien perdere le staffe perdre les étriers
Néerlandais uit zijn dak gaan passer à travers son toit
Néerlandais om een kleinigheid opstuiven s'emporter à cause d'une bagatelle
Néerlandais op de kast jagen chasser quelqu'un sur le placard
Néerlandais het plotseling op de heupen krijgen l'avoir soudain sur les hanches
Néerlandais lichtgeraakt zijn être irascible
Néerlandais heet gebakerd zijn être langé très chaud
Néerlandais kwaad maken om niets se fâcher pour rien
Portugais (Brésil) morder-se se mordre
Portugais (Brésil) perder as estribeiras perdre les étriers
Portugais (Portugal) ter pavio curto être court
Portugais (Portugal) ter sangue nas veias avoir du sang dans les veines
Portugais (Portugal) ter sangue quente avoir le sang chaud
Roumain a-i sari tandara lui sauter l'écharde
Roumain a-si pierde cumpatul perdre son équilibre intérieur
Roumain a-si iesi din pepeni sortir de ses melons
Roumain a-si iesi din fire sortir de sa nature
Roumain a scăpa frâiele laisser tomber les brides
Roumain a-i sari mustarul lui sauter la moutarde
Roumain a-i sări capacul lui sauter le couvercle
Roumain a se şifona se froisser
Roumain a fi pişcat de streche être piqué par la mouche (varron)
Russe psikhanout devenir comme un malade psychique
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Commentaires sur l'expression « prendre la mouche » Commentaires

  • #41
    <inconnu>
    20/11/2006 à 13:41
    • En réponse à momolala #33 le 20/11/2006 à 12:48 :
    • « 105 B ou C selon modèle de bonnet : à dimanche alors ! »
    Bon, moi, je file prendre un rencard chez le chirugien esthetique (la dicipline, pas le chir !) et je reviens.
    Dis, Momo, tu connais pesonnellement Alain Rey ? Tu as bien travaillé chez Robert ?
  • #42
    momolala
    20/11/2006 à 13:41
    • En réponse à mirlou #39 le 20/11/2006 à 13:26 :
    • « Ma parole, ce n’est pas Momolala, mais Mamalolo !
      Chapeau pour le poyème ! »
    Pas de quoi se vanter : on ne choisit pas ses mamelles, n’est-ce pas Pétula ! Dans ma famille c’est une sur 4 et les trois autres sont au 75 C, on ne sait pas pourquoi. Et voilà, je ne vois jamais mes genoux quand je suis debout, mais, comme vous ne manquerez pas de penser à la même chose que moi (et ce n’était pas prémédité) chez moi, c’est un avantage apparemment !
    Je me suis surmenée ici aujourd’hui. Je laisse la place aux autres car des tâches moins légères m’attendent ailleurs. Je reviendrai jeter un coup d’oeil ce soir pour un peu de détente qui ne sera pas inutile.
  • #43
    chirstian
    20/11/2006 à 13:55
    À cette époque, le terme ’mouche’ désignait tous ces insectes volants et agaçants que sont les mouches, les guêpes, les bourdons, les frelons, les taons, etc.
    certes, et aussi des insectes qui nous semblent bien plus inoffensifs : je pense notamment au "moucheron". Aujourd’hui il évoque tout au plus un petit insecte énervant , à écraser entre deux doigts, pourtant c’est lui qui terrasse le lion -dixit La Fontaine, qui assista au combat :
    "Dans l’abord il se met au large ;
    Puis prend son temps, fond sur le cou
    Du Lion, qu’il rend presque fou.
    Le quadrupède écume, et son oeil étincelle ;
    Il rugit ; on se cache, on tremble à l’environ ;
    Et cette alarme universelle
    Est l’ouvrage d’un Moucheron.
    Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle :
    Tantôt pique l’échine, et tantôt le museau,
    Tantôt entre au fond du naseau..."
    J’arrête, pour épargner les âmes sensibles !
  • #44
    Rikske
    20/11/2006 à 13:57*
    "prendre mouskes existait déjà au XIVè": des mouskes, ça est des petites mouss’s, une fois ?
  • #45
    chirstian
    20/11/2006 à 14:02
    • En réponse à momolala #42 le 20/11/2006 à 13:41 :
    • « Pas de quoi se vanter : on ne choisit pas ses mamelles, n’est-ce pas Pétula ! Dans ma famille c’est une sur 4 et les trois autres sont au 75... »
    on ne choisit pas ses mamelles, n’est-ce pas Pétula ! Dans ma famille c’est une sur 4 et les trois autres sont au 75 C, on ne sait pas pourquoi.
    que dans ta famille les femmes aient 4 mamelles, c’est peu courant, pas ça c’est déjà vu. Mais qu’il y en ait une ainsi surgonflée par rapport aux autres, je conçois que cela pose un problème.
    J’imagine que c’est celle qui prend la bouche ?
  • #46
    borikito
    20/11/2006 à 14:04
    • En réponse à momolala #33 le 20/11/2006 à 12:48 :
    • « 105 B ou C selon modèle de bonnet : à dimanche alors ! »
    105 B ou C selon modèle de bonnet : à dimanche alors !

    Nous avons les mêmes en magasin à cette agence : cette page
    ou celle-ci :cette page
    Non livrables à domicile, les moyens de transport nécessaires étant encore en bureau d’études.
  • #47
    Rikske
    20/11/2006 à 14:06*
    Tiens, dans l’expression "faire mouche", je suppose qu’on parle de la mouche du fleuret (moucheté) ?
    @Chirstian 45: t’en rates pas une, hein ? 😉
    Bon, comme personne n’apporte de réponse, je suis tété fouiller, et j’ai trouvé que "faire mouche" (escrime) signifiait "toucher la mouche", c’est-à-dire le point noir au centre de la cible. Quant au fleuret moucheté, il a effectivement le bouton (ou la pointe) recouverte d’une "mouche", petit morceau de tissu destiné à le rendre innoffensif. Mais la mouche de la cible et la mouche du fleuret n’auraient aucun rapport... Ceci pour l’édification des foules.
  • #48
    borikito
    20/11/2006 à 14:15
    Prendre la mouche trop facilement ce n’est pas joli, joli.
    Pour la truite, la prendre une seule fois pourrait lui être fatal.
    De quoi en devenir toute bleue, la malheureuse.
  • #49
    Elpepe
    20/11/2006 à 14:16
    POEME : DRÔLE D’ASTICOT*
    Bien que me voici nu, prêt à prendre une douche,
    Je ne veux point céans que me pique une mouche !
    Ayant eu bien du mal à sortir de ma couche,
    Voyez en vingt-cinq des motifs le cartouche.
    Je suis comme un calife, privé d’une babouche,
    Grommelant aux félons la bouillie de sa bouche,
    Lors que sa fourbe Cour joue les Sainte-Nitouche
    En le flagornant bas d’extases à la louche.
    Je suis bien né, pourtant, puisqu’humain pure souche,
    Corsaire volontiers de langue qu’effarouche
    Telle ou tel sur ce site à la plume farouche.
    Le poème du jour, un peu pattes-de-mouche,
    Témoigne d’un état proche du « gobe-mouche »,
    Je me sauve en courant, redoutant l’escarmouche.
    * et vu mon état du jour, le mot est faible, et l’effort immense.
  • #50
    Rikske
    20/11/2006 à 14:23
    • En réponse à borikito #46 le 20/11/2006 à 14:04 :
    • « 105 B ou C selon modèle de bonnet : à dimanche alors !
      Nous avons les mêmes en magasin à cette agence : cette page
      ou celle-ci :cette page... »
    J’ai connu un mec, il avait une terrible orchite double, ça faisait à peu près la même chose qu’à "cette page" et "cette page", mais alors un étage plus bas. Le gars, il les transportait dans une brouette...
  • #51
    chirstian
    20/11/2006 à 14:39
    • En réponse à borikito #46 le 20/11/2006 à 14:04 :
    • « 105 B ou C selon modèle de bonnet : à dimanche alors !
      Nous avons les mêmes en magasin à cette agence : cette page
      ou celle-ci :cette page... »
    je n’aime pas m’éloigner trop du sujet , mais il est tellement doux de s’étendre sur celui-ci ! Jayne Mansfield* (surnommée "le buste" ) avait accepté, comme tous les artistes de l’époque d’être marraine de soldats US.Pour lui remonter le moral, elle avait envoyé à un jeune marin, l’un de ses soutien gorges.
    La lettre de remerciement du troufion l’avait un peu vexée : "ma chère Jayne, merci pour ce merveilleux cadeau. Nous l’avons tout de suite accroché à la place de nos hamacs, je dors dans l’un et mon copain Tom, dans l’autre."
    *Malgré ses rôles de blonde idiote, Jayne parlait cinq langues, était pianiste classique et prétendait avoir un QI de 163.
  • #52
    Elpepe
    20/11/2006 à 14:45
    • En réponse à Rikske #50 le 20/11/2006 à 14:23 :
    • « J’ai connu un mec, il avait une terrible orchite double, ça faisait à peu près la même chose qu’à "cette page" et "cette page", mais alors u... »
    Redoutable chez l’adulte, voir cette page.
    ElPéPédiatre
  • #53
    borikito
    20/11/2006 à 15:12
    N’est-ce pas Cyrano de Bergerac dont l’excroissance nasale dépassait toute espérance déclamait :
    Je quarte du pied, j’escarmouche,
    Je coupe, je feinte. . .
    (Se fendant):
    Hé ! là, donc !
    (Le vicomte chancelle; Cyrano salue):
    A la fin de l’envoi, je me mouche ?
  • #54
    Jonayla
    20/11/2006 à 15:36
    Bonjour à tous,
    Je viens enfin de lire toute votre prose - et pouèmes ! - de ces trois derniers jours. Les bras m’en ont tombés d’admiration, et j’ai eu un mal fou à les remettre en place afin de vous faire part d’icelle.
    Etant personnellement adepte de la prise de mouche, quand la moutarde me monte au nez, je monte illico sur mes grands chevaux et je retourne dans mes pénates 🙂 🙂 🙂
  • #55
    lorangoutan
    20/11/2006 à 15:44
    • En réponse à borikito #53 le 20/11/2006 à 15:12 :
    • « N’est-ce pas Cyrano de Bergerac dont l’excroissance nasale dépassait toute espérance déclamait :
      Je quarte du pied, j’escarmouche,
      Je co... »
    A la fin de l’envoi, je me mouche
    "Pas étonnant avec un tel nez!", lui répond le vicomte...
  • #56
    lorangoutan
    20/11/2006 à 15:57*
    Qui s’est déjà promené au fin fond des campagnes françaises, du côté de Marly-Gomont ou du Monteil-au-Vicomte

    A propos de Marly-Gomont et pour ceux ou celles qui débarqueraient de chez les Sélénites, allez voir sur cette page le succès le plus inattendu de la rentrée...
    PS : pour voir, cliquez sur "Vidéo".
  • #57
    PHILO_LOGIS
    20/11/2006 à 16:35
    @momolala
    @PetulaPerrot
    Pour avoir, chères amies, si joliment fait mouche,
    Il fallait être au moins, je le dis, fine bouche,
    Faire éclore la fantaisie sous la douche,
    et surtout, et surtout, en tenir une couche!
    Que non, je vous l’assure, vous n’êtes sur la touche,
    Après pareil effort, seul un vrai Manouche
    Pourrait en remontrer: sur sa guitare il louche,
    Plaque des accords qui, dans nos tripes font souche!
    Chapeau bas, mesdames, je n’ai rien à ajouter.
    A la beauté, nul n’est tenu. Ici, c’est la beauté incarnée.
    Et je ne parle pas (seulement) du tour de poitrine...
  • #58
    chirstian
    20/11/2006 à 18:35
    Et la mouche prend la mouche !
    Et quoi , qu’est ce ceci ? Je croyais être ici
    L’héroîne véritable, la seule de ce récit :
    Après m’avoir fait faire, mon numéro du coche
    Et m’avoir applaudie, à grand renfort de cloches
    God me redonnait , aujourd’hui la primeur
    Et je n’entendais là que murmures flatteurs !
    "Comme elle la pique bien, la vache dans le pré !
    Comme elle sait bien y faire, pour ainsi l’exciter
    Au point que lâchant tout elle s’enfuit comme une folle
    Et va se réfugier hors d’atteinte de son vol !…"
    Oui, da, vous savez quoi ? Je répête que j’étais
    De cette belle expression, la seule vraie héroïne.
    Mais depuis, les poètes, se sont bien dispersés,
    C’est la faute à Momo, et sa grosse poitrine !
    A moins que le dico des rimes n’ayant frappé,
    Ce ne soit le son « ouche » qui n’ait pris la vedette…
    En tous cas, me voici, de l’expression, chassée
    Ramenée à zéro, à mon seul rang de bête !
    Et après ça, ma foi, vous verrez que les mêmes,
    Qui m’ignorent aujourd’hui, reviendront dès demain,
    Menacer de me faire … oh mon God, j’en suis blême,
    Des choses que je tairai, si vous le voulez bien !
    bbbbbbzzzzzzz
  • #59
    PHILO_LOGIS
    20/11/2006 à 18:44
    • En réponse à chirstian #58 le 20/11/2006 à 18:35 :
    • « Et la mouche prend la mouche !
      Et quoi , qu’est ce ceci ? Je croyais être ici
      L’héroîne véritable, la seule de ce récit :
      Après m’avoir fait... »
    Nos sommes en forme, aujourd’hui! C’est une journée à marquer ... d’une mouche blanche!
    Savez-vous ce qui dit une abeille qui a de soudaines envies sexuelles?
    "J’ai le bourdon!"
    Bof, ben oui, il fallait la placer, non? Dès lors, pourquoi pas ici?
    On peut la faire en allemand aussi.
    En réponse à la même question, l’abeille dirait: "ich muss bremsen".
    (Bremse=bourdon; bremsen=freiner)
  • #60
    cotentine
    20/11/2006 à 18:45*
    • En réponse à lorangoutan #56 le 20/11/2006 à 15:57* :
    • « Qui s’est déjà promené au fin fond des campagnes françaises, du côté de Marly-Gomont ou du Monteil-au-Vicomte
      A propos de Marly-Gomont et p... »
    très bien ce site ! Kamini, en rappeur n’a peur ni des mots, ni des vaches, ni des mouches ! merci d’avoir indiqué cette page ...
    * personne n’a encore osé une inversion ? alors j’ose, avec un clin d’oeil vers Yannou qui semble apprécier le "contrepet" : "Quelle fine mouche ! et quel culot !"
    @ borikito
    Prendre la mouche trop facilement ce n’est pas joli, joli.
    Pour la truite, la prendre une seule fois pourrait lui être fatal.
    De quoi en devenir toute bleue, la malheureuse.
    Qui sera bleue ? la truite ou la drosophille aux yeux bleus ?